gabbia

UNE AVENTURE DE L'ESPRIT

Maintenant la salle est pleine, et au septième coup du clocher, un à un les regards s'allument.

                                    

Celui très bleu de Gérard Pons s'accroche aux pierres vivantes du Château qui le salue en majesté.

Dehors, le vent glacé apporte la nuit sur un grand plateau de feuilles mortes.

 

Le vent me le dirait

si ce n'était pas toi.

Je le reconnaîtrais

à la risée de la mer,

aux herbes échevelées

à la solitude froide

de la lune

entre deux nuages d'oubli.

Si ce n'était pas toi,

le vent me le dirait.

 

Il est une aventure qui se joue dans le ciel. L'esprit de ceux qui passent m'emporte quelque part au milieu de la nuit

             (...)                   .

L'ascension des morts

est terminée.

L'invisible ne se fractionne pas.

             (…)

Il faudra plus de temps

aux arbres fracassés

pour revivre

dans la senteur des veuves.

 

La trompette de Mathieu Pourtier déchire l'air épais de la salle immobile.

 

Que cette mélodie d'un soir coule bien dans nos veines !

 

Les doigts graciles de la belle Giulia Mendolia s'attardent sur le piano amoureux de sa maîtresse d'un soir. Les yeux se ferment doucement pour goûter le beau, à côté de nous.

             (…)                                                                 

Ses mains retiennent ses cheveux,

ses seins comme dunes

modulent l'infini.

Quelle route emprunter

quand le vent est tombé 

et que le bruit de la mer

ne s'entend plus ?

                                                                                                                                                                                                                                                          

Les yeux se ferment doucement pour mieux goûter le beau, à côté de nous.

Un verre de crépuscule aide à comprendre le vaste monde ;

Reviens croiser mes doutes dans la vallée des masques.

            (…)

La mort d'un ami

raccourcit toujours

notre propre vie.

           (...)

Il pleut

comment dire autrement

il pleut.

L'aveugle pleure

sans explication.

Il pleut.

Ah, ce ravissement des femmes qui nous fait croire à l'avril en automne. Il me faut toujours ce feu qui s'embrase.

             (…)

entre clarté et obscurité

lorsque les filles se dévêtissent

autour de la margelle du puits.

Juste avant l'arrivée

des oiseaux de nuit.

            (…)

Dans l'herbe rase et salée

au creux du vent

j'ai posé mon sac

lourd de souvenirs.

A quelle étoile

les épaules allégées

adresser une prière

           (…)

Il me revient l'ambiance feutrée de ce grand bal du silence, quand il me reste ma vie à écrire , avec un cœur si large et si généreux que je pouvais enfin confondre l'amour et ce chagrin joyeux.

 

Je compte le temps

sur les rides d'une vieille

endormie sur une chaise

au soleil

et dont l'ombre s'allonge

plus noire

que celle de l'olivier.

                                                              

Désormais le vent respire tout bas. Dans les taillis où repose l'écorce des pierres, j'aperçois un vieux renard qui marche au pas lent de la mer.

             (...)

A qui appartient le silence

pendant que je caresse

les veines saillantes de mes mains ?

 

                                                *  *  *

Un tonnerre d'applaudissements roule vers Gérard Pons, Mathieu Pourtier et Giulia Mendolia. Dans le parc du Château, la nuit sombre et glacée s'est installée, jusqu'à demain.

Madeleine Marie Davaine se tourne alors vers la salle pour entonner « je te souhaite », poème de la vie qui vient auquel elle ajoute une surprise pour votre serviteur : « les mots d'azur », un texte attachant que vous trouverez sur notre site.

Puis Jackie Raimondi, en partance pour Porticcio où elle va animer un très beau Printemps des Poètes, feuillette à haute voix deux recueils de Gérard Pons encore ouverts sur la table, et nous fait partager les « rêves solitaires » et les « regards nocturnes » de Pablo Neruda.

C'est le moment choisi par Chantal Cudel pour lire son cher Jean Berger, avec le poème « Camargue », puis « le perroquet », un texte dédié à son père trop tôt parti.

Les visages s'éclairent, les regards scrutent l'assistance pour voir le prochain ami qui se tiendra derrière le micro des Mots d'Azur. Ce sera Mathew Woodman, représentant de sa gracieuse Majesté, qui, avec son accent inimitable et sa gentillesse perceptible va nous lire 4 poèmes de son cru : « ailleurs », « friendship », « Montmartre de Sacré-Coeur » et « ce sourire ». Merci à notre ambassadeur !

J'appelle ensuite l'ami Yves Giombini, qui déclame de fort belle manière le texte décapant de Léo Ferré, écrit en 1971, et intitulé «La poésie contemporaine».

Les visages sont concentrés. Ce soir une riche diversité est de mise, pour le plaisir de tous.

C'est donc au tour de François Lagarde de lire Maria Bachs, qui nous fait l'amitié de sa présence avec « forêt de tes cils » .

