Billets de lesmotsdazur

UN CRI DU CŒUR‏

Entre chien et loup, à l'heure où le cœur de la ville ralentit,   la grande salle du Château se remplit.

  Encore une fois, quarante compagnons du verbe se serrent autour du feu chaleureux de la poésie vivante. Le souffle effréné d'André Chenet inonde les travées:

 

             "ma tristesse est l'affluent essentiel

             du long irrépressible fleuve humain

             j'ai le goût des voyages à vau-l'eau

             et je retiens mon souffle

             lorsque j'entends bruire l'univers

             mes escales sont des drogues dangereuses

             entre la folie et le silence des initiés"

 

  Les cordes chaudes de la guitare endiablée de Sinto-Flamenco, sa voix ample, viennent installer la confidence:

 

                         "ne cherche nul mystère

                         entre les pierres des cimetières

                         un papillon t'emportera bien assez tôt

                         sur la route des vents

                         où s'éparpillent les pollens du temps"

 

    Les esprits sont à leur zénith pour écouter le message d'André Chenet:

 

                         "nos armes ce sont nos mains

                         qui se fraient un passage

                         dans cette nuit temporelle

                         ce sont nos voix qui inventent

                         des vérités surnaturelles

                         en invitant les mots à voyager

                         à travers les mondes méconnus

                         c'est la poésie en liberté

                         créant des sociétés fraternelles

                         sans dogmes ni chefs pour les étouffer"

 

             C'est le poète du cri, le poète du cœur guerroyant qui se révèle enfin, avec ses mots qui envahissent les corridors du Château:

 

                         "certes j'écris une blessure

                         qui troue le centre de la page

                         une blessure noire et or

                         éclat de système solaire

                         sur les joues d'une lavandière

 

             Après la passion, voici sur scène une divine surprise, avec Nicole Régnault, doyenne des doyennes, qui vient nous déclamer, avec ses charme et talent naturels, le texte de Robert Lamoureux "la plupart du temps".

             Rires, sourires et complicité cèdent doucement la place au slameur de choc Rémy Gorog qui, accompagné au piano par la fringante Maggie Maglee, nous entraîne dans un monde où l'on voit le verbe se découdre "autour d'un fil qui

             nous enlace, et nous laisse, hélas, toujours sur le fil".

             "Quel enfer, le paradis !"

 

             Maintenant place au chant, avec Françoise Deleuse au micro et Maggie Maglee au piano, qui invitent Brel et Ferrat. Encore Brel avec Chantal Cudel qui interprète a cappella "les Marquises", avant de nous adresser sa "lettre à hier", et de déclamer quelques savoureux extraits du recueil "rose d'hiver" d'Henri Carraguier. Nous accostons alors prés des "gouffres bleus", vers la "perle nacrée aux reflets de délire". Chantal  finit sa prestation avec un magnifique poème du regretté André Verdet.

 

             Mais les amants de poésie ont toujours faim: Marie Gay se lève pour nous faire partager son poème "ne parle pas", extrait du recueil "vers la vie" (éditions encres blanches), avant de lire deux textes de votre serviteur, puisés dans "le cœur des filles" (éditions Manoirante).

 

             C'est le moment choisi par André Brassin pour entonner "le bateau ivre", par cœur, et vécu de l'intérieur. C'est un moment de recueillement à l'écoute du poète absolu.

              Mais rien ne pouvait finir sans la guitare envoûtante de Sinto-Flamenco. Le voici qui nous accompagne le long des ruelles du Vieux-Mouans, sous une nuit sans étoiles, pour retrouver la chaleur colorée de la Gabbia.

Pierre-Jean Blazy

La soirée en photos

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         22 juin 2012: Yves Ughes

LA POÉSIE EST-ELLE VOTRE CHANCE ?‏‏

Si tous les fleuves vont à la mer, il faut, en les chevauchant,

parfaire à chaque instant une nouvelle calligraphie du rêve.

