chateau

JEUNE AUTOMNE

C'est lorsque le jour partit s'allonger que l'aquarium se remplit de poésie.

Trente amis étaient là, tout à la joie de se retrouver et de partager un peu des jours qui les séparaient de l'été.

C'est alors que Roger Lecomte vint remplir l'âtre de silence avec sa "chanson de l'iguane sur un réverbère" :

"Ferme les yeux

et fuis

loin derrière ton épaule

    (...)

ferme les yeux

écoute la pluie

écoute la pluie tomber doucement

sur la ville verte

la ville tout à fait déserte

la ville étrange d'être si déserte»

   (...)

 

Oui, le beau venait de se poser, et d'un seul coup tout était si sombre :

 

"il va bientôt neiger

sur nos hivers de l'âme

et nous disparaîtrons

sous un manteau d'années"

   (...)

et voilà que je compte

les éclats de mon sommeil de verre,

un minuit sans horloge.

L'hiver des solitudes qui cerne la maison

Avance à pas feutrés"


 

Mais le printemps n'était pas tout à fait mort et voici que  Roger Lecomte entonne "l'amandier en fleurs", poème composé d'après le célèbre et dernier tableau de  Bonnard. Alors même que le violon de Juliana Plançon est un aller simple vers le bonheur.

           "Toute la nuit comme en secret

           j'avais neigé de blancs pétales

j'avais neigé

sur la vie qui s'écoule

sur la toile enfin sèche"

 

A la fin, ne reste que l'écriture et le frottement des cordes apprivoisées par Juliana :

" l'écriture comme un départ

soudain vers la nuit intérieure

ou un laissez-passer pour une échappée belle

    (...)

l'écriture, indicible musique

venue nous murmurer

qu'il faut s'aimer très vite

avant le premier givre"

Nous étions déjà loin, mais pas encore repus de poésie vivante.

Philippe Molino, accompagné à la contrebasse  par Eric Chapelle, vint nous saluer avec les mots inimitables du poète niçois pas assez célébré, Gabriel Caressa :

 

« Telle est la joie qu’elle descend le matin

comme une rue semée de visages

aux pierres des maisons, aux regards clairs des maisons

sa main de fleurs et de silence»

La contrebasse emplit  alors toute notre planète, alors que le poète avait cette vision du bonheur :

 

               « l’aube s’éveille sous l’aile d’un oiseau

un ange a son doigt clair sur la joue d’un enfant

c’est enfin le matin, et notre nuit recule !

    (…)

je t’aime de l’amour dont tu m’atteins

    (…)

dans la tendresse et les mouvements d’air et de lumière»

La diction parfaite de Philippe Molino et la finesse indicible de la corde qui tressaille nous emportèrent pour de bon :

«qui ouvre sa porte au jour qui veut naître

y boit l’instant de transparence

y reçoit le silence des eaux où affleure le bleu

entre, tel un oiseau, dans le lit de l’espace»

Quatorze nous fûmes encore, pour prolonger l’instant, autour de la table de Florence et Morgane.


Pierre-Jean BLAZY

UNE SAISON DE L'OMBRE‏

C'était quelques jours après le début de la saison de l'ombre.

Dans la ville ivre de vivre, un cantique s'est élevé, au cœur du château encore chaud de l'été:

 

"Ecrire

Déposer sans un bruit

Sur les pages sa peine

Au plus noir de la nuit

Sentir battre ses veines

(...)

Ecrire

Te dire que je t'aime

Parce que toi tu es

Et si je suis le même

C'est que tu m'as changé"

 

Le verbe de Yves Giombini se mêle aux accords profonds des mélodies de Patrick Massabo.

 

La guitare sourit et doucement la poésie s'écoule.

 

"J'ai vu des gazelles noires

dessiner des chimères

J'ai vu des enfants rois

aux grands yeux de groseille

J'ai vu des nuages d'argent

plonger dans les mers

(...)

Et puis je t'ai vue

 

Le but, c'est le chemin encore loin de l'hiver.

Laissons lentement pousser l'arbre de l'oubli.

La voix de Patrick Massabo se mêle aux mots vrais d'Yves Giombini:

 

"Passagers de l'instant

sur nos routes bohèmes

Trouverons-nous le temps

D'à nouveau dire je t'aime"

 

Quatre-vingt deux visages se tournent vers la nuit qui est tombée , comme un heureux présage:

 

"Il me reste mille ans, presque une éternité

Il me reste une vie, des hivers, des étés

A mourir chaque jour dans le creux de tes bras

Car, mon amour,

Mon plus beau paysage, mon seul amour, c'est toi"

 

C'est un parfum d'écorce qui remplit notre ciel.

Et quand vient le dernier souffle, il faut vaincre le silence:

 

" Nous nous sommes offerts au réveil de la vie

Impatients de pouvoir en dévorer les fruits

Et quand viendra le temps

de fermer les volets

Emmitouflés de neige, je te réchaufferai

Mon corps contre ton corps, promis, juré"

 

Après les longs applaudissements au duo rayonnant, voici venu le temps de vos paroles qui se libèrent.

Madeleine Marie Davaine  nous lit un extrait de son premier recueil "Poèmes d'Essence-Ciel" paru aux éditions Edilivre.

Puis c'est au tour de  Nicole Lanza de partager quelques pages de "Passionnaire", son livre aux quatre recueils édité chez Mélibée. Elle même, Elisa Verna, votre serviteur et Marie Gay, nous le font découvrir.

 Chantal Cudel chante ensuite Ferrat et nous lit ses vers, puis Fabien et Maxime Tomatis (10 ans) Myriam Holley,

 Marc-Vincent Péalat,  Maryse Dutouya,  Bruno Niver et Michèle Freud se succèdent sur la scène et nous emmènent dans leurs contrées.

Le fumet du buffet qui s'annonce vient parfumer les sourires du Château, épuisé d'émotions.

L'écume du temps a repris son chant.

Désormais les jours seront vivants, et nous ferons ensemble le voyage mouvant vers l'autre rive.

 

Pierre-Jean Blazy

LA MÉMOIRE QUI DANSE‏

A l'origine du silence, il y a la nuit spirituelle, toutes ces banlieues de l'âme, où je vois vos yeux dans la ville bleue qui donne envie du grand voyage.

Impérieux désir de poésie.

Suivons- le encore une fois avec les mots de l'écrivain- poète grassois Yves Giombini, et de l'artiste-guitariste Patrick Massabo, qui sauront nous faire partager cette mémoire qui danse, ce bonheur intense et bref.

Le départ sera donné ce vendredi 27 septembre 2013 à 19h au château de Mouans- Sartoux.

Et,à l'arrivée sera dressé un généreux buffet (12euros).

Inscrivez-vous par retour de ce courriel, pour prolonger cet instant de joie avec les artistes et le public réunis autour du même feu.

A vendredi !

Pierre-Jean Blazy

PROLONGEONS L’ÉTÉ‏

Que reste t il de la douceur de l'ombre, de ces jours achevés aux portes de la nuit, que reste-t-il de notre été?

Venez une dernière fois retrouver l'écho du monde aimé, entre les murs du château de Mouans-Sartoux, le vendredi 27 septembre 2013, à 19 heures.

Planté au cœur du doux pays, il abritera ce soir- là Yves Giombini et ses treize tableaux de la vie qui passe, accompagné à la guitare par le talentueux Patrick Massabo.

Venez accompagner pour sa rentrée la poésie, qui prend elle le pari de vous emmener jusqu'à l'été prochain.

Et que celles et ceux qui souhaitent après partager le buffet de l'amitié (12€) me le disent à l'instant.

Pierre-Jean Blazy

LE PASSAGE SECRET

 

Déjà les recoins du parc du vieux Château bruissent du soir qui approche, et la fraicheur amène dans la grande salle une salutaire légèreté.

Vous êtes soixante au rendez-vous et Patrick Quillier s'élance avec ses mots en bandoulière:

"Amour, tu m'as ourlé sur moi-même, en la trame

du murmure louré dont tu moules ma vie"

(...)