Puis il continue dans la foulée, avec un texte de Montserrat Orduna, fille de la précédente, intitulé « à l'écorchure de tes mots ».

Véronique Icart et son sourire nous lisent ses « mélodies », et Cédric Jacob, l'ami de Nice, poète-astronome, et co-inventeur  des « Rencontres des poètes & Co » qui se créent dans la capitale azuréenne, nous livre deux textes : « ma prime observation » et « l'abeille ».

C'est à Marie Gay que reviennent les mots de la presque fin, avec un extrait de son recueil « Vers la vie » nommé « dans tes bras chauds ».

Car cette soirée si belle et si dense ne pouvait se suspendre sans la voix chaude et la guitare magique de Lobsang,    qui nous emporte dans son chant, en posant cette question : « d'où êtes-vous camarades ? ».

C'est le désir qui nous rend humain. Et ces instants de bonheur partagé, avec des mots, avec des notes sont un désir vivifiant, et ce soir accompli.

 

Au loin, la lumière jaune de l'enseigne de «la Gabbia » est un appel à prolonger ce nouveau bonheur.

Pierre-Jean Blazy
Président des Mots d'Azur

SAISON REBELLE

Certains matins je me réveille le corps plein de rêves.

Le silence de la nuit a caressé mon âme, et l'arrivée de lentes lumières est bien  souvent le signal d'une journée prévisible.

Heureusement, la poésie est là qui me happe et m'entraine là où sans elle je ne serais jamais allé.

C'est une aventure qui ne finit jamais, et dont on oublie jusqu'au commencement.

Vivez-là vous aussi, en venant écouter Gérard Pons, le poète au vibrant esprit, qui pour nous quittera son atelier varois aux mille facettes, en venant marier ses mots tissés aux notes envoûtantes de la trompette de Mathieu Pourtier.

Notre rendez-vous aura lieu le vendredi 1er Février 2013, à 19h précises, dans la grande salle du château de Mouans-Sartoux, qui nous ouvre ses bras.

Venez avec vos écrits, vos chansons, vos lectures aimées, pour les partager, au milieu de nous! 

Pierre-Jean Blazy

L'HIVER DES HOMMES‏

C'est un peu comme si l'hiver des hommes se prolongeait sur la terre.

Voici l'envie d'autres vies, de ces voyages de l'esprit où tout change quand rien ne change.

Où les saisons sont rebelles à devenir des souvenirs.

 

L'année 2013 des Mots d'Azur s'ouvre avec l'ami Gérard Pons, poète et graveur qui a érigé son atelier d'artiste au Castellet, dans ce Var proche vers lequel de temps en temps se tournent les yeux et le cœur.

 

Venez l'écouter, et découvrir quelques-unes de ses créations au château de Mouans-Sartoux, le vendredi 1er février 2013 à 19h.

 

A ces côtés, et pour que soit complet le plaisir des sens, le jeune et talentueux trompettiste Mathieu Pourtier nous livrera de belles mélodies.

 

Et, comme vous le savez déjà, c'est à vous toutes et tous que reviendront l'honneur et la joie de conclure ce premier spectacle d'une année qui s'annonce riche en talents et en projets.

 

Soyez des nôtres, en ce premier jour de février, pour que les onze mois qui s'allument brillent de tous leurs feux!

 

Pierre-Jean Blazy

PREMIERE LUEUR

Depuis la première lueur du jour, la pluie arrogante n'a cessé de tomber. Et maintenant, dans le château protecteur où cinquante quatre visages se retrouvent, le vase des mots se remplit, dans la voix fleurie d'Ile Eniger :

           «Les mots viennent. Ils disent plus qu'écrire. J'écrirai même si personne ne me lisait.

Ce qui m'importe c'est ma part d'être (…). J'écris de rien, de choses élémentaires, qui relient (…).

Vivre est plus abouti que tout discours. Laisser venir ce qui est. Aujourd'hui c'est la pluie (…).

Il me plaît qu'elle soit ainsi, sans préoccupations. Vivante ».

 

Le vent emporte doucement ce qu'il reste de nos tracas de la journée qui s'achève. L'air amplifie la mélodie réparatrice de la flûte traversière qui obéit au souffle de Frédérique Py.

Plus rien ne peut interrompre le cours des choses.

            «Les bêtes replient leurs pas, les hommes leur arrogance(...). Dans ce pourrissement,

              la gerçure des terres garde ses croyances de graines. Plus fort que la mort quelque chose

              pousse qui ne se voit pas, ne s'entend pas (…) ».

Le silence est épais. Il porte la flûte de Frédérique. Les visages apaisés demandent encore des mots à cette vie qui se répand :

            « Elle a quitté la ville (…) Ses sandales sont usées. Son rêve est dans la poche.

               Elle le touche souvent (…) . C'est une fille loin des foules (…) On dit qu'elle en veut trop.

               On dit. Mais ceux qui disent n'ont jamais regardé le soleil en face. Elle si ».

Voici la porte des remous, la fin du rêve de l'oubli, la rumeur du bonheur :

             « Il fait nuit, la lampe éclaire mon cahier (…) . Tout est dit, rien ne parle. L'amour est en sa maison.

