COMPTE RENDU

  • UN HOMME QUI CHANTE

                            Je ne suis pas un chanteur
                            je suis un homme qui chante
                                                   Félix Leclerc



    Le 15 mai nous devions accueillir salle Léo Lagrange à Mouans-Sartoux, le chanteur, auteur et compositeur Jacques Bertin.


    La crise sanitaire en aura décidé autrement, et j'ai à cet instant une vive pensée pour nos disparus, et celles et ceux qui ont souffert dans leur chair et dans leur âme.

    A l'heure où j'écris ces lignes, je pense pouvoir dire que le tour de chant de Jacques Bertin aura bien lieu, mais au printemps 2021, et bien sûr toujours dans le bourg provençal qui est aussi l'une des capitales culturelles de la Côte d'Azur.

    Bertin est un interprète d'un lyrisme exceptionnel, doté d'une voix chaude et fraternelle, portant le chant comme une respiration vitale (...).
    https://youtu.be/98a7T3HmuEw


    Il est sans l'ombre d'un doute l'un des auteurs-compositeurs interprètes francophones essentiels de ces dernières décennies, et reste incroyablement méconnu en France. Il l'est beaucoup moins,paradoxe étrange, au Canada (...).


    Post-moderne, ombrageux, maquisard mais en liberté, il mène sa barque en s'auto-produisant puisqu'il a toujours refusé d'être du show-business.
    https://youtu.be/x_-typNANvQ


    Comment ne pas suggérer la voix de Jacques Bertin si jamais à ce jour elle ne vous est parvenue?
    On ne vient pas communier avec un chanteur culte, non , simplement écouter un homme qui nous dit des choses, les chante (...). Et de ses copains aussi, collègues de surcroit, les Ferré, Semal, Bérimont, Aragon, Douai, Vasca et d'autres encore.
    (Bruno Boulais)

    https://youtu.be/Fg5omGGKjs8


                 J'entends ici-bas la voix des oiseaux
                 cette liqueur de lumière
                 étrange et frêle
                 Chaque matin elle est
                 mon armure de feu
                             (PJB)


    Pierre-Jean Blazy

  • L’ÉPAISSEUR DU TEMPS

    PJB Il ne reste plus que quelques heures avant les grandes pluies.

     

    Un peu de soleil venu du Var inonde les toits du château de Mouans-Sartoux,

    en cet après -midi finissant. Il nous vient tout droit de Hyères-les-palmiers, et a pour nom Albertine Benedetto. A. BENEDETTO

     

                                J’envie l’entêtement futile des oiseaux

                                à percer la toile grise du ciel

                                                   (…)

                                Je me souviens

                                de mon corps tambour sous les paumes du vent

                                ma peau traversée par tous les souffles du monde

     

     

    Les mots résonnent sur les pierres, et le piano de Clémence Ferrari C. FERRARI et ABENEDETTO occupe tout

    l’espace, dans les coursives inquiètes du château ancestral.

     

                                Revenir

                                comme entrer dans l’épaisseur du temps

                                                   (…)

                                Entre deux promenades

                                nous avons glissé

                                de saison en saison

                                à devenir

                                ce que voilà

     

    Albertine Benedetto et Clémence Ferrari font fuir la tempête au loin.

    P1110849bis

    Les cris du vent restent au large, mais demain l’aube sera d’encre.

     

                                Nous n’avons qu’à tendre la main, nous saisir des

                                saveurs jusqu’à épuiser le goût de vivre, renouant

                                chaque jour l’alliance avec la lumière et le vent

                                                   (…)

                                Courir vers le soleil couchant

                                à l’appel des oiseaux comme

                                si c’était le dernier appel

                                                   (…)

                                Aller à la mer comme on irait au désert

                                comme on va à l’amour

     

    P1110803bis Les applaudissements nourris nous emmènent vers la scène ouverte, qui débute avec les touchants messages d’au-revoir de Laurenne Nocq et François Martin.

     

    Et voici que s’avancent les auteurs de l’automne, aux âmes emplies de mots et de musiques jolis :

    Michel TEYSSIER Michel Teyssier,

    Maria SALAMONE Maria Salamone,

    Nassim JIBAI Nassim Jibaï,

    Chantal TOPPAN Chantal Toppan,

    Cédric JACOB Cédric Jacob,

    BROSSET Muriel Brosset et

    Philippe MARTIN Philippe Martin ouvrent le bal.

     

    Puis c’est au tour de P1110818bis Pierre Kowalski,

    Héléna MARTINELLI Héléna Martinelli,

    Michel REYNAUD Michel Reynaud,

    Lisette BAIE Lisette Baie,

    Marc FERBER Marc Ferber,

    P1110844bis Lyanah,

    MARIE GAYMarie Gay,

    Michel ORION Michel Orion et

    ALZINA Patrice Alzina de nous emporter dans leurs voyages intimes. 

     

    Mais voici que la soprano Elvira HOFFMANNElvira Hoffmann est sur la scène, et ses trois mélodies, qui jaillissent du piano de Laure Temporale, viennent bercer les effluves de la nuit qui s’installe.

     

    Vos visages heureux peuplent désormais la salle à manger du château.

     

    Il ne reste plus qu’à partager les saveurs de l’amitié.

     

    J’aurais voulu retenir longtemps ce grand murmure de l’âme.

     

    Mais il y aura des lendemains, plus loin que nos souvenirs.

    P1110852bis

    Pierre-Jean Blazy

     

  • JE T'AI RECONNUE

    C'était une soirée de mai où je n'étais pas.

    Un nuage a recouvert le soleil. Il est resté quelques heures sur cette clarté que j'aime tant vivre de l'intérieur.

    De rivas alzina

    J'ai vécu par procuration.

    Cette vie passe et nous ignore parfois.

     

    De rivasGeorges de Rivas venait de changer de château. Il a ouvert sa valise de mots.

    A sa droite Herve fouere Hervé Fouéré manie la cithare, que le ciel semble avoir déposé entre ses mains.

     

        Je t'ai reconnue, promesse et présence de la poésie

           (...)

        Je t'ai reconnue, Eurydice revêtue de ta robe diaphane

           (...)

        en cette mer pourpre, où  frénésie ourlée de hautes lames 

        l'amour versa ce vin d'or pour sceller l'union de nos âmes

     

    C'est une puissance de la douceur, qui flaire l'amour, roulant sur nos misères:

     

        Tu sais que je te parle depuis une étoile proche de Sirius

        d'une étoile invisible appelée Phoenix qui est l'exacte opposée

        de Styx

           (...)

        J'aime comme toi ce qui jamais ne fut

        et me souviens qu'à ta vue

        la foudre elle-même poussa un cri

    Georges de rivas

    C'était la neige d'un silence.

    Car souvent d'un rien une fête jaillit

     

        Or voici qu'un songe m'étreint et me submerge

        devant l'âtre éteint là-bas sur la terre

        où tu m'attends

           (...)

        J'ai dû brider le cheval de feu qui voudrait m'emporter

        aux rivages de ton étoile

           (...)

        Car c'est de foudre divine qu'il s'agit et de l'éclat d'outre-monde

        frappant tous maux à la racine

     

    Les mots prennent corps. Les mots deviennent musique et cognent sur l'inconscient.

     

        J'ai vu deux oiseaux morts ressuscités dans la lumière d'or

        deux oiseaux aux ailes éblouissantes qui traversaient cette nuit

        d'encre

           (...)

        dans l'aurore allumée par leurs ailes de feu

           (...)

        O chante à nouveau le mystère d'amour

        à tes lèvres de troubadour

     

    La nuit vient doucement s'installer.

     

    Onze auteurs désormais peuplent la scène et impriment leur conviction:

    Mm davaine 1 Madeleine-Marie Davaine,

    Muriel brosset Muriel Brosset,

    Philippe MARTIN Philippe Martin,

    Maria salamone Maria Salamone,

    Jackie raimondi 1 Jackie Raimondi,

    Jocelyne tarral Jocelyne Tarral,

    Fabien tomatis Fabien Tomatis,

    Michel orion Michel Orion,

    Lyanah 1 Lyanah,

    C forgeot Christophe Forgeot

    et Patrice alzina 2 Patrice Alzina qui livre son texte après avoir si bien animé la soirée.

     

    C'est maintenant l'heure de la voix.

    La voix que l'on attend, qui porte le nom de Pauline sicot Pauline Sicot, accompagnée au piano par le talent affirmé de Laure Temporale.

    Laure temporale pauline sicot

    Quatre chants.

     

    Quatre grondements d'applaudissements, et à la fin la salle debout pour entourer la soprano, pour prolonger l'instant.

     

    Un bruissement de bonheur reflue de la salle à manger.

    Le piano, emprunté par d'autres mains, enroule au loin sa mélodie. Des vocalises se mêlent aux visages qui s'égayent, et parlent.

    Une chaleur puissante et douce imprègne les murs.

    Les artistes avec p alzina

    C'était un jour de presque pluie.

    Les jours de pluie, que ferais-je sans toi?

     

    Pierre-Jean Blazy

  • L 'AMOUR QUE JE N'AI PAS DONNÉ

    pj blazy

    Et la pluie s'est installée, lente, patiente, infatigable, depuis le milieu de la journée jusqu'à la nuit d'encre noire.

    Mais voici qu'une lumière s'allume, aux vitraux du château, comme des ombres qui bougent et bientôt les lumières jaunes et chaudes emplissent tout l'espace.

    Il ne reste plus de place. La foule est au rendez-vous.

    Devant la cheminée, à l'extrémité de la grande salle au parquet de bois, JM SANANESJean-Michel Sananès entonne le chant de ses mots qui se faufilent entre les rangs serrés.

     

                                                   L'amour que je n'ai pas donné

                                                   je l'ai volé

                                                                                  (...)

                                                   Volé

                                                   A l'enfant de la rue que je n'ai pas entendu

                                                   A l'affamé que j'ai ignoré

                                                   A l'aveugle que je n'ai pas éclairé

                                                   A la haine que je n'ai pas éteinte

                                                   Au souffle de vie

                                                   que je n'ai pas honoré

     

    C'est une soirée à trois voix. Jean-Michel Sananès est accompagné dans la déclamation de ses textes par

    Ile ENIGER Ile Eniger et

    C. ARTESClaude Artès.

     

                                                   Va petit homme

                                                   dans les cours d'école

                                                   où ne s'apprend plus le rêve

                                                   dans le cœur des hommes

                                                   ou l'on n'oublie l'amour

                                                                                  (...)

                                                   La vie est une béance plus grande que l'univers

                                                   je suis frère de l'herbe et du sang

     

    A la guitare, Bruno sananes Bruno Sananès enveloppe les mots et rythme les phrases, pour marier sonorités et mélodies.

     

                                                   Quand un poète prend sa retraite

                                                   il bâillonne ses mots

                                                                                  (...)

                                                   Quand un poète prend sa retraite

                                                   Une larme

                                                   acérée

                                                   plantée en travers du gosier

                                                   éteint les feux de son âme

                                                   quand un poète prend sa retraite

                                                   il se tire des silences en pleine tête

                                                   chaque nuit brule ses étoiles

     

    Plus loin, toujours plus loin dans l'avancée de la nuit, la poésie voyage entre mer et montagnes, avec vos yeux pour miroir.

     

                                                   Va plus loin mon fils

                                                   quelle que soit ta taille

                                                   tu porteras la vie sur tes épaules

                                                   quelle que soit ta taille

                                                   ta dimension d'homme tu chercheras

                                                                                  (...)

                                                   Poète, viens

                                                   Aucune balle, jamais, ne tuera une idée

                                                   Il n'est pas de plus belle idée

                                                   que de vouloir aimer chacun

                                                   que de se savoir pareil à tous

     

    Ainsi marche Jean-Michel Sananès.

    Et dans ses pas vous vous êtes engouffrés, ami(e)s de la scène ouverte, où ce soir nous entendrons la cithare de Claire Patouillard, et un hommage au poète niçois trop tôt disparu Jean-Max Gallo.

     

    LA SALLE

     

    Tour à tour les visages et les styles défilent devant vos mines réjouies ou émues:

    I.  LENEUVEU Irène Leneuveu,

    B. FERRAUDBernard Féraud,

    P. MARTIN Philippe Martin,

    MARYSE DUTOUYA Maryse Dutouya,

    LYANAH Lyanah,

    M. BROSSET Muriel Brosset,

    C. PATOUILLARD Claire Patouillard (cythare et poème),

    LUCE RAYNAL Luce Raynal,

    M.ORION Michel Orion,

    David Cardoso David Cardoso,

    PIERROT Pierre Kozlowski dit Pierrot,

    C. JACOB Cédric Jacob,

    Jean-Max Gallo

    (par les voix de Annie Montoya et Frédéric Altmann)A montoya et f altmann ,

    et

    P. ALZINAPatrice Alzina font résonner vivas et applaudissements nourris entre les murs épais du château.

     

    Puis, c'est le temps du chant.

    Et quel chant !

     

    La sublime et envoutante voix de

    C. DELASSALLE Céline Delassalle nous emporte loin des rives du quotidien, pour un voyage à contre-nuit, dans quelques vallées du désir.

    Au piano, le grand talent et le sourire charmeur d'Akil Djan AKIL DJAN 

    accompagnent la belle soprano, applaudie comme jamais.

     

    Et maintenant, place au buffet soigneusement préparé, pour l'amour de l'amitié et du partage rendus possibles grâce à la poésie, la musique et le chant.

    C'était une nuit où la pluie avait le goût de miel.

    LES ARTISTES   C. DELASSALLE

    Pierre-Jean Blazy

  • DEMAIN REVIENDRA 

    La chaleur du jour monte aux cieux, pour laisser le soir entrer. 

                        BLAZY PJ                    

    La grande salle du château, en beauté, est trop petite pour tous vous accueillir, mais le hall ouvre ses bras et permet de ne pas perdre un seul des mots de Colette Gibelin: 

     

        Est-ce bien nous 

        ce tremblement fragile du ciel 

        ce rire évanoui? 

        Nous sommes brèches, éclats, 

        explosions éphémères 

        Les creux laissés par nos corps 

        sur la plage 

        se sont remplis de sable 

        plus d'une fois 

                 (...) 

     

        Les oiseaux se sont tus 

        la terre est aux abois 

        infiniment sèche 

        infiniment écorchée 

        rêvant à des ruisseaux de lait 

        des floraisons de miel 

     

    La voix de GIBELIN ColetteColette Gibelin est ample et claire. Elle emplit les âmes d'émotions vécues et sublimées. Le piano d'Akil Djan chante, sous l'étreinte des doigts de la jeune artiste. 

     

        Ne refuse pas l'infini, 

        son gout d'ailleurs, 

        Il n'a pas de contours, 

        pas de marge où se taire 

        Il t'explose au visage 

        Il brule dans tes veines 

                  (...) 

     

        On dirait l'aube 

        on dirait le commencement de toutes choses 

        et, toujours, 

        leur incessant naufrage 

        dans les remous du temps 

                         (...) 

     

    Le  voyage continue, qui fait fuir les oiseaux de malheur. 

    Une fleur d'épine noire devient automne indécent, dans le roulement miraculeux des mots et des notes. 

     

        Nul ne peut retenir la lumière 

        Source et blessure 

        Elle court et dévore le temps 

        Ce qui s'achève ne cesse pas 

        Ne cède pas 

                        (...) 

     

         Un écoulement 

         d'eau, de sang 

         le jour va se tarir 

         Il déchire l'ombre 

     

    Le crépuscule est au rendez-vous. Les mélodies d'Akil Djan font rêver les vieilles pierres, et les vers scandés de Colette Gibelin réveillent tout ce que l'été avait endormi. 

                                        PJ BLAZY présente les artistes

         Toute splendeur éclate 

         comme les bulles de savon 

         Toute douleur aussi 

         Le fracas et la faim 

         le tumulte d'amour 

         s'effacent sans retour 

                     (...) 

     

         Il faudra tout refaire 

         Ô mes enfants 

         Ô mes amis 

         Jetez les fumées et les pièges 

         Jetez l'ombre et les sortilèges 

         Encerclez le soleil 

         pour des noces de lumière 

         Et demain reviendra 

     

    Place désormais à vos écrits de l'été. Vous voici, souriant ou pleurant ces mots et ces chants, face à un public nombreux et ravi, devant tant de diversité et de fraicheur. 

    MMD Madeleine-Marie Davaine,

    Maryse DUTOUYA Maryse Dutouya,

    Laurenne NOCQ Laurenne Nocq,

    Roger REGO Roger Régo,

    Bernard FERAUD Bernard Féraud,

    Mendy RAYNAUD Mendy Raynaud,

    JP HAASSE Jean-Pierre Haase (texte et chant),

    E. LENEUVEU Irène Leneuveu (chant),

    Muriel BROSSET Elisabeth Leneuveu (chant),

     

    I. LENEUVEU Muriel Brosset,

    PK Pierre Kozlowski (texte et chant),

    Maria SALAMONE Maria Salamone,

    JP HAAS Michel Orion (chant) et

    PA Patrice Alzina s'emplissent de vos applaudissements nourris et heureux d'enfin se retrouver. 

     

    Mais l'on ne peut se quitter sans les chants superbes du baryton mouansois R BARRONI Roland Baroni, accompagné par Akil Djan. 

    Là, c'est debout que la salle comble manifeste sa joie, avant l'apéritif offert à tous et le buffet de fin d'été, inventés par nos mains pour prolonger nos retrouvailles. 

                               DJAN Akil et BARONI Roland

    Une dernière fois, dans le secret du château, la nuit reconnaissante vient caresser nos âmes. 

                                         PJ BLAZY  et les artistes

    Pierre-Jean Blazy 

     

     

  • UNE AUTRE AURORE

    Chantal Danjou

    Il flotte en ce vendredi comme un air de fin de printemps. Le soleil encore ardent cogne sur les murs épais du Chateau , qui en a vu d'autres.

     

    Vous êtes là, au rendez-vous, vous êtes nombreux devant Chantal Danjou qui sème ses mots:

     

    Qu'est-ce que le temps?

    Je vais aussi loin que possible dans cette jouissance illusoire.

    Les pas, les traces, les ombres, les traits, les langues, les brumes, les papillons, les bruits, les papiers flottent

    (...)

     

    Silhouette d'homme

    tel haut battant de porte

    comme s'il allait entrer

    ou sortir nous échapper

    (...)

     

    Puis le piano d'Akil Djan Akil Djanprend le relais. Comme par enchantement, les doigts de la jeune pianiste turque et bulgare volent sur le clavier. Et les notes, aussi charmantes que celle qui les jouent, nous emportent au plus prés du texte qui se déroule. Akil Djan 2

     

    Que reste t-il si ce n'est l'erreur

    qui persiste dans son éclat

    de pierre infinitésimale

    (...)

     

    La collusion des rochers, des falaises, des vagues et des montagnes déclare le silence! Il faudra attendre avant d'autres suppositions. D'autres caps érigés. Des arbres dansants. Des jours brefs.