"Cet amour n'est pas de l'amour, il est amour

dans l'amour , et amour sans amour mourant de l'amour,

et amour murmuré par des infinis débutants"

 

 

Les cordes de l'un des quatre violons (baroque, moderne, électrique, alto) de Philippe Tallis chauffent et donnent au moment vécu une ampleur surprenante:

 

"Tu es le vent,

je suis la feuille:

je suis ton chant

et tu me cueilles"

(...)

"une soif énorme m'assaille,

halluciné je parle seul

en proférant quelques murmures

qui te préparent, te caressent"

 

On se croirait au bal du silence.

A la mélodie ourlée de la musique violonée succède le message entonné par Patrick Quillier:

 

" L'hiver n'est pas dehors quand tu es loin,

il est au fond de moi, gelant l'émoi

sous des avalanches graves et mauves,

le temps et l'étendue sont mis à nu"

(...)

"Il ne faut rien promettre, amour il faut tenir

ce que l'instant propose et garder en mémoire

que rien ne justifie les comètes trompeuses

par quoi l'on fait parfois effet sur le désir"

 

Les lentes lumières font écho à l'exactitude des songes issus des mots du poète, qui semblent sortis de l'instrument de Philippe Tallis:

 

"Tu es la force dont je tire ces poèmes :

sans ce bonheur qui vient de toi, je serais coi

perclus d'ennui, vide de mots, balbutiement.

En toi je reconnais les vrais raisons d'écrire."

(...)

"Je t'aime dans l'urgence incessante du temps

qui nous bouscule, et dans l'invocation des morts

qui nous manquent le plus. Je t'aime selon l'eau

vive des rêveries où nous plongeons nos corps"

                      

(tous les extraits de poèmes sont tirés du recueil de Patrick Quillier: "orifices du murmure", publié aux éditions de la Différence).

 

Le vent respire tout bas. Dans les jardins du Château, la nuit prend possession de l'espace engourdi.


 

***********

 

C'est le moment où le public devient acteur et monte sur la scène.

Chacun reconnait des visages, suscite une lecture, espère une révélation.

Et ce soir vous êtes onze à nous offrir les petites perles glanées sur vos chemins de poésie:

 Madeleine-Marie Davaine, Chantal Cudel, Matthew Woodman, Edwige Chatelin, Myriam Holley, Michèle Freud, Camélia Sahraï, Rimma Lubomir, Agnès Gouvy, Patricia Brenner et Françoise Lenoir 

se succèdent en paroles aux accents différents, dévoilant avec conviction leurs passions mêlées dans un même cœur: celui de la poésie en mouvement.

 

Le point d'orgue de cette quinzième belle et dense soirée revient à la voix pleine et éclatante de la soprano

Colette Koréva Pétrisot.

 

Nous venons d'atteindre l'autre rive.

Vos voix se réunissent enfin pour ne pas oublier.

Après l'été, on se retrouvera.

 

Pierre-Jean Blazy

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Nos prochains rendez-vous:

           -27 septembre 2013: Yves Giombini  (attention : nouvelle date)

           - 6 décembre 2013: Alain Freixe

 

 

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L'ILE DES DÉSIRS‏

Au petit matin de juin, une senteur inconnue monte de la terre.

Au loin, plus haut que l'horizon, l'île des désirs se dresse, calme et tranquille, face au tourbillon de la Côte et de tous ses voyeurs d'ombre.

Je veux aller au lac du haut monde, me baigner dans ses eaux claires et redécouvrir l'espoir, cette tragédie.

Accompagnez-moi, grâce aux mots aventureux de Patrick Quillier, poète du haut-pays, et à l'archet vibrant de Philippe Tallis.

Ils trouveront les plus beaux chemins de ce voyage immobile.

Venez au Château de Mouans-Sartoux, en ce vendredi 14 juin 2013, à 19 h pour respirer la  poésie et la déclamer ensuite avec vos intonations riches de diversité.

Celles et ceux désireux de prolonger cet instant privilégié partageront un buffet de notre composition, entre les murs du Château.

Inscrivez-vous (12 €) dès aujourd'hui par retour de courriel, ou sur le site « Les Mots  d'Azur ».

Ce sera juste après la touche finale, délivrée par la surprenante soprano Colette Koréva Pétrisot.

Ne manquez surtout pas notre dernier rendez-vous avant la pause estivale, au quatorzième  jour d'un juin au cœur large et généreux.

 Pierre-Jean BLAZY.

NOS VIES RASSEMBLEES

Dans ce château si loin et si proche des chuchotements de la ville, il est toujours temps de vivre une aventure inspirée par le ciel changeant d'un vendredi qui se fane doucement.

Vous étiez au rendez-vous, et toutes vos vies rassemblées dans la salle aux murs épais jouxtant le jardin, toutes vos vies donnaient envie d'écouter la voix et les mots de Béatrice Bonhomme :

 

« C'est comme si la mer

s'était posée sur tes mains

un instant

       (...)

La mer existe toujours

de ta présence

et se retire dans tes marées

(les gestes de la neige – Ed. l'Amourier)

 

L'air est plus léger. On entend glisser le piano de Philippe Villani qui s'invite à la fête.

« C'est comme si l'amour s'était posé un instant dans le bleu

l'amour s'était posé un instant sur ta neige

il neige des flocons d'amour sur les épaules

de la mer »

(les gestes de la neige- Ed. l'Amourier)

Puis l'envie vient de visiter une autre rive d'un même pays

« Quand je recevais tes mots sur les lettres que tu m'écrivais, il y avait des fleurs blanches posées sur le papier. C'est l'éclaboussement de l'arbre que je voyais de la fenêtre de la maison dans cette lumière de midi, dont je me souviens le mieux. »

(le pacte des mots – Ed. Peter Lang)

Quelque part au milieu de nous, la complicité des notes de la musique de Philippe Villani nous imprègne du texte qui sonne comme une évidence : 

« Je ne savais pas que les mots pouvaient tomber malades et qu'on pouvait ressentir soudain le scandale des mots à vouloir habiller la tristesse et la mort »               

                      (…)

C'est comme si le temps refusait de passer ici. Les gens passent et meurent sur les saisons, épinglés sur le paysage, mais le paysage demeure. »                                 

(le pacte des mots – Ed. Peter Lang)

Et ce temps, nous le retrouvions, pour mieux espérer qu'il dure longtemps en ce début de soirée :

« Pour moi, le visage parlait. Quand je suis entré dans la maison ouverte aux quatre vents de l'oubli, j'ai marché vers le visage. Il parlait d'enfance. Il parlait de ce qui lave le cœur, de ce qui résigne l''esprit, il parlait de stries dans le bois et de matière du pigment. Il transmettait les jours, les hommes épinglés aux saisons, le désir de lumière »                                                 

(Variations du visage et de la rose- A paraître aux éditions de l'arrière-Pays)

La lumière décline. Il me revient en songe le ciel d'hier et ses vallons obscurs.

« T'écrire adolescent au détour d'un regard au cœur même de ma nuit, je sens encore ce vent écume de la mer. Je voudrais te serrer, t'enserrer dans ma nuit, bleu-nuit cette plage de notre adolescence, je voudrais t'emporter sur mon viaduc, dans la chaleur douce d'un été qui s'enfuit, dans ce caillou qui tombe »

(Kaléidoscope d'enfance – Edition Nue)

Les applaudissements retenus pendant tout le spectacle crépitent, et soixante dix-huit regards reconnaissants se tournent vers Béatrice Bonhomme et Philippe Villani.

 

Ce fut un moment de pure dégustation.

 

 

 

* * *

             Place maintenant au chant et à la voix puissante de Christina Maffei. La soprano dramatique est là, entourée de Raymond Lepers au piano, de Thierry Cady à la contrebasse, et de Thomas Woseitchlager au piano. Tour à tour, elle va chanter Gerschwin, Errol Garner. Puis dans un tout autre registre, elle nous étonne avec un extrait de Aïda, de Verdi.

