COMPTE RENDU

C'EST UN VOEU

      Soirée du 23 septembre 2016

 

L'été était encore vivant et l'automne petit enfant.

Le Château bruissait, se remplissait de vos sourires, de vos regards.P1140095    P1110367bis    P1110365bis

 

La salle est comble. P1140211 1                                                                        P1140089 1

 Antoine Simon entre en scène:  P1100036 1

 

 

 

     Tout marche tout va                      

     vers l'horizon qui est là-bas

     noyé dans un brouillard austère

     tout va tout marche sur la terre

     dans un enchevêtrement de gala

     (...)

 

     En crèche

     tes lèvres distribuent

     aux portes sans nombre

     la sève

     la liqueur des chagrins postérieurs

     (...)

 

Nous sommes dans les mondes de l'ombre, avec la voix forte, envoûtante d'Antoine Simon

qui emmène les mots, et les mélodies douces et fortes à la fois du saxophone de Caterine Naget-Polo.   P1140195 1

 

     Comme des huiles féodales

     au créneau

     les cerveaux ébouillantent le corps

     les yeux sont glauques

     les voix rauques

     n'osent plus se montrer

     et les doigts

     agiles comme des baguettes de fée

      veulent strier les pages d'ornements inutiles

     pour qu'un nom soit conjugué

     dans les mâchoires

     des grandes villes

     (...)

 

 Il y a l'incandescence. Il nous faut attendre demain, mais je veux l'attendre en écoutant le verbe     P1140162 1

se déplier, la musique se dilater.
 

La terre entière présente un visage maigre

ravagé d'automnes de pluies de crainte

des yeux rouges des lèvres blanches

et des soleils fanés pour réchauffer la vie

(...)

 

des joies volées engourdies par instant

sur les glaces froides droites

sur les masses de bambou mort

accrochent le soleil

 

un arbre

un chêne

alphabet du paysage

(...)

 

C'est un vœu, une chambre obscure qui lentement s'éclaire.     P1100039 1          P1140305 1

Et vos visages suivent les circonvolutions du poète-acteur.
 

Oiseau

larme des arbres aux doigts fourchus

sur le visage

de l'ingénue forêt sans âge

que déjà l'on aperçoit plus

(...)

 

Je suis le dernier des prodiges

l'enfant prodigue qui se fige

mon corps entier n'est qu'une digue

où s'amassent tous les vertiges

(...)

 

à chaque berge l'on me cogne

mais j'émerge dans les festins

tous les serments sont des charognes

je vais d'Amsterdam à Cologne

courbé en deux dans mon destin

(...)

 

 Nous sommes dans les ors des champs.

Avant de saluer nos cœurs ouverts, Antoine Simon livre son dernier mot, après la douce,  la mélodieuse fureur du saxo de Caterine Naget-Polo.

 

Ta jambe repliée sur mon cou

ton cœur replié sur la nuit

mes yeux repliés en toi-même

et l'écho tragique de l'ombre

     P1140287 1                    P1140254 1       P1140215 1                           P1140217 1

 

Puis c'est une scène ouverte apaisée, et de vraie qualité, avec vos talents réunis et vivifiants, qui s'installe devant nous.

 

Regardez et écoutez Madeleine-Marie Davaine, P1140117 1     Patrice Alzina, P1140384 1  , Michel Orion  P1140376 1

Louis Champavier  P1140340 1, Jackie Raimondi  P1140368 1, Fabien Tomatis et Brigitte Broc... P1100096 1

Regardez et écouter votre serviteur P1100106 1,  Irène Leneuveu P1140350 1, Muriel Brosset P1140357 1

et Laurenne Nocq...P1100110 1

 

Regardez et écoutez Michèle Freud, P1140391 1  notre conteuse poétisante, avant le chant final, magistral, de poésie chantée et de mélodie créée du guitariste auteur-compositeur-interprète Lobsang.   P1100122 1     P1140397 1

La lourde haleine du temps s'est enfuie.

Il y a la pureté de la nuit.    P1140428 1       P1140435 1     P1100030 2

 

Pierre-Jean Blazy 

06 07 53 00 42 

LE TEMPS DE L'OUTRE-CIEL

Le soleil est dru sur la capitale du pays de Cannes et Grasse.

 

Voici le P1110367bis château de Mouans-Sartoux, P1110365bis imposant de calme et de sérénité, dans son parc-écrin, et vous, quatre-vingt quinze autour de P1090851bis Colette Guedj.

 

Soirée d'une infinie douceur. La lumière finissante a une transparence de cristal.

La fraicheur du soir s'étend sur le jardin, un voile de brume imprègne la terre de sa bienveillance.

Et la terre la lui rend bien. Les feuilles en sont humides de plaisir.

Donner recevoir, tel est le rite du don.

 

La prose poétique sonne. Et, en pas de danse avec les notes de piano de Cécile Chassoulier, P1110417bis cela est beau, cela est bon.

 

L'air est chargé d'infimes vibrations qui se communiquent à la terre, au ciel, en moi.

Mystérieux échanges entre la nature et l'homme, l'une et l'autre se nourrissant de la même sève.

Je suis en vie.

 

 

Oui la vie.  P1090857bis Celle des cordes vibrantes de Bruno Roman-Ruiz. Indicible violon qui allonge les jours dans la douceur. Qui prolonge le soir dans la ferveur.

 

Murmures des origines.

J'ai l'impression d'entendre les oiseaux chanter pour la première fois.

Les âmes errantes sont gorgées de caresses et de baisers.

 

P1110412bis

Voici l'éclat flamboyant des buchers de la joie.

Qu'est devenue la pénombre perpétuelle de la douleur?

P1090869bis

Maintenant Cécile Chassoulier entonne de la flûte. 

Deus musiciens. Trois instruments.

Le château bruisse de toutes les peines qui s'éteignent.

 

Des mots doux flottent dans l'air, allument les étoiles une à une, réveillent la lune assoupie, saupoudrent les arbres de flocons d'argent, se déposent sur chaque parcelle de terre et la fécondent.

Ils habitent le vide.

Je me souviens.

 

Souvenance.

Nous sommes dans un essaim de fragments du Beau. P1090858bis Colette Guedj s'élance à nouveau, à longs traits d'air pur. Allons dans les mondes de l'ombre qui désaltère.

 

Plage de sable blanc un jour d'été breton triste et pluvieux, et des filets de pêcheurs trainant dans le sillage des flaques d'eau. Fissures et crevasses.

La lumière transfigure le monde, l'enserre dans un écrin de glace.

 

Vingt-huitième et belle soirée. Les applaudissements sont longs. Le soir se fait insistant, et entre chien et loup, les mots se posent et nous reposent.

P1090863bis 

Une vaste maison. De grandes lampées de lumière. Le bonheur d'être en vie, tout simplement.

Fragile harmonie entre l'extérieur et l'intérieur, entre le jardin et la maison, entre la légèreté de l'air et le tumulte du cœur enfin apaisé.

 

C'est l'heure de la fraicheur renouvelée. Le bonheur de la scène ouverte est là. Vous êtes quatorze au rendez-vous, dans la lumière tamisée du soir.

P1090886bis a Irène Leneuveu au chant,

P1090881bis Louis Champavier,

P1090888bis P1110570bis Jean-Pierre Haase pour La Fontaine superbement interprété, P1090890bis b Marie-Solange Raymond,

P1090895bis Myriam Holley,

P1090898bisPierre Kozlowski et

ses deux poèmes déclamés de haute volée,

P1090901bis c Florence Martinie, 

P1090906bis d Elisabeth Leneuveu,

P1110532bis Marie Gay,

P1090882bis Maria Bachs,

P1110582bis g Laurenne Nocq,

P1090917bis f Nathalie Dloussky et

P1090852bis votre serviteur, tour à tour, montent sur scène.

Avant que P1090923bisMichelle Freud, notre conteuse poétisante attendue par tous, vienne soulever les vivats,

une quinzième fois.

 

Puis P1090927bis  P1110637bis 

Florence Person, magnifique de voix et de prestance nous emmène vers ses trois mélodies.

    P1110513bis

C'est le temps des dédicaces de livres et de l’apéritif. 10 juin 20163bis

Voici maintenant les senteurs du buffet de fin de printemps, accueilli par de larges sourires.

P1110693bis

Il est venu le moment de l'outre-ciel.

La chambre douce et belle de l'amitié relance les appels du vent qui se lève.

 

P1110708bis

Pierre-Jean Blazy

NUL BONHEUR N'EST TROP LOINTAIN‏

 

EntrezLe chateau 2

Le soleil a disparu à l'horizon. Un éclair dans la nuit vient saluer les mystères du Château. 

Dans la salle emplie de cent regards, le cortège des mots de Philippe molino Philippe Molino prend son envol.

 

                               Enfin

                               s'élancer

                               vers le soleil

                               par des marches légères

                                               (...)

                               Ton corps...nu

                               une lumière-étoiles

                               Ton corps...chaud

                               un tourbillon-désirs

                               un rayon-soleils

                               Ton corps...doux

                               un nuage-colombes

 

Le miracle de la contrebasse Eric chapelle d'Eric Chapelle se réalise devant nous.

Le verbe et la musique sont devenus complices du Beau. Molino chapelle

 

                               Courbes de tes seins

                               temple d'ébène

                               Pages de ton corps

                               que je lirai

                               la nuit venue

                                       (...)

                               L'or de tes yeux

                               n'est vu

                               qu'à l'instant de ton sourire

                               La perle de tes lèvres

                               n'est vue

                               qu'à l'instant

                               de ton baiser

Philippe molino 2

Je pense à ce grand murmure de l'âme. A cette lumière mystérieuse  qui meurt du côté de l'ombre.

 

                               Je suis l'épouvantail dans le champ

                               j'ai peur de ma tête

                               Quand la nuit descend sur la colline

                               je m'en vais vers une autre mort

                                          (...)

                               Il pleut sur les vapeurs de lune

                               Les vapeurs de lune atteignent le fond de mon esprit

 

Le Château est conquis. Le public toujours attentif 

Molino chapelle 2  Il esquisse un sourire devant nous, suspendus aux mots de chair de Philippe Molino, si bien servis par la mélodie claire, magnifique, de la contrebasse d'Eric Chapelle. Eric chapelle 2

 

                               La naissance...

                               Nous étions

                               dans l'océan primal

                               que parcoururent jadis

                               les dauphins

                               La mort...

                               Notre corps mis en terre, étiré, enseveli

                               nous entendions les chants sacrés

                               archaïques

                                       (...)

                               Tu t'enivres

                               de vie

                               Tu m'appelles

                               à te rejoindre

                               dans ta danse

                               effrénée

                               vers l'astre

Philippe molino pj blazy     Blazy molino chapelle

Puis voici que s'avance notre scène ouverte, très inspirée, calme, belle et sereine.

Tour à tour Maria bachs 1Maria Bachs,

Irène LENEUVEUIrène Leneuveu,

Daniel GALANDDaniel Galand,

Muriel BROSSET Muriel Brosset,

Patrice alzina 1 Patrice Alzina,

Marie-Solange RAYMOND Marie-Solange Raymond,

Pierrot KOZLOWSKI Pierrot Kozlowski accompagné au piano par Caroline Wyler, Jurgen donau suzanne tychkevitch

puis Jackie raimondi Jackie Raimondi,

et enfin l'inimitable Michele freud 1 Michèle Freud vont se succéder sur la scène pour notre plaisir et notre joie.

 

Avant que la soprano Suzanne Tychkevitch, accompagnée par le magnifique violon de Jürgen Donaü, soient le chant final d'une grande soirée. TYCHKEVITCH & DONAU

Les amis lma reunis 

Elisa et Nicole Bientôt les verres allaient tinter, alors que les senteurs du Le buffet buffet d'hiver envahissaient le Château.

Il y aura un lendemain.

Nul bonheur n'est trop lointain.

Pj blazy

LE SOUFFLE DU LEZARD‏

343bis

La nuit doucement s'est installée et dans le Château bruisse le murmure régulier de vos conversations.

 

Il faut les vocalises de 357bisGilbert Trem, et le son mêlé de la guitare et de la contrebasse 399bisd'Olivier Thiry pour que la grande salle pleine ce soir encore accueille

les mots de 376bis Daniel Biga:

 

 

longtemps après la péniche                                       dans le silence

la vague                                                                 un souffle de lézard

atteint la rive                                                          sur l'ardoise tiède

 

                                     pavés chauds aux pieds

                                    parfum de mai

                                    l'eau tremble

 

 

 

 

Les voix chaudes, intimes,

386bis de Daniel et Moina se succèdent et emportent les esprits vers des contrées oubliées.

 

 

deux corneilles                                           coude au corps courant

poursuivent l'épervier                                 au long des allées reverdies

sur l'océan                                               bouffées de tilleul

 

                                 mouette mobile blanc

                                 suspendu

                                 au crépuscule

 

 

Le temps hésite. Puis s'arrête. Le fond musical acoustique, étrange et coloré de Gilbert Trem et Olivier Thiry emporte la musique des mots.

 

bien avant la nuit                                           le soleil de printemps

un tranquille sourire de lune                          n'est pas à l'heure

flotte vers l'ouest                                         d'été

 

                                      au nord

                                      c'est le printemps pluvieux

                                     en bas l'été solaire

 

 

426bis    

C'est une coupe au breuvage inconnu qui s'offre à nous. Entre nos tempes voici ce doux frémissement que l'on croise sur le chemin du bonheur.

 

banlieue immense où tu passes                            à la source fraîche

sans rien voir: soudain partout                            trois cents papillons

le bleu liseron                                                  enivrés de menthe sauvage

 

                                        festins de village

                                        bals dans la nuit s'envolent

                                       des vallons aux collines

 

Mais revoilà la vie terrestre. Un peu de baume sur la souffrance partagée.

Voilà ce que sont aussi les courts voyages

de 409bisDaniel Biga:

 

 

l'été n'est pas fini                                         brouillard

pourtant les vacances                                  ce matin le fleuve n'a pas

finissent                                                    d'autre rive

 

                                       la corne de brume

                                       accompagne

                                      la nuit

 

 

 

657bis

On ne voudrait pas de fin. Une telle poésie amène le printemps sans un hiver.

 

crinière blanche                                          le pied

rouleaux chevaux écumants                         de l'arc en ciel s'enfonce

la marée remonte                                       dans la mer

 

                                      ce soir on s'endormira

                                      cristaux de neige

                                      sous les paupières

 

Le temps flotte à l'horizon et on ne le perçoit plus. La dégustation se prolonge:

 

ma maison flotte dans l'univers                       

à la merci des dieux ou des titans des lutins     

et des vents                                               

 

 

                                                                la ville pollue la nuit

                                                                le lampadaire qui la combat

                                                               ne vaut pas la lune

 

 

                     ton visage maintenant s'estompe

                     tout à fait

                    passé du côté des ombres grises

 

 

 

Puis Daniel Biga salue, avant une longue salve d'applaudissements pour le trio réuni !