 

Venez la dessiner de vos mains, aux côtés du poète et homme

de théâtre André Chenet, qui nous distribuera ses rêves d'homme

lucide, aidé en cela par l'agilité des cordes de la guitare de Sinto-Flamenco.

 

Après viendra le temps du slam pétillant de Rémy Gorog, de ses

longues chevauchées lyriques en compagnie du piano de Maggie Maglee.

 

Puis la scène s'ouvrira pour révéler de nouveaux talents, avant de

partager à la Gabbia quelques délices du palais !

 

Soyez des nôtres, ce vendredi 13, avec l'exactitude des amants des mots,

qui, avec rythme et rime, nous amènent une part de bonheur.

 

Rendez-vous est pris: vendredi 13 avril, à 18h30, salle des conférences du

château de Mouans-Sartoux

 

Pierre-Jean Blazy

 

VENDREDI 13 EN POÉSIE!‏

Quelque part au milieu de la nuit, un chemin apparaît.

C'est celui des retrouvailles, des sourires et de la joie simple

de partager une passion, dans ce vénérable château qui nous

survivra.

 

Je vous invite toutes et tous à accueillir André Chenet, le fougueux

poète de la Colle sur Loup, animateur de "danger poésie" et de la

revue "la voix des autres", qui nous a récemment enchanté avec son

festival "les fous du loup".

 

Ses textes, déclamés par lui-même, seront accompagnés par la guitare

virevoltante de Sinto-Flamenco. C'est un grand moment d'émotion qui nous

attend, le vendredi 13 avril 2012, à 18h30, dans la salle des conférences du

Château de Mouans-Sartoux.

 

La seconde partie de cette neuvième édition des Mots d'Azur vous réserve une

surprise. Je vous en dirai plus dés le début de la semaine prochaine. Surveillez

vos messages, et réservez dés maintenant votre vendredi 13 avril, à partir de

18h30 !

 

 

Pierre-Jean Blazy

 

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         22 juin 2012: Yves Ughes (changement de date)

VIVEZ LE PRINTEMPS

 

Je vous propose deux rendez-vous pour fêter le 14ème printemps des poètes dont le thème national est "enfances".

   -ce samedi 17 mars de 10h à 12h, dans la salle de l'aquarium de la médiathèque de Mouans-Sartoux, où les enfants du cours de théâtre présenteront une vingtaine de textes d'auteurs ou de leur cru.

    -le samedi  24 mars, de 21h30 à 23h30, salle de la Paillère, 36 rue Clémenceau à la Colle sur Loup, aux côtés d'André Chenet qui sera notre invité le 13 avril prochain, pour un feu d'artifices de poésie avec des auteurs de premier plan.Je vous joins le programme complet de ce festival "les fous du Loup".

    -quant à elle, l'association les Mots d'Azur sera présente le 23 mars au matin dans une classe de CM1 de l'école François Jacob de Mouans, pour une lecture par eux-mêmes de textes des enfants de cette classe, en présence de Damien Riba et de Nicole Lanza. Ces derniers partageront également leurs écrits, et un musicien se joindra à nous ! Si certains d'entre vous veulent participer, faites-le moi savoir.

  Je vous donne donc rendez-vous les samedis 17 et 24 mars, pour bien profiter du printemps qui s'annonce !

  Amitiés poétiques à toutes et à tous.

 
  Pierre-Jean Blazy
  Président des Mots d'Azur

Soir d'hiver autour de l'âme

 

Il gèle à pierre fendre.

De bleu, le ciel est devenu cendres.

La petite troupe est aux portes du château.

On entend les notes de l'accordéon qui s'accorde aux mots de chair de Claude Artès.

                "elle est descendue

                de mon rêve

                pour se poser sur mon cœur

                comme un matin qui se lève

                son visage dans mes mains

                réveille le bonheur"

Claude Artès nous parle des greniers du temps.

Quarante huit souffles devenus chaleur regardent vers celui qui se livre:

                "j'entends

                la présence du vent

                dans ta voix

                chaque aube

                attendra l'étreinte de tes bras"

L'horloge du cœur, les nuages (qui) endorment la clarté des matins,

sont entrés dans le mystère des lieux, et ne veulent plus en sortir.