               Je t'envoie ce silence. Sa forme douce quittant le miroir. Aucune lune ne le guide (…) .

               Le ciel en pure perte décline ses brouillards (…). Je suis de cet amour. Démesurée, comme tout jour ».

  

Ile Eniger et Frédérique Py peuvent s'avancer vers le public enivré de mots et de notes.

Vraiment ce fut un bel envol de novembre.

                                                              * * *

Madeleine-Marie Davaine prend la suite. Pour elle « la vie est un voyage, au fil des ans, au fil des âges »

               « Que s'ouvrent les portes » est le passage de relais à Chantal Cudel  et au  jeune guitariste de 12 ans

                   Maxime Andreis. A eux deux, ils nous plongent dans la verve sombre de la chanson  d'Hubert-Félix Thiéfaine

                  (« 4H10 heure d'été »).  Puis « le  grand cèdre » de Jean Berger vient chuter à nos pieds, entraîné

                  par la voix de Chantal Cudel.

C'est le moment choisi par Jackie Raimondi, ajaccienne inspirée et virevoltante , pour nous lire un extrait du roman d'Ile Eniger : « la femme en vol ». Suivent deux poèmes magnifiques de deux femmes corses :

Marie-Paule Lavezzi et Françoise Weber-Zucconi.


Puis les sourires s'invitent, avec le jeune Maxime Tomatis qui du haut de ses neuf ans réinvente « le temps des citrouilles » alors que Myriam Holley, poète et plasticienne nous gratifie d'un texte inédit. Pendant tout ce temps la chaude salle des conférences est décorée de plusieurs de ses tableaux, où graphismes et mots se mêlent dans des délires merveilleux.

Le mot de la fin est pour Marie Gay qui lit un extrait du « cœur des filles », de votre serviteur, où naissent « les soupirs de ton sourire ».

Un ultime morceau de flûte traverse les esprits. La vie suspendue pendant cent minutes reprend son cours.

Vers « La Gabbia » illuminée les convives de poésie dirigent leurs pas, pour prolonger le partage et la fête sereine.

Au loin les suit le regard de feu d'un chien poète et mélomane.

                                                                                                   

 Pierre-Jean Blazy

 

Un vent nouveau


Un vent nouveau a soufflé sous les préaux emplis de visages attentifs et curieux.
C'est l'heure du dialogue et de la vie recommencée.
Les diamants du ciel sont pour nous, pendant une heure et plus, le vendredi 30 novembre, à 19 heures, au Château de Mouans-Sartoux.

Ile Eniger, poétesse, écrivaine, vient du proche comté de Nice pour nous révéler ses mots et ses rythmes, ses balades de l'esprit, son regard sur le monde.

A ses côtés, pour notre plus grand plaisir, la flûtiste Frédérique Py, donnera en mélodies sa vision de la vie.
Sa vision de l'Essentiel.

Venez, et participez ensuite avec vos poèmes, vos lectures anciennes ou inédites, qui prendront dans les échos du Château un éclat nouveau.
Et les plus affamés, vous le savez, dîneront ensuite ensemble, dans notre "Gabbia" proche où les cœurs se rejoignent jusqu'à presque demain.

Venez sourire et vivre un moment privilégié.

A ce vendredi, au septième coup de sept  heures !

 

Pierre-Jean Blazy

L'HIVER AVANCE‏

L'hiver avance à pas de velours, et s'installe au creux de nos jours. La lumière s'estompe.
A cinq heures, nous voici entre chien et loup.

Il est temps de se retrouver pour rallumer la flamme qui jamais ne s'est éteinte.
Secouez vos braises et venez écouter Ile Eniger, qui rien que pour nous,
sera face à vous le vendredi 30 novembre à 19 heures, dans la belle salle des conférences du Château de Mouans-Sartoux.

Avec elle, entre ses mots, la musique indicible et douce de la flûte traversière de Frédérique Py, que nous avons découverte au dernier Festival du Livre dans notre capitale du pays de Cannes-Grasse.

Puis, selon un ordonnancement qui nous est cher, vous aurez la parole, pour déclamer vos textes, ou ceux que vous avez envie d'entendre et de faire partager.

Venez vous ressourcer de mots et d'amitiés.
Soyez au bel endroit à la bonne heure : le 30, à 19 heures, au Château !


Pierre-Jean Blazy

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LE VOYAGE IMMOBILE

Septembre en azur est un mois de plein été.

Le soleil brille de tous ses feux depuis qu'il est levé.

En cette fin de journée, la ville résonne de tous les bruits de la vie.

 

"Que fais-tu, quand tu ne m'aimes pas ?"

 

Zorica Sentic, poétesse franco-serbe, est revenue d'un long voyage dans le pays de son enfance.

Elle parle maintenant aux quatre vingt venus l'écouter :

 

                "Je me souviens

                il était tard

                en janvier

                ou en février"

                               (...)