 

                                              comme toi

                                              bientôt je ne serai plus qu'atomes

                                              dans la lumière froide des étoiles

 

 

 446bis      731bis

 

Maintenant la scène est à vous, et cette fois aussi 461 001bis Irène Leneuveu l'ouvre de fort belle manière, avant d'écouter les voix et les mots juteux, parfois déconcertants, de 474bisMaryse Dutouya,

520bis Fabien Tomatis,

488bis Michel Orion,

526bisPatrice Alzina,

544bisDaniel Galand,

492bis Myriam Holley,

465bis Louis Champavier,

509bis Claudia Bartolo,

552bis Florence Martinie, et

564bis Francine Savary.

 

Puis c'est au tour de nos amis comédiens 615bis Pascal Giovanetti,

603bis Alexandre Luccini,

628bis Pierrot de Vence,

582bis Myriam Primus,

645bis Géphi, et

la grande 662bisMichèle Freud de nous livrer leurs talents réunis.

 

 

Avant 683bis Michelle Salzman, piano et chant, qui nous emmène en beauté

vers le 707bis buffet d'automne. 776bis

 

Mais nous reviendrons.

Après les frimas de l'hiver.

A la fine pointe de l'âme.

 

Mouans sartoux 20 novembre 20151 003bis

Pierre-Jean Blazy

350bis

LAISSEZ PASSER LE BONHEUR

 

Le chateau 1

Il y a dans l'air, en ce vendredi soir, toute la chaleur lourde de la journée.

Le public pourtant se presse aux portes du Château. Jamais nous n'avons été aussi nombreux.

La grande salle au parquet de bois et à la cheminée d'époque est trop petite.

Il faut dire que c'est le dernier Vendredi  du Château avant le 25 septembre.

Il sera beau

C artes 1

La voix claire de l'ami Claude Artès se dresse entre les tourelles:

                        Goûter à la saveur d'un après-midi

                        sur tes lèvres

                        emprunter cet étroit chemin

                        où les rêves s'écartent

                        pour laisser passer le bonheur

 

                        J'ouvre ma journée

                        en pensant à toi

 

La harpe est pure. Et les doigts experts d'Emeline Chatelin Chatelin 2 savent depuis toujours caresser la mélodie pour l'emmener très haut.

Une fois de plus devant nous, le poète et le musicienne font qu'un.

 

                        Chaque jour dessine

                        la magie de l'instant

                        j'ai posé mon cœur

                        sur le doux de tes seins

                        étreinte où mes mains sculptent ton corps

                        imprégné dans ma mémoire à tout jamais

 

                        Tant d'heures perdues

                        à jamais rattrapées

                        que restera t-il de nous?

                        un souvenir, quelques mots dans un livre

                        et les moments d'amour

                        qui, seuls, nous ont aidé à vivre

Artes chatelin 1

Le soir avance, dans son écrin fugace, incandescent.

Bientôt ce sera l'orée de la nuit.

La salle attentive

                        Il reste encore le bruit d'un paysage

                        où se perd le printemps de ton visage

                        j'entends le cri des orages

                        sur des chemins où j'implore l'amour

                        de creuser son sillage

 

                        Viens me dit-elle

                        monte à bord du vaisseau de mon corps

                        tu seras pour un temps, pour une heure

                        pour l'éternité magnifiée

                        seul maître à bord

C artes 3

La mer est proche et la fièvre monte. La harpe coule et les esprits dégustent la mélodie des mots 

 

                        La poésie étend sa lumière douce

                        et ses cuisses se referment sur mon dos

                        comme les pages d'un livre

                        terminé trop tôt

 

                        Brumes sur les Cévennes

                        il fait un temps à déshabiller les poèmes

                        le gris du ciel

                        se pose sur ton corps

                        le silence

                        embrasse

                        le clair de tes yeux

                        et accompagne

                        nos jeux amoureux

Artes chatelin

C'est fini. Le temps a couru très vite.

Encore une goutte, rien qu'une goutte, dans l'océan des mots

 

                        je monte sans bruit

                        pas à pas

                        les escaliers de la nuit

 

                        j'attendais

                        ton sourire

                        à l'entrée du jour

Blazy artes   P1010926bis 1

Maintenant vos mots accourent.

 

      

      

Nous écoutons ce soir dix-sept poètes, tous différents, touchants, qui nous emmènent dans les contrées de leur âme, aidés en cela par le piano de R rivault Richard Rivault :

Mm davaine Madeleine-Marie Davaine,

M holleyMyriam Holley,

P1020084bis  Alain Sasson,

M bachsMaria Bachs,

C cudelChantal Cudel, 

P1020098bis David Cardoso,

P1020050bis Annie Jacquelin,

P alzina 1Patrice Alzina,

P1020030bis Florence Martinie,

P1020037bis Brigitte  Caizergues, Elisa Verna,

P1020057bisDaniel Galand,

P1020100bis Marie-Solange Raymond,

J raimondieJackie Raimondi, et 

P1090097bisMicha Dunac,

qui partage avec beaucoup d'émotion les mots de sa maman disparue, mots retrouvés après son départ.

 

Puis voici le grand P1020107bisGérard-Philippe Sellès qui nous ravit.

Et comme toujours, le dernier mot sera celui de la magnifique M freudMichèle Freud 

Enfin, la chorale de la préfecture La chorale de la prefecture 2  La chorale de la prefecture 1  nous enchante avec trois morceaux empreints de fraicheur et de talent.

Oui, cette vingt-quatrième soirée était un ciel étrange et beau.

Tous les artistes reunis   Autour du buffet

Pierre-Jean Blazy

les extraits de poèmes de Claude Artès sont issus des recueils

"Instants partagés" (Ed.Zengami,2014)
"Tous les étés dans son cœur" (Ed.Vaillant, 2013), "Chaque matin tient le jour" (Ed.Chemin de plume, 2013)

 

MIEL DE PRINTEMPS

P j blazy c haza

Il y avait un ciel où le vent a balayé l'hiver.

La route est belle vers le Château, et une joie triste existe dans les allées de ses jardins.

Voici, dans une salle pleine, exubérante, la voix calme de C haza 3Claude Haza qui emmène vers des rives étranges.

                               Nés de la nuit nous sommes

                               quand le monde au petit matin

                               s'ouvre à la rumeur d'un feu

                               inspirateur sur toute la terre

                               (...)

                               Mais c'est à toi que tu mens

                               et tu le sais bien

                               (...)

La visite des mots se fait avec le son magique du saxophone de S nini 1Selim Nini, qui sait le faire chanter mieux que personne.

                               Quelques pas de plus et tu risques de tomber

                               dans le désordre qui met en ébullition

                               toutes les substances du rêve

                               comme une courbe en feu

                               (...)

                               Tout persiste à nous occuper

                               s'emploie à découper l'instant

                               dans cette union de blancheur

Les royaumes disparus.

La langue des pierres qui parle des solitudes à deux.

Et les champs de la nuit, où il n'y a que vagues et vent.

                               Mais c'est toi surtout que l'on touche

                               beauté partagée

                               c'est toi qui parle de nous

                               et relèves aussi du songe éveillé

                               (...)

                               Sous les lueurs du crépuscule

                               marcher sans effacer la

                               neige pure du chemin

Chacune, chacun, lève les yeux vers le ciel de ses désirs.

Au centre du silence, je déguste à pleine bouche le miel de ce printemps.

C haza

 

                               L'écho n'accable que les vastes étendues

                               la grêle frappe avec le vent

                               la source débute entre les herbes

                               (...)

                               et si je résistais à m'enfoncer dans le soir

                               (...)

                               l'embrasement monte comme

                               un incendie dans l'âme

                               après une émotion

                               avant l'ivresse du corps

 

C'est un ravissement subtil que de voguer sur un lac aux eaux noires. 

S nini  

Il y a une jeune créature dans cette nuit.

La nuit des loups.

 

                               Je voudrais demeurer attaché

                               par le regard seulement

                               à ce qui est là non visible mais

                               intensément généreux

                               (...)

 

                               si le savoir effaçait le manque

                               la mort ne viendrait pas

                               tu serais mon éternité

                               ma maison sous les branches folles

                               comme au début d'un regard

 

Je vois un passeur, perdu vers ce grand cimetière de brumes, dans ma campagne aux terres parfumées. S nini 2

 

                               cette lumière brillante

                               sur la montagne

                               semblable à une étoile

                               est une flamme d'impatience

                               que la nuit prend pour une fleur

 

                               que pèse ici ce tas de pierres

                               posées contre le mur de tes souhaits?

                               après la marche dans le monde

                               le front appuyé contre la vitre

                               c'est sans doute le poids d'une vie

 

C haza 2

Le jour baisse.

L assistance sous le charme des mots

La lumière est douce pour accompagner vos mots lus et même chantés, comme ceux de Lorène Majou. L majou

Puis onze femmes poètes vont se succéder, sous les applaudissements d'un public chaleureux et nombreux:

M m davaine 1Madeleine-Marie Davaine,

C laurent patouillardClaire Laurent-Patouillard,

M f fournieMarie-France Fournié;

M s raymondMarie-Solange Raymond,

T touraouTatiana Touraou,

F martinieFlorence Martinie,

M gayMarie Gay,

M holeyMyriam Holley,

B caizerguesBrigitte Caizergues,  

M louisMoana Louis et bien sûr,

la grande M FREUDMichèle Freud.

Et pour leur donner la réplique, il y a les mots chauds, surprenants de D cardosoDavid Cardoso,

P alzinaPatrice Alzina,

et B niverBruno Niver.

Avant cette rencontre avec la voix et les mélodies de la soprano Claudette Ory, qui chante pour nous Théophile Gautier et Victor Hugo, excellemment accompagnée au piano par Guillaume Giffard. C ory g giffard

C'était la belle ouverture du dix-septième printemps des poètes.

Le buffet est dressé où cent partages vont naître. La salle du chateau

Nous sommes frères et sœurs dans cette nuit claire.

Avec enfin le temps d'être soi-même, au milieu de la poésie et des fulgurances du bonheur retrouvé.

P j blazy 1 Pierre-Jean BLAZY

UN CIEL LARGE ET GENEREUX‏

Magda ygiarto 1          Magda igyarto et p j blazy

La journée entière, le vent avait fait tourbillonner des vagues de pluies sur le Château, dernier rempart contre la colère du temps.

La voix de Magda Igyarto maintenant emplissait la grande salle du monument, où vous étiez quatre-vingt douze réunis:

                              Jour étrange que capte en panoramique

                              la cornée d'un œil hagard

                              Les étourneaux volent virevoltent

                              leur ballet lancinant obscurcit le ciel laiteux

                                            (...)

                              Les larmes d'angoisse assombrissent

                              la plaine hérissée de fourches flammes

                              Le jour incandescent brûle

                              l'horizon qui hurle sa démence

Le public charme 

Et dans une mélodie de renaissance, les notes du piano Enzo di santod'Enzo di Santo parlent de l'intelligence de l'amour.

Je m'enterre dans ma mémoire.

Passer une vie à écrire les grands bals du silence

P1200038bis

                              La pluie glacée de l'absence fustige

                              l'haleine de mort des ombres sorcières

                                            (...)

                              Regarder par le bout du nez le chemin que

                              dessinent pas à pas

                              les yeux sur le présent sans oublier de

                              rêver à quoi je ne sais pas

 

Dans ce vendredi sombre, une vie brève et dense montait lentement.

L'encrier de l'inspiration se déversait doucement.

 

                              L'eau noire zébrée de lumière lunaire

                              fascine mon regard qui s'y perd

                              Pourquoi cette morsure de l'absence

                                            (...)

                              Les mots en vrac dansent au

                              rythme de la flamme sèment des idées

                              en sillons serrés qui tourbillonnent

                              dans un flamenco de rouge et de sang

                              récoltent des pensées qui entrelacent

                              le bon grain et l'ivraie

 Magda ygiato

Un jour je serai vieux, et même sans mémoire les mots du Beau viendront cogner dans mes veines.

 

                              Nos bras sourient à l'étreinte des heures

                              nos corps brûlent le ciel en fièvre

                              entre ombre et lumière

                                            (...)

                              Le sein de la terre se gonfle de rêves

                              géants se nourrit de

                              chants d'illusions humaines se plisse

                              de souvenirs nostalgiques

 

La scene

Encore et encore, le piano superbe de vie et de joie d'Enzo di Santo, emporte jusqu'au fond de nos cerveaux la musique des mots de Magda Igyarto:

 

                              Seules perdurent un instant

                              les joies tracées sur le sable du temps

                              Pieds nus dans les flaques du rêve

                              où les sens s'éclairent

                              du sourire du plaisir

                                             (...)

                              le sable du vide égrène un à un

                              les souvenirs happés par l'appel de la vie

                              qui a ouvert les volets les fenêtres les portes

 

Nous voici maintenant à la porte d'une nuit de feuille d'or.

Il y a le silence sur les esprits, ouverts à ce qui vient:

 

                              La souffrance migre vers un ailleurs

                              où l'espérance s'incruste

                                            (...)

                              Se libère la joie prisonnière

                              enfin nue à la lisière de la vie

 

P1200092bis C'est un long roulement d'applaudissements qui vient clore le récital. P j blazy m igyarto e di santo a delzers

Alicia delzers 1Et comme un prolongement dans le plaisir, la voix pure et chaude, la voix aux cambrures étonnantes

d'Alicia Delzers Alicia delzersvisite tous les corridors du Château.

A delzers m igyarto p j blazyEt nos cœurs conquis.Les 3 artistes reunis

On ne pouvait rêver meilleure ouverture pour la scène ouverte, ce soir encore couverte de pépites aux styles différents, signées

M m davaineMadeleine-Marie Davaine, BartoloClaudia Bartolo,

Femenia tretDanielle Femenia-Tret,

Myriame holleyMyriam Holley, Marie gayMarie Gay,

Louis champavierLouis Champavier, Marie solange raymondMarie-Solange Raymond,

Tatiana touraouTatiana Touraou, Alain sassonAlain Sasson,

DlousskyNathalie Dloussky, Patrice alzinaPatrice Alzina,

Catherine kiatCatherine Kiat, Florence martinie Florence Martinie,

Pierre jean blazyvotre serviteur, et

Michele freudMichèle Freud.