 

* * *

            Désormais la parole est à vous. Dans le public, ce soir-là, vous êtes quinze à vouloir partager vos mots inédits, vos écrits de pures émotions, ou des textes aimés d'autres auteurs, redécouverts et mis en lumière pour le plaisir de tous : Madeleine-Marie Davaine, Véronique Icart,           

Rimma Lubomir, Chantal Cudel, Paul-Henri Van de Wal, Mathew Woodman, Myriam Holley, Marc-Vincent Péalat, Claude Peynaud, Sophie Huguenin, Maria Bachs, Magda Ygiarto, Laurette Subille, François Lagarde et Véronique Mondain.

Un tel florilège est impressionnant de richesses et de diversité. Tous les styles, toutes les dictions, tous vos sourires se succèdent sur la scène, nous emmenant dans la ferveur du partage, sans s'en apercevoir, à neuf heures du soir !

Il était grand temps de se diriger vers la salle à manger, pour continuer nombreux ces riches échanges, devant quelques nourritures terrestres et des projets qui soudain prenaient corps.

Je me suis éloigné une minute pour mieux vivre cet instant. La nuit surplombait le Château qui rvivait de riches heures dans un grand bal de silence.               

Pierre-Jean Blazy     

   

 

LA PROCHAINE AURORE‏

J'ai un encrier pour l'inspiration, et, aux portes de la nuit, j'y puise certains soirs la force de vie qui m'emmènera jusqu'à la prochaine aurore.

Nul doute que ce vendredi 5 avril, à 7 heures du soir, vous serez bien inspiré d'être dans la grande salle des conférences du château de Mouans-Sartoux, pour écouter la poète Béatrice Bonhomme, qui vit à Nice et sera avec nous pour cinquante minutes de poésie ponctuée par les notes du piano de Philippe Villani.

Après eux, la soprano dramatique Christina Maffei nous enchantera avec des mélodies de son choix.

Ce sera ensuite le moment attendu de la scène ouverte, où vous aurez la parole.

Puis, pour la première fois, nous proposons aux volontaires de rester parmi nous pour partager un cocktail dinatoire (participation: 15 euros) qui nous permettra d'échanger agréablement et librement, dans la salle à manger du château.

Il est encore temps de nous signaler votre présence. C'est impératif pour la bonne organisation de cette soirée. Faites-le dès maintenant en répondant par quelques mots à ce message.

Venez vivre l'aventure du Beau!

Soyez au rendez-vous du 5 avril, à 19h au château de Mouans-Sartoux.

Pierre-Jean

 

UNE AVENTURE DE L'ESPRIT

Maintenant la salle est pleine, et au septième coup du clocher, un à un les regards s'allument.

                                    

Celui très bleu de Gérard Pons s'accroche aux pierres vivantes du Château qui le salue en majesté.

Dehors, le vent glacé apporte la nuit sur un grand plateau de feuilles mortes.

 

Le vent me le dirait

si ce n'était pas toi.

Je le reconnaîtrais

à la risée de la mer,

aux herbes échevelées

à la solitude froide

de la lune

entre deux nuages d'oubli.

Si ce n'était pas toi,

le vent me le dirait.

 

Il est une aventure qui se joue dans le ciel. L'esprit de ceux qui passent m'emporte quelque part au milieu de la nuit

             (...)                   .

L'ascension des morts

est terminée.

L'invisible ne se fractionne pas.

             (…)

Il faudra plus de temps

aux arbres fracassés

pour revivre

dans la senteur des veuves.

 

La trompette de Mathieu Pourtier déchire l'air épais de la salle immobile.

 

Que cette mélodie d'un soir coule bien dans nos veines !

 

Les doigts graciles de la belle Giulia Mendolia s'attardent sur le piano amoureux de sa maîtresse d'un soir. Les yeux se ferment doucement pour goûter le beau, à côté de nous.

             (…)                                                                 

Ses mains retiennent ses cheveux,

ses seins comme dunes

modulent l'infini.

Quelle route emprunter

quand le vent est tombé 

et que le bruit de la mer

ne s'entend plus ?

                                                                                                                                                                                                                                                          

Les yeux se ferment doucement pour mieux goûter le beau, à côté de nous.

Un verre de crépuscule aide à comprendre le vaste monde ;

Reviens croiser mes doutes dans la vallée des masques.

            (…)

La mort d'un ami

raccourcit toujours

notre propre vie.

           (...)

Il pleut

comment dire autrement

il pleut.

L'aveugle pleure

sans explication.

Il pleut.

Ah, ce ravissement des femmes qui nous fait croire à l'avril en automne. Il me faut toujours ce feu qui s'embrase.

             (…)

entre clarté et obscurité

lorsque les filles se dévêtissent

autour de la margelle du puits.

Juste avant l'arrivée

des oiseaux de nuit.

            (…)

Dans l'herbe rase et salée

au creux du vent

j'ai posé mon sac

lourd de souvenirs.

A quelle étoile

les épaules allégées

adresser une prière

           (…)

Il me revient l'ambiance feutrée de ce grand bal du silence, quand il me reste ma vie à écrire , avec un cœur si large et si généreux que je pouvais enfin confondre l'amour et ce chagrin joyeux.

 

Je compte le temps

sur les rides d'une vieille

endormie sur une chaise

au soleil

et dont l'ombre s'allonge

plus noire

que celle de l'olivier.

                                                              

Désormais le vent respire tout bas. Dans les taillis où repose l'écorce des pierres, j'aperçois un vieux renard qui marche au pas lent de la mer.

             (...)

A qui appartient le silence

pendant que je caresse

les veines saillantes de mes mains ?

 

                                                *  *  *

Un tonnerre d'applaudissements roule vers Gérard Pons, Mathieu Pourtier et Giulia Mendolia. Dans le parc du Château, la nuit sombre et glacée s'est installée, jusqu'à demain.

Madeleine Marie Davaine se tourne alors vers la salle pour entonner « je te souhaite », poème de la vie qui vient auquel elle ajoute une surprise pour votre serviteur : « les mots d'azur », un texte attachant que vous trouverez sur notre site.

Puis Jackie Raimondi, en partance pour Porticcio où elle va animer un très beau Printemps des Poètes, feuillette à haute voix deux recueils de Gérard Pons encore ouverts sur la table, et nous fait partager les « rêves solitaires » et les « regards nocturnes » de Pablo Neruda.

C'est le moment choisi par Chantal Cudel pour lire son cher Jean Berger, avec le poème « Camargue », puis « le perroquet », un texte dédié à son père trop tôt parti.

Les visages s'éclairent, les regards scrutent l'assistance pour voir le prochain ami qui se tiendra derrière le micro des Mots d'Azur. Ce sera Mathew Woodman, représentant de sa gracieuse Majesté, qui, avec son accent inimitable et sa gentillesse perceptible va nous lire 4 poèmes de son cru : « ailleurs », « friendship », « Montmartre de Sacré-Coeur » et « ce sourire ». Merci à notre ambassadeur !

J'appelle ensuite l'ami Yves Giombini, qui déclame de fort belle manière le texte décapant de Léo Ferré, écrit en 1971, et intitulé «La poésie contemporaine».

Les visages sont concentrés. Ce soir une riche diversité est de mise, pour le plaisir de tous.

C'est donc au tour de François Lagarde de lire Maria Bachs, qui nous fait l'amitié de sa présence avec « forêt de tes cils » .

Puis il continue dans la foulée, avec un texte de Montserrat Orduna, fille de la précédente, intitulé « à l'écorchure de tes mots ».

Véronique Icart et son sourire nous lisent ses « mélodies », et Cédric Jacob, l'ami de Nice, poète-astronome, et co-inventeur  des « Rencontres des poètes & Co » qui se créent dans la capitale azuréenne, nous livre deux textes : « ma prime observation » et « l'abeille ».