    (...)

    Chantal Danjou 2

    Voici que les ténèbres de l'esprit s'estompent. On peut pleurer dans les rivières, rien de grave n'arrivera. Le temps soudain s'épaissit:

     

    De l'autre côté du monde

    attendait la mer sous la cendre de l'eau que tout

    ce temps avait écoulée

    et la nuit s'était couverte de feuillages

    (...)

    La mer descend

    elle et le ciel se resserrent

    elle est le grand miroir aux deux chiens

    il est le bleu et la multitude des nuages en elle

    (...)

     

    Akil Djan est impressionnante de maitrise pianistique.

    Chantal Danjou a des mots empreints de larmes blanches, qui scintillent dans le soir.

    Restons quelques instants encore dans la meilleure des vies.

    Chantal Danjou et PJ Blazy

    Le silence rebondit où s'enroule la vague et ses aplats gris se succèdent comme des marches qui monteraient à la joie extrême et là tout s'arrête.

    (...)

     

    Au delà des corps. Au delà du plaisir. Sur le chemin douanier. A l'aplomb de la mer. C'est là.

    (...)

    L'assistance

    Voici maintenant les auteurs des Mots d'Azur qui s'élancent, à tour de rôle, sur la scène encore recouverte d'applaudissements.

    MMDMadeleine-Marie Davaine,

    Chantal CarreteroChantal Carretero,

    Muriel BROSSETMuriel Brosset,

    MARTIN FrançoisFrançois Martin,

    PierrotPierre Kozlowski,

     Michel ORIONMichel Orion,

    Mendy RAYNAUD Mendy Raynaud,

    Bernard FERAUD Bernard Féraud,

    Maria SALOMONE Maria Salamone,

    Irène LENEUVEUIrène Leneuveu et

    Bruno LEMOINEBruno Lemoine (guitare),

    et enfin Patrice ALZINAPatrice Alzina nous ravissent de textes originaux, lus ou déclamés, et très appréciés.

     

    Puis c'est le temps du chant. Et quels chants !La soprano et présidente des belles voix d'Arsis, Marie-Thérèse RODA Marie-Thérèse Roda, nous emporte dans un bain de beauté, avant que l'apéritif et le buffet dressé dans la salle à manger du Château réunissent les amitiés présentes et futures.

    Les artistes et PJ Blazy

    Nous avons désormais le crépuscule pour adresse.

    Mais au bout de la nuit attend une autre aurore.

     

    Pierre-Jean Blazy

  • UNE LUCARNE SUR LE CIEL

    Un rayon de lune illumine le château et soudain une douceur orangée envahit le vieux-village.

    La grande salle au parquet de bois est, elle, éclairée par vos sourires annonciateurs d'une belle soirée.

    Nicole LANZANicole Lanza délivre ses mots:

     

                            Vos fleurs

                           j'aurais voulu les boire

                           et toutes les rosées et toutes les pensées

                           qui hennissent d'orages

                           dans l'air des songes aux cillements moqueurs

                           dans la durée des heures

                                        (...)

                           Dans la bouche des astres

                           au flanc du ciel nébuleux

                           le paysage bleu

                           gronde de nuits silencieuses crevées d'orages

     

    Pour déclamer ses poèmes,

    P1100969bisNicole Lanza est accompagnée par

    Philippe MOLINOPhilippe Molino.

     

    Les mots ricochent, empruntent  vallées et sommets, pour se poser dans nos bras où se repose le crépuscule.

     

                           Les oiseaux cachés sous la terre mouillée

                           attendent les nuits chaudes pour renaitre

                           le jour coiffé de dunes pâlit

                           sur ses épaules nos chagrins se concertent

                           baignés de lunes défaites

                                       (...)

                           Je vous offre en deux rimes de déranger le monde

                           allégez ma conscience, les cernes de ma vie

                           les gorges de mes nuits

                           s'épandent dans l'univers

                          ma robe est suspendue à votre cadran lunaire

     

    Les mots scintillent et la musique les emporte dans la nuit. Le divin violon de P1100954bisVolkmar Holtz,

    et au piano P1100961bisFabien Parisato, tressent un hommage à la poésie qui s'offre,

    P1100982bis qui se délie devant nous. 

     

                           Je m'ouvre à l'ivresse et au vertige

                           j'entrouvre la lucarne du ciel

                           et je savoure une potion de rêve

                           effilochée de mémoire enténébrée

                                           (...)

                           J'ai vécu la patience de la pierre

                           j'ai marché à sa vitesse

                           cabrée dans le vent

                           j'ai peint des paysages de larmes blanches aux regrets enfouis

                          j'ai bercé des cauchemars  sac à dos des misères

     

                                                                LES ARTISTES

     

    Maintenant Nicole Lanza, auteur, Philippe Molino, récitant, et nos deux musiciens Volkmar Holtz et Fabien Parisato sont sous les vivats. Les applaudissements nourris portent sur la scène ouverte les auteurs des mots d'azur, et leur cohorte de sourires et d'émotions.

     

    MARTIN FrançoisFrançois Martin,

    Bernard FERAUDBernard Féraud,

    Rimma Rimma Lubomir,

    MariaMaria Salamone,

    P1110009bisJackie Raimondi,

    Antoine MARIELLIAntoine Marielli (chant corse),

    Irène LENEUVEUIrène Leneuveu,

    Chantal CarreteroChantal  Carretero,

    Muriel BROSSETMuriel Brosset,

    PJBvotre serviteur, 

     

    Marie Gay et

     

    ELISA Elisa Verna rivalisent d'ardeur poétique pour nous emmener

    jusqu'aux trois superbes chants du ténor des voix d'Arsis, YOANNYoann Piazza.

     

    Ce dernier, accompagné au piano par Fabien Parisato, est le bel achèvement d'un rendez-vous qui méritait d'être vécu.

                                                                     P1110038bis

    Ce fut comme une éclipse des ombres.

    Le poème est sorti des ténèbres, et se répand maintenant comme un vent chaud, dans les couloirs du château.

                                                        PJB et Nicole

    Pierre-Jean Blazy

  • SAISIR LA ROUTE

    La neige a donné rendez-vous aux mots d'azur.

    Attendue dans la journée, elle choisit de tomber une heure avant le début de notre soirée.

    Quelques flocons légers sur le littoral, et une petite couche aux contreforts du moyen et du haut pays.

    Suffisamment pour décourager nos voyageurs éloignés.

     

    C'est donc une assistance moins nombreuse que d'habitude qui accueille Christophe FargeotChristophe Forgeot.

    Mais la grande salle va se remplir au fil des minutes ...

     

       Dans l'ouest américain

       la lune et le soleil sont nouveaux

       tout a le goût de la première fois

       l'immensité la route la liberté

       embrassées

       comme des adolescentes

        (...)

       

       Le matin commence par un café dans la tasse

       la fumée se déplie

       enfourche l'utopie

       caresse son réservoir

       et relève sa béquille

     

    Christophe Forgeot est  accompagné par Hervé Hervé Fouéré, lui -même venu avec de nombreux instruments. Et ils nous racontent cette traversée , en mots et en musiques, le long de la mythique route 66.

     

       Pourquoi se compliquer la vie

       prends un sac et taille la route

       la vallée est un passage

       l'eau a sculpté pendant des millions d'années

       l'éphémère que tu es

        (...)

     

       Vise le voyageur au fond du bar

       une trêve au bord des lèvres

       le ventilateur découpe sa vie

       dans la lueur blafarde du soir

       où seule subsiste l'envie d'être à demain

    La salle séduite

    Sur l'écran géant défilent les photos magnifiques d'Agnès Mallez. L'effet est saisissant. La musique typique de l'ouest américain, les images plus vraies que nature, et la poésie ciselée de Christophe Forgeot nous font chevaucher la route aventureuse.

    Le trio infernal

       Cactus dans les plaines

       flétrissent flétrissent

       ici il n'y a ni feuilles ni automne

       la fumée dans le ciel tourbillonne

       l'horizon est un monument

        (...)

       Pas de grillage pour border la voie

       pas de péage pour couper l'élan

       le nez des camions est sans limite

       a road to be free

       seuls des motels pour relayer l'amour

     

    L'atterrissage se fera en douceur, dans les frimas qui se poursuivent au dehors, alors que la chaleur humaine envahit une scène ouverte bien rythmée, où se succèdent MM DavaineMadeleine-Marie Davaine,

    CordosoDavid Cardoso,

    Daniel Galant Daniel Galant,

    Hélène Albert Hélène,

    Cédrix JACOB Cédric Jacob,

    Nathalie DLOUSSKY Nathalie Dloussky,

    Pierrot Pierre Kozlowski,

    Bernard FERAUD Bernard Féraud,

    Irène LENEUVEU Irène Leneuveu,

    Muriel BROSSET Muriel Brosset et

    Patrice ALZINA Patrice Alzina.

     

    Héléna MARTINELLI Héléna Martinelli et Michel Raynaud ont choisi de nous chanter Alfred de Musset, avant même que la

    vibrante soprano La soprano Marianna Nagy, accompagnée au piano par Catherine Gamberoni, nous emmène au firmament.

    Les artistes

     

    La salle, debout, applaudit.

    Ce septième anniversaire aura marqué les esprits.

    Longtemps il restera dans notre souvenir.

     

    La neige est une feuille blanche

    et le poème s'y répand,

    comme un vent chaud et puissant.

     

    Photo de groupe

    Pierre-Jean Blazy

  •    AUCUN ETE N'EST ETERNEL

     

    L'automne doucement a pris possession du Château.

    Il y a le bruissement de paroles lentes, apaisées.

    Trio d'artistes

    La voix de RenoufGilbert Renouf

    emplit le bois et les pierres de la grande salle aux cent regards.

     

                                     Allons regarde il ne fait pas déjà nuit

                                     il n'est pas dit d'ailleurs

                                    qu'il y ait une nuit semblable à tes cauchemars

                                    où tu la verrais emporter avec elle

                                    la foule froissée de vos rêves

                                    comme les draps après les corps

                                                             (...)

                                    Aux projets d'une vie, j'oppose la vie offerte

                                    je ne mesure ni le temps ni l'espérance

                                   acier doux du ciel

                                   et le velouté d'un nuage rose

                                                              (...)

     

    Le long train de la poésie a quitté la gare. La flûte altière de FluteCécile Chassoulier accompagne ce voyage dans la musique des mots et des émotions.

     

                                 Nos éternités sont venues de loin

                                 il m'aura fallu une vie pour apprendre à ne pas crier

                                 une autre pour savoir attendre

                                 une autre pour laisser être

                                                               (...)

                                 Quand elle vient vers moi avec ce sourire

                                 quelque chose d'invisible la précède

                                 s'empare de mon corps

                                 comme la lumière d'une grâce

                                 qui ouvre la joie

                                 et efface les ombres

                                                             (...)

     

    Les applaudissements fusent après chaque prose, après chaque musique.

    Maintenant sur la scène s'avance Rémy Durand.Rémy Durand

     

    Elle voulait partir. Pour que son regard atteigne les nuages,

    encore plus loin peut-être, pour que son chagrin s'apaise, pour

    parler là-haut, puisqu'ici elle ne le pouvait pas, pour écrire là-haut,

    des mots dans un ordre parfait, puisqu'ici elle avait tant de mal à le faire

                                          (...)

    Laisse moi, je dois partir, ne viens pas, mais viens avec moi dans mon rêve, si tu veux bien.

                                          (...)

     

    CécileLes mots se rassemblent.

    La flute enchantée court, frivole, entre les mots, pendant les rêves, jusqu'aux tourelles du château.

     

                                Il est trop tôt pour aller dormir

                                Naïa s'allonge sur le lit dans un éclat de bonheur

                                c'est mon royaume...

                                elle l'invite à le rejoindre

                                ils ne disent mot

                                ils écoutent le bruit des vagues au loin

                                ils ne veulent pas devancer le temps

                                                          (...)

                                Demeurer dans l'immobile

                                y prendre attache comme dans une crique solitaire

                                ceinte de plages secrètes et d'anses inconnues

                                                         (...)

     

    la salle

    Les regards sont suspendus, et chaque mot est bu avec délectation. C'est une avalanche d'émotions

    vécues qui sont dégustées par l'esprit. Rémy Durand poursuit:

     

                  Je le dis: nous conduisons tous notre troupeau dans le désert. Nous sommes tous, un jour, en un lieu précis du désert, en un parage lumineux, loin, très loin des hommes, des villes, des fracas, des déflagrations

                                                                   (...)

                 Je le dis: nous nous sommes manifestés à nous-mêmes, pour donner un sens à notre respiration, à notre chair, aux battements de nos cœurs (...)

                Nous voici, bergers des ombres dans la lumière du désert, bergers qui sauront construire la demeure imaginaire

                                                                   (...)

     

    Après ce magnifique duo de poésie, vient la richesse différente de la scène ouverte: la fraicheur et la diversité de vos voix qui se succèdent.

    Maria SalamoneMaria Salamone,

    MurielMuriel Brosset,

    David CardosoDavid Cardoso,

    IrèneIrène Leneuveu,

    BernardBernard Féraud,

    MagdaMagda Igyarto,

    PianoPhilippe Molino,

    PierrotPierre Kozlowski,

    DanielDaniel Galand,

    François MarinFrançois Martin,et

    AlzinaPatrice Alzina

    font vibrer des textes originaux, enlevés, qui vont du rire aux larmes, qui sont toujours dans l'émotion partagée.

     

    La nuit est tombée.

    C'est le crépuscule.

    La soprano sopranoVanina Aconina nous régale de sa voix pleine et chaude, et pour quelques minutes encore, la beauté est parmi nous.

     

         P1100605bis      PJB et la soprano  

    Place désormais aux agapes veloutées, à tous ces sourires échangés, à ces discours entre amis.

    Buffet

    C'est le début d'un bel automne.

    Aucun été n'est éternel.

    M. Le Maire et les artistes

    Pierre-Jean Blazy

     

     

  • C'EST UN VOEU

          Soirée du 23 septembre 2016

     

    L'été était encore vivant et l'automne petit enfant.

    Le Château bruissait, se remplissait de vos sourires, de vos regards.P1140095    P1110367bis    P1110365bis

     

    La salle est comble. P1140211 1                                                                        P1140089 1

     Antoine Simon entre en scène:  P1100036 1

     

     

     

         Tout marche tout va                      

         vers l'horizon qui est là-bas

         noyé dans un brouillard austère

         tout va tout marche sur la terre

         dans un enchevêtrement de gala

         (...)

     

         En crèche

         tes lèvres distribuent

         aux portes sans nombre

         la sève

         la liqueur des chagrins postérieurs

         (...)

     

    Nous sommes dans les mondes de l'ombre, avec la voix forte, envoûtante d'Antoine Simon

    qui emmène les mots, et les mélodies douces et fortes à la fois du saxophone de Caterine Naget-Polo.   P1140195 1

     

         Comme des huiles féodales

         au créneau

         les cerveaux ébouillantent le corps

         les yeux sont glauques

         les voix rauques

         n'osent plus se montrer

         et les doigts

         agiles comme des baguettes de fée

          veulent strier les pages d'ornements inutiles

         pour qu'un nom soit conjugué

         dans les mâchoires

         des grandes villes

         (...)

     

     Il y a l'incandescence. Il nous faut attendre demain, mais je veux l'attendre en écoutant le verbe     P1140162 1

    se déplier, la musique se dilater.
     

    La terre entière présente un visage maigre

    ravagé d'automnes de pluies de crainte

    des yeux rouges des lèvres blanches

    et des soleils fanés pour réchauffer la vie

    (...)

     

    des joies volées engourdies par instant

    sur les glaces froides droites

    sur les masses de bambou mort

    accrochent le soleil

     

    un arbre

    un chêne

    alphabet du paysage

    (...)

     

    C'est un vœu, une chambre obscure qui lentement s'éclaire.     P1100039 1          P1140305 1

    Et vos visages suivent les circonvolutions du poète-acteur.
     

    Oiseau

    larme des arbres aux doigts fourchus

    sur le visage

    de l'ingénue forêt sans âge

    que déjà l'on aperçoit plus

    (...)

     

    Je suis le dernier des prodiges

    l'enfant prodigue qui se fige

    mon corps entier n'est qu'une digue

    où s'amassent tous les vertiges

    (...)

     

    à chaque berge l'on me cogne

    mais j'émerge dans les festins

    tous les serments sont des charognes

    je vais d'Amsterdam à Cologne

    courbé en deux dans mon destin

    (...)

     

     Nous sommes dans les ors des champs.

    Avant de saluer nos cœurs ouverts, Antoine Simon livre son dernier mot, après la douce,  la mélodieuse fureur du saxo de Caterine Naget-Polo.

     

    Ta jambe repliée sur mon cou

    ton cœur replié sur la nuit

    mes yeux repliés en toi-même

    et l'écho tragique de l'ombre

         P1140287 1                    P1140254 1       P1140215 1                           P1140217 1

     

    Puis c'est une scène ouverte apaisée, et de vraie qualité, avec vos talents réunis et vivifiants, qui s'installe devant nous.

     

    Regardez et écoutez Madeleine-Marie Davaine, P1140117 1     Patrice Alzina, P1140384 1  , Michel Orion  P1140376 1

    Louis Champavier  P1140340 1, Jackie Raimondi  P1140368 1, Fabien Tomatis et Brigitte Broc... P1100096 1

    Regardez et écouter votre serviteur P1100106 1,  Irène Leneuveu P1140350 1, Muriel Brosset P1140357 1

    et Laurenne Nocq...P1100110 1

     

    Regardez et écoutez Michèle Freud, P1140391 1  notre conteuse poétisante, avant le chant final, magistral, de poésie chantée et de mélodie créée du guitariste auteur-compositeur-interprète Lobsang.   P1100122 1     P1140397 1

    La lourde haleine du temps s'est enfuie.

    Il y a la pureté de la nuit.    P1140428 1       P1140435 1     P1100030 2

     

    Pierre-Jean Blazy 

    06 07 53 00 42 

  • LE TEMPS DE L'OUTRE-CIEL

    Le soleil est dru sur la capitale du pays de Cannes et Grasse.

     

    Voici le P1110367bis château de Mouans-Sartoux, P1110365bis imposant de calme et de sérénité, dans son parc-écrin, et vous, quatre-vingt quinze autour de P1090851bis Colette Guedj.

     

    Soirée d'une infinie douceur. La lumière finissante a une transparence de cristal.

    La fraicheur du soir s'étend sur le jardin, un voile de brume imprègne la terre de sa bienveillance.

    Et la terre la lui rend bien. Les feuilles en sont humides de plaisir.

    Donner recevoir, tel est le rite du don.

     

    La prose poétique sonne. Et, en pas de danse avec les notes de piano de Cécile Chassoulier, P1110417bis cela est beau, cela est bon.

     

    L'air est chargé d'infimes vibrations qui se communiquent à la terre, au ciel, en moi.