C'est la fin de la fête des mots et du sourire, faite d'amitié et de joie.Autout du buffet

Mais elle renaîtra au joli mois de mars, pour que nos vies voisines aient sur le soir le même ciel large et généreux.

 

Pierre-Jean Blazy

LA LUMIERE EST PLUS ANCIENNE QUE L'AMOUR

P1080415

La lumière est plus ancienne que l'amour, et dans la vaste salle pleine de vos vies, une fois de plus, vous êtes dans la noble enceinte, prêts à vivre quelques grands instants de poésie.

 P1080423

            Quand vient le soir

            recommence le jour

            recommence la vie

            sous une autre lumière

            (...)

 

            Cette femme qui me sourit

            le soir au bord de d'infini

            et qui me dit des mots d'amour

            dans les combats de chaque jour

 P1080419

La  voix magnifique de Bruno Niver emplit la pièce et parcourt chaque cœur. Mais voici qu'après son texte virevoltent les notes de Guillaume Giffard sur le piano réveillé. P1080418

 

068 2

             J'ai trouvé un visage à l'éternité

             et c'est le tien

             Tous les vents me parlent de toi

             (...)

 

             A genoux sous tes mains

             j'attends que désaltère

             mes désirs

             ton regard

             abreuvant mon désert

 151 1

Dans le parc étonné, l'arbre de l'oubli s'estompe à l'horizon. Ce que porte le soir vient jusqu'à nous:

 

069 1

             Est-ce que tu as reçu mes lettres

             est-ce que tu as reçu mes lèvres

             est-ce que le temps qui se meurt

             te paraît long loin de mon cœur

             (...)

 

              Efface de mon corps les baisers fantastiques

              et si mystérieux de tes lèvres mystiques

 

P1080427

Dans vos yeux attentifs, je vois le vaste monde. Les tisseurs de lumière approchent.

Je peux les toucher. 192 1

 

               Parmi les filles brunes aux regards de velours

               la soie noire des bas

               je pense à toi mon astre d'or

               au soleil blond de tes cheveux

               (...)

 

               Danse  danse

               et bois la liqueur

               des corps blancs des femmes

               aux cheveux blonds roux bruns verts rouges jaunes

               sous les feux des projecteurs

 

C'est une voix d'outre-ciel. Une merveilleuse diction scandée comme la rivière de la vie.

Voici tous les chagrins muets qui crient et se libèrent:

 125 1

               Qui sait qui sait

               où va la neige quand elle fond

               avec l'infini se confond

               dans les rayons de tes yeux verts

               (...)

 

               Car vois-tu tout s'en va

               car vois-tu tout s'en va

               pendant que je pense à toi

 

L'heure est venue de vos mots tout chauds.

Tour à tour Madeleine-Marie Davaine Madeleine-Marie DAVAINE,

Florence Martinie, Alain Sasson P1080448,

Louis Champavier P1080450,

Michel Orion 263 1, Myriam Holley223 1,

Patrice Alzina 236, Marie-Solange Raymond P1080463,

Brigitte Caizergues 272, Brigitte Broc 303,

Matthew Woodman P1080482 Françoise Pateyron et

notre grande Michèle Freud P1080480

font résonner leur prose et leurs vers.

 

Puis, comme un magnifique point d'orgue, la voix profonde et belle de Madly Massengo P1080488

se mêle au piano libéré d'Azusa Inoue. 318

Tout est clair dans le soir enfin venu. P1080495

 

La brune lumière du ciel nous emmène doucement vers le partage des senteurs de début d'automne.

358

 

Pierre-Jean Blazy 105

Les extraits de poèmes sont tirés de “Dans le feu de ton âme” et “Poète à Moscou”, recueils de Bruno Niver publiés en 2010 et 2013 aux éditions Zébra.

CŒUR BRULANT

Nous étions dans le cœur brûlant du Château de Mouans-Sartoux.

L'éclat des corps célestes flottait, en l'attente des mots tendres et crus de Béatrice Machet. P1080102bis

 

Assoiffée

à soi fait ce mal brûlant qui pourtant régénère

attiser afin que malléable se tire notre fil à tisser

depuis que grand-mère Araignée avait pris le feu aux femmes

paroles tisonnières pour des visions transatlantiques

 

Mais déjà monte vers nous le piano d'Azusa Inoue, P1080043bisnotre talentueuse artiste japonaise.

Comme cette chevelure des anges, la musique agile de ses doigts se mêle à la musique des mots de Béatrice.

 

L'inachevé se perd dans le silence

un peu un presque rien

une ritournelle de refrain jusqu'à la transe

où s'embrasse l'ivresse d'être humain

 

Au loin se prépare une tempête de ciel bleu, et dans le verbe qui envahit tout, les chiens de la nuit poursuivent la fille du chaos.

N'oublier jamais.

P1080037bis

Comprendre quand l'impatience même est gage de patience

est ride sur nos peaux

est le passé inscrit qui creuse dans le futur

privilège de vieillir

 

(...)

 

et chants de ruines à corder

à tresser

à tisser en une chair de femme

 

Je m'éloigne à présent de ce pain pétri de peines.

Pourtant la terre m'éloigne-t-elle des misères du hasard?

Vienne l'ivresse des esprits dans une fête sans fin.

Fête étrange et très calme.

 

parce que la joie est le fard du sans nom

qu'on ne pourra jamais dire

et cela nous donne à rire

 

(...)

 

à moins qu'un regard fendu se soit penché sur mon lit

un regard échappé

par derrière mes propres paupières reposées

 P1080103bis 1

C'est une éloge de l'ombre où l'on voit que le vide, ce n'est pas rien.

Souvent je désire ce lac du Haut-Monde, et le dialogue éternel de ses eaux tumultueuses.

 

on a pas entendu de cri seulement ce mendiant échoué

ce géant souillé

le sable crisse entre les dents

 

(...)

 

L'humanité s'effiloche sous les pavés

ce n'est pas la peur de lancer

c'est la peur des retombées

du récit sur le récif

 

Le piano d'Azusa emporte les mots, dans un désir frémissant de chaleur.

074bis

 

C'est une belle scène ouverte qui maintenant bruisse de toutes ses créations.

Mais je souhaite avant tout un hommage vibrant à l'amie des mots, à notre amie là-haut, la belle Zorica Sentic.

Claude Peynaud Claude Peynaud, Marie Gay,Myriam HolleyMyriam Holley et votre serviteur nous font revivre plusieurs poèmes, en la chaleureuse présence de son fils Mika. P1080101bis

 

Puis se succèdent dans le creux des pierres du Château

P1080050bisMadeleine-Marie Davaine,

099bisChantal Cudel qui après son poème entonne superbement "le chant des partisans", Myriam Holley,

la grande 165bisMichèle Freud, Patrice Alzina, Maria Bachs, 134bisMathew Woodman,

159bisNathalie Dloussky et 150bisCédric Jacob.

 

Mais entre-temps P1080066 Myriam Primus nous a fait vibrer avec Barbara, avant le chant final et magnifique

de 192bisFlorence Person, P1080089 accompagnée au piano par Guillaume Giffard P1080099bis.

 

Le fumet du buffet a les senteurs de l'été qui vient. 273

C'est une inflorescence, une chair ardente et un esprit ardent qui, doucement, nous promettent les riches heures de la beauté.

 

Pierre-Jean Blazy

En italique, les extraits de deux poèmes de Béatrice Machet: "lettre à ma soeur de lait(re)" et "récif dans le récit"

LE RAVISSEMENT DES OMBRES

Pierre-Jean, Gisèle, Philippe

Maintenant le jour s'est allongé sous un ciel gris, où les courses multiples et brèves de nos journées se sont essoufflées. Se sont tues.

Y a-t-il un trésor dans les ténèbres qui se rassemblent au bout de l'horizon ?

Mais voici, à l'instant, avec Gisèle Sans, ce chemin vers l'eau en plein désert :

 

«chemins de nuit

poudrés parfois

d'un nuage lactescent

                                  

Dans l'opale céleste

étoiles nommées

pour les connaître

et se retrouver

                                  

dans le secret          

au large des villes

qui les éteignent »

Gisèle SANS 

«Nuit

brillante

de froidure

en élans de montagnes

échappés de nos fronts

imaginant les anneaux glacés

de Saturne»

Philippe Plancon                                                          

C'est une gifle de mélancolie

ou comme un parlement des choses

qui dans un soir crevé d'or

se tourne vers le calme infini.

Celui qui nous ressource.

Nous fait repartir.

 

«Partir

sur  le souffle du vent

écartant les coques penchées

toutes voiles tendues étirées

fendant les bleus

de la mer et du ciel

 

Envie

de paradis retrouvé

vivant dans la mémoire

ombres renaissantes

sur le rideau ensoleillé»

Gisèle SANS

Enamourement de toi.

L'esprit est ardent et la chair vive.

Dans le silence des mots vient l'unité

qui habite dans la montagne au-delà de toi.

 Gisèle SANS

Ce qui me fait vivre vient après l'orage :

un lambeau de brouillard

sur l'immuable désir

 

«Au plus près

du ciel perçant

des déserts

sur la route l'infinitude

 

Domaine du grand silence

coupé

de traversées vibrantes»

 

«Surface profonde

s'ouvrant

en abîme

haut et bas confondus

pleine d'émoi

et pourtant

d'oubli de soi»

                                                                                              

Le printemps bouge doucement.

Il offre à nos corps endoloris

un concert silencieux

un fantôme de chair et de sang.

Gisèle SANS

«Chercher

son passé

souvenirs brouillés

dans les strates mélangées

jusqu'aux reflets profonds »

 

« Entrer en soi

mélancolie douce

presque reposante

 

Aux confins de l'être

de la mémoire

la source

Attendre

 

La droite ligne coupée

ouverte

avant de se reprendre »

          Pierre-Jean BLAZY et Gisèle SANS                      Philippe Plancon 1

*     *     *

 

Vous êtes dix à être venus vers moi, avant sept heures du soir, pour donner un peu de vous à la scène ouverte qui se tient maintenant. Dix voix, dix partages, dix sourires et dix émotions vont façonner ce moment toujours d'une grande intensité.

 

Madeleine Marie DAVAINE Madeleine-Marie Davaine («les oiseaux») , Maryse Dutouya («trop tard»), Chantal 1 Chantal Cudel qui chante Aragon («Maintenant que la jeunesse») et nous offre un de ses textes («l'éphémère»), ouvrent le bal musical des mots. Puis Myriam holley 2 Myriam Holley («Petite histoire peu banale», suite et fin), Karine valladeKarine Vallade qui lit Colette («J'appartiens à un pays») et notre inimitable et flamboyante Michèle Freud Michèle Freud («Neige» de Maxence Fermine), poussent plus loin les feux, jusqu'au bord de l'émotion à fleur de peaux. Marie Gay

 

Enfin, Patrice ALZINA Patrice Alzina («rêverie»), Maria Bachs Maria Bachs («bleu safre» de Montserrat Orduna) et

Florence MartinieFlorence Martinie («l'écrit, le vent») précèdent Anaïs Valard 1 Anaïs Valard, («Ho Luna» et «C'est vraiment pas de chance»), dont la jeunesse jointe au talent soulèvent un grondement d'applaudissements. Anaïs Valard

 

C'est le moment choisi par Laetiria Kullean Laetitia Kullean pour nous emmener avec sa voix mature et envoûtante vers trois merveilleux morceaux de la chanson française. Laetitia KULLEAN 1Merci à elle, Brel, Barbara et Piaf.

 

Et voici que nos mémoires dansent. Quelque chose de beau s'égare dans le Château, et revient vers nous.

247 La salle à manger bruisse de joies qui se préparent.

A l'entrée de la haute bâtisse qui reçoit les sourires, les verres tintent, dans le ravissement des ombres d'un soir de jeune printemps.

 

 Le château

 

 

LES TOURMENTS DE LA TERRE

Depuis le petit matin, le ciel pleurait et emplissait la terre de ses chagrins.

La mer grise était le tombeau de mon remords.

Puis vint le soir et son ciel sombre, bleu-nuit à l'horizon.

Et le Château était là, inaltérable et magnifique, au milieu des tourments de la terre.

 

      "A porter mes heures nues*

       Ai-je traversé plus d'aube?

       Ô revheureuse

       Cesse de creuser "

                       (...)

      "Mais

       les automnes tendres

      Te porteront transparente

      Jusqu'à mes lèvres"

 

La voix d'Olympia Alberti Olympia résonne entre  vieilles pierres et regards conquis.

Les mots s'entrelacent et endorment la tristesse.

 

      "Quand sauront-ils qu'Aimer

        ouvre en soi une faim profonde"

                      (...)

      "Il y aura des visages des heures

        irrespirables des matins éventrés

        où la tristesse aura raison

        de moi, même porteuse d'infini

        de mon âme ensevelie de futur blessé"

 

La respiration magnifique du violon rebelle de Ventzislava Choykova Ventzislava prend tout l'espace entre le verbe et le chant des cordes. Le temps s'allonge, infiniment.

 

       "Pourquoi devant toi mon visage

         est-il si nu?

         Les trains me sillonnent

         les arbres déclinent mon front

         ouvert sur le ciel

         je n'entends que tes yeux"

                          (...)

         "je t'aime avec la respiration

          du jour et de la nuit

          avec ce que désire la fleur

          et ce que dit le bouquet séché

          avec les fenêtres ouvertes

          et les orages sur les yeux fouettés"

La salle

Le cri et sa retombée font un jour nocturne.

Dans le parc la pluie s'arrête et un oiseau du soir précède le violon de Ventzislava.

 

 

          "Puisqu'il me faut détenir

           le rêve plus haut que mon corps

           mais à peine au mistral de mon élan

           puisqu'il me faut lever l'offrande

           jusqu'à la prière

           laisse-moi partir

          mais ne pas te quitter"

 

Profondeur du soir.

Nos esprits suivent les mots et dansent sur la mélodie de l'archet.

Quatre-vingt paire d'yeux entrent dans la joie.

 Olympia

         "Aimer les autres comme on bâtit

          comme on protège comme on garde

          le jeune

                               (...)

        "Va, l'absence est partout

          ton Absence

         ma demeure"

                 (...)

       "Et le cri nous précède

        et le silence nous suit"

 

La lune se lève.

Bientôt la musique se meurt.

Avec vous  elle renaîtra, après Olympia

 

       "Elle avait de l'amour les paupières

        Et au bord des yeux un autre velours

       Que je ne pouvais pas voir encore"

 

Comme de tradition, Madeleine Madeleine-Marie Davaine (Bonheur) ouvre le bal improvisé de la scène ouverte.