                "il y a

                des ponts

                à traverser

                pour retrouver

                les bonheurs

                oubliés"

Le temps s'attarde.

L'accordéon de Jean-Jacques Marceau, aux notes claires et aux élans langoureux,

s'imprègnent dans le présent qu'on ne veut plus quitter:

                "empreintes

                te rejoindre

                là ou les maisons

                parlent au ciel

 

                dans le secret

                des heures cachées

                sous les échelles

                du rêve"

Puis, le silence, et cette musique qui guide nos pas jusqu'au jour qui s'avance:

                "à l'instant

                où je t'écris

                j'entre dans le jour

                d'un matin de pluie

 

                des morceaux de ciel

                s'échappent de mes mains

 

                en route vers tes bras

                j'ai confiance en la vie"

Le public applaudit, comme dans un roulement de pluie qui laverait tous les ennuis.

Un souffle est passé.

Qu'il est difficile de s'extraire du monde de Claude Artès.

Mais, autour de nous, il y a des artistes qui se lèvent et qui parlent.

 

********

 

Philippe Molino nous dit de "résister encore et encore (...) enfin vivre (...) marcher vers

le soleil, par des marches légères" puis nous emmène sur les traces de Julien Jacob,

grand poète du Bénin:

                "regarde comme les regrets et les remords

                te rongent

                vaine énergie que tout cela

                tu n'es plus roi en ton royaume

                               (...)

                aucun vent n'efface ton chemin

                tu es la corde et tu dois être tendu

                pour que le ciel et la terre

                puisse s'unir par toi"

En réponse, Françoise Deleuse et le piano de Maggie Magglee entonnent Ferré puis Brassens,

avant qu'André Brassin nous entraine dans "une soirée perdue": Alfred de Musset s'invite au château.

Le temps défile mais Janny Lumeau s'en saisit, en faisant résonner les mots du regretté

poète de Saint Paul de Vence, André Verdet.

Puis c'est au tour de Diane Beausoleil, et "son rêve", avant qu'Elisa Verna nous lise Nicole

Lanza avec "l'hiver, patrie de mon exil". Chantal Cudel, quant à elle, nous emmène dans sa

"fortune de mer", et chante Brel avec Lobsang à la guitare.

Les mots débordent et Gilbert Grosso vient les saisir au vol en déclamant un fragment de

"Booz endormi" de Victor Hugo, puis laisse la place à André Gosse, qui fait crépiter le style

sans pareil de Jehan Rictus.

 

Février peut bien geler dehors: la voix ample et généreuse, inimitable de François Voisin fait

vibrer les murs de pierre avec les mots de Gabriel Monnet.

 

Dehors, quelques étoiles préparent le lendemain.

La petite troupe devenue grande a de l'appétit.

Il est l'heure de marcher vers "la Gabbia", aux couleurs chaudes et aux mets parfumés, pour

y vérifier l'exactitude des songes.

 

Oui, c'est sûr: nous nous retrouverons.

 

Pierre-Jean Blazy

Puisque beauté il y a

C’était comme si la nuit qui naissait avait décidé de pleurer tant et plus sur les contrées de poésie.

Des nuées de cette pluie de décembre s’abattent sur le vénérable château, qui en a vu d’autres.

 

Nathalie Riera nous parle de ses claires visions :

« (…) vous que j’entends à peine à cause du passage des chevaux, quand de moi vous reste encore (…) flèches des oiseaux des matures, voix de feu, feuillue, moi qui me tourne vers qui vers où ? toujours, vous »

(ClairVision, éd. Public.net , 2009)

 

Elle nous dit que « dans la voix du poète , (il y a) comme une peur de mourir de sécheresse.

Et puis ce regard qui cherche à déserter ce qui l’envahit »

(Puisque beauté il y a, éd. Lanskine , 2010)

 

Les cordes vivantes du violon de Juliana Plançon couvrent le bruit du silence.