    Mystérieux échanges entre la nature et l'homme, l'une et l'autre se nourrissant de la même sève.

    Je suis en vie.

     

     

    Oui la vie.  P1090857bis Celle des cordes vibrantes de Bruno Roman-Ruiz. Indicible violon qui allonge les jours dans la douceur. Qui prolonge le soir dans la ferveur.

     

    Murmures des origines.

    J'ai l'impression d'entendre les oiseaux chanter pour la première fois.

    Les âmes errantes sont gorgées de caresses et de baisers.

     

    P1110412bis

    Voici l'éclat flamboyant des buchers de la joie.

    Qu'est devenue la pénombre perpétuelle de la douleur?

    P1090869bis

    Maintenant Cécile Chassoulier entonne de la flûte. 

    Deus musiciens. Trois instruments.

    Le château bruisse de toutes les peines qui s'éteignent.

     

    Des mots doux flottent dans l'air, allument les étoiles une à une, réveillent la lune assoupie, saupoudrent les arbres de flocons d'argent, se déposent sur chaque parcelle de terre et la fécondent.

    Ils habitent le vide.

    Je me souviens.

     

    Souvenance.

    Nous sommes dans un essaim de fragments du Beau. P1090858bis Colette Guedj s'élance à nouveau, à longs traits d'air pur. Allons dans les mondes de l'ombre qui désaltère.

     

    Plage de sable blanc un jour d'été breton triste et pluvieux, et des filets de pêcheurs trainant dans le sillage des flaques d'eau. Fissures et crevasses.

    La lumière transfigure le monde, l'enserre dans un écrin de glace.

     

    Vingt-huitième et belle soirée. Les applaudissements sont longs. Le soir se fait insistant, et entre chien et loup, les mots se posent et nous reposent.

    P1090863bis 

    Une vaste maison. De grandes lampées de lumière. Le bonheur d'être en vie, tout simplement.

    Fragile harmonie entre l'extérieur et l'intérieur, entre le jardin et la maison, entre la légèreté de l'air et le tumulte du cœur enfin apaisé.

     

    C'est l'heure de la fraicheur renouvelée. Le bonheur de la scène ouverte est là. Vous êtes quatorze au rendez-vous, dans la lumière tamisée du soir.

    P1090886bis a Irène Leneuveu au chant,

    P1090881bis Louis Champavier,

    P1090888bis P1110570bis Jean-Pierre Haase pour La Fontaine superbement interprété, P1090890bis b Marie-Solange Raymond,

    P1090895bis Myriam Holley,

    P1090898bisPierre Kozlowski et

    ses deux poèmes déclamés de haute volée,

    P1090901bis c Florence Martinie, 

    P1090906bis d Elisabeth Leneuveu,

    P1110532bis Marie Gay,

    P1090882bis Maria Bachs,

    P1110582bis g Laurenne Nocq,

    P1090917bis f Nathalie Dloussky et

    P1090852bis votre serviteur, tour à tour, montent sur scène.

    Avant que P1090923bisMichelle Freud, notre conteuse poétisante attendue par tous, vienne soulever les vivats,

    une quinzième fois.

     

    Puis P1090927bis  P1110637bis 

    Florence Person, magnifique de voix et de prestance nous emmène vers ses trois mélodies.

        P1110513bis

    C'est le temps des dédicaces de livres et de l’apéritif. 10 juin 20163bis

    Voici maintenant les senteurs du buffet de fin de printemps, accueilli par de larges sourires.

    P1110693bis

    Il est venu le moment de l'outre-ciel.

    La chambre douce et belle de l'amitié relance les appels du vent qui se lève.

     

    P1110708bis

    Pierre-Jean Blazy

  • NUL BONHEUR N'EST TROP LOINTAIN‏

     

    EntrezLe chateau 2

    Le soleil a disparu à l'horizon. Un éclair dans la nuit vient saluer les mystères du Château. 

    Dans la salle emplie de cent regards, le cortège des mots de Philippe molino Philippe Molino prend son envol.

     

                                   Enfin

                                   s'élancer

                                   vers le soleil

                                   par des marches légères

                                                   (...)

                                   Ton corps...nu

                                   une lumière-étoiles

                                   Ton corps...chaud

                                   un tourbillon-désirs

                                   un rayon-soleils

                                   Ton corps...doux

                                   un nuage-colombes

     

    Le miracle de la contrebasse Eric chapelle d'Eric Chapelle se réalise devant nous.

    Le verbe et la musique sont devenus complices du Beau. Molino chapelle

     

                                   Courbes de tes seins

                                   temple d'ébène

                                   Pages de ton corps

                                   que je lirai

                                   la nuit venue

                                           (...)

                                   L'or de tes yeux

                                   n'est vu

                                   qu'à l'instant de ton sourire

                                   La perle de tes lèvres

                                   n'est vue

                                   qu'à l'instant

                                   de ton baiser

    Philippe molino 2

    Je pense à ce grand murmure de l'âme. A cette lumière mystérieuse  qui meurt du côté de l'ombre.

     

                                   Je suis l'épouvantail dans le champ

                                   j'ai peur de ma tête

                                   Quand la nuit descend sur la colline

                                   je m'en vais vers une autre mort

                                              (...)

                                   Il pleut sur les vapeurs de lune

                                   Les vapeurs de lune atteignent le fond de mon esprit

     

    Le Château est conquis. Le public toujours attentif 

    Molino chapelle 2  Il esquisse un sourire devant nous, suspendus aux mots de chair de Philippe Molino, si bien servis par la mélodie claire, magnifique, de la contrebasse d'Eric Chapelle. Eric chapelle 2

     

                                   La naissance...

                                   Nous étions

                                   dans l'océan primal

                                   que parcoururent jadis

                                   les dauphins

                                   La mort...

                                   Notre corps mis en terre, étiré, enseveli

                                   nous entendions les chants sacrés

                                   archaïques

                                           (...)

                                   Tu t'enivres

                                   de vie

                                   Tu m'appelles

                                   à te rejoindre

                                   dans ta danse

                                   effrénée

                                   vers l'astre

    Philippe molino pj blazy     Blazy molino chapelle

    Puis voici que s'avance notre scène ouverte, très inspirée, calme, belle et sereine.

    Tour à tour Maria bachs 1Maria Bachs,

    Irène LENEUVEUIrène Leneuveu,

    Daniel GALANDDaniel Galand,

    Muriel BROSSET Muriel Brosset,

    Patrice alzina 1 Patrice Alzina,

    Marie-Solange RAYMOND Marie-Solange Raymond,

    Pierrot KOZLOWSKI Pierrot Kozlowski accompagné au piano par Caroline Wyler, Jurgen donau suzanne tychkevitch

    puis Jackie raimondi Jackie Raimondi,

    et enfin l'inimitable Michele freud 1 Michèle Freud vont se succéder sur la scène pour notre plaisir et notre joie.

     

    Avant que la soprano Suzanne Tychkevitch, accompagnée par le magnifique violon de Jürgen Donaü, soient le chant final d'une grande soirée. TYCHKEVITCH & DONAU

    Les amis lma reunis 

    Elisa et Nicole Bientôt les verres allaient tinter, alors que les senteurs du Le buffet buffet d'hiver envahissaient le Château.

    Il y aura un lendemain.

    Nul bonheur n'est trop lointain.

    Pj blazy

  • LE SOUFFLE DU LEZARD‏

    343bis

    La nuit doucement s'est installée et dans le Château bruisse le murmure régulier de vos conversations.

     

    Il faut les vocalises de 357bisGilbert Trem, et le son mêlé de la guitare et de la contrebasse 399bisd'Olivier Thiry pour que la grande salle pleine ce soir encore accueille

    les mots de 376bis Daniel Biga:

     

     

    longtemps après la péniche                                       dans le silence

    la vague                                                                 un souffle de lézard

    atteint la rive                                                          sur l'ardoise tiède

     

                                         pavés chauds aux pieds

                                        parfum de mai

                                        l'eau tremble

     

     

     

     

    Les voix chaudes, intimes,

    386bis de Daniel et Moina se succèdent et emportent les esprits vers des contrées oubliées.

     

     

    deux corneilles                                           coude au corps courant

    poursuivent l'épervier                                 au long des allées reverdies

    sur l'océan                                               bouffées de tilleul

     

                                     mouette mobile blanc

                                     suspendu

                                     au crépuscule

     

     

    Le temps hésite. Puis s'arrête. Le fond musical acoustique, étrange et coloré de Gilbert Trem et Olivier Thiry emporte la musique des mots.

     

    bien avant la nuit                                           le soleil de printemps

    un tranquille sourire de lune                          n'est pas à l'heure

    flotte vers l'ouest                                         d'été

     

                                          au nord

                                          c'est le printemps pluvieux

                                         en bas l'été solaire

     

     

    426bis    

    C'est une coupe au breuvage inconnu qui s'offre à nous. Entre nos tempes voici ce doux frémissement que l'on croise sur le chemin du bonheur.

     

    banlieue immense où tu passes                            à la source fraîche

    sans rien voir: soudain partout                            trois cents papillons

    le bleu liseron                                                  enivrés de menthe sauvage

     

                                            festins de village

                                            bals dans la nuit s'envolent

                                           des vallons aux collines

     

    Mais revoilà la vie terrestre. Un peu de baume sur la souffrance partagée.

    Voilà ce que sont aussi les courts voyages

    de 409bisDaniel Biga:

     

     

    l'été n'est pas fini                                         brouillard

    pourtant les vacances                                  ce matin le fleuve n'a pas

    finissent                                                    d'autre rive

     

                                           la corne de brume

                                           accompagne

                                          la nuit

     

     

     

    657bis

    On ne voudrait pas de fin. Une telle poésie amène le printemps sans un hiver.

     

    crinière blanche                                          le pied

    rouleaux chevaux écumants                         de l'arc en ciel s'enfonce

    la marée remonte                                       dans la mer

     

                                          ce soir on s'endormira

                                          cristaux de neige

                                          sous les paupières

     

    Le temps flotte à l'horizon et on ne le perçoit plus. La dégustation se prolonge:

     

    ma maison flotte dans l'univers                       

    à la merci des dieux ou des titans des lutins     

    et des vents                                               

     

     

                                                                    la ville pollue la nuit

                                                                    le lampadaire qui la combat

                                                                   ne vaut pas la lune

     

     

                         ton visage maintenant s'estompe

                         tout à fait

                        passé du côté des ombres grises

     

     

     

    Puis Daniel Biga salue, avant une longue salve d'applaudissements pour le trio réuni !

     

                                                  comme toi

                                                  bientôt je ne serai plus qu'atomes

                                                  dans la lumière froide des étoiles

     

     

     446bis      731bis

     

    Maintenant la scène est à vous, et cette fois aussi 461 001bis Irène Leneuveu l'ouvre de fort belle manière, avant d'écouter les voix et les mots juteux, parfois déconcertants, de 474bisMaryse Dutouya,

    520bis Fabien Tomatis,

    488bis Michel Orion,

    526bisPatrice Alzina,

    544bisDaniel Galand,

    492bis Myriam Holley,

    465bis Louis Champavier,

    509bis Claudia Bartolo,

    552bis Florence Martinie, et

    564bis Francine Savary.

     

    Puis c'est au tour de nos amis comédiens 615bis Pascal Giovanetti,

    603bis Alexandre Luccini,

    628bis Pierrot de Vence,

    582bis Myriam Primus,

    645bis Géphi, et

    la grande 662bisMichèle Freud de nous livrer leurs talents réunis.

     

     

    Avant 683bis Michelle Salzman, piano et chant, qui nous emmène en beauté

    vers le 707bis buffet d'automne. 776bis

     

    Mais nous reviendrons.

    Après les frimas de l'hiver.

    A la fine pointe de l'âme.

     

    Mouans sartoux 20 novembre 20151 003bis

    Pierre-Jean Blazy

    350bis

  • LAISSEZ PASSER LE BONHEUR

     

    Le chateau 1

    Il y a dans l'air, en ce vendredi soir, toute la chaleur lourde de la journée.

    Le public pourtant se presse aux portes du Château. Jamais nous n'avons été aussi nombreux.

    La grande salle au parquet de bois et à la cheminée d'époque est trop petite.

    Il faut dire que c'est le dernier Vendredi  du Château avant le 25 septembre.

    Il sera beau

    C artes 1

    La voix claire de l'ami Claude Artès se dresse entre les tourelles:

                            Goûter à la saveur d'un après-midi

                            sur tes lèvres

                            emprunter cet étroit chemin

                            où les rêves s'écartent

                            pour laisser passer le bonheur

     

                            J'ouvre ma journée

                            en pensant à toi

     

    La harpe est pure. Et les doigts experts d'Emeline Chatelin Chatelin 2 savent depuis toujours caresser la mélodie pour l'emmener très haut.

    Une fois de plus devant nous, le poète et le musicienne font qu'un.

     

                            Chaque jour dessine

                            la magie de l'instant

                            j'ai posé mon cœur

                            sur le doux de tes seins

                            étreinte où mes mains sculptent ton corps

                            imprégné dans ma mémoire à tout jamais

     

                            Tant d'heures perdues

                            à jamais rattrapées

                            que restera t-il de nous?

                            un souvenir, quelques mots dans un livre

                            et les moments d'amour

                            qui, seuls, nous ont aidé à vivre

    Artes chatelin 1

    Le soir avance, dans son écrin fugace, incandescent.

    Bientôt ce sera l'orée de la nuit.

    La salle attentive

                            Il reste encore le bruit d'un paysage

                            où se perd le printemps de ton visage

                            j'entends le cri des orages

                            sur des chemins où j'implore l'amour

                            de creuser son sillage

     

                            Viens me dit-elle

                            monte à bord du vaisseau de mon corps

                            tu seras pour un temps, pour une heure

                            pour l'éternité magnifiée

                            seul maître à bord

    C artes 3

    La mer est proche et la fièvre monte. La harpe coule et les esprits dégustent la mélodie des mots 

     

                            La poésie étend sa lumière douce

                            et ses cuisses se referment sur mon dos

                            comme les pages d'un livre

                            terminé trop tôt

     

                            Brumes sur les Cévennes

                            il fait un temps à déshabiller les poèmes

                            le gris du ciel

                            se pose sur ton corps

                            le silence

                            embrasse

                            le clair de tes yeux

                            et accompagne

                            nos jeux amoureux

    Artes chatelin

    C'est fini. Le temps a couru très vite.

    Encore une goutte, rien qu'une goutte, dans l'océan des mots

     

                            je monte sans bruit

                            pas à pas

                            les escaliers de la nuit

     

                            j'attendais

                            ton sourire

                            à l'entrée du jour

    Blazy artes   P1010926bis 1

    Maintenant vos mots accourent.

     

          

          

    Nous écoutons ce soir dix-sept poètes, tous différents, touchants, qui nous emmènent dans les contrées de leur âme, aidés en cela par le piano de R rivault Richard Rivault :

    Mm davaine Madeleine-Marie Davaine,

    M holleyMyriam Holley,

    P1020084bis  Alain Sasson,

    M bachsMaria Bachs,

    C cudelChantal Cudel, 

    P1020098bis David Cardoso,

    P1020050bis Annie Jacquelin,

    P alzina 1Patrice Alzina,

    P1020030bis Florence Martinie,

    P1020037bis Brigitte  Caizergues, Elisa Verna,

    P1020057bisDaniel Galand,

    P1020100bis Marie-Solange Raymond,

    J raimondieJackie Raimondi, et 

    P1090097bisMicha Dunac,

    qui partage avec beaucoup d'émotion les mots de sa maman disparue, mots retrouvés après son départ.

     

    Puis voici le grand P1020107bisGérard-Philippe Sellès qui nous ravit.

    Et comme toujours, le dernier mot sera celui de la magnifique M freudMichèle Freud 

    Enfin, la chorale de la préfecture La chorale de la prefecture 2  La chorale de la prefecture 1  nous enchante avec trois morceaux empreints de fraicheur et de talent.

    Oui, cette vingt-quatrième soirée était un ciel étrange et beau.

    Tous les artistes reunis   Autour du buffet

    Pierre-Jean Blazy

    les extraits de poèmes de Claude Artès sont issus des recueils

    "Instants partagés" (Ed.Zengami,2014)
    "Tous les étés dans son cœur" (Ed.Vaillant, 2013), "Chaque matin tient le jour" (Ed.Chemin de plume, 2013)

     

  • MIEL DE PRINTEMPS

    P j blazy c haza

    Il y avait un ciel où le vent a balayé l'hiver.

    La route est belle vers le Château, et une joie triste existe dans les allées de ses jardins.

    Voici, dans une salle pleine, exubérante, la voix calme de C haza 3Claude Haza qui emmène vers des rives étranges.

                                   Nés de la nuit nous sommes

                                   quand le monde au petit matin

                                   s'ouvre à la rumeur d'un feu

                                   inspirateur sur toute la terre

                                   (...)

                                   Mais c'est à toi que tu mens

                                   et tu le sais bien

                                   (...)

    La visite des mots se fait avec le son magique du saxophone de S nini 1Selim Nini, qui sait le faire chanter mieux que personne.

                                   Quelques pas de plus et tu risques de tomber

                                   dans le désordre qui met en ébullition

                                   toutes les substances du rêve

                                   comme une courbe en feu

                                   (...)

                                   Tout persiste à nous occuper

                                   s'emploie à découper l'instant

                                   dans cette union de blancheur

    Les royaumes disparus.

    La langue des pierres qui parle des solitudes à deux.

    Et les champs de la nuit, où il n'y a que vagues et vent.

                                   Mais c'est toi surtout que l'on touche

                                   beauté partagée

                                   c'est toi qui parle de nous

                                   et relèves aussi du songe éveillé

                                   (...)

                                   Sous les lueurs du crépuscule

                                   marcher sans effacer la

                                   neige pure du chemin

    Chacune, chacun, lève les yeux vers le ciel de ses désirs.

    Au centre du silence, je déguste à pleine bouche le miel de ce printemps.

    C haza

     

                                   L'écho n'accable que les vastes étendues

                                   la grêle frappe avec le vent

                                   la source débute entre les herbes

                                   (...)

                                   et si je résistais à m'enfoncer dans le soir

                                   (...)

                                   l'embrasement monte comme

                                   un incendie dans l'âme

                                   après une émotion

                                   avant l'ivresse du corps

     

    C'est un ravissement subtil que de voguer sur un lac aux eaux noires. 

    S nini  

    Il y a une jeune créature dans cette nuit.

    La nuit des loups.

     

                                   Je voudrais demeurer attaché

                                   par le regard seulement

                                   à ce qui est là non visible mais

                                   intensément généreux

                                   (...)