C'est à Marie Gay que reviennent les mots de la presque fin, avec un extrait de son recueil « Vers la vie » nommé « dans tes bras chauds ».

Car cette soirée si belle et si dense ne pouvait se suspendre sans la voix chaude et la guitare magique de Lobsang,    qui nous emporte dans son chant, en posant cette question : « d'où êtes-vous camarades ? ».

C'est le désir qui nous rend humain. Et ces instants de bonheur partagé, avec des mots, avec des notes sont un désir vivifiant, et ce soir accompli.

 

Au loin, la lumière jaune de l'enseigne de «la Gabbia » est un appel à prolonger ce nouveau bonheur.

Pierre-Jean Blazy
Président des Mots d'Azur

Le Printemps des poètes à Mouans-Sartoux

Le samedi 9 mars 2013 à partir de 15h LES MOTS D'AZUR  seront présents dans le centre-ville de Mouans -Sartoux , vers le cinéma La Strada, à la rencontre du public !

Venez écouter des poèmes inédits ou bien connus, lus par des comédiens, et avec un musicien jamais très loin pour sublimer le verbe...

Venez et voyez, lisez vous aussi au micro vos textes aimés !
Avec nous pour le lancement du Printemps, le 9 mars aprés-midi !

SAISON REBELLE

Certains matins je me réveille le corps plein de rêves.

Le silence de la nuit a caressé mon âme, et l'arrivée de lentes lumières est bien  souvent le signal d'une journée prévisible.

Heureusement, la poésie est là qui me happe et m'entraine là où sans elle je ne serais jamais allé.

C'est une aventure qui ne finit jamais, et dont on oublie jusqu'au commencement.

Vivez-là vous aussi, en venant écouter Gérard Pons, le poète au vibrant esprit, qui pour nous quittera son atelier varois aux mille facettes, en venant marier ses mots tissés aux notes envoûtantes de la trompette de Mathieu Pourtier.

Notre rendez-vous aura lieu le vendredi 1er Février 2013, à 19h précises, dans la grande salle du château de Mouans-Sartoux, qui nous ouvre ses bras.

Venez avec vos écrits, vos chansons, vos lectures aimées, pour les partager, au milieu de nous! 

Pierre-Jean Blazy

L'HIVER DES HOMMES‏

C'est un peu comme si l'hiver des hommes se prolongeait sur la terre.

Voici l'envie d'autres vies, de ces voyages de l'esprit où tout change quand rien ne change.

Où les saisons sont rebelles à devenir des souvenirs.

 

L'année 2013 des Mots d'Azur s'ouvre avec l'ami Gérard Pons, poète et graveur qui a érigé son atelier d'artiste au Castellet, dans ce Var proche vers lequel de temps en temps se tournent les yeux et le cœur.

 

Venez l'écouter, et découvrir quelques-unes de ses créations au château de Mouans-Sartoux, le vendredi 1er février 2013 à 19h.

 

A ces côtés, et pour que soit complet le plaisir des sens, le jeune et talentueux trompettiste Mathieu Pourtier nous livrera de belles mélodies.

 

Et, comme vous le savez déjà, c'est à vous toutes et tous que reviendront l'honneur et la joie de conclure ce premier spectacle d'une année qui s'annonce riche en talents et en projets.

 

Soyez des nôtres, en ce premier jour de février, pour que les onze mois qui s'allument brillent de tous leurs feux!

 

Pierre-Jean Blazy

Janvier 2013 ; Des voeux et une A.G

Bonjour à chacune et à chacun,
  et belle année à tous, avec de la poésie, des sourires
  et des rencontres qui rendent la vie plus douce.


  Je viens vous inviter à participer à l'Assemblée Générale
  annuelle de l'Association Les Mots d'Azur qui se tiendra
  le vendredi 18 janvier 2013 à 19h.à la Médiathèque de Mouans -Sartoux.


  L'ordre du jour traitera du bilan 2012, et surtout de notre avenir
  en 2013, année dont le premier semestre est riche en projets:

         -les spectacles poésie-musique des 1er février, 5 avril et 14 juin

         -le Printemps des Poètes que nous vivrons cette année à Mougins.
          La date de notre spectacle avec musique et danse reste à fixer,à la mi-mars.

         -la nuit des musées le 18 mai, également en partenariat avec la ville de Mougins

         -et enfin le projet à définir d'une nuit de la poésie, en juin, dans le magnifique quartier du Suquet, à Cannes, en partenariat avec l'association des Beaux-Arts de Cannes, et là aussi avec danse et musique.

   Vous le voyez, les idées, les projets sont nombreux et valorisants. Nous débattrons des conditions de leur réalisation, et nous nous répartirons les missions à accomplir.

   C'est pourquoi votre présence, particulièrement cette année, est indispensable. Grâce à elle, notre association prendra une autre dimension, ou au contraire en restera au stade des projets non aboutis...

  Il faut donc vous libérer de tout engagement en ce vendredi 18 janvier à partir de 19h.

  Selon notre tradition de franche convivialité, celles et ceux qui le veulent poursuivront par un repas qui lancera la saison 2013, dans un restaurant du Vieux-Mouans que nous choisirons d'un commun accord.

  Je sais pouvoir compter sur vous. Confirmez moi à cette adresse votre présence, pour la bonne organisation de ce temps fort de la vie de notre association.

  Je vous envoie mon salut le plus affectueux.

  Pierre-Jean Blazy
  Président des Mots d'Azur

PREMIERE LUEUR

Depuis la première lueur du jour, la pluie arrogante n'a cessé de tomber. Et maintenant, dans le château protecteur où cinquante quatre visages se retrouvent, le vase des mots se remplit, dans la voix fleurie d'Ile Eniger :

           «Les mots viennent. Ils disent plus qu'écrire. J'écrirai même si personne ne me lisait.

Ce qui m'importe c'est ma part d'être (…). J'écris de rien, de choses élémentaires, qui relient (…).

Vivre est plus abouti que tout discours. Laisser venir ce qui est. Aujourd'hui c'est la pluie (…).

Il me plaît qu'elle soit ainsi, sans préoccupations. Vivante ».

 

Le vent emporte doucement ce qu'il reste de nos tracas de la journée qui s'achève. L'air amplifie la mélodie réparatrice de la flûte traversière qui obéit au souffle de Frédérique Py.

Plus rien ne peut interrompre le cours des choses.

            «Les bêtes replient leurs pas, les hommes leur arrogance(...). Dans ce pourrissement,

              la gerçure des terres garde ses croyances de graines. Plus fort que la mort quelque chose

              pousse qui ne se voit pas, ne s'entend pas (…) ».

Le silence est épais. Il porte la flûte de Frédérique. Les visages apaisés demandent encore des mots à cette vie qui se répand :

            « Elle a quitté la ville (…) Ses sandales sont usées. Son rêve est dans la poche.

               Elle le touche souvent (…) . C'est une fille loin des foules (…) On dit qu'elle en veut trop.

               On dit. Mais ceux qui disent n'ont jamais regardé le soleil en face. Elle si ».

Voici la porte des remous, la fin du rêve de l'oubli, la rumeur du bonheur :

             « Il fait nuit, la lampe éclaire mon cahier (…) . Tout est dit, rien ne parle. L'amour est en sa maison.

               Je t'envoie ce silence. Sa forme douce quittant le miroir. Aucune lune ne le guide (…) .

               Le ciel en pure perte décline ses brouillards (…). Je suis de cet amour. Démesurée, comme tout jour ».

  

Ile Eniger et Frédérique Py peuvent s'avancer vers le public enivré de mots et de notes.

Vraiment ce fut un bel envol de novembre.

                                                              * * *

Madeleine-Marie Davaine prend la suite. Pour elle « la vie est un voyage, au fil des ans, au fil des âges »

               « Que s'ouvrent les portes » est le passage de relais à Chantal Cudel  et au  jeune guitariste de 12 ans

                   Maxime Andreis. A eux deux, ils nous plongent dans la verve sombre de la chanson  d'Hubert-Félix Thiéfaine

                  (« 4H10 heure d'été »).  Puis « le  grand cèdre » de Jean Berger vient chuter à nos pieds, entraîné

                  par la voix de Chantal Cudel.