Trente-trois regards s’apaisent et Nathalie Riera enchaîne :

 

« rallumer la flamme que fauche le vent par cœur

que jamais tu n’oublies l’amour

l’aimer comme l’aime avec vie contre le pire

feeling in first »

(Feeling is first éd. Le Réalgar, 2011)

 

Fabienne Pujalte, aux yeux de pluie, prend la suite du soir et entraîne avec elle « les cœurs chauds au cœur émeraude ».

 « Toi face à moi

Je pose mon doigt sur ta bouche

J’efface tes derniers mensonges

Je glisse le long de ton bras

Ta main ouverte me parle

Je peux lire dans ta mémoire

Tout ce que tu ne vois pas

Tout ce que tu ne dis pas »

 

Puis Chantal Cudel, la singulière, emmène dans son chant les relents de la beauté, tout comme résonne la voix profonde du comédien François Voisin, qui partage avec nous quelques battements du « cœur des filles ».

 

C’est l’heure pour les très jeunes Maxime Tomatis et Axel Boyer de faire revivre Maurice Carême et Arthur Rimbaud.

Un vent de fraîcheur vient sécher la pluie. Julie Forgue nous partage Dominique Mathieu, puis voici l’invitation des paroles dans le désert de Brigitte Broc et de  l’ami Dom Corriéras.

 

Une dernière respiration, avec la chaleur du chant de Françoise Deleuse, avant de laisser s’égayer, dans les dédales du château, cette « passion pour l’inutile » de Marc-Vincent Péalat.

 Ce fut, avec vous,  un beau visage de décembre.

 

Pierre-Jean BLAZY

Soyez au rendez-vous avec Nathalie

             L'hiver avance.

Nos demeures et nos esprits se préparent à recevoir le souffle de ce qu'il reste du sourire des beaux jours.

Encore un peu de patience, et aux premières lueurs de l'aube l'espoir d'une poésie la vie entière renaîtra.

 

Je vous invite à venir partager les mots de l'amitié en écoutant Nathalie Riera, poétesse qui nous vient du Var .Fondatrice et directrice depuis 2008 de la revue numérique" les carnets d'Eucharis", sa voix est de celles qui portent. C'est un viatique qui nous emmène  vers de nouveaux horizons.

 

Au violon, la jeunesse et les cordes vibrantes de Juliana Plançon viendront compléter ce moment de poésie pure que vous ne pouvez manquer.

 

En seconde partie, Fabienne Pujalte nous ouvrira les portes de ses  nouvelles créations, avec plusieurs textes inédits qui sauront vous  toucher.

 

Soyez des nôtres le vendredi 2 décembre 2011, à partir de 18h30, dans la salle des conférences du valeureux château de Mouans-Sartoux.

 

Je pense pouvoir dire que vous ne le regretterez pas !

 

Pierre-Jean Blazy

Un festival qui s'achève

Les bruits mêlés du festival du livre s'estompent et reste dans nos cœurs

la saveur des rencontres, des regards et de ces échanges pleins d'espoir,

qui restent à accomplir.

 

Voici maintenant le vrai début de la saison des Mots d'Azur.

Venez voir des gens pas comme les autres, mais qui se tournent

vers l'autre, pour recueillir sa force et aller plus loin.

 

Ce vendredi qui vient, le 14 octobre 2011, de 18h30 à 20h, dans le grand

aquarium de verre de la médiathèque de Mouans-Sartoux, venez partager

les mots d'un poète affirmé et qui ne s'en laisse pas compter: Roger Lecomte.

Il sera accompagné par la fougue et le jeune talent du délicieux violon de

Juliana Plançon.

 

Je compte sur votre présence, synonyme du soutien amical dont nous avons

tant besoin.

Avec vous auprès de nous, nous irons plus loin.

 

A vendredi!

 

Pierre-Jean Blazy

 

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         2 décembre 2011: Nathalie Riéra

·         3 février 2012: Claude Artès

·         13 avril 2012: André Chenet

·         8 juin 2012: Yves Ughes

 

Un été de paix à l'ombre du château

Un été de paix à l'ombre du château

C'était une chaude après midi de printemps. Dans les jardins du château le soleil bruissait, et des promeneurs alanguis ralentissaient leur marche.