     

                                   si le savoir effaçait le manque

                                   la mort ne viendrait pas

                                   tu serais mon éternité

                                   ma maison sous les branches folles

                                   comme au début d'un regard

     

    Je vois un passeur, perdu vers ce grand cimetière de brumes, dans ma campagne aux terres parfumées. S nini 2

     

                                   cette lumière brillante

                                   sur la montagne

                                   semblable à une étoile

                                   est une flamme d'impatience

                                   que la nuit prend pour une fleur

     

                                   que pèse ici ce tas de pierres

                                   posées contre le mur de tes souhaits?

                                   après la marche dans le monde

                                   le front appuyé contre la vitre

                                   c'est sans doute le poids d'une vie

     

    C haza 2

    Le jour baisse.

    L assistance sous le charme des mots

    La lumière est douce pour accompagner vos mots lus et même chantés, comme ceux de Lorène Majou. L majou

    Puis onze femmes poètes vont se succéder, sous les applaudissements d'un public chaleureux et nombreux:

    M m davaine 1Madeleine-Marie Davaine,

    C laurent patouillardClaire Laurent-Patouillard,

    M f fournieMarie-France Fournié;

    M s raymondMarie-Solange Raymond,

    T touraouTatiana Touraou,

    F martinieFlorence Martinie,

    M gayMarie Gay,

    M holeyMyriam Holley,

    B caizerguesBrigitte Caizergues,  

    M louisMoana Louis et bien sûr,

    la grande M FREUDMichèle Freud.

    Et pour leur donner la réplique, il y a les mots chauds, surprenants de D cardosoDavid Cardoso,

    P alzinaPatrice Alzina,

    et B niverBruno Niver.

    Avant cette rencontre avec la voix et les mélodies de la soprano Claudette Ory, qui chante pour nous Théophile Gautier et Victor Hugo, excellemment accompagnée au piano par Guillaume Giffard. C ory g giffard

    C'était la belle ouverture du dix-septième printemps des poètes.

    Le buffet est dressé où cent partages vont naître. La salle du chateau

    Nous sommes frères et sœurs dans cette nuit claire.

    Avec enfin le temps d'être soi-même, au milieu de la poésie et des fulgurances du bonheur retrouvé.

    P j blazy 1 Pierre-Jean BLAZY

  • UN CIEL LARGE ET GENEREUX‏

    Magda ygiarto 1          Magda igyarto et p j blazy

    La journée entière, le vent avait fait tourbillonner des vagues de pluies sur le Château, dernier rempart contre la colère du temps.

    La voix de Magda Igyarto maintenant emplissait la grande salle du monument, où vous étiez quatre-vingt douze réunis:

                                  Jour étrange que capte en panoramique

                                  la cornée d'un œil hagard

                                  Les étourneaux volent virevoltent

                                  leur ballet lancinant obscurcit le ciel laiteux

                                                (...)

                                  Les larmes d'angoisse assombrissent

                                  la plaine hérissée de fourches flammes

                                  Le jour incandescent brûle

                                  l'horizon qui hurle sa démence

    Le public charme 

    Et dans une mélodie de renaissance, les notes du piano Enzo di santod'Enzo di Santo parlent de l'intelligence de l'amour.

    Je m'enterre dans ma mémoire.

    Passer une vie à écrire les grands bals du silence

    P1200038bis

                                  La pluie glacée de l'absence fustige

                                  l'haleine de mort des ombres sorcières

                                                (...)

                                  Regarder par le bout du nez le chemin que

                                  dessinent pas à pas

                                  les yeux sur le présent sans oublier de

                                  rêver à quoi je ne sais pas

     

    Dans ce vendredi sombre, une vie brève et dense montait lentement.

    L'encrier de l'inspiration se déversait doucement.

     

                                  L'eau noire zébrée de lumière lunaire

                                  fascine mon regard qui s'y perd

                                  Pourquoi cette morsure de l'absence

                                                (...)

                                  Les mots en vrac dansent au

                                  rythme de la flamme sèment des idées

                                  en sillons serrés qui tourbillonnent

                                  dans un flamenco de rouge et de sang

                                  récoltent des pensées qui entrelacent

                                  le bon grain et l'ivraie

     Magda ygiato

    Un jour je serai vieux, et même sans mémoire les mots du Beau viendront cogner dans mes veines.

     

                                  Nos bras sourient à l'étreinte des heures

                                  nos corps brûlent le ciel en fièvre

                                  entre ombre et lumière

                                                (...)

                                  Le sein de la terre se gonfle de rêves

                                  géants se nourrit de

                                  chants d'illusions humaines se plisse

                                  de souvenirs nostalgiques

     

    La scene

    Encore et encore, le piano superbe de vie et de joie d'Enzo di Santo, emporte jusqu'au fond de nos cerveaux la musique des mots de Magda Igyarto:

     

                                  Seules perdurent un instant

                                  les joies tracées sur le sable du temps

                                  Pieds nus dans les flaques du rêve

                                  où les sens s'éclairent

                                  du sourire du plaisir

                                                 (...)

                                  le sable du vide égrène un à un

                                  les souvenirs happés par l'appel de la vie

                                  qui a ouvert les volets les fenêtres les portes

     

    Nous voici maintenant à la porte d'une nuit de feuille d'or.

    Il y a le silence sur les esprits, ouverts à ce qui vient:

     

                                  La souffrance migre vers un ailleurs

                                  où l'espérance s'incruste

                                                (...)

                                  Se libère la joie prisonnière

                                  enfin nue à la lisière de la vie

     

    P1200092bis C'est un long roulement d'applaudissements qui vient clore le récital. P j blazy m igyarto e di santo a delzers

    Alicia delzers 1Et comme un prolongement dans le plaisir, la voix pure et chaude, la voix aux cambrures étonnantes

    d'Alicia Delzers Alicia delzersvisite tous les corridors du Château.

    A delzers m igyarto p j blazyEt nos cœurs conquis.Les 3 artistes reunis

    On ne pouvait rêver meilleure ouverture pour la scène ouverte, ce soir encore couverte de pépites aux styles différents, signées

    M m davaineMadeleine-Marie Davaine, BartoloClaudia Bartolo,

    Femenia tretDanielle Femenia-Tret,

    Myriame holleyMyriam Holley, Marie gayMarie Gay,

    Louis champavierLouis Champavier, Marie solange raymondMarie-Solange Raymond,

    Tatiana touraouTatiana Touraou, Alain sassonAlain Sasson,

    DlousskyNathalie Dloussky, Patrice alzinaPatrice Alzina,

    Catherine kiatCatherine Kiat, Florence martinie Florence Martinie,

    Pierre jean blazyvotre serviteur, et

    Michele freudMichèle Freud.

    C'est la fin de la fête des mots et du sourire, faite d'amitié et de joie.Autout du buffet

    Mais elle renaîtra au joli mois de mars, pour que nos vies voisines aient sur le soir le même ciel large et généreux.

     

    Pierre-Jean Blazy

  • LA LUMIERE EST PLUS ANCIENNE QUE L'AMOUR

    P1080415

    La lumière est plus ancienne que l'amour, et dans la vaste salle pleine de vos vies, une fois de plus, vous êtes dans la noble enceinte, prêts à vivre quelques grands instants de poésie.

     P1080423

                Quand vient le soir

                recommence le jour

                recommence la vie

                sous une autre lumière

                (...)

     

                Cette femme qui me sourit

                le soir au bord de d'infini

                et qui me dit des mots d'amour

                dans les combats de chaque jour

     P1080419

    La  voix magnifique de Bruno Niver emplit la pièce et parcourt chaque cœur. Mais voici qu'après son texte virevoltent les notes de Guillaume Giffard sur le piano réveillé. P1080418

     

    068 2

                 J'ai trouvé un visage à l'éternité

                 et c'est le tien

                 Tous les vents me parlent de toi

                 (...)

     

                 A genoux sous tes mains

                 j'attends que désaltère

                 mes désirs

                 ton regard

                 abreuvant mon désert

     151 1

    Dans le parc étonné, l'arbre de l'oubli s'estompe à l'horizon. Ce que porte le soir vient jusqu'à nous:

     

    069 1

                 Est-ce que tu as reçu mes lettres

                 est-ce que tu as reçu mes lèvres

                 est-ce que le temps qui se meurt

                 te paraît long loin de mon cœur

                 (...)

     

                  Efface de mon corps les baisers fantastiques

                  et si mystérieux de tes lèvres mystiques

     

    P1080427

    Dans vos yeux attentifs, je vois le vaste monde. Les tisseurs de lumière approchent.

    Je peux les toucher. 192 1

     

                   Parmi les filles brunes aux regards de velours

                   la soie noire des bas

                   je pense à toi mon astre d'or

                   au soleil blond de tes cheveux

                   (...)

     

                   Danse  danse

                   et bois la liqueur

                   des corps blancs des femmes

                   aux cheveux blonds roux bruns verts rouges jaunes

                   sous les feux des projecteurs

     

    C'est une voix d'outre-ciel. Une merveilleuse diction scandée comme la rivière de la vie.

    Voici tous les chagrins muets qui crient et se libèrent:

     125 1

                   Qui sait qui sait

                   où va la neige quand elle fond

                   avec l'infini se confond

                   dans les rayons de tes yeux verts

                   (...)

     

                   Car vois-tu tout s'en va

                   car vois-tu tout s'en va

                   pendant que je pense à toi

     

    L'heure est venue de vos mots tout chauds.

    Tour à tour Madeleine-Marie Davaine Madeleine-Marie DAVAINE,

    Florence Martinie, Alain Sasson P1080448,

    Louis Champavier P1080450,

    Michel Orion 263 1, Myriam Holley223 1,

    Patrice Alzina 236, Marie-Solange Raymond P1080463,

    Brigitte Caizergues 272, Brigitte Broc 303,

    Matthew Woodman P1080482 Françoise Pateyron et

    notre grande Michèle Freud P1080480

    font résonner leur prose et leurs vers.

     

    Puis, comme un magnifique point d'orgue, la voix profonde et belle de Madly Massengo P1080488

    se mêle au piano libéré d'Azusa Inoue. 318

    Tout est clair dans le soir enfin venu. P1080495

     

    La brune lumière du ciel nous emmène doucement vers le partage des senteurs de début d'automne.

    358

     

    Pierre-Jean Blazy 105

    Les extraits de poèmes sont tirés de “Dans le feu de ton âme” et “Poète à Moscou”, recueils de Bruno Niver publiés en 2010 et 2013 aux éditions Zébra.

  • CŒUR BRULANT

    Nous étions dans le cœur brûlant du Château de Mouans-Sartoux.

    L'éclat des corps célestes flottait, en l'attente des mots tendres et crus de Béatrice Machet. P1080102bis

     

    Assoiffée

    à soi fait ce mal brûlant qui pourtant régénère

    attiser afin que malléable se tire notre fil à tisser

    depuis que grand-mère Araignée avait pris le feu aux femmes

    paroles tisonnières pour des visions transatlantiques

     

    Mais déjà monte vers nous le piano d'Azusa Inoue, P1080043bisnotre talentueuse artiste japonaise.

    Comme cette chevelure des anges, la musique agile de ses doigts se mêle à la musique des mots de Béatrice.

     

    L'inachevé se perd dans le silence

    un peu un presque rien

    une ritournelle de refrain jusqu'à la transe

    où s'embrasse l'ivresse d'être humain

     

    Au loin se prépare une tempête de ciel bleu, et dans le verbe qui envahit tout, les chiens de la nuit poursuivent la fille du chaos.

    N'oublier jamais.

    P1080037bis

    Comprendre quand l'impatience même est gage de patience

    est ride sur nos peaux

    est le passé inscrit qui creuse dans le futur

    privilège de vieillir

     

    (...)

     

    et chants de ruines à corder

    à tresser

    à tisser en une chair de femme

     

    Je m'éloigne à présent de ce pain pétri de peines.

    Pourtant la terre m'éloigne-t-elle des misères du hasard?

    Vienne l'ivresse des esprits dans une fête sans fin.

    Fête étrange et très calme.

     

    parce que la joie est le fard du sans nom

    qu'on ne pourra jamais dire

    et cela nous donne à rire

     

    (...)

     

    à moins qu'un regard fendu se soit penché sur mon lit

    un regard échappé

    par derrière mes propres paupières reposées

     P1080103bis 1

    C'est une éloge de l'ombre où l'on voit que le vide, ce n'est pas rien.

    Souvent je désire ce lac du Haut-Monde, et le dialogue éternel de ses eaux tumultueuses.

     

    on a pas entendu de cri seulement ce mendiant échoué

    ce géant souillé

    le sable crisse entre les dents

     

    (...)

     

    L'humanité s'effiloche sous les pavés

    ce n'est pas la peur de lancer

    c'est la peur des retombées

    du récit sur le récif

     

    Le piano d'Azusa emporte les mots, dans un désir frémissant de chaleur.

    074bis

     

    C'est une belle scène ouverte qui maintenant bruisse de toutes ses créations.

    Mais je souhaite avant tout un hommage vibrant à l'amie des mots, à notre amie là-haut, la belle Zorica Sentic.

    Claude Peynaud Claude Peynaud, Marie Gay,Myriam HolleyMyriam Holley et votre serviteur nous font revivre plusieurs poèmes, en la chaleureuse présence de son fils Mika. P1080101bis

     

    Puis se succèdent dans le creux des pierres du Château

    P1080050bisMadeleine-Marie Davaine,

    099bisChantal Cudel qui après son poème entonne superbement "le chant des partisans", Myriam Holley,

    la grande 165bisMichèle Freud, Patrice Alzina, Maria Bachs, 134bisMathew Woodman,

    159bisNathalie Dloussky et 150bisCédric Jacob.

     

    Mais entre-temps P1080066 Myriam Primus nous a fait vibrer avec Barbara, avant le chant final et magnifique

    de 192bisFlorence Person, P1080089 accompagnée au piano par Guillaume Giffard P1080099bis.

     

    Le fumet du buffet a les senteurs de l'été qui vient. 273

    C'est une inflorescence, une chair ardente et un esprit ardent qui, doucement, nous promettent les riches heures de la beauté.

     

    Pierre-Jean Blazy

    En italique, les extraits de deux poèmes de Béatrice Machet: "lettre à ma soeur de lait(re)" et "récif dans le récit"

  • LE RAVISSEMENT DES OMBRES

    Pierre-Jean, Gisèle, Philippe

    Maintenant le jour s'est allongé sous un ciel gris, où les courses multiples et brèves de nos journées se sont essoufflées. Se sont tues.

    Y a-t-il un trésor dans les ténèbres qui se rassemblent au bout de l'horizon ?

    Mais voici, à l'instant, avec Gisèle Sans, ce chemin vers l'eau en plein désert :

     

    «chemins de nuit

    poudrés parfois

    d'un nuage lactescent

                                      

    Dans l'opale céleste

    étoiles nommées

    pour les connaître

    et se retrouver

                                      

    dans le secret          

    au large des villes

    qui les éteignent »

    Gisèle SANS 

    «Nuit

    brillante

    de froidure

    en élans de montagnes

    échappés de nos fronts

    imaginant les anneaux glacés

    de Saturne»

    Philippe Plancon                                                          

    C'est une gifle de mélancolie

    ou comme un parlement des choses

    qui dans un soir crevé d'or

    se tourne vers le calme infini.

    Celui qui nous ressource.

    Nous fait repartir.

     

    «Partir

    sur  le souffle du vent

    écartant les coques penchées

    toutes voiles tendues étirées

    fendant les bleus

    de la mer et du ciel

     

    Envie

    de paradis retrouvé

    vivant dans la mémoire

    ombres renaissantes

    sur le rideau ensoleillé»

    Gisèle SANS

    Enamourement de toi.

    L'esprit est ardent et la chair vive.

    Dans le silence des mots vient l'unité

    qui habite dans la montagne au-delà de toi.

     Gisèle SANS

    Ce qui me fait vivre vient après l'orage :

    un lambeau de brouillard

    sur l'immuable désir

     

    «Au plus près

    du ciel perçant

    des déserts

    sur la route l'infinitude

     

    Domaine du grand silence

    coupé

    de traversées vibrantes»

     

    «Surface profonde

    s'ouvrant

    en abîme

    haut et bas confondus

    pleine d'émoi

    et pourtant

    d'oubli de soi»

                                                                                                  

    Le printemps bouge doucement.

    Il offre à nos corps endoloris

    un concert silencieux

    un fantôme de chair et de sang.

    Gisèle SANS

    «Chercher

    son passé

    souvenirs brouillés

    dans les strates mélangées

    jusqu'aux reflets profonds »

     

    « Entrer en soi

    mélancolie douce

    presque reposante

     

    Aux confins de l'être

    de la mémoire

    la source

    Attendre

     

    La droite ligne coupée

    ouverte

    avant de se reprendre »

              Pierre-Jean BLAZY et Gisèle SANS                      Philippe Plancon 1

    *     *     *

     

    Vous êtes dix à être venus vers moi, avant sept heures du soir, pour donner un peu de vous à la scène ouverte qui se tient maintenant. Dix voix, dix partages, dix sourires et dix émotions vont façonner ce moment toujours d'une grande intensité.

     

    Madeleine Marie DAVAINE Madeleine-Marie Davaine («les oiseaux») , Maryse Dutouya («trop tard»), Chantal 1 Chantal Cudel qui chante Aragon («Maintenant que la jeunesse») et nous offre un de ses textes («l'éphémère»), ouvrent le bal musical des mots. Puis Myriam holley 2 Myriam Holley («Petite histoire peu banale», suite et fin), Karine valladeKarine Vallade qui lit Colette («J'appartiens à un pays») et notre inimitable et flamboyante Michèle Freud Michèle Freud («Neige» de Maxence Fermine), poussent plus loin les feux, jusqu'au bord de l'émotion à fleur de peaux. Marie Gay

     

    Enfin, Patrice ALZINA Patrice Alzina («rêverie»), Maria Bachs Maria Bachs («bleu safre» de Montserrat Orduna) et

    Florence MartinieFlorence Martinie («l'écrit, le vent») précèdent Anaïs Valard 1 Anaïs Valard, («Ho Luna» et «C'est vraiment pas de chance»), dont la jeunesse jointe au talent soulèvent un grondement d'applaudissements. Anaïs Valard

     

    C'est le moment choisi par Laetiria Kullean Laetitia Kullean pour nous emmener avec sa voix mature et envoûtante vers trois merveilleux morceaux de la chanson française. Laetitia KULLEAN 1Merci à elle, Brel, Barbara et Piaf.

     

    Et voici que nos mémoires dansent. Quelque chose de beau s'égare dans le Château, et revient vers nous.

    247 La salle à manger bruisse de joies qui se préparent.

    A l'entrée de la haute bâtisse qui reçoit les sourires, les verres tintent, dans le ravissement des ombres d'un soir de jeune printemps.

     

     Le château

     

     

  • LES TOURMENTS DE LA TERRE

    Depuis le petit matin, le ciel pleurait et emplissait la terre de ses chagrins.

    La mer grise était le tombeau de mon remords.

    Puis vint le soir et son ciel sombre, bleu-nuit à l'horizon.

    Et le Château était là, inaltérable et magnifique, au milieu des tourments de la terre.