                "votre regard

                la couleur du sourire

                l'éclat du rire

                de votre silence"

                               (…)

 

Au piano, Patrice Reich est inspiré, et le rythme des notes se

mélange à la musique des mots, comme dans une partition rêvée :

 

                "Je rêve un jour d'écrire

                avec des mots d'oiseau-lyre

                un quatrain en requiem

                pour l'amour d'un tandem"

                               (...)

                "je n'ai pour amants que des mots taris

                et un, et deux vieux ordinateurs pour mari"

 

Et voici venu le temps du partage. Zorica Sentic s'adresse  au public bercé d'images et de vibrations :

 

                "Si le soleil oublie de se lever

                alors peut-être je vous oublierai"

                               (...)

                "même si vous me reniez

                et qu'un jour j'oublie de me réveiller

                vous, non, je ne vous oublierai pas

                je vous aime"

                               (...)

 

 

En vraie poétesse de l'amour de l'autre, mains ouvertes vers ces regards qui se tendent, Zorica Sentic déclare sa flamme crue :

 

"Si tu n'existais pas

je ne verrais pas le ciel

si tu n'existais pas

le soleil serait-il là ?

y aurait-il des chants

des fleurs

aimerais-je le gris ?

mon cœur battrait-il ?

la lune brillerait-elle ?

                               (...)

"éteins le silence et tais-toi

ferme les yeux et regarde en toi"

 

Les applaudissements crépitent dans le vieux château surpris par tant de verve. Ils remercient Zorica et accueillent  Claudette

Ory et Patrice Reich, qui lui reste au piano.

Les deux amis vont pendant quinze minutes de bonheur enchanter le public trop nombreux pour la pourtant vaste salle des

conférences.

La voix enchanteresse de la soprano, la puissance du ténor envahissent toutes les pièces du château.  André Messager ("j'ai 

deux amants; "l'amour masqué"), Offenbach, Tosti, Rossini et Bernstein sont à l'honneur, et nos deux artistes récoltent les 

vivas du public conquis.

 

Puis place à la surprise de cette onzième édition des Mots d'Azur, particulièrement riche.

Christophe Forgeot, Fabienne Courmont et  Elzbieta Dedek s'avancent sur la scène pour nous offrir un extrait de leur

spectacle "fantaisie impromptue" qu'ils donneront le lendemain soir sur les hauteurs de Théoule-sur-Mer. Danse avec 

Fabienne, piano divinement caressé par Elzbieta et poèmes de Christophe lus par lui-même, se succèdent et se mêlent.

Le moment est fort.

 

Il ouvre la voie à une scène ouverte plus courte que d'habitude, mais qui va cependant laisser la parole à quatre d'entre nous.

Chantal Cudel livre une très belle interprétation chantée du poème de Verlaine, "les assis".

C'est Patricia Brenner qui lui succède, et nous fait partager avec bonheur le poème de Lamartine "le papillon". Puis Brigitte 

Caizergues fait découvrir l'un de ses textes inédits "l'homme et son rêve" , qui nous parle du vent  demandant à l'humain de

laisser sur notre terre une trace de lumière.

Amour et espoir font alliance avec les mots.

C'est à Bruno Niver que revient le plaisir de clore cette parenthèse de poésie brute.

Il le fait avec grand talent, déclamant de la plus belle et la plus originale des façons "le bateau ivre" de Rimbaud.

 

Les applaudissements sont nourris.

Le jour baisse et se promène entre chien et loup.

Pendant de longues minutes, spectateurs, auteurs, diseurs, et musiciens vont se parler et sourire ensemble.

 

C'était une fête.

Un instant de la vraie vie.

LES BRUITS DU TEMPS‏

Comme il est bon parfois de s'extraire des bruits du temps pour rejoindre, seul ou entre amis, les rives de la poésie la plus pure, la plus vraie, celle qui réconcilie avec les ratures de la vie.

C'est à ce travail de ressourcement que je vous convie

 

         vendredi 14 septembre 2012, à 18h30

         salle des conférences du Château de Mouans -Sartoux

 

en compagnie d'une poétesse de l'action et du désir de vie, Zorica Sentic.

Et qui pouvaient mieux que la talentueuse soprano Claudette Ory et le pianiste émérite Patrice Reich l'accompagner dans ce  difficile combat pour un monde meilleur?

Vous pourrez ensuite vous joindre à eux: venez nous faire partager vos perles de l'été !

A vendredi, au Château ! Nous vous attendons.

 

Pierre-Jean Blazy

 

LUMIÈRE DE L’ÉTÉ

La lumière bleue de l'été baisse inexorablement à l'horizon, mais j'ai plaisir à vous retrouver pour célébrer ensemble ses derniers feux le vendredi 14 septembre 2012 à partir de 18h30, au Château de Mouans-Sartoux.

Ce sera jour de double crépuscule, comme un renversement du ciel. Avec nous, il y aura la poétesse franco-serbe Zorica Sentic, de retour d'un périple poético-humanitaire de trois mois, ponctué de lectures publiques et de riches rencontres, de Zlatibor à Belgrade...