Vous serez douze à lui succéder:

le jeune Sébastien MACAGNO Sébastien Macagno ( "de glace ou de glaise"),

ChantalChantal Cudel (chante Bérimont "la chanson de l'été"

sur une mélodie de James Ollivier, puis "l'heure bleue"),

MaryseMaryse Dutouya ("petite fille"),

David David Cardoso ( "gris andalou"),

Myriam HOLLEY Myriam Holley ("petite histoire peu banale"),

Tatiana Touraou ("l'attente"),

Tatiana TOURAOU & Michèle FREUD Michèle Freud ("joie de givre"),

Marie GAY Marie Gay (l'empreinte de mon pas"),

Maxime Maxime Tomatis ("le vent" de Verhaeren),

Patrice ALZINA Patrice Alzina ("sunset"),

Jackie RAIMONDIJackie Raimondi ("brise du sud" de Tania Pividori),

et Diane BEAUSOLEIL Diane Beausoleil ("roses", puis "marine")

nous enchantent de leurs mots encore chauds de leurs âmes.

 

L'amitié et la joie partagées sont comme un bruissement d'ailes.

C'est l'instant choisi par notre mezzo-soprano Diane Beausoleil pour

entonner "le spectre de la rose" de Berlioz etThéophile Gautier.

Un frisson passe de cœur en cœur.

 

Avant que ne se lèvent les verres, comme une joie qui récidive.

Olympia

Pierre-Jean Blazy

LE CORRIDOR DU TEMPS

Certains soirs, dans une éclipse crépusculaire, je me vois traverser le corridor du temps pour atteindre dans la douceur de l'ombre vos cœurs bordés de larmes.

« Par où passer quand le monde fait la roue entre torpeur et hypnose dans la nuit du sens ? »

            (...)

« Dehors la pluie recoud à grand-peine les roses.

Tout est toujours en ordre en la terre compacte. Et nous restons, à perte de vue, à perte de nom, en suspension. A cause des coups. A cause de tout de qui nous bat le cœur dans le temps disjoint »

Les mots charnus d'Alain Freixe viennent caresser le saxophone de Caterine Naget-Polo , dans une belle hésitation entre le son et le sens.

Nul fantôme, nul arbre de l'oubli dans cette maison des chagrins, mais comme une eau tumultueuse, l'écho de vos regards à l'origine du silence.

 

« Le grand cyprès noir a éteint ses branches et replié ses feuilles sur son bois. Il est droit. Vertical. Il est seul. Il se tait. »

          (...)                                                                                          

« je t'ai vu

dans ce temps de terrier

à hommes

où ce ne sont pas des jours

mais des reflets de jours

qui s'entassent

plient les corps

les replient

 

jusqu'à les fondre

dans les fractures du sol

quand il cède »

          (...)

                                                                   

 

L'amour est un chagrin joyeux, une recherche perpétuelle du paradis perdu.

« C'est là

que je t'ai vue

avant que tu ne sombres

seules tes mains

couraient entre l'eau

et l'écume

un temps

ton désir

ses flammes ont éclairé

l'eau noire

cela n'a pas duré

le dernier mot

est resté aux pierres

la gravité de leur enfer

t'avait rattrapée »

      (...)                                  

 

Je ne songe qu'à vivre, et quand les colombes disparaissent, je marche avec le diable pieds nus dans la nuit.

 

« Et nous nous lèverons tôt pour marcher, disais-tu, c'est plus prudent. Tu parlais, depuis le fossé. De l'autre côté de la route. D'un homme. D'une main à retrouver. Tu disais qu'il s'était perdu. Le joueur impénitent.

Tu parlais d'un homme des frontières.

D'un contrebandier. Toujours là où on ne l'attendait pas et absent là où il aurait dû paraître.

Tu parlais d'un maraudeur. D'un fuyard.

Il avait chaussé ses yeux d'une paire de bottes rouges.

Bottes de sept lieues. Et habillé son cœur d'une mort sans cesse remise. »

      (...)                                                                                       

 

Reste l'écume des flammes, l'odeur des dieux enfouis dans l'inconstance de l'espace.

 

« Au-dessus passait la route.

Il faudra bien un jour prochain que s'arrête la chute.

Parvenir à tenir l'écart.

Et se dresser. Passer les ronces. Prendre appui sur le goudron défoncé, entre les flaques.

Et marcher même si c'est en boitant.

Marcher vers cette soif qui renoue l'eau au corps qui l'aime. »

          (...)                                                                                                      

 

« Etrange lumière de quelque chose qui manque et qui pourtant est passé. Passe toujours en inscrivant non le manque mais le passage. Prêter le corps des mots à ce fantôme, un poète le pourrait. »

         (...)

 

« Sur les hauts de La Gardiole, après les paliures et le sang séché à même la peau, le croiriez-vous, il y eut l'oiseau du soir. Eh bien quand l'air porte l'oiseau, quand l'oiseau est sans ailes, croix du ciel, l'air le traverse.

C'est cela que j'ai vu, un oiseau troué d'air. Puis le ciel sans trace. Sans plaie. Sans cicatrice. »

Les amours sont mortels, et comme cet ange noir qui ne ferme jamais les yeux, je ne laisse pas sommeiller l'impérieux désir.

 

« allumée

ma lampe attend toujours

les longs cheveux de la dame

aux yeux cernés

de tout le noir du monde

aux lèvres rouges de mots jetés aux vents

des fontaines

 

la dame des jours noirs

où le jour paraît être

la nuit

la nuit le jour »

      (...)

Ce moment de veille extrème était une ponctuation du silence,

Et maintenant vos mots descendent sur le Château, rempli de vos cent présences, comme autant de louanges.

Tour à tour Madeleine-Marie Davaine, Philippe Molino, Jackie Raimondi , Pascal Giovanetti , Palou ,

Michèle Freud , David Cardoso, Patrice Alzina et Françoise Lenoir déposent leur offrande aux portes de la nuit qui s'épaissit.

Puis comme un remerciement, comme un espoir vivace surgit de cette poussière brillante de mots, la voix de Johanna Castel surgit, et nous emporte dans la divine compagnie du piano de Christian Segaricci.

« Lascia chio piango » de Haendel et « Les deux amants» de André Messager et Sacha Guitry, nous accompagnent vers les nourritures terrestres.

Vos sourires, ces  tisseurs de lumière, nous feront franchir le seuil de la nouvelle année, pour marcher à vos côtés, sur le chemin du poème.

                                 

    Pierre-Jean Blazy

JEUNE AUTOMNE

C'est lorsque le jour partit s'allonger que l'aquarium se remplit de poésie.

Trente amis étaient là, tout à la joie de se retrouver et de partager un peu des jours qui les séparaient de l'été.

C'est alors que Roger Lecomte vint remplir l'âtre de silence avec sa "chanson de l'iguane sur un réverbère" :

"Ferme les yeux

et fuis

loin derrière ton épaule

    (...)

ferme les yeux

écoute la pluie

écoute la pluie tomber doucement

sur la ville verte

la ville tout à fait déserte

la ville étrange d'être si déserte»

   (...)

 

Oui, le beau venait de se poser, et d'un seul coup tout était si sombre :

 

"il va bientôt neiger

sur nos hivers de l'âme

et nous disparaîtrons

sous un manteau d'années"

   (...)

et voilà que je compte

les éclats de mon sommeil de verre,

un minuit sans horloge.

L'hiver des solitudes qui cerne la maison

Avance à pas feutrés"


 

Mais le printemps n'était pas tout à fait mort et voici que  Roger Lecomte entonne "l'amandier en fleurs", poème composé d'après le célèbre et dernier tableau de  Bonnard. Alors même que le violon de Juliana Plançon est un aller simple vers le bonheur.

           "Toute la nuit comme en secret

           j'avais neigé de blancs pétales

j'avais neigé

sur la vie qui s'écoule

sur la toile enfin sèche"

 

A la fin, ne reste que l'écriture et le frottement des cordes apprivoisées par Juliana :

" l'écriture comme un départ

soudain vers la nuit intérieure

ou un laissez-passer pour une échappée belle

    (...)

l'écriture, indicible musique

venue nous murmurer

qu'il faut s'aimer très vite

avant le premier givre"

Nous étions déjà loin, mais pas encore repus de poésie vivante.

Philippe Molino, accompagné à la contrebasse  par Eric Chapelle, vint nous saluer avec les mots inimitables du poète niçois pas assez célébré, Gabriel Caressa :

 

« Telle est la joie qu’elle descend le matin

comme une rue semée de visages

aux pierres des maisons, aux regards clairs des maisons

sa main de fleurs et de silence»

La contrebasse emplit  alors toute notre planète, alors que le poète avait cette vision du bonheur :

 

               « l’aube s’éveille sous l’aile d’un oiseau

un ange a son doigt clair sur la joue d’un enfant

c’est enfin le matin, et notre nuit recule !

    (…)

je t’aime de l’amour dont tu m’atteins

    (…)

dans la tendresse et les mouvements d’air et de lumière»

La diction parfaite de Philippe Molino et la finesse indicible de la corde qui tressaille nous emportèrent pour de bon :

«qui ouvre sa porte au jour qui veut naître

y boit l’instant de transparence

y reçoit le silence des eaux où affleure le bleu

entre, tel un oiseau, dans le lit de l’espace»

Quatorze nous fûmes encore, pour prolonger l’instant, autour de la table de Florence et Morgane.


Pierre-Jean BLAZY

UNE SAISON DE L'OMBRE‏

C'était quelques jours après le début de la saison de l'ombre.

Dans la ville ivre de vivre, un cantique s'est élevé, au cœur du château encore chaud de l'été:

giombini-1.jpg

"Ecrire

Déposer sans un bruit

Sur les pages sa peine

Au plus noir de la nuit

Sentir battre ses veines

(...)

Ecrire

Te dire que je t'aime

Parce que toi tu es

Et si je suis le même

C'est que tu m'as changé"

 

Le verbe de Yves Giombini se mêle aux accords profonds des mélodies de Patrick Massabo.

 massabo.jpg La guitare sourit et doucement la poésie s'écoule.

 

"J'ai vu des gazelles noires

dessiner des chimères

J'ai vu des enfants rois

aux grands yeux de groseille

J'ai vu des nuages d'argent

plonger dans les mers

(...)

Et puis je t'ai vue

 

Le but, c'est le chemin encore loin de l'hiver.

Laissons lentement pousser l'arbre de l'oubli.

La voix de Patrick Massabo se mêle aux mots vrais d'Yves Giombini:

 

"Passagers de l'instant

sur nos routes bohèmes

Trouverons-nous le temps

D'à nouveau dire je t'aime"

 

Quatre-vingt deux visages se tournent vers la nuit qui est tombée , comme un heureux présage:

 

"Il me reste mille ans, presque une éternité

Il me reste une vie, des hivers, des étés

A mourir chaque jour dans le creux de tes bras

Car, mon amour,

Mon plus beau paysage, mon seul amour, c'est toi"

 

C'est un parfum d'écorce qui remplit notre ciel.

Et quand vient le dernier souffle, il faut vaincre le silence:

 

" Nous nous sommes offerts au réveil de la vie

Impatients de pouvoir en dévorer les fruits

Et quand viendra le temps

de fermer les volets

Emmitouflés de neige, je te réchaufferai

Mon corps contre ton corps, promis, juré"

 

un-trio-de-choc.jpg

Après les longs applaudissements au duo rayonnant, voici venu le temps de vos paroles qui se libèrent.

Madeleine Marie Davaine madeleine-marie-davaine-1.jpg nous lit un extrait de son premier recueil "Poèmes d'Essence-Ciel" paru aux éditions Edilivre.

Puis c'est au tour de lanza.jpg Nicole Lanza de partager quelques pages de "Passionnaire", son livre aux quatre recueils édité chez Mélibée. Elle même, Elisa Verna, votre serviteur et Marie Gay, nous le font découvrir.

chantal-cudel-1.jpg Chantal Cudel chante ensuite Ferrat et nous lit ses vers, puis Fabien et maxime-tomatis.jpgMaxime Tomatis (10 ans) Myriam Holley,

pealat.jpg Marc-Vincent Péalat, maryse-dutouya.jpg Maryse Dutouya, niver.jpg Bruno Niver et freud.jpgMichèle Freud se succèdent sur la scène et nous emmènent dans leurs contrées.

Le fumet du buffet qui s'annonce vient parfumer les sourires du Château, épuisé d'émotions. entre-amis-dinons.jpg

L'écume du temps a repris son chant.

Désormais les jours seront vivants, et nous ferons ensemble le voyage mouvant vers l'autre rive.

 

Pierre-Jean Blazy

PROLONGEONS L’ÉTÉ‏

Que reste t il de la douceur de l'ombre, de ces jours achevés aux portes de la nuit, que reste-t-il de notre été?

Venez une dernière fois retrouver l'écho du monde aimé, entre les murs du château de Mouans-Sartoux, le vendredi 27 septembre 2013, à 19 heures.

Planté au cœur du doux pays, il abritera ce soir- là Yves Giombini et ses treize tableaux de la vie qui passe, accompagné à la guitare par le talentueux Patrick Massabo.

Venez accompagner pour sa rentrée la poésie, qui prend elle le pari de vous emmener jusqu'à l'été prochain.

Et que celles et ceux qui souhaitent après partager le buffet de l'amitié (12€) me le disent à l'instant.

Pierre-Jean Blazy

LE PASSAGE SECRET

Déjà les recoins du parc du vieux Château bruissent du soir qui approche, et la fraicheur amène dans la grande salle une salutaire légèreté.

Vous êtes soixante au rendez-vous et Patrick Quillier s'élance avec ses mots en bandoulière:

"Amour, tu m'as ourlé sur moi-même, en la trame

du murmure louré dont tu moules ma vie"

(...)

"Cet amour n'est pas de l'amour, il est amour

dans l'amour , et amour sans amour mourant de l'amour,

et amour murmuré par des infinis débutants"

Patrick QUILLIER 

Les cordes de l'un des quatre violons (baroque, moderne, électrique, alto) de Philippe Tallis philippe-tallis.jpg

chauffent et donnent au moment vécu une ampleur surprenante:

 

"Tu es le vent,

je suis la feuille:

je suis ton chant

et tu me cueilles"

(...)

"une soif énorme m'assaille,

halluciné je parle seul

en proférant quelques murmures

qui te préparent, te caressent"

 

 

On se croirait au bal du silence. groupe.jpg

A la mélodie ourlée de la musique violonée succède le message entonné par Patrick Quillier:

 

" L'hiver n'est pas dehors quand tu es loin,

il est au fond de moi, gelant l'émoi

sous des avalanches graves et mauves,

le temps et l'étendue sont mis à nu"

(...)