Au loin on entendait une harpe et un violoncelle qui s'accordaient.

Bientôt les mots allaient sortir des imprimeries ou trop de repos les avaient engourdis.

Pour nous dire, par la voix de Raphaël Monticelli:

"voici une part de bonheur: regarder la lune, les étoiles; simplement les voir belles,

précieuses, lumineuses, et savoir que tu es né de la même matière qu'elles"

                                     (...)

"voici une part supplémentaire du bonheur: un feu nait pour éclairer la nuit. Il est

beau, joyeux, robuste et fort. Tu sais que ta vie se consume de la même ardeur"

                                    (...)

"voici la part ultime du bonheur: se savoir mortel, et en vivre"

 

Il fait si chaud mais un peu d'air frais caresse les lourdes pierres.

 

"étreinte

la mer s'éteint

nous ne sommes

qu'un

sang et pluie"

"je vous salue les asséchés les vibrants les criards

sous l'insulte des feuilles et des fileuses de fiel"

 

J'entends au loin dans les jardins des cris joyeux de femmes:

"les aimantes

les absentes

les belles amères

les femmes armées

(...)

Ici s'achèvent mes serments en miettes

je ne laisserai de mon sillage ni paille ni écume"

(...)

il ya le corps des femmes

nous savons combien il est tendre trop tendre

comme un rappel de nos naissances en nous

nous le savons

ouvert aux ondes de la terre et du ciel

(...)

et puis bientôt la nuit pour le repos des corps et des âmes:

"nuit chargée de lune

nous fûmes

deux

amère étreinte que le sang plie"

 

Après ce voyage de découvertes, Elsa Verna lit quelques mots de Nicole Lanza et ses

"moments d'ardeur, comme un déluge de sablier du temps" 

Oui,

"nous avançons vers l'aurore pour lever l'ancre"

 

Puis Christophe Forgeot nous donne deux moments inédits, avant que Françoise Tauran et Eric Maïolino entonnent leur "grand huit"

 

Un slam d'Eric Maïolino surgit de nulle part: "quand j'ai peur, j'écris mon silence est un cri"

Ce fut alors un moment de chansons, a cappella, ces chansons que nous aimons, où le texte prend sa force dans la mélodie.

Clarisse Vandy, puis Françoise Tauran nous livrèrent leurs œuvres les plus récentes. Fabien Tomatis fit partager un texte très musical.

Avant ce retour à la poésie pure de Marie Gay:

(...)

ne parle pas

capte pour moi le silence

(...)

je te vois

vivant sur le boulevard du temps

glissant sur le soleil

doucement

je m'approche

de tes rideaux secrets"

 

Le rideau des Mots d'Azur, quant à lui, se rouvrira dès le 23 septembre 2011, avec vous, toujours plus nombreux, pour que le verbe reste vivant.

 

               NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

 

·         le vendredi 23 septembre 2011 : Pierre-Jean BLAZY présente son recueil "le cœur des filles"

à la médiathèque de Mougins

·         le vendredi 14 octobre 2011 : Roger Lecomte, à l'aquarium de la médiathèque de Mouans-Sartoux

Un vendredi soir au château

n vendredi soir au château

 

  La lumière du jour était encore vive, aux abords du vieux Château, en ce beau vendredi soir de début de printemps.

 

 Le calme avait soudainement envahi le jardin, il y a peu encore recouvert de cris d’enfants.

 

Le poète et le chanteur étaient là, exacts au rendez-vous, et en face d’eux, plus de trente regards,

avides de mots profonds et de rêves au quotidien.

 

            « Avant de quitter ce monde, explore le monde du chant.

               Le silence vaut mieux que la parole, mais le chant

               vaut mieux que le silence ».

 

 Damien Riba s’élance, à la recherche de « la plus petite lumière » sur le sentier nocturne des maux et des mots.