Puis nous prendrons de l'altitude, en compagnie de la soprano Claudette Ory et du pianiste Patrice Reich. L'horizon se consumera un peu plus encore.

Ensuite viendront vos morceaux choisis de l'été.

Ne manquez pas nos belles retrouvailles, au doux parfum du charme slave.

Pierre-Jean Blazy

UN CHANT POUR LA VIE‏

 

Juin était dans sa dernière décade, et maintenant le jour lentement entrait dans sa soirée.

Mais toujours cette chaleur lourde vous poursuivait entre les murs épais du Château :

 

       "une grosse fatigue traversait le ciel

       disait la fin appelée de tous ses vœux par Judas

       une fin comme un vin dénaturé"

 

Yves Ughes venait de prendre parole. Les compagnons écoutaient, au nombre de cinquante-trois, dans l'intimité complice d'une vaste pièce assoupie de chaleur.

 

       "face aux paniers posés j'acceptais le partage des eaux et la chair des

       figues craqua sous mes dents comme pépins de crépuscule"

 

Dans les mains du poète, son dernier ouvrage : "Capharnaüm, douze stations avant Judas" paru aux éditions de l'Amourier en 2010.

 

Le chef d'orchestre lyrique Christian Segaricci, pour l'occasion, s'est mis au piano, et ponctue chaque déclamation d'un morceau de Mozart, Verdi, Schubert ou de lui-même.

 

       "le sommeil s'offre comme un lieu de rencontre avec

       des morts apaisés"

 

Le public est attentif. Il cherche tous les codes et la musique explicite les mots, les rend encore plus forts.

 

      "désormais le tramway parcourt le corps de la ville au terminus tu

       disparais et j'habite les odeurs des fleurs qui s'allongent

       la nuit est lourde sur moi comme un chien se collant à la couche" (...)

 

                      (...)

       "il me faut pourtant

       faire attention

       quand je me retourne de ne pas blesser le corps absent"

 

 

Au bout du chemin, les visages mêlés de Yves Ughes et Christian Segaricci sont un seul et même chant :

 

       "je suis maintenant me trouve désormais

       avec ces pins pliés qui bavent au ras des flots

       sur une mer toujours plus vivace"

 

Entrent en scène à cet instant Johanna Coutaud, jeune soprano de 22 ans, et l'incontournable Christian Segaricci qui va l'accompagner dans quatre morceaux inoubliables :

 

        - In Solitaria Stanza, de Verdi

        - Ständchen, de Schubert

        - Les Chemins de l'Amour, de Poulenc

        - Ave Maria, de Schubert

 

Jamais encore, il me l'a dit, le vénérable Château n'avait vibré devant une si belle voix, au service de mélodies sublimes, interprétées de la main de Maître Christian.

 

Depuis très longtemps aussi, la salle au parquet de bois ciré n'avait vécu de si vifs, si longs et si ardents applaudissements.

 

Ce fut, comme je l'avais prédit dans mon invitation, un moment réellement exceptionnel.

Un moment d'une extrême densité.

Un écrin de rêve pour la poésie vivante.

 

Mais comment faire pour prendre la suite de tels instants ?

Fanfan, venue de Toulon, s'y risque en venant "noyer son chagrin" Puis Chantal Cudel nous livre deux poèmes de son cru : "l'arbre", et voyage posthume".

Brigitte Caizergues, l'amie de Montauroux, venue en voisine, nous livre quelques morceaux de sa vie, alors même que Christine Plessier déclame et humanise son "Manteau de ténèbres". Place ensuite à Jean-Michel Bartholi,avec ses inédits : "le sourire des anges" et "la clairière au grand recueil"

 

C'est le moment choisi par le talentueux diseur André Brassin pour nous entonner Théodore de Banville et Alfred de Vigny. Eux aussi étaient venus, pour une résurrection d'un soir.

 

L'heure avançait

Et la chaleur ne diminuait pas.

Au loin, dans le parc du Château, les promeneurs se faisaient rares.

C'était fini.

La petite foule hypnotisée se leva avec la complicité apaisée de ceux qui ont partagé le très beau.

Un dernier long et bel applaudissement descendit vers Johanna Coutaud, Yves Ughes et Christian Segaricci.

 

 

Pierre-Jean Blazy

Voir l'album photos   

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CHEMIN DE L’ÉTÉ‏

Aux premières lueurs de l'aube, l'on sait déjà que la journée va être chaude. La saison des sourires et des jours longs ouvre ses portes.

Il flotte dans l'air une envie de songes éclairés, d'obscure et fraîche clarté. Il est temps de se retrouver.

Le vendredi 22 juin, à partir de 18h30, nous avons rendez-vous avec Yves Ughes, poète des chemins d'altitude qui, parfois, descendent vers la mer.

 

Cette rencontre se déroulera dans le site enchanteur du Château de Mouans-Sartoux, où vous êtes conviés pour partager ces moments de poésie dense.