     

          "A porter mes heures nues*

           Ai-je traversé plus d'aube?

           Ô revheureuse

           Cesse de creuser "

                           (...)

          "Mais

           les automnes tendres

          Te porteront transparente

          Jusqu'à mes lèvres"

     

    La voix d'Olympia Alberti résonne entre  vieilles pierres et regards conquis.

    Les mots s'entrelacent et endorment la tristesse.

     

          "Quand sauront-ils qu'Aimer

            ouvre en soi une faim profonde"

                          (...)

          "Il y aura des visages des heures

            irrespirables des matins éventrés

            où la tristesse aura raison

            de moi, même porteuse d'infini

            de mon âme ensevelie de futur blessé"

     

    La respiration magnifique du violon rebelle de Ventzislava Choykova prend tout l'espace entre le verbe et le chant des cordes. Le temps s'allonge, infiniment.

     

           "Pourquoi devant toi mon visage

             est-il si nu?

             Les trains me sillonnent

             les arbres déclinent mon front

             ouvert sur le ciel

             je n'entends que tes yeux"

                              (...)

             "je t'aime avec la respiration

              du jour et de la nuit

              avec ce que désire la fleur

              et ce que dit le bouquet séché

              avec les fenêtres ouvertes

              et les orages sur les yeux fouettés"

     

    Le cri et sa retombée font un jour nocturne.

    Dans le parc la pluie s'arrête et un oiseau du soir précède le violon de Ventzislava.

     

     

              "Puisqu'il me faut détenir

               le rêve plus haut que mon corps

               mais à peine au mistral de mon élan

               puisqu'il me faut lever l'offrande

               jusqu'à la prière

               laisse-moi partir

              mais ne pas te quitter"

     

    Profondeur du soir.

    Nos esprits suivent les mots et dansent sur la mélodie de l'archet.

    Quatre-vingt paire d'yeux entrent dans la joie.

     

             "Aimer les autres comme on bâtit

              comme on protège comme on garde

              le jeune

                                   (...)

            "Va, l'absence est partout

              ton Absence

             ma demeure"

                     (...)

           "Et le cri nous précède

            et le silence nous suit"

     

    La lune se lève.

    Bientôt la musique se meurt.

    Avec vous  elle renaîtra, après Olympia

     

           "Elle avait de l'amour les paupières

            Et au bord des yeux un autre velours

           Que je ne pouvais pas voir encore"

     

    Comme de tradition, Madeleine-Marie Davaine (Bonheur) ouvre le bal improvisé de la scène ouverte.

    Vous serez douze à lui succéder:

    le jeune Sébastien Macagno ( "de glace ou de glaise"), Chantal Cudel (chante Bérimont "la chanson de l'été" sur une mélodie de James Ollivier, puis "l'heure bleue"), Maryse Dutouya ("petite fille"), David Cardoso ( "gris andalou"), Myriam Holley ("petite histoire peu banale"), Tatiana Touraou ("l'attente"),  Michèle Freud ("joie de givre"), Marie Gay (l'empreinte de mon pas"), Maxime Tomatis ("le vent" de Verhaeren), Patrice Alzina ("sunset"), Jackie Raimondi ("brise du sud" de Tania Pividori), et Diane Beausoleil ("roses", puis "marine") nous enchantent de leurs mots encore chauds de leurs âmes.

     

    L'amitié et la joie partagées sont comme un bruissement d'ailes.

    C'est l'instant choisi par notre mezzo-soprano Diane Beausoleil pour entonner "le spectre de la rose" de Berlioz etThéophile Gautier.

    Un frisson passe de cœur en cœur.

     

    Avant que ne se lèvent les verres, comme une joie qui récidive.

     

    Pierre-Jean Blazy

  • LE CORRIDOR DU TEMPS

    Certains soirs, dans une éclipse crépusculaire, je me vois traverser le corridor du temps pour atteindre dans la douceur de l'ombre vos cœurs bordés de larmes.

    « Par où passer quand le monde fait la roue entre torpeur et hypnose dans la nuit du sens ? »

                (...)

    « Dehors la pluie recoud à grand-peine les roses.

    Tout est toujours en ordre en la terre compacte. Et nous restons, à perte de vue, à perte de nom, en suspension. A cause des coups. A cause de tout de qui nous bat le cœur dans le temps disjoint »

    Les mots charnus d'Alain Freixe  viennent caresser le saxophone de Caterine Naget-Polo, dans une belle hésitation entre le son et le sens.

    Nul fantôme, nul arbre de l'oubli dans cette maison des chagrins, mais comme une eau tumultueuse, l'écho de vos regards à l'origine du silence.

     

    « Le grand cyprès noir a éteint ses branches et replié ses feuilles sur son bois. Il est droit. Vertical. Il est seul. Il se tait. »

              (...)                                                                                          

    « je t'ai vu

    dans ce temps de terrier

    à hommes

    où ce ne sont pas des jours

    mais des reflets de jours

    qui s'entassent

    plient les corps

    les replient

     

    jusqu'à les fondre

    dans les fractures du sol

    quand il cède »

              (...)

                                                                       

     

    L'amour est un chagrin joyeux, une recherche perpétuelle du paradis perdu.

    « C'est là

    que je t'ai vue

    avant que tu ne sombres

    seules tes mains

    couraient entre l'eau

    et l'écume

    un temps

    ton désir

    ses flammes ont éclairé

    l'eau noire

    cela n'a pas duré

    le dernier mot

    est resté aux pierres

    la gravité de leur enfer

    t'avait rattrapée »

          (...)                                  

     

    Je ne songe qu'à vivre, et quand les colombes disparaissent, je marche avec le diable pieds nus dans la nuit.

     

    « Et nous nous lèverons tôt pour marcher, disais-tu, c'est plus prudent. Tu parlais, depuis le fossé. De l'autre côté de la route. D'un homme. D'une main à retrouver. Tu disais qu'il s'était perdu. Le joueur impénitent.

    Tu parlais d'un homme des frontières.

    D'un contrebandier. Toujours là où on ne l'attendait pas et absent là où il aurait dû paraître.

    Tu parlais d'un maraudeur. D'un fuyard.

    Il avait chaussé ses yeux d'une paire de bottes rouges.

    Bottes de sept lieues. Et habillé son cœur d'une mort sans cesse remise. »

          (...)                                                                                       

     

    Reste l'écume des flammes, l'odeur des dieux enfouis dans l'inconstance de l'espace.

     

    « Au-dessus passait la route.

    Il faudra bien un jour prochain que s'arrête la chute.

    Parvenir à tenir l'écart.

    Et se dresser. Passer les ronces. Prendre appui sur le goudron défoncé, entre les flaques.

    Et marcher même si c'est en boitant.

    Marcher vers cette soif qui renoue l'eau au corps qui l'aime. »

              (...)                                                                                                      

     

    « Etrange lumière de quelque chose qui manque et qui pourtant est passé. Passe toujours en inscrivant non le manque mais le passage. Prêter le corps des mots à ce fantôme, un poète le pourrait. »

             (...)

     

    « Sur les hauts de La Gardiole, après les paliures et le sang séché à même la peau, le croiriez-vous, il y eut l'oiseau du soir. Eh bien quand l'air porte l'oiseau, quand l'oiseau est sans ailes, croix du ciel, l'air le traverse.

    C'est cela que j'ai vu, un oiseau troué d'air. Puis le ciel sans trace. Sans plaie. Sans cicatrice. »

    Les amours sont mortels, et comme cet ange noir qui ne ferme jamais les yeux, je ne laisse pas sommeiller l'impérieux désir.

     

    « allumée

    ma lampe attend toujours

    les longs cheveux de la dame

    aux yeux cernés

    de tout le noir du monde

    aux lèvres rouges de mots jetés aux vents

    des fontaines

     

    la dame des jours noirs

    où le jour paraît être

    la nuit

    la nuit le jour »

          (...)

    Ce moment de veille extrème était une ponctuation du silence,

    Et maintenant vos mots descendent sur le Château, rempli de vos cent présences, comme autant de louanges.

    Tour à tour Madeleine-Marie Davaine, Philippe Molino, Jackie Raimondi , Pascal Giovanetti , Palou ,

    Michèle Freud , David Cardoso, Patrice Alzina  et Françoise Lenoir déposent leur offrande aux portes de la nuit qui s'épaissit.

    Puis comme un remerciement, comme un espoir vivace surgit de cette poussière brillante de mots, la voix de Johanna Castel  surgit, et nous emporte dans la divine compagnie du piano de Christian Segaricci.

    « Lascia chio piango » de Haendel et « Les deux amants» de André Messager et Sacha Guitry, nous accompagnent vers les nourritures terrestres.

    Vos sourires, ces  tisseurs de lumière, nous feront franchir le seuil de la nouvelle année, pour marcher à vos côtés, sur le chemin du poème.

                                     

        Pierre-Jean Blazy

  • JEUNE AUTOMNE

    C'est lorsque le jour partit s'allonger que l'aquarium se remplit de poésie.

    Trente amis étaient là, tout à la joie de se retrouver et de partager un peu des jours qui les séparaient de l'été.

    C'est alors que Roger Lecomte vint remplir l'âtre de silence avec sa "chanson de l'iguane sur un réverbère" :

    "Ferme les yeux

    et fuis

    loin derrière ton épaule

        (...)

    ferme les yeux

    écoute la pluie

    écoute la pluie tomber doucement

    sur la ville verte

    la ville tout à fait déserte

    la ville étrange d'être si déserte»

       (...)

     

    Oui, le beau venait de se poser, et d'un seul coup tout était si sombre :

     

    "il va bientôt neiger

    sur nos hivers de l'âme

    et nous disparaîtrons

    sous un manteau d'années"

       (...)

    et voilà que je compte

    les éclats de mon sommeil de verre,

    un minuit sans horloge.

    L'hiver des solitudes qui cerne la maison

    Avance à pas feutrés"


     

    Mais le printemps n'était pas tout à fait mort et voici que  Roger Lecomte entonne "l'amandier en fleurs", poème composé d'après le célèbre et dernier tableau de  Bonnard. Alors même que le violon de Juliana Plançon est un aller simple vers le bonheur.

               "Toute la nuit comme en secret

               j'avais neigé de blancs pétales

    j'avais neigé

    sur la vie qui s'écoule

    sur la toile enfin sèche"

     

    A la fin, ne reste que l'écriture et le frottement des cordes apprivoisées par Juliana :

    " l'écriture comme un départ

    soudain vers la nuit intérieure

    ou un laissez-passer pour une échappée belle

        (...)

    l'écriture, indicible musique

    venue nous murmurer

    qu'il faut s'aimer très vite

    avant le premier givre"

    Nous étions déjà loin, mais pas encore repus de poésie vivante.

    Philippe Molino, accompagné à la contrebasse  par Eric Chapelle, vint nous saluer avec les mots inimitables du poète niçois pas assez célébré, Gabriel Caressa :

     

    « Telle est la joie qu’elle descend le matin

    comme une rue semée de visages

    aux pierres des maisons, aux regards clairs des maisons

    sa main de fleurs et de silence»

    La contrebasse emplit  alors toute notre planète, alors que le poète avait cette vision du bonheur :

     

                   « l’aube s’éveille sous l’aile d’un oiseau

    un ange a son doigt clair sur la joue d’un enfant

    c’est enfin le matin, et notre nuit recule !

        (…)

    je t’aime de l’amour dont tu m’atteins

        (…)

    dans la tendresse et les mouvements d’air et de lumière»

    La diction parfaite de Philippe Molino et la finesse indicible de la corde qui tressaille nous emportèrent pour de bon :

    «qui ouvre sa porte au jour qui veut naître

    y boit l’instant de transparence

    y reçoit le silence des eaux où affleure le bleu

    entre, tel un oiseau, dans le lit de l’espace»

    Quatorze nous fûmes encore, pour prolonger l’instant, autour de la table de Florence et Morgane.


    Pierre-Jean BLAZY

  • UNE SAISON DE L'OMBRE‏

    C'était quelques jours après le début de la saison de l'ombre.

    Dans la ville ivre de vivre, un cantique s'est élevé, au cœur du château encore chaud de l'été:

     

    "Ecrire

    Déposer sans un bruit

    Sur les pages sa peine

    Au plus noir de la nuit

    Sentir battre ses veines

    (...)

    Ecrire

    Te dire que je t'aime

    Parce que toi tu es

    Et si je suis le même

    C'est que tu m'as changé"

     

    Le verbe de Yves Giombini se mêle aux accords profonds des mélodies de Patrick Massabo.

     

    La guitare sourit et doucement la poésie s'écoule.

     

    "J'ai vu des gazelles noires

    dessiner des chimères

    J'ai vu des enfants rois

    aux grands yeux de groseille

    J'ai vu des nuages d'argent

    plonger dans les mers

    (...)

    Et puis je t'ai vue

     

    Le but, c'est le chemin encore loin de l'hiver.

    Laissons lentement pousser l'arbre de l'oubli.

    La voix de Patrick Massabo se mêle aux mots vrais d'Yves Giombini:

     

    "Passagers de l'instant

    sur nos routes bohèmes

    Trouverons-nous le temps

    D'à nouveau dire je t'aime"

     

    Quatre-vingt deux visages se tournent vers la nuit qui est tombée , comme un heureux présage:

     

    "Il me reste mille ans, presque une éternité

    Il me reste une vie, des hivers, des étés

    A mourir chaque jour dans le creux de tes bras

    Car, mon amour,

    Mon plus beau paysage, mon seul amour, c'est toi"

     

    C'est un parfum d'écorce qui remplit notre ciel.

    Et quand vient le dernier souffle, il faut vaincre le silence:

     

    " Nous nous sommes offerts au réveil de la vie

    Impatients de pouvoir en dévorer les fruits

    Et quand viendra le temps

    de fermer les volets

    Emmitouflés de neige, je te réchaufferai

    Mon corps contre ton corps, promis, juré"

     

    Après les longs applaudissements au duo rayonnant, voici venu le temps de vos paroles qui se libèrent.

    Madeleine Marie Davaine  nous lit un extrait de son premier recueil "Poèmes d'Essence-Ciel" paru aux éditions Edilivre.

    Puis c'est au tour de  Nicole Lanza de partager quelques pages de "Passionnaire", son livre aux quatre recueils édité chez Mélibée. Elle même, Elisa Verna, votre serviteur et Marie Gay, nous le font découvrir.

     Chantal Cudel chante ensuite Ferrat et nous lit ses vers, puis Fabien et Maxime Tomatis (10 ans) Myriam Holley,

     Marc-Vincent Péalat,  Maryse Dutouya,  Bruno Niver et Michèle Freud se succèdent sur la scène et nous emmènent dans leurs contrées.

    Le fumet du buffet qui s'annonce vient parfumer les sourires du Château, épuisé d'émotions.

    L'écume du temps a repris son chant.

    Désormais les jours seront vivants, et nous ferons ensemble le voyage mouvant vers l'autre rive.

     

    Pierre-Jean Blazy

  • PROLONGEONS L’ÉTÉ‏

    Que reste t il de la douceur de l'ombre, de ces jours achevés aux portes de la nuit, que reste-t-il de notre été?

    Venez une dernière fois retrouver l'écho du monde aimé, entre les murs du château de Mouans-Sartoux, le vendredi 27 septembre 2013, à 19 heures.

    Planté au cœur du doux pays, il abritera ce soir- là Yves Giombini et ses treize tableaux de la vie qui passe, accompagné à la guitare par le talentueux Patrick Massabo.

    Venez accompagner pour sa rentrée la poésie, qui prend elle le pari de vous emmener jusqu'à l'été prochain.

    Et que celles et ceux qui souhaitent après partager le buffet de l'amitié (12€) me le disent à l'instant.

    Pierre-Jean Blazy

  • LE PASSAGE SECRET

     

    Déjà les recoins du parc du vieux Château bruissent du soir qui approche, et la fraicheur amène dans la grande salle une salutaire légèreté.

    Vous êtes soixante au rendez-vous et Patrick Quillier s'élance avec ses mots en bandoulière:

    "Amour, tu m'as ourlé sur moi-même, en la trame

    du murmure louré dont tu moules ma vie"

    (...)

    "Cet amour n'est pas de l'amour, il est amour

    dans l'amour , et amour sans amour mourant de l'amour,

    et amour murmuré par des infinis débutants"

     

     

    Les cordes de l'un des quatre violons (baroque, moderne, électrique, alto) de Philippe Tallis chauffent et donnent au moment vécu une ampleur surprenante:

     

    "Tu es le vent,

    je suis la feuille:

    je suis ton chant

    et tu me cueilles"

    (...)

    "une soif énorme m'assaille,

    halluciné je parle seul

    en proférant quelques murmures

    qui te préparent, te caressent"

     

    On se croirait au bal du silence.

    A la mélodie ourlée de la musique violonée succède le message entonné par Patrick Quillier:

     

    " L'hiver n'est pas dehors quand tu es loin,

    il est au fond de moi, gelant l'émoi

    sous des avalanches graves et mauves,

    le temps et l'étendue sont mis à nu"

    (...)

    "Il ne faut rien promettre, amour il faut tenir

    ce que l'instant propose et garder en mémoire

    que rien ne justifie les comètes trompeuses

    par quoi l'on fait parfois effet sur le désir"

     

    Les lentes lumières font écho à l'exactitude des songes issus des mots du poète, qui semblent sortis de l'instrument de Philippe Tallis:

     

    "Tu es la force dont je tire ces poèmes :

    sans ce bonheur qui vient de toi, je serais coi

    perclus d'ennui, vide de mots, balbutiement.

    En toi je reconnais les vrais raisons d'écrire."

    (...)

    "Je t'aime dans l'urgence incessante du temps

    qui nous bouscule, et dans l'invocation des morts

    qui nous manquent le plus. Je t'aime selon l'eau

    vive des rêveries où nous plongeons nos corps"

                          

    (tous les extraits de poèmes sont tirés du recueil de Patrick Quillier: "orifices du murmure", publié aux éditions de la Différence).

     

    Le vent respire tout bas. Dans les jardins du Château, la nuit prend possession de l'espace engourdi.


     

    ***********

     

    C'est le moment où le public devient acteur et monte sur la scène.

    Chacun reconnait des visages, suscite une lecture, espère une révélation.

    Et ce soir vous êtes onze à nous offrir les petites perles glanées sur vos chemins de poésie:

     Madeleine-Marie Davaine, Chantal Cudel, Matthew Woodman, Edwige Chatelin, Myriam Holley, Michèle Freud, Camélia Sahraï, Rimma Lubomir, Agnès Gouvy, Patricia Brenner et Françoise Lenoir 

    se succèdent en paroles aux accents différents, dévoilant avec conviction leurs passions mêlées dans un même cœur: celui de la poésie en mouvement.

     

    Le point d'orgue de cette quinzième belle et dense soirée revient à la voix pleine et éclatante de la soprano

    Colette Koréva Pétrisot.