C'est le moment choisi par Jackie Raimondi, ajaccienne inspirée et virevoltante , pour nous lire un extrait du roman d'Ile Eniger : « la femme en vol ». Suivent deux poèmes magnifiques de deux femmes corses :

Marie-Paule Lavezzi et Françoise Weber-Zucconi.


Puis les sourires s'invitent, avec le jeune Maxime Tomatis qui du haut de ses neuf ans réinvente « le temps des citrouilles » alors que Myriam Holley, poète et plasticienne nous gratifie d'un texte inédit. Pendant tout ce temps la chaude salle des conférences est décorée de plusieurs de ses tableaux, où graphismes et mots se mêlent dans des délires merveilleux.

Le mot de la fin est pour Marie Gay qui lit un extrait du « cœur des filles », de votre serviteur, où naissent « les soupirs de ton sourire ».

Un ultime morceau de flûte traverse les esprits. La vie suspendue pendant cent minutes reprend son cours.

Vers « La Gabbia » illuminée les convives de poésie dirigent leurs pas, pour prolonger le partage et la fête sereine.

Au loin les suit le regard de feu d'un chien poète et mélomane.

                                                                                                   

 Pierre-Jean Blazy

 

Un vent nouveau


Un vent nouveau a soufflé sous les préaux emplis de visages attentifs et curieux.
C'est l'heure du dialogue et de la vie recommencée.
Les diamants du ciel sont pour nous, pendant une heure et plus, le vendredi 30 novembre, à 19 heures, au Château de Mouans-Sartoux.

Ile Eniger, poétesse, écrivaine, vient du proche comté de Nice pour nous révéler ses mots et ses rythmes, ses balades de l'esprit, son regard sur le monde.

A ses côtés, pour notre plus grand plaisir, la flûtiste Frédérique Py, donnera en mélodies sa vision de la vie.
Sa vision de l'Essentiel.

Venez, et participez ensuite avec vos poèmes, vos lectures anciennes ou inédites, qui prendront dans les échos du Château un éclat nouveau.
Et les plus affamés, vous le savez, dîneront ensuite ensemble, dans notre "Gabbia" proche où les cœurs se rejoignent jusqu'à presque demain.

Venez sourire et vivre un moment privilégié.

A ce vendredi, au septième coup de sept  heures !

 

Pierre-Jean Blazy

L'HIVER AVANCE‏

L'hiver avance à pas de velours, et s'installe au creux de nos jours. La lumière s'estompe.
A cinq heures, nous voici entre chien et loup.

Il est temps de se retrouver pour rallumer la flamme qui jamais ne s'est éteinte.
Secouez vos braises et venez écouter Ile Eniger, qui rien que pour nous,
sera face à vous le vendredi 30 novembre à 19 heures, dans la belle salle des conférences du Château de Mouans-Sartoux.

Avec elle, entre ses mots, la musique indicible et douce de la flûte traversière de Frédérique Py, que nous avons découverte au dernier Festival du Livre dans notre capitale du pays de Cannes-Grasse.

Puis, selon un ordonnancement qui nous est cher, vous aurez la parole, pour déclamer vos textes, ou ceux que vous avez envie d'entendre et de faire partager.

Venez vous ressourcer de mots et d'amitiés.
Soyez au bel endroit à la bonne heure : le 30, à 19 heures, au Château !


Pierre-Jean Blazy

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LES BRUITS DU TEMPS‏

Comme il est bon parfois de s'extraire des bruits du temps pour rejoindre, seul ou entre amis, les rives de la poésie la plus pure, la plus vraie, celle qui réconcilie avec les ratures de la vie.

C'est à ce travail de ressourcement que je vous convie

 

         vendredi 14 septembre 2012, à 18h30

         salle des conférences du Château de Mouans -Sartoux

 

en compagnie d'une poétesse de l'action et du désir de vie, Zorica Sentic.

Et qui pouvaient mieux que la talentueuse soprano Claudette Ory et le pianiste émérite Patrice Reich l'accompagner dans ce  difficile combat pour un monde meilleur?

Vous pourrez ensuite vous joindre à eux: venez nous faire partager vos perles de l'été !

A vendredi, au Château ! Nous vous attendons.

 

Pierre-Jean Blazy

 

LUMIÈRE DE L’ÉTÉ

La lumière bleue de l'été baisse inexorablement à l'horizon, mais j'ai plaisir à vous retrouver pour célébrer ensemble ses derniers feux le vendredi 14 septembre 2012 à partir de 18h30, au Château de Mouans-Sartoux.

Ce sera jour de double crépuscule, comme un renversement du ciel. Avec nous, il y aura la poétesse franco-serbe Zorica Sentic, de retour d'un périple poético-humanitaire de trois mois, ponctué de lectures publiques et de riches rencontres, de Zlatibor à Belgrade...

Puis nous prendrons de l'altitude, en compagnie de la soprano Claudette Ory et du pianiste Patrice Reich. L'horizon se consumera un peu plus encore.

Ensuite viendront vos morceaux choisis de l'été.

Ne manquez pas nos belles retrouvailles, au doux parfum du charme slave.

Pierre-Jean Blazy

UN CHANT POUR LA VIE‏

 

Juin était dans sa dernière décade, et maintenant le jour lentement entrait dans sa soirée.

Mais toujours cette chaleur lourde vous poursuivait entre les murs épais du Château :

 

       "une grosse fatigue traversait le ciel

       disait la fin appelée de tous ses vœux par Judas

       une fin comme un vin dénaturé"

 

Yves Ughes venait de prendre parole. Les compagnons écoutaient, au nombre de cinquante-trois, dans l'intimité complice d'une vaste pièce assoupie de chaleur.

 

       "face aux paniers posés j'acceptais le partage des eaux et la chair des

       figues craqua sous mes dents comme pépins de crépuscule"

 

Dans les mains du poète, son dernier ouvrage : "Capharnaüm, douze stations avant Judas" paru aux éditions de l'Amourier en 2010.

 

Le chef d'orchestre lyrique Christian Segaricci, pour l'occasion, s'est mis au piano, et ponctue chaque déclamation d'un morceau de Mozart, Verdi, Schubert ou de lui-même.

 

       "le sommeil s'offre comme un lieu de rencontre avec

       des morts apaisés"

 

Le public est attentif. Il cherche tous les codes et la musique explicite les mots, les rend encore plus forts.

 

      "désormais le tramway parcourt le corps de la ville au terminus tu

       disparais et j'habite les odeurs des fleurs qui s'allongent

       la nuit est lourde sur moi comme un chien se collant à la couche" (...)

 

                      (...)

       "il me faut pourtant

       faire attention

       quand je me retourne de ne pas blesser le corps absent"

 

 

Au bout du chemin, les visages mêlés de Yves Ughes et Christian Segaricci sont un seul et même chant :

 

       "je suis maintenant me trouve désormais

       avec ces pins pliés qui bavent au ras des flots

       sur une mer toujours plus vivace"

 

Entrent en scène à cet instant Johanna Coutaud, jeune soprano de 22 ans, et l'incontournable Christian Segaricci qui va l'accompagner dans quatre morceaux inoubliables :

 

        - In Solitaria Stanza, de Verdi

        - Ständchen, de Schubert

        - Les Chemins de l'Amour, de Poulenc

        - Ave Maria, de Schubert

 

Jamais encore, il me l'a dit, le vénérable Château n'avait vibré devant une si belle voix, au service de mélodies sublimes, interprétées de la main de Maître Christian.

 

Depuis très longtemps aussi, la salle au parquet de bois ciré n'avait vécu de si vifs, si longs et si ardents applaudissements.

 

Ce fut, comme je l'avais prédit dans mon invitation, un moment réellement exceptionnel.