 

Christian Segaricci sera au piano, pour agrémenter de ses improvisations la poésie de Yves Ughes, lue par lui-même. Puis, en début de seconde partie, il accompagnera de sa musique la chanteuse lyrique Johanna Coutaud.

 

Ne manquez pas ce dernier rendez-vous de la saison: il sera exceptionnel.

Et, comme à l'accoutumée, il s'achèvera, si vous le souhaitez, par vos choix de lectures, suivis d'un repas partagé, dans la franche convivialité des amis des mots.

UN CRI DU CŒUR‏

Entre chien et loup, à l'heure où le cœur de la ville ralentit,   la grande salle du Château se remplit.

  Encore une fois, quarante compagnons du verbe se serrent autour du feu chaleureux de la poésie vivante. Le souffle effréné d'André Chenet inonde les travées:

 

             "ma tristesse est l'affluent essentiel

             du long irrépressible fleuve humain

             j'ai le goût des voyages à vau-l'eau

             et je retiens mon souffle

             lorsque j'entends bruire l'univers

             mes escales sont des drogues dangereuses

             entre la folie et le silence des initiés"

 

  Les cordes chaudes de la guitare endiablée de Sinto-Flamenco, sa voix ample, viennent installer la confidence:

 

                         "ne cherche nul mystère

                         entre les pierres des cimetières

                         un papillon t'emportera bien assez tôt

                         sur la route des vents

                         où s'éparpillent les pollens du temps"

 

    Les esprits sont à leur zénith pour écouter le message d'André Chenet:

 

                         "nos armes ce sont nos mains

                         qui se fraient un passage

                         dans cette nuit temporelle

                         ce sont nos voix qui inventent

                         des vérités surnaturelles

                         en invitant les mots à voyager

                         à travers les mondes méconnus

                         c'est la poésie en liberté

                         créant des sociétés fraternelles

                         sans dogmes ni chefs pour les étouffer"

 

             C'est le poète du cri, le poète du cœur guerroyant qui se révèle enfin, avec ses mots qui envahissent les corridors du Château:

 

                         "certes j'écris une blessure

                         qui troue le centre de la page

                         une blessure noire et or

                         éclat de système solaire

                         sur les joues d'une lavandière

 

             Après la passion, voici sur scène une divine surprise, avec Nicole Régnault, doyenne des doyennes, qui vient nous déclamer, avec ses charme et talent naturels, le texte de Robert Lamoureux "la plupart du temps".

             Rires, sourires et complicité cèdent doucement la place au slameur de choc Rémy Gorog qui, accompagné au piano par la fringante Maggie Maglee, nous entraîne dans un monde où l'on voit le verbe se découdre "autour d'un fil qui

             nous enlace, et nous laisse, hélas, toujours sur le fil".

             "Quel enfer, le paradis !"

 

             Maintenant place au chant, avec Françoise Deleuse au micro et Maggie Maglee au piano, qui invitent Brel et Ferrat. Encore Brel avec Chantal Cudel qui interprète a cappella "les Marquises", avant de nous adresser sa "lettre à hier", et de déclamer quelques savoureux extraits du recueil "rose d'hiver" d'Henri Carraguier. Nous accostons alors prés des "gouffres bleus", vers la "perle nacrée aux reflets de délire". Chantal  finit sa prestation avec un magnifique poème du regretté André Verdet.

 

             Mais les amants de poésie ont toujours faim: Marie Gay se lève pour nous faire partager son poème "ne parle pas", extrait du recueil "vers la vie" (éditions encres blanches), avant de lire deux textes de votre serviteur, puisés dans "le cœur des filles" (éditions Manoirante).

 

             C'est le moment choisi par André Brassin pour entonner "le bateau ivre", par cœur, et vécu de l'intérieur. C'est un moment de recueillement à l'écoute du poète absolu.

              Mais rien ne pouvait finir sans la guitare envoûtante de Sinto-Flamenco. Le voici qui nous accompagne le long des ruelles du Vieux-Mouans, sous une nuit sans étoiles, pour retrouver la chaleur colorée de la Gabbia.

Pierre-Jean Blazy

La soirée en photos

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Nos prochains rendez-vous:

 

·         22 juin 2012: Yves Ughes

LA POÉSIE EST-ELLE VOTRE CHANCE ?‏‏

Si tous les fleuves vont à la mer, il faut, en les chevauchant,

parfaire à chaque instant une nouvelle calligraphie du rêve.

 

Venez la dessiner de vos mains, aux côtés du poète et homme

de théâtre André Chenet, qui nous distribuera ses rêves d'homme

lucide, aidé en cela par l'agilité des cordes de la guitare de Sinto-Flamenco.

 

Après viendra le temps du slam pétillant de Rémy Gorog, de ses

longues chevauchées lyriques en compagnie du piano de Maggie Maglee.

 

Puis la scène s'ouvrira pour révéler de nouveaux talents, avant de

partager à la Gabbia quelques délices du palais !

 

Soyez des nôtres, ce vendredi 13, avec l'exactitude des amants des mots,

qui, avec rythme et rime, nous amènent une part de bonheur.