     

    Nous venons d'atteindre l'autre rive.

    Vos voix se réunissent enfin pour ne pas oublier.

    Après l'été, on se retrouvera.

     

    Pierre-Jean Blazy

     *******************************************************************

    Nos prochains rendez-vous:

               -27 septembre 2013: Yves Giombini  (attention : nouvelle date)

               - 6 décembre 2013: Alain Freixe

     

     

    ********************************************************************

     

  • NOS VIES RASSEMBLEES

    Dans ce château si loin et si proche des chuchotements de la ville, il est toujours temps de vivre une aventure inspirée par le ciel changeant d'un vendredi qui se fane doucement.

    Vous étiez au rendez-vous, et toutes vos vies rassemblées dans la salle aux murs épais jouxtant le jardin, toutes vos vies donnaient envie d'écouter la voix et les mots de Béatrice Bonhomme :

     

    « C'est comme si la mer

    s'était posée sur tes mains

    un instant

           (...)

    La mer existe toujours

    de ta présence

    et se retire dans tes marées

    (les gestes de la neige – Ed. l'Amourier)

     

    L'air est plus léger. On entend glisser le piano de Philippe Villani qui s'invite à la fête.

    « C'est comme si l'amour s'était posé un instant dans le bleu

    l'amour s'était posé un instant sur ta neige

    il neige des flocons d'amour sur les épaules

    de la mer »

    (les gestes de la neige- Ed. l'Amourier)

    Puis l'envie vient de visiter une autre rive d'un même pays

    « Quand je recevais tes mots sur les lettres que tu m'écrivais, il y avait des fleurs blanches posées sur le papier. C'est l'éclaboussement de l'arbre que je voyais de la fenêtre de la maison dans cette lumière de midi, dont je me souviens le mieux. »

    (le pacte des mots – Ed. Peter Lang)

    Quelque part au milieu de nous, la complicité des notes de la musique de Philippe Villani nous imprègne du texte qui sonne comme une évidence : 

    « Je ne savais pas que les mots pouvaient tomber malades et qu'on pouvait ressentir soudain le scandale des mots à vouloir habiller la tristesse et la mort »               

                          (…)

    C'est comme si le temps refusait de passer ici. Les gens passent et meurent sur les saisons, épinglés sur le paysage, mais le paysage demeure. »                                 

    (le pacte des mots – Ed. Peter Lang)

    Et ce temps, nous le retrouvions, pour mieux espérer qu'il dure longtemps en ce début de soirée :

    « Pour moi, le visage parlait. Quand je suis entré dans la maison ouverte aux quatre vents de l'oubli, j'ai marché vers le visage. Il parlait d'enfance. Il parlait de ce qui lave le cœur, de ce qui résigne l''esprit, il parlait de stries dans le bois et de matière du pigment. Il transmettait les jours, les hommes épinglés aux saisons, le désir de lumière »                                                 

    (Variations du visage et de la rose- A paraître aux éditions de l'arrière-Pays)

    La lumière décline. Il me revient en songe le ciel d'hier et ses vallons obscurs.

    « T'écrire adolescent au détour d'un regard au cœur même de ma nuit, je sens encore ce vent écume de la mer. Je voudrais te serrer, t'enserrer dans ma nuit, bleu-nuit cette plage de notre adolescence, je voudrais t'emporter sur mon viaduc, dans la chaleur douce d'un été qui s'enfuit, dans ce caillou qui tombe »

    (Kaléidoscope d'enfance – Edition Nue)

    Les applaudissements retenus pendant tout le spectacle crépitent, et soixante dix-huit regards reconnaissants se tournent vers Béatrice Bonhomme et Philippe Villani.

     

    Ce fut un moment de pure dégustation.

     

     

     

    * * *

                 Place maintenant au chant et à la voix puissante de Christina Maffei. La soprano dramatique est là, entourée de Raymond Lepers au piano, de Thierry Cady à la contrebasse, et de Thomas Woseitchlager au piano. Tour à tour, elle va chanter Gerschwin, Errol Garner. Puis dans un tout autre registre, elle nous étonne avec un extrait de Aïda, de Verdi.

     

    * * *

                Désormais la parole est à vous. Dans le public, ce soir-là, vous êtes quinze à vouloir partager vos mots inédits, vos écrits de pures émotions, ou des textes aimés d'autres auteurs, redécouverts et mis en lumière pour le plaisir de tous : Madeleine-Marie Davaine, Véronique Icart,           

    Rimma Lubomir, Chantal Cudel, Paul-Henri Van de Wal, Mathew Woodman, Myriam Holley, Marc-Vincent Péalat, Claude Peynaud, Sophie Huguenin, Maria Bachs, Magda Ygiarto, Laurette Subille, François Lagarde et Véronique Mondain.

    Un tel florilège est impressionnant de richesses et de diversité. Tous les styles, toutes les dictions, tous vos sourires se succèdent sur la scène, nous emmenant dans la ferveur du partage, sans s'en apercevoir, à neuf heures du soir !

    Il était grand temps de se diriger vers la salle à manger, pour continuer nombreux ces riches échanges, devant quelques nourritures terrestres et des projets qui soudain prenaient corps.

    Je me suis éloigné une minute pour mieux vivre cet instant. La nuit surplombait le Château qui rvivait de riches heures dans un grand bal de silence.               

    Pierre-Jean Blazy     

       

     

  • UNE AVENTURE DE L'ESPRIT

    Maintenant la salle est pleine, et au septième coup du clocher, un à un les regards s'allument.

                                        

    Celui très bleu de Gérard Pons s'accroche aux pierres vivantes du Château qui le salue en majesté.

    Dehors, le vent glacé apporte la nuit sur un grand plateau de feuilles mortes.

     

    Le vent me le dirait

    si ce n'était pas toi.

    Je le reconnaîtrais

    à la risée de la mer,

    aux herbes échevelées

    à la solitude froide

    de la lune

    entre deux nuages d'oubli.

    Si ce n'était pas toi,

    le vent me le dirait.

     

    Il est une aventure qui se joue dans le ciel. L'esprit de ceux qui passent m'emporte quelque part au milieu de la nuit

                 (...)                   .

    L'ascension des morts

    est terminée.

    L'invisible ne se fractionne pas.

                 (…)

    Il faudra plus de temps

    aux arbres fracassés

    pour revivre

    dans la senteur des veuves.

     

    La trompette de Mathieu Pourtier déchire l'air épais de la salle immobile.

     

    Que cette mélodie d'un soir coule bien dans nos veines !

     

    Les doigts graciles de la belle Giulia Mendolia s'attardent sur le piano amoureux de sa maîtresse d'un soir. Les yeux se ferment doucement pour goûter le beau, à côté de nous.

                 (…)                                                                 

    Ses mains retiennent ses cheveux,

    ses seins comme dunes

    modulent l'infini.

    Quelle route emprunter

    quand le vent est tombé 

    et que le bruit de la mer

    ne s'entend plus ?

                                                                                                                                                                                                                                                              

    Les yeux se ferment doucement pour mieux goûter le beau, à côté de nous.

    Un verre de crépuscule aide à comprendre le vaste monde ;

    Reviens croiser mes doutes dans la vallée des masques.

                (…)

    La mort d'un ami

    raccourcit toujours

    notre propre vie.

               (...)

    Il pleut

    comment dire autrement

    il pleut.

    L'aveugle pleure

    sans explication.

    Il pleut.

    Ah, ce ravissement des femmes qui nous fait croire à l'avril en automne. Il me faut toujours ce feu qui s'embrase.

                 (…)

    entre clarté et obscurité

    lorsque les filles se dévêtissent

    autour de la margelle du puits.

    Juste avant l'arrivée

    des oiseaux de nuit.

                (…)

    Dans l'herbe rase et salée

    au creux du vent

    j'ai posé mon sac

    lourd de souvenirs.

    A quelle étoile

    les épaules allégées

    adresser une prière

               (…)

    Il me revient l'ambiance feutrée de ce grand bal du silence, quand il me reste ma vie à écrire , avec un cœur si large et si généreux que je pouvais enfin confondre l'amour et ce chagrin joyeux.

     

    Je compte le temps

    sur les rides d'une vieille

    endormie sur une chaise

    au soleil

    et dont l'ombre s'allonge

    plus noire

    que celle de l'olivier.

                                                                  

    Désormais le vent respire tout bas. Dans les taillis où repose l'écorce des pierres, j'aperçois un vieux renard qui marche au pas lent de la mer.

                 (...)

    A qui appartient le silence

    pendant que je caresse

    les veines saillantes de mes mains ?

     

                                                    *  *  *

    Un tonnerre d'applaudissements roule vers Gérard Pons, Mathieu Pourtier et Giulia Mendolia. Dans le parc du Château, la nuit sombre et glacée s'est installée, jusqu'à demain.

    Madeleine Marie Davaine se tourne alors vers la salle pour entonner « je te souhaite », poème de la vie qui vient auquel elle ajoute une surprise pour votre serviteur : « les mots d'azur », un texte attachant que vous trouverez sur notre site.

    Puis Jackie Raimondi, en partance pour Porticcio où elle va animer un très beau Printemps des Poètes, feuillette à haute voix deux recueils de Gérard Pons encore ouverts sur la table, et nous fait partager les « rêves solitaires » et les « regards nocturnes » de Pablo Neruda.

    C'est le moment choisi par Chantal Cudel pour lire son cher Jean Berger, avec le poème « Camargue », puis « le perroquet », un texte dédié à son père trop tôt parti.

    Les visages s'éclairent, les regards scrutent l'assistance pour voir le prochain ami qui se tiendra derrière le micro des Mots d'Azur. Ce sera Mathew Woodman, représentant de sa gracieuse Majesté, qui, avec son accent inimitable et sa gentillesse perceptible va nous lire 4 poèmes de son cru : « ailleurs », « friendship », « Montmartre de Sacré-Coeur » et « ce sourire ». Merci à notre ambassadeur !

    J'appelle ensuite l'ami Yves Giombini, qui déclame de fort belle manière le texte décapant de Léo Ferré, écrit en 1971, et intitulé «La poésie contemporaine».

    Les visages sont concentrés. Ce soir une riche diversité est de mise, pour le plaisir de tous.

    C'est donc au tour de François Lagarde de lire Maria Bachs, qui nous fait l'amitié de sa présence avec « forêt de tes cils » .

    Puis il continue dans la foulée, avec un texte de Montserrat Orduna, fille de la précédente, intitulé « à l'écorchure de tes mots ».

    Véronique Icart et son sourire nous lisent ses « mélodies », et Cédric Jacob, l'ami de Nice, poète-astronome, et co-inventeur  des « Rencontres des poètes & Co » qui se créent dans la capitale azuréenne, nous livre deux textes : « ma prime observation » et « l'abeille ».

    C'est à Marie Gay que reviennent les mots de la presque fin, avec un extrait de son recueil « Vers la vie » nommé « dans tes bras chauds ».

    Car cette soirée si belle et si dense ne pouvait se suspendre sans la voix chaude et la guitare magique de Lobsang,    qui nous emporte dans son chant, en posant cette question : « d'où êtes-vous camarades ? ».

    C'est le désir qui nous rend humain. Et ces instants de bonheur partagé, avec des mots, avec des notes sont un désir vivifiant, et ce soir accompli.

     

    Au loin, la lumière jaune de l'enseigne de «la Gabbia » est un appel à prolonger ce nouveau bonheur.

    Pierre-Jean Blazy
    Président des Mots d'Azur

  • L'HIVER DES HOMMES‏

    C'est un peu comme si l'hiver des hommes se prolongeait sur la terre.

    Voici l'envie d'autres vies, de ces voyages de l'esprit où tout change quand rien ne change.

    Où les saisons sont rebelles à devenir des souvenirs.

     

    L'année 2013 des Mots d'Azur s'ouvre avec l'ami Gérard Pons, poète et graveur qui a érigé son atelier d'artiste au Castellet, dans ce Var proche vers lequel de temps en temps se tournent les yeux et le cœur.

     

    Venez l'écouter, et découvrir quelques-unes de ses créations au château de Mouans-Sartoux, le vendredi 1er février 2013 à 19h.

     

    A ces côtés, et pour que soit complet le plaisir des sens, le jeune et talentueux trompettiste Mathieu Pourtier nous livrera de belles mélodies.

     

    Et, comme vous le savez déjà, c'est à vous toutes et tous que reviendront l'honneur et la joie de conclure ce premier spectacle d'une année qui s'annonce riche en talents et en projets.

     

    Soyez des nôtres, en ce premier jour de février, pour que les onze mois qui s'allument brillent de tous leurs feux!

     

    Pierre-Jean Blazy

  • Janvier 2013 ; Des voeux et une A.G

    Bonjour à chacune et à chacun,
      et belle année à tous, avec de la poésie, des sourires
      et des rencontres qui rendent la vie plus douce.


      Je viens vous inviter à participer à l'Assemblée Générale
      annuelle de l'Association Les Mots d'Azur qui se tiendra
      le vendredi 18 janvier 2013 à 19h.à la Médiathèque de Mouans -Sartoux.


      L'ordre du jour traitera du bilan 2012, et surtout de notre avenir
      en 2013, année dont le premier semestre est riche en projets:

             -les spectacles poésie-musique des 1er février, 5 avril et 14 juin

             -le Printemps des Poètes que nous vivrons cette année à Mougins.
              La date de notre spectacle avec musique et danse reste à fixer,à la mi-mars.

             -la nuit des musées le 18 mai, également en partenariat avec la ville de Mougins

             -et enfin le projet à définir d'une nuit de la poésie, en juin, dans le magnifique quartier du Suquet, à Cannes, en partenariat avec l'association des Beaux-Arts de Cannes, et là aussi avec danse et musique.

       Vous le voyez, les idées, les projets sont nombreux et valorisants. Nous débattrons des conditions de leur réalisation, et nous nous répartirons les missions à accomplir.

       C'est pourquoi votre présence, particulièrement cette année, est indispensable. Grâce à elle, notre association prendra une autre dimension, ou au contraire en restera au stade des projets non aboutis...

      Il faut donc vous libérer de tout engagement en ce vendredi 18 janvier à partir de 19h.

      Selon notre tradition de franche convivialité, celles et ceux qui le veulent poursuivront par un repas qui lancera la saison 2013, dans un restaurant du Vieux-Mouans que nous choisirons d'un commun accord.

      Je sais pouvoir compter sur vous. Confirmez moi à cette adresse votre présence, pour la bonne organisation de ce temps fort de la vie de notre association.

      Je vous envoie mon salut le plus affectueux.

      Pierre-Jean Blazy
      Président des Mots d'Azur

  • PREMIERE LUEUR

    Depuis la première lueur du jour, la pluie arrogante n'a cessé de tomber. Et maintenant, dans le château protecteur où cinquante quatre visages se retrouvent, le vase des mots se remplit, dans la voix fleurie d'Ile Eniger :

               «Les mots viennent. Ils disent plus qu'écrire. J'écrirai même si personne ne me lisait.

    Ce qui m'importe c'est ma part d'être (…). J'écris de rien, de choses élémentaires, qui relient (…).

    Vivre est plus abouti que tout discours. Laisser venir ce qui est. Aujourd'hui c'est la pluie (…).

    Il me plaît qu'elle soit ainsi, sans préoccupations. Vivante ».

     

    Le vent emporte doucement ce qu'il reste de nos tracas de la journée qui s'achève. L'air amplifie la mélodie réparatrice de la flûte traversière qui obéit au souffle de Frédérique Py.

    Plus rien ne peut interrompre le cours des choses.

                «Les bêtes replient leurs pas, les hommes leur arrogance(...). Dans ce pourrissement,

                  la gerçure des terres garde ses croyances de graines. Plus fort que la mort quelque chose

                  pousse qui ne se voit pas, ne s'entend pas (…) ».

    Le silence est épais. Il porte la flûte de Frédérique. Les visages apaisés demandent encore des mots à cette vie qui se répand :

                « Elle a quitté la ville (…) Ses sandales sont usées. Son rêve est dans la poche.

                   Elle le touche souvent (…) . C'est une fille loin des foules (…) On dit qu'elle en veut trop.

                   On dit. Mais ceux qui disent n'ont jamais regardé le soleil en face. Elle si ».

    Voici la porte des remous, la fin du rêve de l'oubli, la rumeur du bonheur :

                 « Il fait nuit, la lampe éclaire mon cahier (…) . Tout est dit, rien ne parle. L'amour est en sa maison.

                   Je t'envoie ce silence. Sa forme douce quittant le miroir. Aucune lune ne le guide (…) .

                   Le ciel en pure perte décline ses brouillards (…). Je suis de cet amour. Démesurée, comme tout jour ».

      

    Ile Eniger et Frédérique Py peuvent s'avancer vers le public enivré de mots et de notes.

    Vraiment ce fut un bel envol de novembre.

                                                                  * * *

    Madeleine-Marie Davaine prend la suite. Pour elle « la vie est un voyage, au fil des ans, au fil des âges »

                   « Que s'ouvrent les portes » est le passage de relais à Chantal Cudel  et au  jeune guitariste de 12 ans

                       Maxime Andreis. A eux deux, ils nous plongent dans la verve sombre de la chanson  d'Hubert-Félix Thiéfaine

                      (« 4H10 heure d'été »).  Puis « le  grand cèdre » de Jean Berger vient chuter à nos pieds, entraîné

                      par la voix de Chantal Cudel.

    C'est le moment choisi par Jackie Raimondi, ajaccienne inspirée et virevoltante , pour nous lire un extrait du roman d'Ile Eniger : « la femme en vol ». Suivent deux poèmes magnifiques de deux femmes corses :

    Marie-Paule Lavezzi et Françoise Weber-Zucconi.


    Puis les sourires s'invitent, avec le jeune Maxime Tomatis qui du haut de ses neuf ans réinvente « le temps des citrouilles » alors que Myriam Holley, poète et plasticienne nous gratifie d'un texte inédit. Pendant tout ce temps la chaude salle des conférences est décorée de plusieurs de ses tableaux, où graphismes et mots se mêlent dans des délires merveilleux.

    Le mot de la fin est pour Marie Gay qui lit un extrait du « cœur des filles », de votre serviteur, où naissent « les soupirs de ton sourire ».

    Un ultime morceau de flûte traverse les esprits. La vie suspendue pendant cent minutes reprend son cours.

    Vers « La Gabbia » illuminée les convives de poésie dirigent leurs pas, pour prolonger le partage et la fête sereine.

    Au loin les suit le regard de feu d'un chien poète et mélomane.

                                                                                                       

     Pierre-Jean Blazy

     

  • L'HIVER AVANCE‏

    L'hiver avance à pas de velours, et s'installe au creux de nos jours. La lumière s'estompe.
    A cinq heures, nous voici entre chien et loup.

    Il est temps de se retrouver pour rallumer la flamme qui jamais ne s'est éteinte.
    Secouez vos braises et venez écouter Ile Eniger, qui rien que pour nous,
    sera face à vous le vendredi 30 novembre à 19 heures, dans la belle salle des conférences du Château de Mouans-Sartoux.