 

            « Quand une prière vient du cœur

               même si ceux qui prient n’en comprennent le sens

               elle monte en haut

               et déchire le firmament »

 

Le doute s’installe. Les mélodies douces ou endiablées de Sinto-Flamenco s’accrochent aux textes lancés vers le public.

 

            « Vous aussi peut-être vous verrez le monde

               que j’ai vu avant qu’il disparaisse

               et vous le connaîtrez »

 

Puis le silence, et encore les cordes de l’instrument, et  le chant de l’artiste qui jusqu’à la fin donneront du bonheur.

 

            « Garde tes larmes dans ton cœur

               comme des diamants, des liqueurs,

              essuie tes larmes désormais,

              tu peux dormir en paix »

 

Puis la parole vient vers vous. Elisa Verna entonne alors les mots de Nicole Lanza, qui chante Matisse,

le « plaisir virtuose », « l’alchimie des sensations ». Elle effeuille « les pages de ma douleur, le soir ».

 

 

Fabienne Ros nous parle d’Angeline, sa petite fille (« je t’adorais quand je suis né ») et

de la maison de Mélina, un amour de grand-mère et son « doux parfum d’été ».

 

A ma demande, Marc-Vincent Péalat, notre doyen ce soir, se lève et partage un poème de

son recueil fraîchement paru, au titre évocateur : « Passion pour l’inutile », qu’il présentera

le 29 avril à 18 h 30 salle Belle Aube au Cannet :

 

            « Si toi tu sais pourquoi

              le grand pourquoi des choses

              par le sang du printemps

              et par l’odeur des roses

              dis moi ton nom »

  

 Enfin Marie Gay nous fait respirer :

 

            « l’empreinte des ailes d’oiseaux

              lisse le sable blanc

                        (…)

              mon corps est lacéré

              par les marques du temps

              mon pas capte en cadence

              les lettres du destin »

 

Elisa Verna nous confie alors quelques extraits de son cru, « des images et des mots volés à la mer ».

 

C’est à moi que revient le mot de la fin. Je l’emprunte à San Gérotéo (« le silence parle et

il a des yeux ») et à Anne Mounic :

 

            « Quand la lumière bouge selon les voix du vent,

              dans la demeure, l’ombre danse sur les murs

              par la petite musique de l’esprit,

              et nous valsons sur pointes, légers (…)

              par le trait d’union vif,

              de la menue minute qui fuit »

 La nuit est tombée, et nous guide vers la clarté de la Gabbia, où nous serons quatorze à

éclairer l’obscur, autour de la grande table qui se souvient encore des envolées de mots doux,

et des berceuses en prose poétique, jusqu’à l’extrême fin des accords de guitare.

 

NOTRE PROCHAIN RENDEZ-VOUS:

 

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

Dans la chaleur de quarante et un regards

Dans la chaleur de quarante et un regards

Dans la chaleur de quarante et un regards

il y avait

dans la nuit qui se posait

ce même feu qui couvait

et un chant entre les murs

qui se faisait azur:

"les chemins ont pleuré

jusqu'à la transparence

et sur la pente du jour

s'est levée la saison"

(...)

"le monde est il plus vaste

qu'un visage?

(...)"

Les mots de Brigitte Broc, à tire d'ailes,

viennent se poser et refleurir sous la fontaine

de la harpe, caressée par Emeline Chatelin:

"elle court comme on souffre

jusqu'au bout de soi même"

 

Puis la voix enfle et se calme dans l'épaisseur de l'air:

"un jour elle s'est blottie

sous la paille d'un mot

(...)

désormais

la terre est ta chair"

 

Il est difficile de discourir après un tel élan.

Marie Gay trouve l'angle qui prolonge nos instants:

" pudeur du brouillard

sur la mer de ta peau

(...)

J'appuie mon corps

sur la balustrade

qui me tient à la vie"

 

 Elisa Verna vient parachever la nouvelle truculente

de Jean-Pierre Rosso. Elle nous parle de ses chagrins de Berlin.

 

"A attendre la voix de la liberté.

Et à n’entendre que des plaintes.