 

Rendez-vous est pris: vendredi 13 avril, à 18h30, salle des conférences du

château de Mouans-Sartoux

 

Pierre-Jean Blazy

 

Soir d'hiver autour de l'âme

 

Il gèle à pierre fendre.

De bleu, le ciel est devenu cendres.

La petite troupe est aux portes du château.

On entend les notes de l'accordéon qui s'accorde aux mots de chair de Claude Artès.

                "elle est descendue

                de mon rêve

                pour se poser sur mon cœur

                comme un matin qui se lève

                son visage dans mes mains

                réveille le bonheur"

Claude Artès nous parle des greniers du temps.

Quarante huit souffles devenus chaleur regardent vers celui qui se livre:

                "j'entends

                la présence du vent

                dans ta voix

                chaque aube

                attendra l'étreinte de tes bras"

L'horloge du cœur, les nuages (qui) endorment la clarté des matins,

sont entrés dans le mystère des lieux, et ne veulent plus en sortir.

                "il y a

                des ponts

                à traverser

                pour retrouver

                les bonheurs

                oubliés"

Le temps s'attarde.

L'accordéon de Jean-Jacques Marceau, aux notes claires et aux élans langoureux,

s'imprègnent dans le présent qu'on ne veut plus quitter:

                "empreintes

                te rejoindre

                là ou les maisons

                parlent au ciel

 

                dans le secret

                des heures cachées

                sous les échelles

                du rêve"

Puis, le silence, et cette musique qui guide nos pas jusqu'au jour qui s'avance:

                "à l'instant

                où je t'écris

                j'entre dans le jour

                d'un matin de pluie

 

                des morceaux de ciel

                s'échappent de mes mains

 

                en route vers tes bras

                j'ai confiance en la vie"

Le public applaudit, comme dans un roulement de pluie qui laverait tous les ennuis.

Un souffle est passé.

Qu'il est difficile de s'extraire du monde de Claude Artès.

Mais, autour de nous, il y a des artistes qui se lèvent et qui parlent.

 

********

 

Philippe Molino nous dit de "résister encore et encore (...) enfin vivre (...) marcher vers

le soleil, par des marches légères" puis nous emmène sur les traces de Julien Jacob,

grand poète du Bénin:

                "regarde comme les regrets et les remords

                te rongent

                vaine énergie que tout cela

                tu n'es plus roi en ton royaume

                               (...)

                aucun vent n'efface ton chemin

                tu es la corde et tu dois être tendu

                pour que le ciel et la terre

                puisse s'unir par toi"

En réponse, Françoise Deleuse et le piano de Maggie Magglee entonnent Ferré puis Brassens,

avant qu'André Brassin nous entraine dans "une soirée perdue": Alfred de Musset s'invite au château.

Le temps défile mais Janny Lumeau s'en saisit, en faisant résonner les mots du regretté

poète de Saint Paul de Vence, André Verdet.

Puis c'est au tour de Diane Beausoleil, et "son rêve", avant qu'Elisa Verna nous lise Nicole

Lanza avec "l'hiver, patrie de mon exil". Chantal Cudel, quant à elle, nous emmène dans sa

"fortune de mer", et chante Brel avec Lobsang à la guitare.

Les mots débordent et Gilbert Grosso vient les saisir au vol en déclamant un fragment de

"Booz endormi" de Victor Hugo, puis laisse la place à André Gosse, qui fait crépiter le style

sans pareil de Jehan Rictus.

 

Février peut bien geler dehors: la voix ample et généreuse, inimitable de François Voisin fait

vibrer les murs de pierre avec les mots de Gabriel Monnet.

 

Dehors, quelques étoiles préparent le lendemain.

La petite troupe devenue grande a de l'appétit.

Il est l'heure de marcher vers "la Gabbia", aux couleurs chaudes et aux mets parfumés, pour

y vérifier l'exactitude des songes.

 

Oui, c'est sûr: nous nous retrouverons.

 

Pierre-Jean Blazy

Dans la chaleur de quarante et un regards

Dans la chaleur de quarante et un regards

Dans la chaleur de quarante et un regards

il y avait

dans la nuit qui se posait

ce même feu qui couvait

et un chant entre les murs

qui se faisait azur:

"les chemins ont pleuré

jusqu'à la transparence

et sur la pente du jour

s'est levée la saison"

(...)

"le monde est il plus vaste

qu'un visage?

(...)"

Les mots de Brigitte Broc, à tire d'ailes,

viennent se poser et refleurir sous la fontaine

de la harpe, caressée par Emeline Chatelin:

"elle court comme on souffre

jusqu'au bout de soi même"

 

Puis la voix enfle et se calme dans l'épaisseur de l'air:

"un jour elle s'est blottie

sous la paille d'un mot

(...)

désormais

la terre est ta chair"

 

Il est difficile de discourir après un tel élan.

Marie Gay trouve l'angle qui prolonge nos instants:

" pudeur du brouillard

sur la mer de ta peau

(...)