"Il ne faut rien promettre, amour il faut tenir

ce que l'instant propose et garder en mémoire

que rien ne justifie les comètes trompeuses

par quoi l'on fait parfois effet sur le désir"

 

P.QUILLIER & P. TALLIS

Les lentes lumières font écho à l'exactitude des songes issus des mots du poète, qui semblent sortis de l'instrument de Philippe Tallis:

 

"Tu es la force dont je tire ces poèmes :

sans ce bonheur qui vient de toi, je serais coi

perclus d'ennui, vide de mots, balbutiement.

En toi je reconnais les vrais raisons d'écrire."

(...)

"Je t'aime dans l'urgence incessante du temps

qui nous bouscule, et dans l'invocation des morts

qui nous manquent le plus. Je t'aime selon l'eau

vive des rêveries où nous plongeons nos corps"


                       P. QUILLIER

(tous les extraits de poèmes sont tirés du recueil de Patrick Quillier: "orifices du murmure", publié aux éditions de la Différence).

 

Le vent respire tout bas. Dans les jardins du Château, la nuit prend possession de l'espace engourdi.


 

***********

Le Public

C'est le moment où le public devient acteur et monte sur la scène.

Chacun reconnait des visages, suscite une lecture, espère une révélation.

Et ce soir vous êtes onze à nous offrir les petites perles glanées sur vos chemins de poésie:

Madeleine Marie DAVAINE Madeleine-Marie Davaine,

Chantal Cudel Chantal CUDEL ,

Matthew Woodman, Edwige Chatelin,

Myriam Holley Myriam HOLLEY

M. FREUDMichèle Freud, Camélia Sahraï c-sahrai.jpg,

Rimma Lubomir,  Agnès Gouvy,

Patricia Brenner P. BRENNER

et Françoise Lenoir F. LENOIR

se succèdent en paroles aux accents différents, dévoilant avec conviction leurs passions mêlées dans un même cœur: celui de la poésie en mouvement.

 

Le point d'orgue de cette quinzième belle et dense soirée revient à la voix pleine et éclatante de la soprano

Colette Koréva Pétrisot. c-petrisot.jpg

 

Nous venons d'atteindre l'autre rive.

Vos voix se réunissent enfin pour ne pas oublier.

Après l'été, on se retrouvera.

 

Pierre-Jean Blazy Pierre-Jean BLAZY

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Nos prochains rendez-vous:

           -27 septembre 2013: Yves Giombini  (attention : nouvelle date)

           - 6 décembre 2013: Alain Freixe

 

 

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NOS VIES RASSEMBLEES

Dans ce château si loin et si proche des chuchotements de la ville, il est toujours temps de vivre une aventure inspirée par le ciel changeant d'un vendredi qui se fane doucement.

Vous étiez au rendez-vous, et toutes vos vies rassemblées dans la salle aux murs épais jouxtant le jardin, toutes vos vies donnaient envie d'écouter la voix et les mots de Béatrice Bonhomme :

beatrice-bonhomme.jpg

« C'est comme si la mer

s'était posée sur tes mains

un instant

       (...)

La mer existe toujours

de ta présence

et se retire dans tes marées

(les gestes de la neige – Ed. l'Amourier)

 

L'air est plus léger. On entend glisser le piano de Philippe Villani qui s'invite à la fête. philippe-villani.jpg

« C'est comme si l'amour s'était posé un instant dans le bleu

l'amour s'était posé un instant sur ta neige

il neige des flocons d'amour sur les épaules

de la mer »

(les gestes de la neige- Ed. l'Amourier)

Puis l'envie vient de visiter une autre rive d'un même pays

« Quand je recevais tes mots sur les lettres que tu m'écrivais, il y avait des fleurs blanches posées sur le papier. C'est l'éclaboussement de l'arbre que je voyais de la fenêtre de la maison dans cette lumière de midi, dont je me souviens le mieux. »

(le pacte des mots – Ed. Peter Lang)

Quelque part au milieu de nous, la complicité des notes de la musique de Philippe Villani nous imprègne du texte qui sonne comme une évidence : 

« Je ne savais pas que les mots pouvaient tomber malades et qu'on pouvait ressentir soudain le scandale des mots à vouloir habiller la tristesse et la mort »               

                      (…)

C'est comme si le temps refusait de passer ici. Les gens passent et meurent sur les saisons, épinglés sur le paysage, mais le paysage demeure. »                                 

(le pacte des mots – Ed. Peter Lang)

Et ce temps, nous le retrouvions, pour mieux espérer qu'il dure longtemps en ce début de soirée :

« Pour moi, le visage parlait. Quand je suis entré dans la maison ouverte aux quatre vents de l'oubli, j'ai marché vers le visage. Il parlait d'enfance. Il parlait de ce qui lave le cœur, de ce qui résigne l''esprit, il parlait de stries dans le bois et de matière du pigment. Il transmettait les jours, les hommes épinglés aux saisons, le désir de lumière »                                                 

(Variations du visage et de la rose- A paraître aux éditions de l'arrière-Pays)

La lumière décline. Il me revient en songe le ciel d'hier et ses vallons obscurs.

« T'écrire adolescent au détour d'un regard au cœur même de ma nuit, je sens encore ce vent écume de la mer. Je voudrais te serrer, t'enserrer dans ma nuit, bleu-nuit cette plage de notre adolescence, je voudrais t'emporter sur mon viaduc, dans la chaleur douce d'un été qui s'enfuit, dans ce caillou qui tombe »

(Kaléidoscope d'enfance – Edition Nue)

Les applaudissements retenus pendant tout le spectacle crépitent, et soixante dix-huit regards reconnaissants se tournent vers Béatrice Bonhomme et Philippe Villani.

beatrice-bonhomme-1.jpg

Ce fut un moment de pure dégustation.le-public.jpg

 

 

 

* * *

             Place maintenant au chant et à la voix puissante de Christina Maffei. La soprano dramatique est là, entourée de Raymond Lepers au piano, de Thierry Cady à la contrebasse, et de Thomas Woseitchlager au piano. Tour à tour, elle va chanter Gerschwin, Errol Garner. Puis dans un tout autre registre, elle nous étonne avec un extrait de Aïda, de Verdi.

christina-maffei.jpg

* * *

            Désormais la parole est à vous. Dans le public, ce soir-là, vous êtes quinze à vouloir partager vos mots inédits, vos écrits de pures émotions, ou des textes aimés d'autres auteurs, redécouverts et mis en lumière pour le plaisir de tous : Madeleine-Marie Davaine, Véronique Icart,  veronique-icart-2.jpg         

Rimma Lubomir, Chantal Cudel,

paul-henri-van-de-wal.jpgPaul-Henri Van de Wal,

 

 

 

Mathew Woodman, mathew-woodman-1.jpg

 

Myriam Holley, Marc-Vincent Péalat,

 

                      Claude Peynaud, claude-peynaud-1.jpg

                      Sophie Huguenin, sophie-huguenin.jpg

                       Maria Bachs, maria-bachs.jpg

magda-ygiarto-1.jpgMagda Ygiarto,

 

 

 

Laurette Subille, François Lagarde francois-lagarde.jpg

et  

                 veronique-mondain.jpg              

 

 

Véronique Mondain.

Un tel florilège est impressionnant de richesses et de diversité. Tous les styles, toutes les dictions, tous vos sourires se succèdent sur la scène, nous emmenant dans la ferveur du partage, sans s'en apercevoir, à neuf heures du soir !

Il était grand temps de se diriger vers la salle à manger, pour continuer nombreux ces riches échanges, devant quelques nourritures terrestres et des projets qui soudain prenaient corps.

Je me suis éloigné une minute pour mieux vivre cet instant. La nuit surplombait le Château qui rvivait de riches heures dans un grand bal de silence.               

Pierre-Jean Blazy     

p-j-blazy.jpg   

 

UNE AVENTURE DE L'ESPRIT

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Maintenant la salle est pleine, et au septième coup du clocher, un à un les regards s'allument.

                                     gerard-pons.jpg

Celui très bleu de Gérard Pons s'accroche aux pierres vivantes du Château qui le salue en majesté.

Dehors, le vent glacé apporte la nuit sur un grand plateau de feuilles mortes.

Le vent me le dirait

si ce n'était pas toi.

Je le reconnaîtrais

à la risée de la mer,

aux herbes échevelées

à la solitude froide

de la lune

entre deux nuages d'oubli.

Si ce n'était pas toi,

le vent me le dirait.

 

Il est une aventure qui se joue dans le ciel. L'esprit de ceux qui passent m'emporte quelque part au milieu de la nuit

             (...)                   .

L'ascension des morts

est terminée.

L'invisible ne se fractionne pas.

             (…)

Il faudra plus de temps

aux arbres fracassés

pour revivre

dans la senteur des veuves.

 

mathieu-pourtier.jpgLa trompette de Mathieu Pourtier déchire l'air épais de la salle immobile.

Que cette mélodie d'un soir coule bien dans nos veines !

giulia-mendolia-1.jpg

Les doigts graciles de la belle Giulia Mendolia s'attardent sur le piano amoureux de sa maîtresse d'un soir. Les yeux se ferment doucement pour goûter le beau, à côté de nous.

             (…)                                                                 

Ses mains retiennent ses cheveux,

ses seins comme dunes

modulent l'infini.

Quelle route emprunter

quand le vent est tombé 

et que le bruit de la mer

ne s'entend plus ?

                                                                                                                                                                                                                                                          

Les yeux se ferment doucement pour mieux goûter le beau, à côté de nous.

Un verre de crépuscule aide à comprendre le vaste monde ;

Reviens croiser mes doutes dans la vallée des masques.

            (…)

La mort d'un ami

raccourcit toujours

notre propre vie.

           (...)

Il pleut

comment dire autrement

il pleut.

L'aveugle pleure

sans explication.

Il pleut.

Ah, ce ravissement des femmes qui nous fait croire à l'avril en automne. Il me faut toujours ce feu qui s'embrase.

             (…)

entre clarté et obscurité

lorsque les filles se dévêtissent

autour de la margelle du puits.

Juste avant l'arrivée

des oiseaux de nuit.

            (…)

Dans l'herbe rase et salée

au creux du vent

j'ai posé mon sac

lourd de souvenirs.

A quelle étoile

les épaules allégées

adresser une prière

           (…)

Il me revient l'ambiance feutrée de ce grand bal du silence, quand il me reste ma vie à écrire , avec un cœur si large et si généreux que je pouvais enfin confondre l'amour et ce chagrin joyeux.

 

Je compte le temps

sur les rides d'une vieille

endormie sur une chaise

au soleil

et dont l'ombre s'allonge

plus noire

que celle de l'olivier.

                                                              

Désormais le vent respire tout bas. Dans les taillis où repose l'écorce des pierres, j'aperçois un vieux renard qui marche au pas lent de la mer.

             (...)

A qui appartient le silence

pendant que je caresse

les veines saillantes de mes mains ?

 

                                                *  *  *

Un tonnerre d'applaudissements roule vers Gérard Pons, Mathieu Pourtier et Giulia Mendolia. Dans le parc du Château, la nuit sombre et glacée s'est installée, jusqu'à demain.

mmdavaine-jackie-raimondi-sous-l-oeil-bienveillant-de-pierre-jean-blazy.jpgMadeleine Marie Davaine se tourne alors vers la salle pour entonner « je te souhaite », poème de la vie qui vient auquel elle ajoute une surprise pour votre serviteur : « les mots d'azur », un texte attachant que vous trouverez sur notre site.

Puis Jackie Raimondi, en partance pour Porticcio où elle va animer un très beau Printemps des Poètes, feuillette à haute voix deux recueils de Gérard Pons encore ouverts sur la table, et nous fait partager les « rêves solitaires » et les « regards nocturnes » de Pablo Neruda.

chantal-cludel.jpgC'est le moment choisi par Chantal Cudel pour lire son cher Jean Berger, avec le poème « Camargue », puis « le perroquet », un texte dédié à son père trop tôt parti.

Les visages s'éclairent, les regards scrutent l'assistance pour voir le prochain ami qui se tiendra derrière le micro des Mots d'Azur. Ce sera Mathew Woodman, représentant de sa gracieuse Majesté, qui, avec son accent inimitable et sa gentillesse perceptible va nous lire 4 poèmes de son cru : « ailleurs », « friendship », « Montmartre de Sacré-Coeur » et « ce sourire ». Merci à notre ambassadeur !

veronique-icart-gazielo-mathieu-woodman-2.jpgJ'appelle ensuite l'ami Yves Giombini, qui déclame de fort belle manière le texte décapant de Léo Ferré, écrit en 1971, et intitulé «La poésie contemporaine».

Les visages sont concentrés. Ce soir une riche diversité est de mise, pour le plaisir de tous.

C'est donc au tour de François Lagarde de lire Maria Bachs, qui nous fait l'amitié de sa présence avec « forêt de tes cils » .

Puis il continue dans la foulée, avec un texte de Montserrat Orduna, fille de la précédente, intitulé « à l'écorchure de tes mots ».

Véronique Icart et son sourire nous lisent ses « mélodies », et Cédric Jacob, l'ami de Nice, poète-astronome, et co-inventeur  des « Rencontres des poètes & Co » qui se créent dans la capitale azuréenne, nous livre deux textes : « ma prime observation » et « l'abeille ».

m-christine-gay.jpg

C'est à Marie Gay que reviennent les mots de la presque fin, avec un extrait de son recueil « Vers la vie » nommé « dans tes bras chauds ».

Car cette soirée si belle et si dense ne pouvait se suspendre sans la voix chaude et la guitare magique de Lobsang,  lobsang-1.jpg  qui nous emporte dans son chant, en posant cette question : « d'où êtes-vous camarades ? ».

C'est le désir qui nous rend humain. Et ces instants de bonheur partagé, avec des mots, avec des notes sont un désir vivifiant, et ce soir accompli.

 

Au loin, la lumière jaune de l'enseigne de «la Gabbia » est un appel à prolonger ce nouveau bonheur.

Pierre-Jean Blazy
Président des Mots d'Azur

L'HIVER DES HOMMES‏

C'est un peu comme si l'hiver des hommes se prolongeait sur la terre.

Voici l'envie d'autres vies, de ces voyages de l'esprit où tout change quand rien ne change.

Où les saisons sont rebelles à devenir des souvenirs.