    Avec elle, entre ses mots, la musique indicible et douce de la flûte traversière de Frédérique Py, que nous avons découverte au dernier Festival du Livre dans notre capitale du pays de Cannes-Grasse.

    Puis, selon un ordonnancement qui nous est cher, vous aurez la parole, pour déclamer vos textes, ou ceux que vous avez envie d'entendre et de faire partager.

    Venez vous ressourcer de mots et d'amitiés.
    Soyez au bel endroit à la bonne heure : le 30, à 19 heures, au Château !


    Pierre-Jean Blazy

    *******************************************************************

  • LE VOYAGE IMMOBILE

    Septembre en azur est un mois de plein été.

    Le soleil brille de tous ses feux depuis qu'il est levé.

    En cette fin de journée, la ville résonne de tous les bruits de la vie.

     

    "Que fais-tu, quand tu ne m'aimes pas ?"

     

    Zorica Sentic, poétesse franco-serbe, est revenue d'un long voyage dans le pays de son enfance.

    Elle parle maintenant aux quatre vingt venus l'écouter :

     

                    "Je me souviens

                    il était tard

                    en janvier

                    ou en février"

                                   (...)

                    "votre regard

                    la couleur du sourire

                    l'éclat du rire

                    de votre silence"

                                   (…)

     

    Au piano, Patrice Reich est inspiré, et le rythme des notes se

    mélange à la musique des mots, comme dans une partition rêvée :

     

                    "Je rêve un jour d'écrire

                    avec des mots d'oiseau-lyre

                    un quatrain en requiem

                    pour l'amour d'un tandem"

                                   (...)

                    "je n'ai pour amants que des mots taris

                    et un, et deux vieux ordinateurs pour mari"

     

    Et voici venu le temps du partage. Zorica Sentic s'adresse  au public bercé d'images et de vibrations :

     

                    "Si le soleil oublie de se lever

                    alors peut-être je vous oublierai"

                                   (...)

                    "même si vous me reniez

                    et qu'un jour j'oublie de me réveiller

                    vous, non, je ne vous oublierai pas

                    je vous aime"

                                   (...)

     

     

    En vraie poétesse de l'amour de l'autre, mains ouvertes vers ces regards qui se tendent, Zorica Sentic déclare sa flamme crue :

     

    "Si tu n'existais pas

    je ne verrais pas le ciel

    si tu n'existais pas

    le soleil serait-il là ?

    y aurait-il des chants

    des fleurs

    aimerais-je le gris ?

    mon cœur battrait-il ?

    la lune brillerait-elle ?

                                   (...)

    "éteins le silence et tais-toi

    ferme les yeux et regarde en toi"

     

    Les applaudissements crépitent dans le vieux château surpris par tant de verve. Ils remercient Zorica et accueillent  Claudette

    Ory et Patrice Reich, qui lui reste au piano.

    Les deux amis vont pendant quinze minutes de bonheur enchanter le public trop nombreux pour la pourtant vaste salle des

    conférences.

    La voix enchanteresse de la soprano, la puissance du ténor envahissent toutes les pièces du château.  André Messager ("j'ai 

    deux amants; "l'amour masqué"), Offenbach, Tosti, Rossini et Bernstein sont à l'honneur, et nos deux artistes récoltent les 

    vivas du public conquis.

     

    Puis place à la surprise de cette onzième édition des Mots d'Azur, particulièrement riche.

    Christophe Forgeot, Fabienne Courmont et  Elzbieta Dedek s'avancent sur la scène pour nous offrir un extrait de leur

    spectacle "fantaisie impromptue" qu'ils donneront le lendemain soir sur les hauteurs de Théoule-sur-Mer. Danse avec 

    Fabienne, piano divinement caressé par Elzbieta et poèmes de Christophe lus par lui-même, se succèdent et se mêlent.

    Le moment est fort.

     

    Il ouvre la voie à une scène ouverte plus courte que d'habitude, mais qui va cependant laisser la parole à quatre d'entre nous.

    Chantal Cudel livre une très belle interprétation chantée du poème de Verlaine, "les assis".

    C'est Patricia Brenner qui lui succède, et nous fait partager avec bonheur le poème de Lamartine "le papillon". Puis Brigitte 

    Caizergues fait découvrir l'un de ses textes inédits "l'homme et son rêve" , qui nous parle du vent  demandant à l'humain de

    laisser sur notre terre une trace de lumière.

    Amour et espoir font alliance avec les mots.

    C'est à Bruno Niver que revient le plaisir de clore cette parenthèse de poésie brute.

    Il le fait avec grand talent, déclamant de la plus belle et la plus originale des façons "le bateau ivre" de Rimbaud.

     

    Les applaudissements sont nourris.

    Le jour baisse et se promène entre chien et loup.

    Pendant de longues minutes, spectateurs, auteurs, diseurs, et musiciens vont se parler et sourire ensemble.

     

    C'était une fête.

    Un instant de la vraie vie.

  • UN CHANT POUR LA VIE‏

     

    Juin était dans sa dernière décade, et maintenant le jour lentement entrait dans sa soirée.

    Mais toujours cette chaleur lourde vous poursuivait entre les murs épais du Château :

     

           "une grosse fatigue traversait le ciel

           disait la fin appelée de tous ses vœux par Judas

           une fin comme un vin dénaturé"

     

    Yves Ughes venait de prendre parole. Les compagnons écoutaient, au nombre de cinquante-trois, dans l'intimité complice d'une vaste pièce assoupie de chaleur.

     

           "face aux paniers posés j'acceptais le partage des eaux et la chair des

           figues craqua sous mes dents comme pépins de crépuscule"

     

    Dans les mains du poète, son dernier ouvrage : "Capharnaüm, douze stations avant Judas" paru aux éditions de l'Amourier en 2010.

     

    Le chef d'orchestre lyrique Christian Segaricci, pour l'occasion, s'est mis au piano, et ponctue chaque déclamation d'un morceau de Mozart, Verdi, Schubert ou de lui-même.

     

           "le sommeil s'offre comme un lieu de rencontre avec

           des morts apaisés"

     

    Le public est attentif. Il cherche tous les codes et la musique explicite les mots, les rend encore plus forts.

     

          "désormais le tramway parcourt le corps de la ville au terminus tu

           disparais et j'habite les odeurs des fleurs qui s'allongent

           la nuit est lourde sur moi comme un chien se collant à la couche" (...)

     

                          (...)

           "il me faut pourtant

           faire attention

           quand je me retourne de ne pas blesser le corps absent"

     

     

    Au bout du chemin, les visages mêlés de Yves Ughes et Christian Segaricci sont un seul et même chant :

     

           "je suis maintenant me trouve désormais

           avec ces pins pliés qui bavent au ras des flots

           sur une mer toujours plus vivace"

     

    Entrent en scène à cet instant Johanna Coutaud, jeune soprano de 22 ans, et l'incontournable Christian Segaricci qui va l'accompagner dans quatre morceaux inoubliables :

     

            - In Solitaria Stanza, de Verdi

            - Ständchen, de Schubert

            - Les Chemins de l'Amour, de Poulenc

            - Ave Maria, de Schubert

     

    Jamais encore, il me l'a dit, le vénérable Château n'avait vibré devant une si belle voix, au service de mélodies sublimes, interprétées de la main de Maître Christian.

     

    Depuis très longtemps aussi, la salle au parquet de bois ciré n'avait vécu de si vifs, si longs et si ardents applaudissements.

     

    Ce fut, comme je l'avais prédit dans mon invitation, un moment réellement exceptionnel.

    Un moment d'une extrême densité.

    Un écrin de rêve pour la poésie vivante.

     

    Mais comment faire pour prendre la suite de tels instants ?

    Fanfan, venue de Toulon, s'y risque en venant "noyer son chagrin" Puis Chantal Cudel nous livre deux poèmes de son cru : "l'arbre", et voyage posthume".

    Brigitte Caizergues, l'amie de Montauroux, venue en voisine, nous livre quelques morceaux de sa vie, alors même que Christine Plessier déclame et humanise son "Manteau de ténèbres". Place ensuite à Jean-Michel Bartholi,avec ses inédits : "le sourire des anges" et "la clairière au grand recueil"

     

    C'est le moment choisi par le talentueux diseur André Brassin pour nous entonner Théodore de Banville et Alfred de Vigny. Eux aussi étaient venus, pour une résurrection d'un soir.

     

    L'heure avançait

    Et la chaleur ne diminuait pas.

    Au loin, dans le parc du Château, les promeneurs se faisaient rares.

    C'était fini.

    La petite foule hypnotisée se leva avec la complicité apaisée de ceux qui ont partagé le très beau.

    Un dernier long et bel applaudissement descendit vers Johanna Coutaud, Yves Ughes et Christian Segaricci.

     

     

    Pierre-Jean Blazy

    Voir l'album photos   

    *******************************************************************

  • UN CRI DU CŒUR‏

    Entre chien et loup, à l'heure où le cœur de la ville ralentit,   la grande salle du Château se remplit.

      Encore une fois, quarante compagnons du verbe se serrent autour du feu chaleureux de la poésie vivante. Le souffle effréné d'André Chenet inonde les travées:

     

                 "ma tristesse est l'affluent essentiel

                 du long irrépressible fleuve humain

                 j'ai le goût des voyages à vau-l'eau

                 et je retiens mon souffle

                 lorsque j'entends bruire l'univers

                 mes escales sont des drogues dangereuses

                 entre la folie et le silence des initiés"

     

      Les cordes chaudes de la guitare endiablée de Sinto-Flamenco, sa voix ample, viennent installer la confidence:

     

                             "ne cherche nul mystère

                             entre les pierres des cimetières

                             un papillon t'emportera bien assez tôt

                             sur la route des vents

                             où s'éparpillent les pollens du temps"

     

        Les esprits sont à leur zénith pour écouter le message d'André Chenet:

     

                             "nos armes ce sont nos mains

                             qui se fraient un passage

                             dans cette nuit temporelle

                             ce sont nos voix qui inventent

                             des vérités surnaturelles

                             en invitant les mots à voyager

                             à travers les mondes méconnus

                             c'est la poésie en liberté

                             créant des sociétés fraternelles

                             sans dogmes ni chefs pour les étouffer"

     

                 C'est le poète du cri, le poète du cœur guerroyant qui se révèle enfin, avec ses mots qui envahissent les corridors du Château:

     

                             "certes j'écris une blessure

                             qui troue le centre de la page

                             une blessure noire et or

                             éclat de système solaire

                             sur les joues d'une lavandière

     

                 Après la passion, voici sur scène une divine surprise, avec Nicole Régnault, doyenne des doyennes, qui vient nous déclamer, avec ses charme et talent naturels, le texte de Robert Lamoureux "la plupart du temps".

                 Rires, sourires et complicité cèdent doucement la place au slameur de choc Rémy Gorog qui, accompagné au piano par la fringante Maggie Maglee, nous entraîne dans un monde où l'on voit le verbe se découdre "autour d'un fil qui

                 nous enlace, et nous laisse, hélas, toujours sur le fil".

                 "Quel enfer, le paradis !"

     

                 Maintenant place au chant, avec Françoise Deleuse au micro et Maggie Maglee au piano, qui invitent Brel et Ferrat. Encore Brel avec Chantal Cudel qui interprète a cappella "les Marquises", avant de nous adresser sa "lettre à hier", et de déclamer quelques savoureux extraits du recueil "rose d'hiver" d'Henri Carraguier. Nous accostons alors prés des "gouffres bleus", vers la "perle nacrée aux reflets de délire". Chantal  finit sa prestation avec un magnifique poème du regretté André Verdet.

     

                 Mais les amants de poésie ont toujours faim: Marie Gay se lève pour nous faire partager son poème "ne parle pas", extrait du recueil "vers la vie" (éditions encres blanches), avant de lire deux textes de votre serviteur, puisés dans "le cœur des filles" (éditions Manoirante).

     

                 C'est le moment choisi par André Brassin pour entonner "le bateau ivre", par cœur, et vécu de l'intérieur. C'est un moment de recueillement à l'écoute du poète absolu.

                  Mais rien ne pouvait finir sans la guitare envoûtante de Sinto-Flamenco. Le voici qui nous accompagne le long des ruelles du Vieux-Mouans, sous une nuit sans étoiles, pour retrouver la chaleur colorée de la Gabbia.

    Pierre-Jean Blazy

    La soirée en photos

    *******************************************************************

     

    Nos prochains rendez-vous:

     

    ·         22 juin 2012: Yves Ughes

  • Soir d'hiver autour de l'âme

     

    Il gèle à pierre fendre.

    De bleu, le ciel est devenu cendres.

    La petite troupe est aux portes du château.

    On entend les notes de l'accordéon qui s'accorde aux mots de chair de Claude Artès.

                    "elle est descendue

                    de mon rêve

                    pour se poser sur mon cœur

                    comme un matin qui se lève

                    son visage dans mes mains

                    réveille le bonheur"

    Claude Artès nous parle des greniers du temps.

    Quarante huit souffles devenus chaleur regardent vers celui qui se livre:

                    "j'entends

                    la présence du vent

                    dans ta voix

                    chaque aube

                    attendra l'étreinte de tes bras"

    L'horloge du cœur, les nuages (qui) endorment la clarté des matins,

    sont entrés dans le mystère des lieux, et ne veulent plus en sortir.

                    "il y a

                    des ponts

                    à traverser

                    pour retrouver

                    les bonheurs

                    oubliés"

    Le temps s'attarde.

    L'accordéon de Jean-Jacques Marceau, aux notes claires et aux élans langoureux,

    s'imprègnent dans le présent qu'on ne veut plus quitter:

                    "empreintes

                    te rejoindre

                    là ou les maisons

                    parlent au ciel

     

                    dans le secret

                    des heures cachées

                    sous les échelles

                    du rêve"

    Puis, le silence, et cette musique qui guide nos pas jusqu'au jour qui s'avance:

                    "à l'instant

                    où je t'écris

                    j'entre dans le jour

                    d'un matin de pluie

     

                    des morceaux de ciel

                    s'échappent de mes mains

     

                    en route vers tes bras

                    j'ai confiance en la vie"

    Le public applaudit, comme dans un roulement de pluie qui laverait tous les ennuis.

    Un souffle est passé.

    Qu'il est difficile de s'extraire du monde de Claude Artès.

    Mais, autour de nous, il y a des artistes qui se lèvent et qui parlent.

     

    ********

     

    Philippe Molino nous dit de "résister encore et encore (...) enfin vivre (...) marcher vers

    le soleil, par des marches légères" puis nous emmène sur les traces de Julien Jacob,

    grand poète du Bénin:

                    "regarde comme les regrets et les remords

                    te rongent

                    vaine énergie que tout cela

                    tu n'es plus roi en ton royaume

                                   (...)

                    aucun vent n'efface ton chemin

                    tu es la corde et tu dois être tendu

                    pour que le ciel et la terre

                    puisse s'unir par toi"

    En réponse, Françoise Deleuse et le piano de Maggie Magglee entonnent Ferré puis Brassens,

    avant qu'André Brassin nous entraine dans "une soirée perdue": Alfred de Musset s'invite au château.

    Le temps défile mais Janny Lumeau s'en saisit, en faisant résonner les mots du regretté

    poète de Saint Paul de Vence, André Verdet.

    Puis c'est au tour de Diane Beausoleil, et "son rêve", avant qu'Elisa Verna nous lise Nicole

    Lanza avec "l'hiver, patrie de mon exil". Chantal Cudel, quant à elle, nous emmène dans sa

    "fortune de mer", et chante Brel avec Lobsang à la guitare.

    Les mots débordent et Gilbert Grosso vient les saisir au vol en déclamant un fragment de

    "Booz endormi" de Victor Hugo, puis laisse la place à André Gosse, qui fait crépiter le style

    sans pareil de Jehan Rictus.

     

    Février peut bien geler dehors: la voix ample et généreuse, inimitable de François Voisin fait

    vibrer les murs de pierre avec les mots de Gabriel Monnet.

     

    Dehors, quelques étoiles préparent le lendemain.

    La petite troupe devenue grande a de l'appétit.

    Il est l'heure de marcher vers "la Gabbia", aux couleurs chaudes et aux mets parfumés, pour

    y vérifier l'exactitude des songes.

     

    Oui, c'est sûr: nous nous retrouverons.

     

    Pierre-Jean Blazy

  • Puisque beauté il y a

    C’était comme si la nuit qui naissait avait décidé de pleurer tant et plus sur les contrées de poésie.

    Des nuées de cette pluie de décembre s’abattent sur le vénérable château, qui en a vu d’autres.

     

    Nathalie Riera nous parle de ses claires visions :

    « (…) vous que j’entends à peine à cause du passage des chevaux, quand de moi vous reste encore (…) flèches des oiseaux des matures, voix de feu, feuillue, moi qui me tourne vers qui vers où ? toujours, vous »

    (ClairVision, éd. Public.net , 2009)

     

    Elle nous dit que « dans la voix du poète , (il y a) comme une peur de mourir de sécheresse.

    Et puis ce regard qui cherche à déserter ce qui l’envahit »

    (Puisque beauté il y a, éd. Lanskine , 2010)

     

    Les cordes vivantes du violon de Juliana Plançon couvrent le bruit du silence.

    Trente-trois regards s’apaisent et Nathalie Riera enchaîne :

     

    « rallumer la flamme que fauche le vent par cœur

    que jamais tu n’oublies l’amour

    l’aimer comme l’aime avec vie contre le pire

    feeling in first »

    (Feeling is first éd. Le Réalgar, 2011)

     

    Fabienne Pujalte, aux yeux de pluie, prend la suite du soir et entraîne avec elle « les cœurs chauds au cœur émeraude ».

     « Toi face à moi

    Je pose mon doigt sur ta bouche

    J’efface tes derniers mensonges

    Je glisse le long de ton bras

    Ta main ouverte me parle

    Je peux lire dans ta mémoire

    Tout ce que tu ne vois pas

    Tout ce que tu ne dis pas »

     

    Puis Chantal Cudel, la singulière, emmène dans son chant les relents de la beauté, tout comme résonne la voix profonde du comédien François Voisin, qui partage avec nous quelques battements du « cœur des filles ».

     

    C’est l’heure pour les très jeunes Maxime Tomatis et Axel Boyer de faire revivre Maurice Carême et Arthur Rimbaud.

    Un vent de fraîcheur vient sécher la pluie. Julie Forgue nous partage Dominique Mathieu, puis voici l’invitation des paroles dans le désert de Brigitte Broc et de  l’ami Dom Corriéras.

     

    Une dernière respiration, avec la chaleur du chant de Françoise Deleuse, avant de laisser s’égayer, dans les dédales du château, cette « passion pour l’inutile » de Marc-Vincent Péalat.

     Ce fut, avec vous,  un beau visage de décembre.