Le destin tombé sur du béton armé"

 

C'est le tour d'André Chenet, que n'effraient pas les dangers

d'une poésie intégrale:

"le cosmos s'embrase

je n'attends rien

que le silence sacré

je ressuscite d'anciennes mémoires

je reviendrai gitan"

 

La transition est faite vers Françoise Mingot,

poétesse et éditrice de l'écriture gitane qui nous fait partager

le chant de l'ile déserte et "la soie des souvenirs heureux".

"(...)tu es le jour dans mes pensées"

 

Enfin, Philippe Molino ravive la mémoire de Gabriel Caressa,

ses " vibrations de l'esprit" dans " le beau voyage", quand il nous

demande: "éveille-toi lorsque l'aube se lève".

 

Dès lors, il est temps de dresser la lourde table, qui réunit autour

du généreux fumet de la Gabbia, vingt esprits repus de poésie.

 

Pierre-Jean Blazy

  

                NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

       ·          8 avril 2011: Damien Riba

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

Au milieu de nous

Le 03 décembre 2010

Au milieu de nous

 

Ce soir là, à la Gabbia il y avait au milieu de nous un rêve de poésie, un esprit de partage autour d'un désir commun.

Celui d'une fête étrange et très calme.

Au dehors le froid vif,

au dedans la chaleur des mots du dîner qui se préparait.

A la harpe: Isabelle Torelli.

A la musique des mots: Victor Varjac:

(...)

L'extrême à chaque instant

me pousse jusqu'au bord

où le jour étonné

ne me reconnait pas (...)

 

Puis le poète s'interroge:

(...)

Trouverons nous le temps

de dire "je t'aime"

à l'éphémère créature

enfermée dans nos cœurs ? (...)

 

Et il doute aussi:

(...)

l'être n'a plus de gite

hormis la solitude

lorsque le crépuscule

colonise le ciel (...)

 

Il nous interpelle:

(...)

je le vois mes amis

vous doutez de ma parole

oui vous doutez

sans toutefois me dire

que la folie me guette  (...)

 

Victor Varjac propose alors cette définition qui fait la différence:

(...)

L'écriture n'est-elle pas

cette fulgurance

terrible et sombre

qui jette sa flamme d'ombre

dans l'univers de la pensée (...)

 

Pour enfin revenir au milieu de nous dans la plus pure réalité de l'instant:

(...)

nous étions en hiver

et la lune plantait

ses ongles de safran

dans l'hermine sauvage

de ce manteau tout neuf

dont se couvre les arbres (...)"

 

Puis la parole passa à vous tous, qui pendant 50 minutes avait été si attentifs, si captivés.

Clarisse Vandy, nous parla du "jouir d'exister" et nous demanda de "laisser venir les mots (...) laisser venir les larmes, la colère et la peur (...) laisser tomber les armes, il est maintenant l'heure".

Clarisse partait une nuit plus tard pour son tour du monde. Nous pourrons la suivre grâce à son blog http://www.clarissevandy.blogspot.com 

Raymonde Andrivon, venue de Roquebrune sur Argens, prit ensuite la parole avec plusieurs textes où le chatoiement des couleurs était palpable, évoquant "le miracle des fleurs de chaque jour".

Ce fut le tour de Josée Forgue, qui eut la gentillesse de lire avec talent trois poèmes de votre serviteur, extrait du recueil "le cœur des filles", paru aux éditions Manoirante en Haute-Savoie.

Elisa Verna se leva alors et nous gratifia de ses "impromptus poétiques", dans une langue gracile et moderne, au contenu dense et profond:

(...)

L’instantané de la rencontre.

Tout semble dit. Un regard et la vie

Est une révolution. (…)

(...)

Aux confins de la vie

La terre entière

Surgit de l’ombre

Auréolée d’une lumière

Matutinale (...)

 

C'est à Jean-Pierre Rosso que revint le mot de la fin. A ma demande, il nous lut sa nouvelle "un jardin verdoyant (à Naïma)", écrite dans son style précis et riche. Elle nous tint en haleine jusqu'à la dernière phrase.