Un moment d'une extrême densité.

Un écrin de rêve pour la poésie vivante.

 

Mais comment faire pour prendre la suite de tels instants ?

Fanfan, venue de Toulon, s'y risque en venant "noyer son chagrin" Puis Chantal Cudel nous livre deux poèmes de son cru : "l'arbre", et voyage posthume".

Brigitte Caizergues, l'amie de Montauroux, venue en voisine, nous livre quelques morceaux de sa vie, alors même que Christine Plessier déclame et humanise son "Manteau de ténèbres". Place ensuite à Jean-Michel Bartholi,avec ses inédits : "le sourire des anges" et "la clairière au grand recueil"

 

C'est le moment choisi par le talentueux diseur André Brassin pour nous entonner Théodore de Banville et Alfred de Vigny. Eux aussi étaient venus, pour une résurrection d'un soir.

 

L'heure avançait

Et la chaleur ne diminuait pas.

Au loin, dans le parc du Château, les promeneurs se faisaient rares.

C'était fini.

La petite foule hypnotisée se leva avec la complicité apaisée de ceux qui ont partagé le très beau.

Un dernier long et bel applaudissement descendit vers Johanna Coutaud, Yves Ughes et Christian Segaricci.

 

 

Pierre-Jean Blazy

Voir l'album photos   

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CHEMIN DE L’ÉTÉ‏

Aux premières lueurs de l'aube, l'on sait déjà que la journée va être chaude. La saison des sourires et des jours longs ouvre ses portes.

Il flotte dans l'air une envie de songes éclairés, d'obscure et fraîche clarté. Il est temps de se retrouver.

Le vendredi 22 juin, à partir de 18h30, nous avons rendez-vous avec Yves Ughes, poète des chemins d'altitude qui, parfois, descendent vers la mer.

 

Cette rencontre se déroulera dans le site enchanteur du Château de Mouans-Sartoux, où vous êtes conviés pour partager ces moments de poésie dense.

 

Christian Segaricci sera au piano, pour agrémenter de ses improvisations la poésie de Yves Ughes, lue par lui-même. Puis, en début de seconde partie, il accompagnera de sa musique la chanteuse lyrique Johanna Coutaud.

 

Ne manquez pas ce dernier rendez-vous de la saison: il sera exceptionnel.

Et, comme à l'accoutumée, il s'achèvera, si vous le souhaitez, par vos choix de lectures, suivis d'un repas partagé, dans la franche convivialité des amis des mots.

UN CRI DU CŒUR‏

Entre chien et loup, à l'heure où le cœur de la ville ralentit,   la grande salle du Château se remplit.

  Encore une fois, quarante compagnons du verbe se serrent autour du feu chaleureux de la poésie vivante. Le souffle effréné d'André Chenet inonde les travées:

 

             "ma tristesse est l'affluent essentiel

             du long irrépressible fleuve humain

             j'ai le goût des voyages à vau-l'eau

             et je retiens mon souffle

             lorsque j'entends bruire l'univers

             mes escales sont des drogues dangereuses

             entre la folie et le silence des initiés"

 

  Les cordes chaudes de la guitare endiablée de Sinto-Flamenco, sa voix ample, viennent installer la confidence:

 

                         "ne cherche nul mystère

                         entre les pierres des cimetières

                         un papillon t'emportera bien assez tôt

                         sur la route des vents

                         où s'éparpillent les pollens du temps"

 

    Les esprits sont à leur zénith pour écouter le message d'André Chenet:

 

                         "nos armes ce sont nos mains

                         qui se fraient un passage

                         dans cette nuit temporelle

                         ce sont nos voix qui inventent

                         des vérités surnaturelles

                         en invitant les mots à voyager

                         à travers les mondes méconnus

                         c'est la poésie en liberté

                         créant des sociétés fraternelles

                         sans dogmes ni chefs pour les étouffer"

 

             C'est le poète du cri, le poète du cœur guerroyant qui se révèle enfin, avec ses mots qui envahissent les corridors du Château:

 

                         "certes j'écris une blessure

                         qui troue le centre de la page

                         une blessure noire et or

                         éclat de système solaire

                         sur les joues d'une lavandière

 

             Après la passion, voici sur scène une divine surprise, avec Nicole Régnault, doyenne des doyennes, qui vient nous déclamer, avec ses charme et talent naturels, le texte de Robert Lamoureux "la plupart du temps".

             Rires, sourires et complicité cèdent doucement la place au slameur de choc Rémy Gorog qui, accompagné au piano par la fringante Maggie Maglee, nous entraîne dans un monde où l'on voit le verbe se découdre "autour d'un fil qui

             nous enlace, et nous laisse, hélas, toujours sur le fil".

             "Quel enfer, le paradis !"

 

             Maintenant place au chant, avec Françoise Deleuse au micro et Maggie Maglee au piano, qui invitent Brel et Ferrat. Encore Brel avec Chantal Cudel qui interprète a cappella "les Marquises", avant de nous adresser sa "lettre à hier", et de déclamer quelques savoureux extraits du recueil "rose d'hiver" d'Henri Carraguier. Nous accostons alors prés des "gouffres bleus", vers la "perle nacrée aux reflets de délire". Chantal  finit sa prestation avec un magnifique poème du regretté André Verdet.

 

             Mais les amants de poésie ont toujours faim: Marie Gay se lève pour nous faire partager son poème "ne parle pas", extrait du recueil "vers la vie" (éditions encres blanches), avant de lire deux textes de votre serviteur, puisés dans "le cœur des filles" (éditions Manoirante).

 

             C'est le moment choisi par André Brassin pour entonner "le bateau ivre", par cœur, et vécu de l'intérieur. C'est un moment de recueillement à l'écoute du poète absolu.

              Mais rien ne pouvait finir sans la guitare envoûtante de Sinto-Flamenco. Le voici qui nous accompagne le long des ruelles du Vieux-Mouans, sous une nuit sans étoiles, pour retrouver la chaleur colorée de la Gabbia.

Pierre-Jean Blazy

La soirée en photos

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         22 juin 2012: Yves Ughes

LA POÉSIE EST-ELLE VOTRE CHANCE ?‏‏

Si tous les fleuves vont à la mer, il faut, en les chevauchant,

parfaire à chaque instant une nouvelle calligraphie du rêve.

 

Venez la dessiner de vos mains, aux côtés du poète et homme

de théâtre André Chenet, qui nous distribuera ses rêves d'homme

lucide, aidé en cela par l'agilité des cordes de la guitare de Sinto-Flamenco.

 

Après viendra le temps du slam pétillant de Rémy Gorog, de ses

longues chevauchées lyriques en compagnie du piano de Maggie Maglee.

 

Puis la scène s'ouvrira pour révéler de nouveaux talents, avant de

partager à la Gabbia quelques délices du palais !

 

Soyez des nôtres, ce vendredi 13, avec l'exactitude des amants des mots,

qui, avec rythme et rime, nous amènent une part de bonheur.

 

Rendez-vous est pris: vendredi 13 avril, à 18h30, salle des conférences du

château de Mouans-Sartoux

 

Pierre-Jean Blazy

 

VENDREDI 13 EN POÉSIE!‏

Quelque part au milieu de la nuit, un chemin apparaît.

C'est celui des retrouvailles, des sourires et de la joie simple

de partager une passion, dans ce vénérable château qui nous

survivra.

 

Je vous invite toutes et tous à accueillir André Chenet, le fougueux

poète de la Colle sur Loup, animateur de "danger poésie" et de la

revue "la voix des autres", qui nous a récemment enchanté avec son

festival "les fous du loup".

 

Ses textes, déclamés par lui-même, seront accompagnés par la guitare

virevoltante de Sinto-Flamenco. C'est un grand moment d'émotion qui nous

attend, le vendredi 13 avril 2012, à 18h30, dans la salle des conférences du

Château de Mouans-Sartoux.