 

L'année 2013 des Mots d'Azur s'ouvre avec l'ami Gérard Pons, poète et graveur qui a érigé son atelier d'artiste au Castellet, dans ce Var proche vers lequel de temps en temps se tournent les yeux et le cœur.

 

Venez l'écouter, et découvrir quelques-unes de ses créations au château de Mouans-Sartoux, le vendredi 1er février 2013 à 19h.

 

A ces côtés, et pour que soit complet le plaisir des sens, le jeune et talentueux trompettiste Mathieu Pourtier nous livrera de belles mélodies.

 

Et, comme vous le savez déjà, c'est à vous toutes et tous que reviendront l'honneur et la joie de conclure ce premier spectacle d'une année qui s'annonce riche en talents et en projets.

 

Soyez des nôtres, en ce premier jour de février, pour que les onze mois qui s'allument brillent de tous leurs feux!

 

Pierre-Jean Blazy

Janvier 2013 ; Des voeux et une A.G

Bonjour à chacune et à chacun,
  et belle année à tous, avec de la poésie, des sourires
  et des rencontres qui rendent la vie plus douce.


  Je viens vous inviter à participer à l'Assemblée Générale
  annuelle de l'Association Les Mots d'Azur qui se tiendra
  le vendredi 18 janvier 2013 à 19h.à la Médiathèque de Mouans -Sartoux.


  L'ordre du jour traitera du bilan 2012, et surtout de notre avenir
  en 2013, année dont le premier semestre est riche en projets:

         -les spectacles poésie-musique des 1er février, 5 avril et 14 juin

         -le Printemps des Poètes que nous vivrons cette année à Mougins.
          La date de notre spectacle avec musique et danse reste à fixer,à la mi-mars.

         -la nuit des musées le 18 mai, également en partenariat avec la ville de Mougins

         -et enfin le projet à définir d'une nuit de la poésie, en juin, dans le magnifique quartier du Suquet, à Cannes, en partenariat avec l'association des Beaux-Arts de Cannes, et là aussi avec danse et musique.

   Vous le voyez, les idées, les projets sont nombreux et valorisants. Nous débattrons des conditions de leur réalisation, et nous nous répartirons les missions à accomplir.

   C'est pourquoi votre présence, particulièrement cette année, est indispensable. Grâce à elle, notre association prendra une autre dimension, ou au contraire en restera au stade des projets non aboutis...

  Il faut donc vous libérer de tout engagement en ce vendredi 18 janvier à partir de 19h.

  Selon notre tradition de franche convivialité, celles et ceux qui le veulent poursuivront par un repas qui lancera la saison 2013, dans un restaurant du Vieux-Mouans que nous choisirons d'un commun accord.

  Je sais pouvoir compter sur vous. Confirmez moi à cette adresse votre présence, pour la bonne organisation de ce temps fort de la vie de notre association.

  Je vous envoie mon salut le plus affectueux.

  Pierre-Jean Blazy
  Président des Mots d'Azur

PREMIERE LUEUR


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Depuis la première lueur du jour, la pluie arrogante n'a cessé de tomber. Et maintenant, dans le château protecteur où cinquante quatre visages se retrouvent, le vase des mots se remplit, dans la voix fleurie d'Ile Eniger :


           «Les mots viennent. Ils disent plus qu'écrire. J'écrirai même si personne ne me lisait.

Ce qui m'importe c'est ma part d'être (…). J'écris de rien, de choses élémentaires, qui relient (…).

Vivre est plus abouti que tout discours. Laisser venir ce qui est. Aujourd'hui c'est la pluie (…).

Il me plaît qu'elle soit ainsi, sans préoccupations. Vivante ».

Le vent emporte doucement ce qu'il reste de nos tracas de la journée qui s'achève. L'air amplifie la mélodie réparatrice de la flûte traversière qui obéit au souffle de Frédérique Py.

Plus rien ne peut interrompre le cours des choses.


            «Les bêtes replient leurs pas, les hommes leur arrogance(...). Dans ce pourrissement,

              la gerçure des terres garde ses croyances de graines. Plus fort que la mort quelque chose

              pousse qui ne se voit pas, ne s'entend pas (…) ».


Le silence est épais. Il porte la flûte de Frédérique. Les visages apaisés demandent encore des mots à cette vie qui se répand :


            « Elle a quitté la ville (…) Ses sandales sont usées. Son rêve est dans la poche.

               Elle le touche souvent (…) . C'est une fille loin des foules (…) On dit qu'elle en veut trop.

               On dit. Mais ceux qui disent n'ont jamais regardé le soleil en face. Elle si ».


Voici la porte des remous, la fin du rêve de l'oubli, la rumeur du bonheur :

             « Il fait nuit, la lampe éclaire mon cahier (…) . Tout est dit, rien ne parle. L'amour est en sa maison.

               Je t'envoie ce silence. Sa forme douce quittant le miroir. Aucune lune ne le guide (…) .

               Le ciel en pure perte décline ses brouillards (…). Je suis de cet amour. Démesurée, comme tout jour ».

  

Ile Eniger et Frédérique Py peuvent s'avancer vers le public enivré de mots et de notes.

Vraiment ce fut un bel envol de novembre.

                                                              * * *

Madeleine-Marie Davaine prend la suite. Pour elle « la vie est un voyage, au fil des ans, au fil des âges »


               « Que s'ouvrent les portes » est le passage de relais à Chantal Cudel  et au  jeune guitariste de 12 ans

                   Maxime Andreis. A eux deux, ils nous plongent dans la verve sombre de la chanson  d'Hubert-Félix Thiéfaine

                  (« 4H10 heure d'été »).  Puis « le  grand cèdre » de Jean Berger vient chuter à nos pieds, entraîné

                  par la voix de Chantal Cudel.


C'est le moment choisi par Jackie Raimondi, ajaccienne inspirée et virevoltante , pour nous lire un extrait du roman d'Ile Eniger : « la femme en vol ». Suivent deux poèmes magnifiques de deux femmes corses :

Marie-Paule Lavezzi et Françoise Weber-Zucconi.


Puis les sourires s'invitent, avec le jeune Maxime Tomatis qui du haut de ses neuf ans réinvente « le temps des citrouilles » alors que Myriam Holley, poète et plasticienne nous gratifie d'un texte inédit. Pendant tout ce temps la chaude salle des conférences est décorée de plusieurs de ses tableaux, où graphismes et mots se mêlent dans des délires merveilleux.

Le mot de la fin est pour Marie Gay qui lit un extrait du « cœur des filles », de votre serviteur, où naissent « les soupirs de ton sourire ».

Un ultime morceau de flûte traverse les esprits. La vie suspendue pendant cent minutes reprend son cours.

Vers « La Gabbia » illuminée les convives de poésie dirigent leurs pas, pour prolonger le partage et la fête sereine.

Au loin les suit le regard de feu d'un chien poète et mélomane.

                                                                                                   

 Pierre-Jean Blazy

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L'HIVER AVANCE‏

L'hiver avance à pas de velours, et s'installe au creux de nos jours. La lumière s'estompe.
A cinq heures, nous voici entre chien et loup.

Il est temps de se retrouver pour rallumer la flamme qui jamais ne s'est éteinte.
Secouez vos braises et venez écouter Ile Eniger, qui rien que pour nous,
sera face à vous le vendredi 30 novembre à 19 heures, dans la belle salle des conférences du Château de Mouans-Sartoux.

Avec elle, entre ses mots, la musique indicible et douce de la flûte traversière de Frédérique Py, que nous avons découverte au dernier Festival du Livre dans notre capitale du pays de Cannes-Grasse.

Puis, selon un ordonnancement qui nous est cher, vous aurez la parole, pour déclamer vos textes, ou ceux que vous avez envie d'entendre et de faire partager.

Venez vous ressourcer de mots et d'amitiés.
Soyez au bel endroit à la bonne heure : le 30, à 19 heures, au Château !


Pierre-Jean Blazy

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LE VOYAGE IMMOBILE

Septembre en azur est un mois de plein été.

Le soleil brille de tous ses feux depuis qu'il est levé.

En cette fin de journée, la ville résonne de tous les bruits de la vie.

 

"Que fais-tu, quand tu ne m'aimes pas ?"

 

Zorica Sentic, poétesse franco-serbe, est revenue d'un long voyage dans le pays de son enfance.

Elle parle maintenant aux quatre vingt venus l'écouter :

 

                "Je me souviens

                il était tard

                en janvier

                ou en février"

                               (...)

                "votre regard

                la couleur du sourire

                l'éclat du rire

                de votre silence"

                               (…)

 

Au piano, Patrice Reich est inspiré, et le rythme des notes se

mélange à la musique des mots, comme dans une partition rêvée :

 

                "Je rêve un jour d'écrire

                avec des mots d'oiseau-lyre

                un quatrain en requiem

                pour l'amour d'un tandem"

                               (...)

                "je n'ai pour amants que des mots taris

                et un, et deux vieux ordinateurs pour mari"

 

Et voici venu le temps du partage. Zorica Sentic s'adresse  au public bercé d'images et de vibrations :

 

                "Si le soleil oublie de se lever

                alors peut-être je vous oublierai"

                               (...)

                "même si vous me reniez

                et qu'un jour j'oublie de me réveiller

                vous, non, je ne vous oublierai pas

                je vous aime"

                               (...)

 

 

En vraie poétesse de l'amour de l'autre, mains ouvertes vers ces regards qui se tendent, Zorica Sentic déclare sa flamme crue :

 

"Si tu n'existais pas

je ne verrais pas le ciel

si tu n'existais pas

le soleil serait-il là ?

y aurait-il des chants

des fleurs

aimerais-je le gris ?

mon cœur battrait-il ?

la lune brillerait-elle ?

                               (...)

"éteins le silence et tais-toi

ferme les yeux et regarde en toi"

 

Les applaudissements crépitent dans le vieux château surpris par tant de verve. Ils remercient Zorica et accueillent  Claudette

Ory et Patrice Reich, qui lui reste au piano.

Les deux amis vont pendant quinze minutes de bonheur enchanter le public trop nombreux pour la pourtant vaste salle des

conférences.

La voix enchanteresse de la soprano, la puissance du ténor envahissent toutes les pièces du château.  André Messager ("j'ai 

deux amants; "l'amour masqué"), Offenbach, Tosti, Rossini et Bernstein sont à l'honneur, et nos deux artistes récoltent les 

vivas du public conquis.

 

Puis place à la surprise de cette onzième édition des Mots d'Azur, particulièrement riche.

Christophe Forgeot, Fabienne Courmont et  Elzbieta Dedek s'avancent sur la scène pour nous offrir un extrait de leur

spectacle "fantaisie impromptue" qu'ils donneront le lendemain soir sur les hauteurs de Théoule-sur-Mer. Danse avec 

Fabienne, piano divinement caressé par Elzbieta et poèmes de Christophe lus par lui-même, se succèdent et se mêlent.

Le moment est fort.

 

Il ouvre la voie à une scène ouverte plus courte que d'habitude, mais qui va cependant laisser la parole à quatre d'entre nous.

Chantal Cudel livre une très belle interprétation chantée du poème de Verlaine, "les assis".

C'est Patricia Brenner qui lui succède, et nous fait partager avec bonheur le poème de Lamartine "le papillon". Puis Brigitte 

Caizergues fait découvrir l'un de ses textes inédits "l'homme et son rêve" , qui nous parle du vent  demandant à l'humain de

laisser sur notre terre une trace de lumière.

Amour et espoir font alliance avec les mots.

C'est à Bruno Niver que revient le plaisir de clore cette parenthèse de poésie brute.

Il le fait avec grand talent, déclamant de la plus belle et la plus originale des façons "le bateau ivre" de Rimbaud.

 

Les applaudissements sont nourris.

Le jour baisse et se promène entre chien et loup.

Pendant de longues minutes, spectateurs, auteurs, diseurs, et musiciens vont se parler et sourire ensemble.

 

C'était une fête.

Un instant de la vraie vie.

UN CHANT POUR LA VIE‏

 

Juin était dans sa dernière décade, et maintenant le jour lentement entrait dans sa soirée.

Mais toujours cette chaleur lourde vous poursuivait entre les murs épais du Château :

 

       "une grosse fatigue traversait le ciel

       disait la fin appelée de tous ses vœux par Judas

       une fin comme un vin dénaturé"

 

Yves Ughes venait de prendre parole. Les compagnons écoutaient, au nombre de cinquante-trois, dans l'intimité complice d'une vaste pièce assoupie de chaleur.

 

       "face aux paniers posés j'acceptais le partage des eaux et la chair des

       figues craqua sous mes dents comme pépins de crépuscule"

 

Dans les mains du poète, son dernier ouvrage : "Capharnaüm, douze stations avant Judas" paru aux éditions de l'Amourier en 2010.

 

Le chef d'orchestre lyrique Christian Segaricci, pour l'occasion, s'est mis au piano, et ponctue chaque déclamation d'un morceau de Mozart, Verdi, Schubert ou de lui-même.

 

       "le sommeil s'offre comme un lieu de rencontre avec

       des morts apaisés"

 

Le public est attentif. Il cherche tous les codes et la musique explicite les mots, les rend encore plus forts.

 

      "désormais le tramway parcourt le corps de la ville au terminus tu

       disparais et j'habite les odeurs des fleurs qui s'allongent

       la nuit est lourde sur moi comme un chien se collant à la couche" (...)

 

                      (...)

       "il me faut pourtant

       faire attention

       quand je me retourne de ne pas blesser le corps absent"

 

 

Au bout du chemin, les visages mêlés de Yves Ughes et Christian Segaricci sont un seul et même chant :

 

       "je suis maintenant me trouve désormais

       avec ces pins pliés qui bavent au ras des flots

       sur une mer toujours plus vivace"

 

Entrent en scène à cet instant Johanna Coutaud, jeune soprano de 22 ans, et l'incontournable Christian Segaricci qui va l'accompagner dans quatre morceaux inoubliables :

 

        - In Solitaria Stanza, de Verdi

        - Ständchen, de Schubert

        - Les Chemins de l'Amour, de Poulenc

        - Ave Maria, de Schubert

 

Jamais encore, il me l'a dit, le vénérable Château n'avait vibré devant une si belle voix, au service de mélodies sublimes, interprétées de la main de Maître Christian.

 

Depuis très longtemps aussi, la salle au parquet de bois ciré n'avait vécu de si vifs, si longs et si ardents applaudissements.

 

Ce fut, comme je l'avais prédit dans mon invitation, un moment réellement exceptionnel.

Un moment d'une extrême densité.

Un écrin de rêve pour la poésie vivante.

 

Mais comment faire pour prendre la suite de tels instants ?