J'appuie mon corps

sur la balustrade

qui me tient à la vie"

 

 Elisa Verna vient parachever la nouvelle truculente

de Jean-Pierre Rosso. Elle nous parle de ses chagrins de Berlin.

 

"A attendre la voix de la liberté.

Et à n’entendre que des plaintes.

Le destin tombé sur du béton armé"

 

C'est le tour d'André Chenet, que n'effraient pas les dangers

d'une poésie intégrale:

"le cosmos s'embrase

je n'attends rien

que le silence sacré

je ressuscite d'anciennes mémoires

je reviendrai gitan"

 

La transition est faite vers Françoise Mingot,

poétesse et éditrice de l'écriture gitane qui nous fait partager

le chant de l'ile déserte et "la soie des souvenirs heureux".

"(...)tu es le jour dans mes pensées"

 

Enfin, Philippe Molino ravive la mémoire de Gabriel Caressa,

ses " vibrations de l'esprit" dans " le beau voyage", quand il nous

demande: "éveille-toi lorsque l'aube se lève".

 

Dès lors, il est temps de dresser la lourde table, qui réunit autour

du généreux fumet de la Gabbia, vingt esprits repus de poésie.

 

Pierre-Jean Blazy

  

                NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS:

       ·          8 avril 2011: Damien Riba

·         20 mai 2011: Raphaël Monticelli

Nous étions 32 et heureux

Septembre 2010

Nous étions 32 et heureux

Petit à petit, la Gabbia aux couleurs chaudes d'oranges et de bois se remplit.

Habituée aux babillages de convives bercés de mets de la Méditerranée, elle se peuple à l'instant de mots ouverts , de mots d' azur.

Alors même que Marie accueille et trouve une place aux retardataires, je rappelle que nous sommes comme ce petit village provençal qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, au rouleau compresseur médiatique, qui exclut si souvent le verbe , toujours vivant.

Et ce soir plus vivant que jamais, car nous voici unis pour écouter la voix de Christophe FORGEOT, et les mélodies frissonnantes d' Isabelle TORRELLI et sa harpe:

" c'est un camion de sable

déversé pour les proverbes de l'enfance

une fontanelle où s'ébroue le monde"

 

Puis le désert vient jusqu'à nous:

 

"dés l'aube toujours griller les entraves

et faire avancer les parterres de jonquilles

dans notre inconscient"

 

(...)

" certains de la caravane disent même

le manque d'eau nous fait vivre"

( caravane mirobolante l'Harmattan-1998)

 

Voyage aussi dans le genre très difficile de la poésie érotique, avec la publication en 2008, chez

Wallada, de ses "Murmures d'Eros":

"Mes mains cuites par tes soupirs se glissent dans tes cheveux.

(...)

Ne pars pas. La nuit tourne dans nos tasses et mélange nos corps.

Viens sur moi danser à feu doux"

  

"Ta main entre prend saisit et suscite la neige.

Ta maindécouvre mes silences et les pousse dans leurs derniers retranchements (...)"

 

" Le fumet de ta peau me fait penser au bois brûlé.

Ta voix chaude réveille les caves et les greniers.

Tes caresses montent les perrons à demi-écroulés.

Si pleines sont tes lèvres sous les colliers de feuilles"

(...)

" enlacer ton corps remonter le long de tes cuisses.

Cette nuit soustrait le temps et tu allèges mes mots de désespoir"

  

Puis l'ouverture de la "porte de la paix intérieure" (L'Harmattan-2009) se fait dans le silence:

 

 "nous sommes ces grains de riz à feu doux

 nous sommes accroupis une cuillère de bois à la main "

(...)

 

 "dans le trait j'ai grandi

comment répondre à tant de questions

joindre mes mains sur les tiennes

te sourire

te baiser de mes yeux

et dérouler notre feuille de papier comme le poisson

se lance dans le courant"

 

Ici est maintenant, la parole est au public.

L'étonnant Maxime Tomatis, du haut de ses 7 ans, avec sa juvénile assurance, nous récite deux poèmes répétés avec son père. Sophie Papadopoulos intervient ensuite, par plusieurs textes lus par Paulette Chefson, jusqu'à tendre la perche à Clarisse Vandy, qui part le 5 décembre pour un tour de monde en sac à dos, avec des feuilles blanches à remplir...

Fabien Tomatis, quant à lui nous fait partager un vieux souvenir andalou.

C'est Brigitte Broc, à ma demande, qui conclut de sa verve sereine ce moment de partage et de sourires.

 

Il est vingt heures trente.

Le temps s'échappe par la porte de la Gabbia.

Chacun reprend le cours de sa vie

Nous resterons 10 à le retenir encore un peu, autour d'un dîner préparé par Jean-Pierre Dao et Morgane.

 

  NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS :

              -  3 décembre 2010 : Victor Varjac

              -  4 février 2011 : Brigitte Broc

              -  8 avril 2011 : Damien Riba

              - 20 mai 2011 : Raphaël Monticelli