     

    Pierre-Jean BLAZY

  • Soyez au rendez-vous avec Nathalie

                 L'hiver avance.

    Nos demeures et nos esprits se préparent à recevoir le souffle de ce qu'il reste du sourire des beaux jours.

    Encore un peu de patience, et aux premières lueurs de l'aube l'espoir d'une poésie la vie entière renaîtra.

     

    Je vous invite à venir partager les mots de l'amitié en écoutant Nathalie Riera, poétesse qui nous vient du Var .Fondatrice et directrice depuis 2008 de la revue numérique" les carnets d'Eucharis", sa voix est de celles qui portent. C'est un viatique qui nous emmène  vers de nouveaux horizons.

     

    Au violon, la jeunesse et les cordes vibrantes de Juliana Plançon viendront compléter ce moment de poésie pure que vous ne pouvez manquer.

     

    En seconde partie, Fabienne Pujalte nous ouvrira les portes de ses  nouvelles créations, avec plusieurs textes inédits qui sauront vous  toucher.

     

    Soyez des nôtres le vendredi 2 décembre 2011, à partir de 18h30, dans la salle des conférences du valeureux château de Mouans-Sartoux.

     

    Je pense pouvoir dire que vous ne le regretterez pas !

     

    Pierre-Jean Blazy

  • Un festival qui s'achève

    Les bruits mêlés du festival du livre s'estompent et reste dans nos cœurs

    la saveur des rencontres, des regards et de ces échanges pleins d'espoir,

    qui restent à accomplir.

     

    Voici maintenant le vrai début de la saison des Mots d'Azur.

    Venez voir des gens pas comme les autres, mais qui se tournent

    vers l'autre, pour recueillir sa force et aller plus loin.

     

    Ce vendredi qui vient, le 14 octobre 2011, de 18h30 à 20h, dans le grand

    aquarium de verre de la médiathèque de Mouans-Sartoux, venez partager

    les mots d'un poète affirmé et qui ne s'en laisse pas compter: Roger Lecomte.

    Il sera accompagné par la fougue et le jeune talent du délicieux violon de

    Juliana Plançon.

     

    Je compte sur votre présence, synonyme du soutien amical dont nous avons

    tant besoin.

    Avec vous auprès de nous, nous irons plus loin.

     

    A vendredi!

     

    Pierre-Jean Blazy

     

    *******************************************************************************

    Nos prochains rendez-vous:

     

    ·         2 décembre 2011: Nathalie Riéra

    ·         3 février 2012: Claude Artès

    ·         13 avril 2012: André Chenet

    ·         8 juin 2012: Yves Ughes

     

  • Un été de paix à l'ombre du château

    Un été de paix à l'ombre du château

    C'était une chaude après midi de printemps. Dans les jardins du château le soleil bruissait, et des promeneurs alanguis ralentissaient leur marche.

    Au loin on entendait une harpe et un violoncelle qui s'accordaient.

    Bientôt les mots allaient sortir des imprimeries ou trop de repos les avaient engourdis.

    Pour nous dire, par la voix de Raphaël Monticelli:

    "voici une part de bonheur: regarder la lune, les étoiles; simplement les voir belles,

    précieuses, lumineuses, et savoir que tu es né de la même matière qu'elles"

                                         (...)

    "voici une part supplémentaire du bonheur: un feu nait pour éclairer la nuit. Il est

    beau, joyeux, robuste et fort. Tu sais que ta vie se consume de la même ardeur"

                                        (...)

    "voici la part ultime du bonheur: se savoir mortel, et en vivre"

     

    Il fait si chaud mais un peu d'air frais caresse les lourdes pierres.

     

    "étreinte

    la mer s'éteint

    nous ne sommes

    qu'un

    sang et pluie"

    "je vous salue les asséchés les vibrants les criards

    sous l'insulte des feuilles et des fileuses de fiel"

     

    J'entends au loin dans les jardins des cris joyeux de femmes:

    "les aimantes

    les absentes

    les belles amères

    les femmes armées

    (...)

    Ici s'achèvent mes serments en miettes

    je ne laisserai de mon sillage ni paille ni écume"

    (...)

    il ya le corps des femmes

    nous savons combien il est tendre trop tendre

    comme un rappel de nos naissances en nous

    nous le savons

    ouvert aux ondes de la terre et du ciel

    (...)

    et puis bientôt la nuit pour le repos des corps et des âmes:

    "nuit chargée de lune

    nous fûmes

    deux

    amère étreinte que le sang plie"

     

    Après ce voyage de découvertes, Elsa Verna lit quelques mots de Nicole Lanza et ses

    "moments d'ardeur, comme un déluge de sablier du temps" 

    Oui,

    "nous avançons vers l'aurore pour lever l'ancre"

     

    Puis Christophe Forgeot nous donne deux moments inédits, avant que Françoise Tauran et Eric Maïolino entonnent leur "grand huit"

     

    Un slam d'Eric Maïolino surgit de nulle part: "quand j'ai peur, j'écris mon silence est un cri"

    Ce fut alors un moment de chansons, a cappella, ces chansons que nous aimons, où le texte prend sa force dans la mélodie.

    Clarisse Vandy, puis Françoise Tauran nous livrèrent leurs œuvres les plus récentes. Fabien Tomatis fit partager un texte très musical.

    Avant ce retour à la poésie pure de Marie Gay:

    (...)

    ne parle pas

    capte pour moi le silence

    (...)

    je te vois

    vivant sur le boulevard du temps

    glissant sur le soleil

    doucement

    je m'approche

    de tes rideaux secrets"

     

    Le rideau des Mots d'Azur, quant à lui, se rouvrira dès le 23 septembre 2011, avec vous, toujours plus nombreux, pour que le verbe reste vivant.

     

                   NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

     

    ·         le vendredi 23 septembre 2011 : Pierre-Jean BLAZY présente son recueil "le cœur des filles"

    à la médiathèque de Mougins

    ·         le vendredi 14 octobre 2011 : Roger Lecomte, à l'aquarium de la médiathèque de Mouans-Sartoux

  • Un vendredi soir au château

    n vendredi soir au château

     

      La lumière du jour était encore vive, aux abords du vieux Château, en ce beau vendredi soir de début de printemps.

     

     Le calme avait soudainement envahi le jardin, il y a peu encore recouvert de cris d’enfants.

     

    Le poète et le chanteur étaient là, exacts au rendez-vous, et en face d’eux, plus de trente regards,

    avides de mots profonds et de rêves au quotidien.

     

                « Avant de quitter ce monde, explore le monde du chant.

                   Le silence vaut mieux que la parole, mais le chant

                   vaut mieux que le silence ».

     

     Damien Riba s’élance, à la recherche de « la plus petite lumière » sur le sentier nocturne des maux et des mots.

     

                « Quand une prière vient du cœur

                   même si ceux qui prient n’en comprennent le sens

                   elle monte en haut

                   et déchire le firmament »

     

    Le doute s’installe. Les mélodies douces ou endiablées de Sinto-Flamenco s’accrochent aux textes lancés vers le public.

     

                « Vous aussi peut-être vous verrez le monde

                   que j’ai vu avant qu’il disparaisse

                   et vous le connaîtrez »

     

    Puis le silence, et encore les cordes de l’instrument, et  le chant de l’artiste qui jusqu’à la fin donneront du bonheur.

     

                « Garde tes larmes dans ton cœur

                   comme des diamants, des liqueurs,

                  essuie tes larmes désormais,

                  tu peux dormir en paix »

     

    Puis la parole vient vers vous. Elisa Verna entonne alors les mots de Nicole Lanza, qui chante Matisse,

    le « plaisir virtuose », « l’alchimie des sensations ». Elle effeuille « les pages de ma douleur, le soir ».

     

     

    Fabienne Ros nous parle d’Angeline, sa petite fille (« je t’adorais quand je suis né ») et

    de la maison de Mélina, un amour de grand-mère et son « doux parfum d’été ».

     

    A ma demande, Marc-Vincent Péalat, notre doyen ce soir, se lève et partage un poème de

    son recueil fraîchement paru, au titre évocateur : « Passion pour l’inutile », qu’il présentera

    le 29 avril à 18 h 30 salle Belle Aube au Cannet :

     

                « Si toi tu sais pourquoi

                  le grand pourquoi des choses

                  par le sang du printemps

                  et par l’odeur des roses

                  dis moi ton nom »

      

     Enfin Marie Gay nous fait respirer :

     

                « l’empreinte des ailes d’oiseaux

                  lisse le sable blanc

                            (…)

                  mon corps est lacéré

                  par les marques du temps

                  mon pas capte en cadence

                  les lettres du destin »

     

    Elisa Verna nous confie alors quelques extraits de son cru, « des images et des mots volés à la mer ».

     

    C’est à moi que revient le mot de la fin. Je l’emprunte à San Gérotéo (« le silence parle et

    il a des yeux ») et à Anne Mounic :

     

                « Quand la lumière bouge selon les voix du vent,

                  dans la demeure, l’ombre danse sur les murs

                  par la petite musique de l’esprit,

                  et nous valsons sur pointes, légers (…)

                  par le trait d’union vif,

                  de la menue minute qui fuit »

     La nuit est tombée, et nous guide vers la clarté de la Gabbia, où nous serons quatorze à

    éclairer l’obscur, autour de la grande table qui se souvient encore des envolées de mots doux,

    et des berceuses en prose poétique, jusqu’à l’extrême fin des accords de guitare.

     

    NOTRE PROCHAIN RENDEZ-VOUS:

     

    ·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

  • Dans la chaleur de quarante et un regards

    Dans la chaleur de quarante et un regards

    Dans la chaleur de quarante et un regards

    il y avait

    dans la nuit qui se posait

    ce même feu qui couvait

    et un chant entre les murs

    qui se faisait azur:

    "les chemins ont pleuré

    jusqu'à la transparence

    et sur la pente du jour

    s'est levée la saison"

    (...)

    "le monde est il plus vaste

    qu'un visage?

    (...)"

    Les mots de Brigitte Broc, à tire d'ailes,

    viennent se poser et refleurir sous la fontaine

    de la harpe, caressée par Emeline Chatelin:

    "elle court comme on souffre

    jusqu'au bout de soi même"

     

    Puis la voix enfle et se calme dans l'épaisseur de l'air:

    "un jour elle s'est blottie

    sous la paille d'un mot

    (...)

    désormais

    la terre est ta chair"

     

    Il est difficile de discourir après un tel élan.

    Marie Gay trouve l'angle qui prolonge nos instants:

    " pudeur du brouillard

    sur la mer de ta peau

    (...)

    J'appuie mon corps

    sur la balustrade

    qui me tient à la vie"

     

     Elisa Verna vient parachever la nouvelle truculente

    de Jean-Pierre Rosso. Elle nous parle de ses chagrins de Berlin.

     

    "A attendre la voix de la liberté.

    Et à n’entendre que des plaintes.

    Le destin tombé sur du béton armé"

     

    C'est le tour d'André Chenet, que n'effraient pas les dangers

    d'une poésie intégrale:

    "le cosmos s'embrase

    je n'attends rien

    que le silence sacré

    je ressuscite d'anciennes mémoires

    je reviendrai gitan"

     

    La transition est faite vers Françoise Mingot,

    poétesse et éditrice de l'écriture gitane qui nous fait partager

    le chant de l'ile déserte et "la soie des souvenirs heureux".

    "(...)tu es le jour dans mes pensées"

     

    Enfin, Philippe Molino ravive la mémoire de Gabriel Caressa,

    ses " vibrations de l'esprit" dans " le beau voyage", quand il nous

    demande: "éveille-toi lorsque l'aube se lève".

     

    Dès lors, il est temps de dresser la lourde table, qui réunit autour

    du généreux fumet de la Gabbia, vingt esprits repus de poésie.

     

    Pierre-Jean Blazy

      

                    NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

           ·          8 avril 2011: Damien Riba

    ·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

  • Au milieu de nous

    Le 03 décembre 2010

    Au milieu de nous

     

    Ce soir là, à la Gabbia il y avait au milieu de nous un rêve de poésie, un esprit de partage autour d'un désir commun.

    Celui d'une fête étrange et très calme.

    Au dehors le froid vif,

    au dedans la chaleur des mots du dîner qui se préparait.

    A la harpe: Isabelle Torelli.

    A la musique des mots: Victor Varjac:

    (...)

    L'extrême à chaque instant

    me pousse jusqu'au bord

    où le jour étonné

    ne me reconnait pas (...)

     

    Puis le poète s'interroge:

    (...)

    Trouverons nous le temps

    de dire "je t'aime"

    à l'éphémère créature

    enfermée dans nos cœurs ? (...)

     

    Et il doute aussi:

    (...)

    l'être n'a plus de gite

    hormis la solitude

    lorsque le crépuscule

    colonise le ciel (...)

     

    Il nous interpelle:

    (...)

    je le vois mes amis

    vous doutez de ma parole

    oui vous doutez

    sans toutefois me dire

    que la folie me guette  (...)

     

    Victor Varjac propose alors cette définition qui fait la différence:

    (...)

    L'écriture n'est-elle pas

    cette fulgurance

    terrible et sombre

    qui jette sa flamme d'ombre

    dans l'univers de la pensée (...)

     

    Pour enfin revenir au milieu de nous dans la plus pure réalité de l'instant:

    (...)

    nous étions en hiver

    et la lune plantait

    ses ongles de safran

    dans l'hermine sauvage

    de ce manteau tout neuf

    dont se couvre les arbres (...)"

     

    Puis la parole passa à vous tous, qui pendant 50 minutes avait été si attentifs, si captivés.

    Clarisse Vandy, nous parla du "jouir d'exister" et nous demanda de "laisser venir les mots (...) laisser venir les larmes, la colère et la peur (...) laisser tomber les armes, il est maintenant l'heure".

    Clarisse partait une nuit plus tard pour son tour du monde. Nous pourrons la suivre grâce à son blog http://www.clarissevandy.blogspot.com 

    Raymonde Andrivon, venue de Roquebrune sur Argens, prit ensuite la parole avec plusieurs textes où le chatoiement des couleurs était palpable, évoquant "le miracle des fleurs de chaque jour".

    Ce fut le tour de Josée Forgue, qui eut la gentillesse de lire avec talent trois poèmes de votre serviteur, extrait du recueil "le cœur des filles", paru aux éditions Manoirante en Haute-Savoie.

    Elisa Verna se leva alors et nous gratifia de ses "impromptus poétiques", dans une langue gracile et moderne, au contenu dense et profond:

    (...)

    L’instantané de la rencontre.

    Tout semble dit. Un regard et la vie

    Est une révolution. (…)

    (...)

    Aux confins de la vie

    La terre entière

    Surgit de l’ombre

    Auréolée d’une lumière

    Matutinale (...)

     

    C'est à Jean-Pierre Rosso que revint le mot de la fin. A ma demande, il nous lut sa nouvelle "un jardin verdoyant (à Naïma)", écrite dans son style précis et riche. Elle nous tint en haleine jusqu'à la dernière phrase.

    Huit heures et demie venaient de sonner au clocher du vieux Mouans.

     

    Quatorze convives honorèrent de leur présence le diner mitonné avec talent par Jean-Pierre Dao.

     

    Pierre-Jean

      

                 NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS

         ·         4 février 2011: Brigitte Broc

    ·         8 avril 2011: Damien Riba

    ·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

    Lire la suite

  • Nous étions 32 et heureux

    Septembre 2010

    Nous étions 32 et heureux

    Petit à petit, la Gabbia aux couleurs chaudes d'oranges et de bois se remplit.

    Habituée aux babillages de convives bercés de mets de la Méditerranée, elle se peuple à l'instant de mots ouverts , de mots d' azur.

    Alors même que Marie accueille et trouve une place aux retardataires, je rappelle que nous sommes comme ce petit village provençal qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, au rouleau compresseur médiatique, qui exclut si souvent le verbe , toujours vivant.

    Et ce soir plus vivant que jamais, car nous voici unis pour écouter la voix de Christophe FORGEOT, et les mélodies frissonnantes d' Isabelle TORRELLI et sa harpe:

    " c'est un camion de sable

    déversé pour les proverbes de l'enfance

    une fontanelle où s'ébroue le monde"

     

    Puis le désert vient jusqu'à nous:

     

    "dés l'aube toujours griller les entraves

    et faire avancer les parterres de jonquilles

    dans notre inconscient"

     

    (...)

    " certains de la caravane disent même

    le manque d'eau nous fait vivre"

    ( caravane mirobolante l'Harmattan-1998)

     

    Voyage aussi dans le genre très difficile de la poésie érotique, avec la publication en 2008, chez

    Wallada, de ses "Murmures d'Eros":

    "Mes mains cuites par tes soupirs se glissent dans tes cheveux.

    (...)

    Ne pars pas. La nuit tourne dans nos tasses et mélange nos corps.

    Viens sur moi danser à feu doux"

      

    "Ta main entre prend saisit et suscite la neige.

    Ta maindécouvre mes silences et les pousse dans leurs derniers retranchements (...)"

     

    " Le fumet de ta peau me fait penser au bois brûlé.

    Ta voix chaude réveille les caves et les greniers.

    Tes caresses montent les perrons à demi-écroulés.

    Si pleines sont tes lèvres sous les colliers de feuilles"

    (...)

    " enlacer ton corps remonter le long de tes cuisses.

    Cette nuit soustrait le temps et tu allèges mes mots de désespoir"

      

    Puis l'ouverture de la "porte de la paix intérieure" (L'Harmattan-2009) se fait dans le silence:

     

     "nous sommes ces grains de riz à feu doux

     nous sommes accroupis une cuillère de bois à la main "

    (...)

     

     "dans le trait j'ai grandi

    comment répondre à tant de questions

    joindre mes mains sur les tiennes

    te sourire

    te baiser de mes yeux

    et dérouler notre feuille de papier comme le poisson

    se lance dans le courant"

     

    Ici est maintenant, la parole est au public.

    L'étonnant Maxime Tomatis, du haut de ses 7 ans, avec sa juvénile assurance, nous récite deux poèmes répétés avec son père. Sophie Papadopoulos intervient ensuite, par plusieurs textes lus par Paulette Chefson, jusqu'à tendre la perche à Clarisse Vandy, qui part le 5 décembre pour un tour de monde en sac à dos, avec des feuilles blanches à remplir...

    Fabien Tomatis, quant à lui nous fait partager un vieux souvenir andalou.

    C'est Brigitte Broc, à ma demande, qui conclut de sa verve sereine ce moment de partage et de sourires.

     

    Il est vingt heures trente.

    Le temps s'échappe par la porte de la Gabbia.

    Chacun reprend le cours de sa vie

    Nous resterons 10 à le retenir encore un peu, autour d'un dîner préparé par Jean-Pierre Dao et Morgane.

     

      NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS :

                  -  3 décembre 2010 : Victor Varjac

                  -  4 février 2011 : Brigitte Broc

                  -  8 avril 2011 : Damien Riba

                  - 20 mai 2011 : Raphaël Monticelli