Fanfan, venue de Toulon, s'y risque en venant "noyer son chagrin" Puis Chantal Cudel nous livre deux poèmes de son cru : "l'arbre", et voyage posthume".

Brigitte Caizergues, l'amie de Montauroux, venue en voisine, nous livre quelques morceaux de sa vie, alors même que Christine Plessier déclame et humanise son "Manteau de ténèbres". Place ensuite à Jean-Michel Bartholi,avec ses inédits : "le sourire des anges" et "la clairière au grand recueil"

 

C'est le moment choisi par le talentueux diseur André Brassin pour nous entonner Théodore de Banville et Alfred de Vigny. Eux aussi étaient venus, pour une résurrection d'un soir.

 

L'heure avançait

Et la chaleur ne diminuait pas.

Au loin, dans le parc du Château, les promeneurs se faisaient rares.

C'était fini.

La petite foule hypnotisée se leva avec la complicité apaisée de ceux qui ont partagé le très beau.

Un dernier long et bel applaudissement descendit vers Johanna Coutaud, Yves Ughes et Christian Segaricci.

 

 

Pierre-Jean Blazy

Voir l'album photos   

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UN CRI DU CŒUR‏

Entre chien et loup, à l'heure où le cœur de la ville ralentit,   la grande salle du Château se remplit.

  Encore une fois, quarante compagnons du verbe se serrent autour du feu chaleureux de la poésie vivante. Le souffle effréné d'André Chenet inonde les travées:

 

             "ma tristesse est l'affluent essentiel

             du long irrépressible fleuve humain

             j'ai le goût des voyages à vau-l'eau

             et je retiens mon souffle

             lorsque j'entends bruire l'univers

             mes escales sont des drogues dangereuses

             entre la folie et le silence des initiés"

 

  Les cordes chaudes de la guitare endiablée de Sinto-Flamenco, sa voix ample, viennent installer la confidence:

 

                         "ne cherche nul mystère

                         entre les pierres des cimetières

                         un papillon t'emportera bien assez tôt

                         sur la route des vents

                         où s'éparpillent les pollens du temps"

 

    Les esprits sont à leur zénith pour écouter le message d'André Chenet:

 

                         "nos armes ce sont nos mains

                         qui se fraient un passage

                         dans cette nuit temporelle

                         ce sont nos voix qui inventent

                         des vérités surnaturelles

                         en invitant les mots à voyager

                         à travers les mondes méconnus

                         c'est la poésie en liberté

                         créant des sociétés fraternelles

                         sans dogmes ni chefs pour les étouffer"

 

             C'est le poète du cri, le poète du cœur guerroyant qui se révèle enfin, avec ses mots qui envahissent les corridors du Château:

 

                         "certes j'écris une blessure

                         qui troue le centre de la page

                         une blessure noire et or

                         éclat de système solaire

                         sur les joues d'une lavandière

 

             Après la passion, voici sur scène une divine surprise, avec Nicole Régnault, doyenne des doyennes, qui vient nous déclamer, avec ses charme et talent naturels, le texte de Robert Lamoureux "la plupart du temps".

             Rires, sourires et complicité cèdent doucement la place au slameur de choc Rémy Gorog qui, accompagné au piano par la fringante Maggie Maglee, nous entraîne dans un monde où l'on voit le verbe se découdre "autour d'un fil qui

             nous enlace, et nous laisse, hélas, toujours sur le fil".

             "Quel enfer, le paradis !"

 

             Maintenant place au chant, avec Françoise Deleuse au micro et Maggie Maglee au piano, qui invitent Brel et Ferrat. Encore Brel avec Chantal Cudel qui interprète a cappella "les Marquises", avant de nous adresser sa "lettre à hier", et de déclamer quelques savoureux extraits du recueil "rose d'hiver" d'Henri Carraguier. Nous accostons alors prés des "gouffres bleus", vers la "perle nacrée aux reflets de délire". Chantal  finit sa prestation avec un magnifique poème du regretté André Verdet.

 

             Mais les amants de poésie ont toujours faim: Marie Gay se lève pour nous faire partager son poème "ne parle pas", extrait du recueil "vers la vie" (éditions encres blanches), avant de lire deux textes de votre serviteur, puisés dans "le cœur des filles" (éditions Manoirante).

 

             C'est le moment choisi par André Brassin pour entonner "le bateau ivre", par cœur, et vécu de l'intérieur. C'est un moment de recueillement à l'écoute du poète absolu.

              Mais rien ne pouvait finir sans la guitare envoûtante de Sinto-Flamenco. Le voici qui nous accompagne le long des ruelles du Vieux-Mouans, sous une nuit sans étoiles, pour retrouver la chaleur colorée de la Gabbia.

Pierre-Jean Blazy

La soirée en photos

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         22 juin 2012: Yves Ughes

Soir d'hiver autour de l'âme

 

Il gèle à pierre fendre.

De bleu, le ciel est devenu cendres.

La petite troupe est aux portes du château.

On entend les notes de l'accordéon qui s'accorde aux mots de chair de Claude Artès.

                "elle est descendue

                de mon rêve

                pour se poser sur mon cœur

                comme un matin qui se lève

                son visage dans mes mains

                réveille le bonheur"

Claude Artès nous parle des greniers du temps.

Quarante huit souffles devenus chaleur regardent vers celui qui se livre:

                "j'entends

                la présence du vent

                dans ta voix

                chaque aube

                attendra l'étreinte de tes bras"

L'horloge du cœur, les nuages (qui) endorment la clarté des matins,

sont entrés dans le mystère des lieux, et ne veulent plus en sortir.

                "il y a

                des ponts

                à traverser

                pour retrouver

                les bonheurs

                oubliés"

Le temps s'attarde.

L'accordéon de Jean-Jacques Marceau, aux notes claires et aux élans langoureux,

s'imprègnent dans le présent qu'on ne veut plus quitter:

                "empreintes

                te rejoindre

                là ou les maisons

                parlent au ciel

 

                dans le secret

                des heures cachées

                sous les échelles

                du rêve"

Puis, le silence, et cette musique qui guide nos pas jusqu'au jour qui s'avance:

                "à l'instant

                où je t'écris

                j'entre dans le jour

                d'un matin de pluie

 

                des morceaux de ciel

                s'échappent de mes mains

 

                en route vers tes bras

                j'ai confiance en la vie"

Le public applaudit, comme dans un roulement de pluie qui laverait tous les ennuis.

Un souffle est passé.

Qu'il est difficile de s'extraire du monde de Claude Artès.

Mais, autour de nous, il y a des artistes qui se lèvent et qui parlent.

 

********

 

Philippe Molino nous dit de "résister encore et encore (...) enfin vivre (...) marcher vers

le soleil, par des marches légères" puis nous emmène sur les traces de Julien Jacob,

grand poète du Bénin:

                "regarde comme les regrets et les remords

                te rongent

                vaine énergie que tout cela

                tu n'es plus roi en ton royaume

                               (...)

                aucun vent n'efface ton chemin

                tu es la corde et tu dois être tendu

                pour que le ciel et la terre

                puisse s'unir par toi"

En réponse, Françoise Deleuse et le piano de Maggie Magglee entonnent Ferré puis Brassens,

avant qu'André Brassin nous entraine dans "une soirée perdue": Alfred de Musset s'invite au château.

Le temps défile mais Janny Lumeau s'en saisit, en faisant résonner les mots du regretté

poète de Saint Paul de Vence, André Verdet.

Puis c'est au tour de Diane Beausoleil, et "son rêve", avant qu'Elisa Verna nous lise Nicole

Lanza avec "l'hiver, patrie de mon exil". Chantal Cudel, quant à elle, nous emmène dans sa

"fortune de mer", et chante Brel avec Lobsang à la guitare.

Les mots débordent et Gilbert Grosso vient les saisir au vol en déclamant un fragment de

"Booz endormi" de Victor Hugo, puis laisse la place à André Gosse, qui fait crépiter le style

sans pareil de Jehan Rictus.

 

Février peut bien geler dehors: la voix ample et généreuse, inimitable de François Voisin fait

vibrer les murs de pierre avec les mots de Gabriel Monnet.

 

Dehors, quelques étoiles préparent le lendemain.

La petite troupe devenue grande a de l'appétit.

Il est l'heure de marcher vers "la Gabbia", aux couleurs chaudes et aux mets parfumés, pour

y vérifier l'exactitude des songes.

 

Oui, c'est sûr: nous nous retrouverons.

 

Pierre-Jean Blazy

La soirée en photos

Puisque beauté il y a

C’était comme si la nuit qui naissait avait décidé de pleurer tant et plus sur les contrées de poésie.

Des nuées de cette pluie de décembre s’abattent sur le vénérable château, qui en a vu d’autres.

 

Nathalie Riera nous parle de ses claires visions :

« (…) vous que j’entends à peine à cause du passage des chevaux, quand de moi vous reste encore (…) flèches des oiseaux des matures, voix de feu, feuillue, moi qui me tourne vers qui vers où ? toujours, vous »

(ClairVision, éd. Public.net , 2009)

 

Elle nous dit que « dans la voix du poète , (il y a) comme une peur de mourir de sécheresse.

Et puis ce regard qui cherche à déserter ce qui l’envahit »

(Puisque beauté il y a, éd. Lanskine , 2010)

 

Les cordes vivantes du violon de Juliana Plançon couvrent le bruit du silence.

Trente-trois regards s’apaisent et Nathalie Riera enchaîne :

 

« rallumer la flamme que fauche le vent par cœur

que jamais tu n’oublies l’amour

l’aimer comme l’aime avec vie contre le pire

feeling in first »

(Feeling is first éd. Le Réalgar, 2011)

 

Fabienne Pujalte, aux yeux de pluie, prend la suite du soir et entraîne avec elle « les cœurs chauds au cœur émeraude ».

 « Toi face à moi

Je pose mon doigt sur ta bouche

J’efface tes derniers mensonges

Je glisse le long de ton bras

Ta main ouverte me parle

Je peux lire dans ta mémoire

Tout ce que tu ne vois pas

Tout ce que tu ne dis pas »

 

Puis Chantal Cudel, la singulière, emmène dans son chant les relents de la beauté, tout comme résonne la voix profonde du comédien François Voisin, qui partage avec nous quelques battements du « cœur des filles ».

 

C’est l’heure pour les très jeunes Maxime Tomatis et Axel Boyer de faire revivre Maurice Carême et Arthur Rimbaud.

Un vent de fraîcheur vient sécher la pluie. Julie Forgue nous partage Dominique Mathieu, puis voici l’invitation des paroles dans le désert de Brigitte Broc et de  l’ami Dom Corriéras.

 

Une dernière respiration, avec la chaleur du chant de Françoise Deleuse, avant de laisser s’égayer, dans les dédales du château, cette « passion pour l’inutile » de Marc-Vincent Péalat.

 Ce fut, avec vous,  un beau visage de décembre.

 

Pierre-Jean BLAZY

Soyez au rendez-vous avec Nathalie

             L'hiver avance.

Nos demeures et nos esprits se préparent à recevoir le souffle de ce qu'il reste du sourire des beaux jours.

Encore un peu de patience, et aux premières lueurs de l'aube l'espoir d'une poésie la vie entière renaîtra.

 

Je vous invite à venir partager les mots de l'amitié en écoutant Nathalie Riera, poétesse qui nous vient du Var .Fondatrice et directrice depuis 2008 de la revue numérique" les carnets d'Eucharis", sa voix est de celles qui portent. C'est un viatique qui nous emmène  vers de nouveaux horizons.

 

Au violon, la jeunesse et les cordes vibrantes de Juliana Plançon viendront compléter ce moment de poésie pure que vous ne pouvez manquer.

 

En seconde partie, Fabienne Pujalte nous ouvrira les portes de ses  nouvelles créations, avec plusieurs textes inédits qui sauront vous  toucher.

 

Soyez des nôtres le vendredi 2 décembre 2011, à partir de 18h30, dans la salle des conférences du valeureux château de Mouans-Sartoux.

 

Je pense pouvoir dire que vous ne le regretterez pas !

 

Pierre-Jean Blazy

Un festival qui s'achève

Les bruits mêlés du festival du livre s'estompent et reste dans nos cœurs

la saveur des rencontres, des regards et de ces échanges pleins d'espoir,

qui restent à accomplir.

 

Voici maintenant le vrai début de la saison des Mots d'Azur.

Venez voir des gens pas comme les autres, mais qui se tournent

vers l'autre, pour recueillir sa force et aller plus loin.

 

Ce vendredi qui vient, le 14 octobre 2011, de 18h30 à 20h, dans le grand

aquarium de verre de la médiathèque de Mouans-Sartoux, venez partager

les mots d'un poète affirmé et qui ne s'en laisse pas compter: Roger Lecomte.

Il sera accompagné par la fougue et le jeune talent du délicieux violon de

Juliana Plançon.

 

Je compte sur votre présence, synonyme du soutien amical dont nous avons

tant besoin.

Avec vous auprès de nous, nous irons plus loin.

 

A vendredi!

 

Pierre-Jean Blazy

 

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         2 décembre 2011: Nathalie Riéra

·         3 février 2012: Claude Artès

·         13 avril 2012: André Chenet

·         8 juin 2012: Yves Ughes

 

Un été de paix à l'ombre du château

Le 20 mai 2011

Un été de paix à l'ombre du château


  C'était une chaude après midi de printemps. Dans les jardins

du château le soleil bruissait, et des promeneurs alanguis ralentissaient

leur marche.

Au loin on entendait une harpe et un violoncelle qui s'accordaient.

Bientôt les mots allaient sortir des imprimeries ou trop de repos

les avaient engourdis.

Pour nous dire, par la voix de Raphaël Monticelli:

"voici une part de bonheur: regarder la lune, les étoiles; simplement les voir belles,

précieuses, lumineuses, et savoir que tu es né de la même matière qu'elles"

                                     (...)

"voici une part supplémentaire du bonheur: un feu nait pour éclairer la nuit. Il est

beau, joyeux, robuste et fort. Tu sais que ta vie se consume de la même ardeur"

                                    (...)

"voici la part ultime du bonheur: se savoir mortel, et en vivre"

 

Il fait si chaud mais un peu d'air frais caresse les lourdes pierres.

 

"étreinte

la mer s'éteint

nous ne sommes

qu'un

sang et pluie"

"je vous salue les asséchés les vibrants les criards

sous l'insulte des feuilles et des fileuses de fiel"

 

J'entends au loin dans les jardins des cris joyeux de femmes:

"les aimantes

les absentes

les belles amères

les femmes armées

(...)