 

La seconde partie de cette neuvième édition des Mots d'Azur vous réserve une

surprise. Je vous en dirai plus dés le début de la semaine prochaine. Surveillez

vos messages, et réservez dés maintenant votre vendredi 13 avril, à partir de

18h30 !

 

 

Pierre-Jean Blazy

 

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         22 juin 2012: Yves Ughes (changement de date)

VIVEZ LE PRINTEMPS

 

Je vous propose deux rendez-vous pour fêter le 14ème printemps des poètes dont le thème national est "enfances".

   -ce samedi 17 mars de 10h à 12h, dans la salle de l'aquarium de la médiathèque de Mouans-Sartoux, où les enfants du cours de théâtre présenteront une vingtaine de textes d'auteurs ou de leur cru.

    -le samedi  24 mars, de 21h30 à 23h30, salle de la Paillère, 36 rue Clémenceau à la Colle sur Loup, aux côtés d'André Chenet qui sera notre invité le 13 avril prochain, pour un feu d'artifices de poésie avec des auteurs de premier plan.Je vous joins le programme complet de ce festival "les fous du Loup".

    -quant à elle, l'association les Mots d'Azur sera présente le 23 mars au matin dans une classe de CM1 de l'école François Jacob de Mouans, pour une lecture par eux-mêmes de textes des enfants de cette classe, en présence de Damien Riba et de Nicole Lanza. Ces derniers partageront également leurs écrits, et un musicien se joindra à nous ! Si certains d'entre vous veulent participer, faites-le moi savoir.

  Je vous donne donc rendez-vous les samedis 17 et 24 mars, pour bien profiter du printemps qui s'annonce !

  Amitiés poétiques à toutes et à tous.

 
  Pierre-Jean Blazy
  Président des Mots d'Azur

Soir d'hiver autour de l'âme

 

Il gèle à pierre fendre.

De bleu, le ciel est devenu cendres.

La petite troupe est aux portes du château.

On entend les notes de l'accordéon qui s'accorde aux mots de chair de Claude Artès.

                "elle est descendue

                de mon rêve

                pour se poser sur mon cœur

                comme un matin qui se lève

                son visage dans mes mains

                réveille le bonheur"

Claude Artès nous parle des greniers du temps.

Quarante huit souffles devenus chaleur regardent vers celui qui se livre:

                "j'entends

                la présence du vent

                dans ta voix

                chaque aube

                attendra l'étreinte de tes bras"

L'horloge du cœur, les nuages (qui) endorment la clarté des matins,

sont entrés dans le mystère des lieux, et ne veulent plus en sortir.

                "il y a

                des ponts

                à traverser

                pour retrouver

                les bonheurs

                oubliés"

Le temps s'attarde.

L'accordéon de Jean-Jacques Marceau, aux notes claires et aux élans langoureux,

s'imprègnent dans le présent qu'on ne veut plus quitter:

                "empreintes

                te rejoindre

                là ou les maisons

                parlent au ciel

 

                dans le secret

                des heures cachées

                sous les échelles

                du rêve"

Puis, le silence, et cette musique qui guide nos pas jusqu'au jour qui s'avance:

                "à l'instant

                où je t'écris

                j'entre dans le jour

                d'un matin de pluie

 

                des morceaux de ciel

                s'échappent de mes mains

 

                en route vers tes bras

                j'ai confiance en la vie"

Le public applaudit, comme dans un roulement de pluie qui laverait tous les ennuis.

Un souffle est passé.

Qu'il est difficile de s'extraire du monde de Claude Artès.

Mais, autour de nous, il y a des artistes qui se lèvent et qui parlent.

 

********

 

Philippe Molino nous dit de "résister encore et encore (...) enfin vivre (...) marcher vers

le soleil, par des marches légères" puis nous emmène sur les traces de Julien Jacob,

grand poète du Bénin:

                "regarde comme les regrets et les remords

                te rongent

                vaine énergie que tout cela

                tu n'es plus roi en ton royaume

                               (...)

                aucun vent n'efface ton chemin

                tu es la corde et tu dois être tendu

                pour que le ciel et la terre

                puisse s'unir par toi"

En réponse, Françoise Deleuse et le piano de Maggie Magglee entonnent Ferré puis Brassens,

avant qu'André Brassin nous entraine dans "une soirée perdue": Alfred de Musset s'invite au château.

Le temps défile mais Janny Lumeau s'en saisit, en faisant résonner les mots du regretté

poète de Saint Paul de Vence, André Verdet.

Puis c'est au tour de Diane Beausoleil, et "son rêve", avant qu'Elisa Verna nous lise Nicole

Lanza avec "l'hiver, patrie de mon exil". Chantal Cudel, quant à elle, nous emmène dans sa

"fortune de mer", et chante Brel avec Lobsang à la guitare.

Les mots débordent et Gilbert Grosso vient les saisir au vol en déclamant un fragment de

"Booz endormi" de Victor Hugo, puis laisse la place à André Gosse, qui fait crépiter le style

sans pareil de Jehan Rictus.

 

Février peut bien geler dehors: la voix ample et généreuse, inimitable de François Voisin fait

vibrer les murs de pierre avec les mots de Gabriel Monnet.

 

Dehors, quelques étoiles préparent le lendemain.

La petite troupe devenue grande a de l'appétit.

Il est l'heure de marcher vers "la Gabbia", aux couleurs chaudes et aux mets parfumés, pour

y vérifier l'exactitude des songes.

 

Oui, c'est sûr: nous nous retrouverons.

 

Pierre-Jean Blazy

Puisque beauté il y a

C’était comme si la nuit qui naissait avait décidé de pleurer tant et plus sur les contrées de poésie.

Des nuées de cette pluie de décembre s’abattent sur le vénérable château, qui en a vu d’autres.

 

Nathalie Riera nous parle de ses claires visions :

« (…) vous que j’entends à peine à cause du passage des chevaux, quand de moi vous reste encore (…) flèches des oiseaux des matures, voix de feu, feuillue, moi qui me tourne vers qui vers où ? toujours, vous »

(ClairVision, éd. Public.net , 2009)

 

Elle nous dit que « dans la voix du poète , (il y a) comme une peur de mourir de sécheresse.

Et puis ce regard qui cherche à déserter ce qui l’envahit »

(Puisque beauté il y a, éd. Lanskine , 2010)

 

Les cordes vivantes du violon de Juliana Plançon couvrent le bruit du silence.

Trente-trois regards s’apaisent et Nathalie Riera enchaîne :

 

« rallumer la flamme que fauche le vent par cœur

que jamais tu n’oublies l’amour

l’aimer comme l’aime avec vie contre le pire

feeling in first »

(Feeling is first éd. Le Réalgar, 2011)

 

Fabienne Pujalte, aux yeux de pluie, prend la suite du soir et entraîne avec elle « les cœurs chauds au cœur émeraude ».

 « Toi face à moi

Je pose mon doigt sur ta bouche

J’efface tes derniers mensonges

Je glisse le long de ton bras

Ta main ouverte me parle

Je peux lire dans ta mémoire

Tout ce que tu ne vois pas

Tout ce que tu ne dis pas »

 

Puis Chantal Cudel, la singulière, emmène dans son chant les relents de la beauté, tout comme résonne la voix profonde du comédien François Voisin, qui partage avec nous quelques battements du « cœur des filles ».

 

C’est l’heure pour les très jeunes Maxime Tomatis et Axel Boyer de faire revivre Maurice Carême et Arthur Rimbaud.

Un vent de fraîcheur vient sécher la pluie. Julie Forgue nous partage Dominique Mathieu, puis voici l’invitation des paroles dans le désert de Brigitte Broc et de  l’ami Dom Corriéras.

 

Une dernière respiration, avec la chaleur du chant de Françoise Deleuse, avant de laisser s’égayer, dans les dédales du château, cette « passion pour l’inutile » de Marc-Vincent Péalat.

 Ce fut, avec vous,  un beau visage de décembre.