Huit heures et demie venaient de sonner au clocher du vieux Mouans.

 

Quatorze convives honorèrent de leur présence le diner mitonné avec talent par Jean-Pierre Dao.

 

Pierre-Jean

  

             NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS

     ·         4 février 2011: Brigitte Broc

·         8 avril 2011: Damien Riba

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

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Nous étions 32 et heureux

Septembre 2010

Nous étions 32 et heureux

Petit à petit, la Gabbia aux couleurs chaudes d'oranges et de bois se remplit.

Habituée aux babillages de convives bercés de mets de la Méditerranée, elle se peuple à l'instant de mots ouverts , de mots d' azur.

Alors même que Marie accueille et trouve une place aux retardataires, je rappelle que nous sommes comme ce petit village provençal qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, au rouleau compresseur médiatique, qui exclut si souvent le verbe , toujours vivant.

Et ce soir plus vivant que jamais, car nous voici unis pour écouter la voix de Christophe FORGEOT, et les mélodies frissonnantes d' Isabelle TORRELLI et sa harpe:

" c'est un camion de sable

déversé pour les proverbes de l'enfance

une fontanelle où s'ébroue le monde"

 

Puis le désert vient jusqu'à nous:

 

"dés l'aube toujours griller les entraves

et faire avancer les parterres de jonquilles

dans notre inconscient"

 

(...)

" certains de la caravane disent même

le manque d'eau nous fait vivre"

( caravane mirobolante l'Harmattan-1998)

 

Voyage aussi dans le genre très difficile de la poésie érotique, avec la publication en 2008, chez

Wallada, de ses "Murmures d'Eros":

"Mes mains cuites par tes soupirs se glissent dans tes cheveux.

(...)

Ne pars pas. La nuit tourne dans nos tasses et mélange nos corps.

Viens sur moi danser à feu doux"

  

"Ta main entre prend saisit et suscite la neige.

Ta maindécouvre mes silences et les pousse dans leurs derniers retranchements (...)"

 

" Le fumet de ta peau me fait penser au bois brûlé.

Ta voix chaude réveille les caves et les greniers.

Tes caresses montent les perrons à demi-écroulés.

Si pleines sont tes lèvres sous les colliers de feuilles"

(...)

" enlacer ton corps remonter le long de tes cuisses.

Cette nuit soustrait le temps et tu allèges mes mots de désespoir"

  

Puis l'ouverture de la "porte de la paix intérieure" (L'Harmattan-2009) se fait dans le silence:

 

 "nous sommes ces grains de riz à feu doux

 nous sommes accroupis une cuillère de bois à la main "

(...)

 

 "dans le trait j'ai grandi

comment répondre à tant de questions

joindre mes mains sur les tiennes

te sourire

te baiser de mes yeux

et dérouler notre feuille de papier comme le poisson

se lance dans le courant"

 

Ici est maintenant, la parole est au public.

L'étonnant Maxime Tomatis, du haut de ses 7 ans, avec sa juvénile assurance, nous récite deux poèmes répétés avec son père. Sophie Papadopoulos intervient ensuite, par plusieurs textes lus par Paulette Chefson, jusqu'à tendre la perche à Clarisse Vandy, qui part le 5 décembre pour un tour de monde en sac à dos, avec des feuilles blanches à remplir...

Fabien Tomatis, quant à lui nous fait partager un vieux souvenir andalou.

C'est Brigitte Broc, à ma demande, qui conclut de sa verve sereine ce moment de partage et de sourires.

 

Il est vingt heures trente.

Le temps s'échappe par la porte de la Gabbia.

Chacun reprend le cours de sa vie

Nous resterons 10 à le retenir encore un peu, autour d'un dîner préparé par Jean-Pierre Dao et Morgane.

 

  NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS :

              -  3 décembre 2010 : Victor Varjac

              -  4 février 2011 : Brigitte Broc

              -  8 avril 2011 : Damien Riba

              - 20 mai 2011 : Raphaël Monticelli