Ici s'achèvent mes serments en miettes

je ne laisserai de mon sillage ni paille ni écume"

(...)

il ya le corps des femmes

nous savons combien il est tendre trop tendre

comme un rappel de nos naissances en nous

nous le savons

ouvert aux ondes de la terre et du ciel

(...)

et puis bientôt la nuit pour le repos des corps et des âmes:

"nuit chargée de lune

nous fûmes

deux

amère étreinte que le sang plie"

 

Après ce voyage de découvertes, Elsa Verna lit quelques mots

de Nicole Lanza et ses "moments d'ardeur, comme un déluge

de sablier du temps"  Oui, "nous avançons vers l'aurore

pour lever l'ancre"

 

Puis Christophe Forgeot nous donne deux moments inédits, avant

que Françoise Tauran et Eric Maïolino entonnent leur "grand huit"

 

Un slam d'Eric Maïolino surgit de nulle part: "quand j'ai peur, j'écris mon silence est un cri"

Ce fut alors un moment de chansons, a cappella, ces chansons que nous aimons,

où le texte prend sa force dans la mélodie.

Clarisse Vandy, puis Françoise Tauran nous livrèrent leurs œuvres

les plus récentes. Fabien Tomatis fit partager un texte très musical.

Avant ce retour à la poésie pure de Marie Gay:

(...)

ne parle pas

capte pour moi le silence

(...)

je te vois

vivant sur le boulevard du temps

glissant sur le soleil

doucement

je m'approche

de tes rideaux secrets"

 

 

Le rideau des Mots d'Azur, quant à lui, se rouvrira dès le 23 septembre 2011, avec vous,

toujours plus nombreux, pour que le verbe reste vivant.

 

Pierre-Jean Blazy

          

 

 

               NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

 

·         le vendredi 23 septembre 2011 : Pierre-Jean BLAZY présente son recueil "le cœur des filles"

à la médiathèque de Mougins

·         le vendredi 14 octobre 2011 : Roger Lecomte, à l'aquarium de la médiathèque de Mouans-Sartoux

Un vendredi soir au château

Le 08 avril 2011

Un vendredi soir au château

 

  La lumière du jour était encore vive, aux abords du vieux Château, en ce beau vendredi soir de début de printemps.

 

 Le calme avait soudainement envahi le jardin, il y a peu encore recouvert de cris d’enfants.

 

Le poète et le chanteur étaient là, exacts au rendez-vous, et en face d’eux, plus de trente regards,

avides de mots profonds et de rêves au quotidien.

 

            « Avant de quitter ce monde, explore le monde du chant.

               Le silence vaut mieux que la parole, mais le chant

               vaut mieux que le silence ».

 

 Damien Riba s’élance, à la recherche de « la plus petite lumière » sur le sentier nocturne des maux et des mots.

 

            « Quand une prière vient du cœur

               même si ceux qui prient n’en comprennent le sens

               elle monte en haut

               et déchire le firmament »

 

Le doute s’installe. Les mélodies douces ou endiablées de Sinto-Flamenco s’accrochent aux textes lancés vers le public.

 

            « Vous aussi peut-être vous verrez le monde

               que j’ai vu avant qu’il disparaisse

               et vous le connaîtrez »

 

Puis le silence, et encore les cordes de l’instrument, et  le chant de l’artiste qui jusqu’à la fin donneront du bonheur.

 

            « Garde tes larmes dans ton cœur

               comme des diamants, des liqueurs,

              essuie tes larmes désormais,

              tu peux dormir en paix »

 

Puis la parole vient vers vous. Elisa Verna entonne alors les mots de Nicole Lanza, qui chante Matisse,

le « plaisir virtuose », « l’alchimie des sensations ». Elle effeuille « les pages de ma douleur, le soir ».

 

 

Fabienne Ros nous parle d’Angeline, sa petite fille (« je t’adorais quand je suis né ») et

de la maison de Mélina, un amour de grand-mère et son « doux parfum d’été ».

 

A ma demande, Marc-Vincent Péalat, notre doyen ce soir, se lève et partage un poème de

son recueil fraîchement paru, au titre évocateur : « Passion pour l’inutile », qu’il présentera

le 29 avril à 18 h 30 salle Belle Aube au Cannet :

 

            « Si toi tu sais pourquoi

              le grand pourquoi des choses

              par le sang du printemps

              et par l’odeur des roses

              dis moi ton nom »

  

 Enfin Marie Gay nous fait respirer :

 

            « l’empreinte des ailes d’oiseaux

              lisse le sable blanc

                        (…)

              mon corps est lacéré

              par les marques du temps

              mon pas capte en cadence

              les lettres du destin »

 

Elisa Verna nous confie alors quelques extraits de son cru, « des images et des mots volés à la mer ».

 

C’est à moi que revient le mot de la fin. Je l’emprunte à San Gérotéo (« le silence parle et

il a des yeux ») et à Anne Mounic :

 

            « Quand la lumière bouge selon les voix du vent,

              dans la demeure, l’ombre danse sur les murs

              par la petite musique de l’esprit,

              et nous valsons sur pointes, légers (…)

              par le trait d’union vif,

              de la menue minute qui fuit »


 La nuit est tombée, et nous guide vers la clarté de la Gabbia, où nous serons quatorze à

éclairer l’obscur, autour de la grande table qui se souvient encore des envolées de mots doux,

et des berceuses en prose poétique, jusqu’à l’extrême fin des accords de guitare.

Pierre-Jean BLAZY

 

       

 

NOTRE PROCHAIN RENDEZ-VOUS:

 

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

Dans la chaleur de quarante et un regards

Le 04 février 2011

Dans la chaleur de quarante et un regards


Dans la chaleur de quarante et un regards

il y avait

dans la nuit qui se posait

ce même feu qui couvait

et un chant entre les murs

qui se faisait azur:

"les chemins ont pleuré

jusqu'à la transparence

et sur la pente du jour

s'est levée la saison"

(...)

"le monde est il plus vaste

qu'un visage?

(...)"

Les mots de Brigitte Broc, à tire d'ailes,

viennent se poser et refleurir sous la fontaine

de la harpe, caressée par Emeline Chatelin:

"elle court comme on souffre

jusqu'au bout de soi même"

 

Puis la voix enfle et se calme dans l'épaisseur de l'air:

"un jour elle s'est blottie

sous la paille d'un mot

(...)

désormais

la terre est ta chair"

 

Il est difficile de discourir après un tel élan.

Marie Gay trouve l'angle qui prolonge nos instants:

" pudeur du brouillard

sur la mer de ta peau

(...)

J'appuie mon corps

sur la balustrade

qui me tient à la vie"

 

 Elisa Verna vient parachever la nouvelle truculente

de Jean-Pierre Rosso. Elle nous parle de ses chagrins de Berlin.

 

"A attendre la voix de la liberté.

Et à n’entendre que des plaintes.

Le destin tombé sur du béton armé"

 

C'est le tour d'André Chenet, que n'effraient pas les dangers

d'une poésie intégrale:

"le cosmos s'embrase

je n'attends rien

que le silence sacré

je ressuscite d'anciennes mémoires

je reviendrai gitan"

 

La transition est faite vers Françoise Mingot,

poétesse et éditrice de l'écriture gitane qui nous fait partager

le chant de l'ile déserte et "la soie des souvenirs heureux".

"(...)tu es le jour dans mes pensées"

 

Enfin, Philippe Molino ravive la mémoire de Gabriel Caressa,

ses " vibrations de l'esprit" dans " le beau voyage", quand il nous

demande: "éveille-toi lorsque l'aube se lève".

 

Dès lors, il est temps de dresser la lourde table, qui réunit autour

du généreux fumet de la Gabbia, vingt esprits repus de poésie.

 

Pierre-Jean Blazy

              


                NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

       ·          8 avril 2011: Damien Riba

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

Au milieu de nous

Le 03 décembre 2010

Au milieu de nous

 

Ce soir là, à la Gabbia il y avait au milieu de nous un rêve de poésie, un esprit de partage autour d'un désir commun.

Celui d'une fête étrange et très calme.

Au dehors le froid vif,

au dedans la chaleur des mots du dîner qui se préparait.

A la harpe: Isabelle Torelli.

A la musique des mots: Victor Varjac:

(...)

L'extrême à chaque instant

me pousse jusqu'au bord

où le jour étonné

ne me reconnait pas (...)

 

Puis le poète s'interroge:

(...)

Trouverons nous le temps

de dire "je t'aime"

à l'éphémère créature

enfermée dans nos cœurs ? (...)

 

Et il doute aussi:

(...)

l'être n'a plus de gite

hormis la solitude

lorsque le crépuscule

colonise le ciel (...)

 

Il nous interpelle:

(...)

je le vois mes amis

vous doutez de ma parole

oui vous doutez

sans toutefois me dire

que la folie me guette  (...)

 

Victor Varjac propose alors cette définition qui fait la différence:

(...)

L'écriture n'est-elle pas

cette fulgurance

terrible et sombre

qui jette sa flamme d'ombre

dans l'univers de la pensée (...)

 

Pour enfin revenir au milieu de nous dans la plus pure réalité de l'instant:

(...)

nous étions en hiver

et la lune plantait

ses ongles de safran

dans l'hermine sauvage

de ce manteau tout neuf

dont se couvre les arbres (...)"

 

Puis la parole passa à vous tous, qui pendant 50 minutes avait été si attentifs, si captivés.

Clarisse Vandy, nous parla du "jouir d'exister" et nous demanda de "laisser venir les mots (...) laisser venir les larmes, la colère et la peur (...) laisser tomber les armes, il est maintenant l'heure".

Clarisse partait une nuit plus tard pour son tour du monde. Nous pourrons la suivre grâce à son blog http://www.clarissevandy.blogspot.com 

Raymonde Andrivon, venue de Roquebrune sur Argens, prit ensuite la parole avec plusieurs textes où le chatoiement des couleurs était palpable, évoquant "le miracle des fleurs de chaque jour".

Ce fut le tour de Josée Forgue, qui eut la gentillesse de lire avec talent trois poèmes de votre serviteur, extrait du recueil "le cœur des filles", paru aux éditions Manoirante en Haute-Savoie.

Elisa Verna se leva alors et nous gratifia de ses "impromptus poétiques", dans une langue gracile et moderne, au contenu dense et profond:

(...)

L’instantané de la rencontre.

Tout semble dit. Un regard et la vie

Est une révolution. (…)

(...)

Aux confins de la vie

La terre entière

Surgit de l’ombre

Auréolée d’une lumière

Matutinale (...)

 

C'est à Jean-Pierre Rosso que revint le mot de la fin. A ma demande, il nous lut sa nouvelle "un jardin verdoyant (à Naïma)", écrite dans son style précis et riche. Elle nous tint en haleine jusqu'à la dernière phrase.

Huit heures et demie venaient de sonner au clocher du vieux Mouans.

 

Quatorze convives honorèrent de leur présence le diner mitonné avec talent par Jean-Pierre Dao.

 

Pierre-Jean Blazy

 

                                                   

             NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS

        ·         4 février 2011: Brigitte Broc

·         8 avril 2011: Damien Riba

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

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Nous étions 32 et heureux

Septembre 2010

Nous étions 32 et heureux


Petit à petit, la Gabbia aux couleurs chaudes d'oranges et de bois se remplit.

Habituée aux babillages de convives bercés de mets de la Méditerranée, elle se peuple à l'instant de mots ouverts , de mots d' azur.

Alors même que Marie accueille et trouve une place aux retardataires, je rappelle que nous sommes comme ce petit village provençal qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, au rouleau compresseur médiatique, qui exclut si souvent le verbe , toujours vivant.

Et ce soir plus vivant que jamais, car nous voici unis pour écouter la voix de Christophe FORGEOT, et les mélodies frissonnantes d' Isabelle TORRELLI et sa harpe:

" c'est un camion de sable

déversé pour les proverbes de l'enfance

une fontanelle où s'ébroue le monde"

 

Puis le désert vient jusqu'à nous:

 

"dés l'aube toujours griller les entraves

et faire avancer les parterres de jonquilles

dans notre inconscient"

 

(...)

" certains de la caravane disent même

le manque d'eau nous fait vivre"

( caravane mirobolante l'Harmattan-1998)

 

Voyage aussi dans le genre très difficile de la poésie érotique, avec la publication en 2008, chez

Wallada, de ses "Murmures d'Eros":

"Mes mains cuites par tes soupirs se glissent dans tes cheveux.

(...)

Ne pars pas. La nuit tourne dans nos tasses et mélange nos corps.

Viens sur moi danser à feu doux"

  

"Ta main entre prend saisit et suscite la neige.

Ta maindécouvre mes silences et les pousse dans leurs derniers retranchements (...)"

 

" Le fumet de ta peau me fait penser au bois brûlé.

Ta voix chaude réveille les caves et les greniers.

Tes caresses montent les perrons à demi-écroulés.

Si pleines sont tes lèvres sous les colliers de feuilles"

(...)

" enlacer ton corps remonter le long de tes cuisses.

Cette nuit soustrait le temps et tu allèges mes mots de désespoir"

  

Puis l'ouverture de la "porte de la paix intérieure" (L'Harmattan-2009) se fait dans le silence:

 

 "nous sommes ces grains de riz à feu doux

 nous sommes accroupis une cuillère de bois à la main "

(...)

 

 "dans le trait j'ai grandi

comment répondre à tant de questions

joindre mes mains sur les tiennes

te sourire

te baiser de mes yeux

et dérouler notre feuille de papier comme le poisson

se lance dans le courant"

 

Ici est maintenant, la parole est au public.

L'étonnant Maxime Tomatis, du haut de ses 7 ans, avec sa juvénile assurance, nous récite deux poèmes répétés avec son père. Sophie Papadopoulos intervient ensuite, par plusieurs textes lus par Paulette Chefson, jusqu'à tendre la perche à Clarisse Vandy, qui part le 5 décembre pour un tour de monde en sac à dos, avec des feuilles blanches à remplir...

Fabien Tomatis, quant à lui nous fait partager un vieux souvenir andalou.

C'est Brigitte Broc, à ma demande, qui conclut de sa verve sereine ce moment de partage et de sourires.

 

Il est vingt heures trente.

Le temps s'échappe par la porte de la Gabbia.

Chacun reprend le cours de sa vie

Nous resterons 10 à le retenir encore un peu, autour d'un dîner préparé par Jean-Pierre Dao et Morgane.

 

Pierre-Jean Blazy

            

  NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS :

              -  3 décembre 2010 : Victor Varjac

              -  4 février 2011 : Brigitte Broc

              -  8 avril 2011 : Damien Riba

              - 20 mai 2011 : Raphaël Monticelli

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