 

Pierre-Jean BLAZY

Soyez au rendez-vous avec Nathalie

             L'hiver avance.

Nos demeures et nos esprits se préparent à recevoir le souffle de ce qu'il reste du sourire des beaux jours.

Encore un peu de patience, et aux premières lueurs de l'aube l'espoir d'une poésie la vie entière renaîtra.

 

Je vous invite à venir partager les mots de l'amitié en écoutant Nathalie Riera, poétesse qui nous vient du Var .Fondatrice et directrice depuis 2008 de la revue numérique" les carnets d'Eucharis", sa voix est de celles qui portent. C'est un viatique qui nous emmène  vers de nouveaux horizons.

 

Au violon, la jeunesse et les cordes vibrantes de Juliana Plançon viendront compléter ce moment de poésie pure que vous ne pouvez manquer.

 

En seconde partie, Fabienne Pujalte nous ouvrira les portes de ses  nouvelles créations, avec plusieurs textes inédits qui sauront vous  toucher.

 

Soyez des nôtres le vendredi 2 décembre 2011, à partir de 18h30, dans la salle des conférences du valeureux château de Mouans-Sartoux.

 

Je pense pouvoir dire que vous ne le regretterez pas !

 

Pierre-Jean Blazy

Un été de paix à l'ombre du château

Un été de paix à l'ombre du château

C'était une chaude après midi de printemps. Dans les jardins du château le soleil bruissait, et des promeneurs alanguis ralentissaient leur marche.

Au loin on entendait une harpe et un violoncelle qui s'accordaient.

Bientôt les mots allaient sortir des imprimeries ou trop de repos les avaient engourdis.

Pour nous dire, par la voix de Raphaël Monticelli:

"voici une part de bonheur: regarder la lune, les étoiles; simplement les voir belles,

précieuses, lumineuses, et savoir que tu es né de la même matière qu'elles"

                                     (...)

"voici une part supplémentaire du bonheur: un feu nait pour éclairer la nuit. Il est

beau, joyeux, robuste et fort. Tu sais que ta vie se consume de la même ardeur"

                                    (...)

"voici la part ultime du bonheur: se savoir mortel, et en vivre"

 

Il fait si chaud mais un peu d'air frais caresse les lourdes pierres.

 

"étreinte

la mer s'éteint

nous ne sommes

qu'un

sang et pluie"

"je vous salue les asséchés les vibrants les criards

sous l'insulte des feuilles et des fileuses de fiel"

 

J'entends au loin dans les jardins des cris joyeux de femmes:

"les aimantes

les absentes

les belles amères

les femmes armées

(...)

Ici s'achèvent mes serments en miettes

je ne laisserai de mon sillage ni paille ni écume"

(...)

il ya le corps des femmes

nous savons combien il est tendre trop tendre

comme un rappel de nos naissances en nous

nous le savons

ouvert aux ondes de la terre et du ciel

(...)

et puis bientôt la nuit pour le repos des corps et des âmes:

"nuit chargée de lune

nous fûmes

deux

amère étreinte que le sang plie"

 

Après ce voyage de découvertes, Elsa Verna lit quelques mots de Nicole Lanza et ses

"moments d'ardeur, comme un déluge de sablier du temps" 

Oui,

"nous avançons vers l'aurore pour lever l'ancre"

 

Puis Christophe Forgeot nous donne deux moments inédits, avant que Françoise Tauran et Eric Maïolino entonnent leur "grand huit"

 

Un slam d'Eric Maïolino surgit de nulle part: "quand j'ai peur, j'écris mon silence est un cri"

Ce fut alors un moment de chansons, a cappella, ces chansons que nous aimons, où le texte prend sa force dans la mélodie.

Clarisse Vandy, puis Françoise Tauran nous livrèrent leurs œuvres les plus récentes. Fabien Tomatis fit partager un texte très musical.

Avant ce retour à la poésie pure de Marie Gay:

(...)

ne parle pas

capte pour moi le silence

(...)

je te vois

vivant sur le boulevard du temps

glissant sur le soleil

doucement

je m'approche

de tes rideaux secrets"

 

Le rideau des Mots d'Azur, quant à lui, se rouvrira dès le 23 septembre 2011, avec vous, toujours plus nombreux, pour que le verbe reste vivant.

 

               NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

 

·         le vendredi 23 septembre 2011 : Pierre-Jean BLAZY présente son recueil "le cœur des filles"

à la médiathèque de Mougins

·         le vendredi 14 octobre 2011 : Roger Lecomte, à l'aquarium de la médiathèque de Mouans-Sartoux

Un vendredi soir au château

n vendredi soir au château

 

  La lumière du jour était encore vive, aux abords du vieux Château, en ce beau vendredi soir de début de printemps.

 

 Le calme avait soudainement envahi le jardin, il y a peu encore recouvert de cris d’enfants.

 

Le poète et le chanteur étaient là, exacts au rendez-vous, et en face d’eux, plus de trente regards,

avides de mots profonds et de rêves au quotidien.

 

            « Avant de quitter ce monde, explore le monde du chant.

               Le silence vaut mieux que la parole, mais le chant

               vaut mieux que le silence ».

 

 Damien Riba s’élance, à la recherche de « la plus petite lumière » sur le sentier nocturne des maux et des mots.

 

            « Quand une prière vient du cœur

               même si ceux qui prient n’en comprennent le sens

               elle monte en haut

               et déchire le firmament »

 

Le doute s’installe. Les mélodies douces ou endiablées de Sinto-Flamenco s’accrochent aux textes lancés vers le public.

 

            « Vous aussi peut-être vous verrez le monde

               que j’ai vu avant qu’il disparaisse

               et vous le connaîtrez »

 

Puis le silence, et encore les cordes de l’instrument, et  le chant de l’artiste qui jusqu’à la fin donneront du bonheur.

 

            « Garde tes larmes dans ton cœur

               comme des diamants, des liqueurs,

              essuie tes larmes désormais,

              tu peux dormir en paix »

 

Puis la parole vient vers vous. Elisa Verna entonne alors les mots de Nicole Lanza, qui chante Matisse,

le « plaisir virtuose », « l’alchimie des sensations ». Elle effeuille « les pages de ma douleur, le soir ».

 

 

Fabienne Ros nous parle d’Angeline, sa petite fille (« je t’adorais quand je suis né ») et

de la maison de Mélina, un amour de grand-mère et son « doux parfum d’été ».

 

A ma demande, Marc-Vincent Péalat, notre doyen ce soir, se lève et partage un poème de

son recueil fraîchement paru, au titre évocateur : « Passion pour l’inutile », qu’il présentera

le 29 avril à 18 h 30 salle Belle Aube au Cannet :

 

            « Si toi tu sais pourquoi

              le grand pourquoi des choses

              par le sang du printemps

              et par l’odeur des roses

              dis moi ton nom »

  

 Enfin Marie Gay nous fait respirer :

 

            « l’empreinte des ailes d’oiseaux

              lisse le sable blanc

                        (…)

              mon corps est lacéré

              par les marques du temps

              mon pas capte en cadence

              les lettres du destin »

 

Elisa Verna nous confie alors quelques extraits de son cru, « des images et des mots volés à la mer ».

 

C’est à moi que revient le mot de la fin. Je l’emprunte à San Gérotéo (« le silence parle et

il a des yeux ») et à Anne Mounic :

 

            « Quand la lumière bouge selon les voix du vent,

              dans la demeure, l’ombre danse sur les murs

              par la petite musique de l’esprit,

              et nous valsons sur pointes, légers (…)

              par le trait d’union vif,

              de la menue minute qui fuit »

 La nuit est tombée, et nous guide vers la clarté de la Gabbia, où nous serons quatorze à

éclairer l’obscur, autour de la grande table qui se souvient encore des envolées de mots doux,

et des berceuses en prose poétique, jusqu’à l’extrême fin des accords de guitare.

 

NOTRE PROCHAIN RENDEZ-VOUS:

 

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli