Les Mots d'Azur L'auteur vous parle

LE FEU OBSCUR DE L'AUBE

Pierre-Jean BLAZY Par

Dans Compte-Rendu

Vendredi 18 septembre 2026
Château de Mouans-Sartoux

19h-22h

C'est une chaude fin d'après-midi, à la frontière de l'été et de l'automne.

Philippe Pierre-Jean Cédric


Cédric Jacob et Philippe Molino sont sur scène, pour déclamer leur conférence-récital.

La poésie inspirée est celle que nous aimons, et il est judicieux de constater que si l'astronomie est la plus ancienne des sciences, la poésie est, elle, la plus ancienne forme littéraire.

Pierre-Jean Blazy

Elle nous parle souvent des travaux des champs et des jours, de la migration du soleil, et si l'astronomie aussi inspire les poètes, c'est qu'elle offre un horizon illimité à l'imagination et à l'enthousiasme.

Cédric Jacob

Cédric Jacob

Tels sont, comme je croy, ces escrivains qui pensent

que ce ne sont les cieux ou les astres qui dansent

à l'entour de la Terre, ainsi que la Terre fait

chaque jour naturel un tour vraiment parfait

                   Guillaume du Bartas (1544-1590)

 

Le hang de Philippe Molino, agrémenté de percussions, envahit l'espace et ouvre la voie à Madeleine de l'Aubespine.

L'on verra s'arrêter le mobile du monde,
les étoiles marcher parmi le firmament,

Saturne infortuné luire bénignement,
J
upiter commander dedans le creux de l'onde 
(...)

Plutôt que mon amour, à vous seul destiné,

se tourne en autre part, car pour vous je fus née,

je ne vis que pour vous, pour vous je veux mourir.

Madeleine de l'Aubespine (1546-1596)

Philippe Molino

Philippe Molino

Quatre-vingt quatorze regards convergent vers l'écran blanc satiné d'étoiles et de mots désirables.
Le hang et les voix des artistes nous emmènent au firmament.     

O troupeaux de lumière, astres blancs, astres fauves,
Larges meutes du ciel aboyant de clarté,

Monarques rayonnants du cosmos enchanté

Promenant vos fronts d'or dans la paix des nuits mauves.

Jean Rameau (1848-1952)

En cherchant l'œil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
Vaste, noir et sans fond, d'où la nuit qui l'habite

Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours.

Gérard de Nerval (1808-1855)

Astronomie et poésie ont une dévorante curiosité pour le monde.
La poésie aime la vision cosmique de l'astronomie.
Elles sont unificatrices et marchent vers un nouvel humanisme. 
   

L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.

Lamartine (1790-1869)

Alouettes de la nuit, étoiles, qui tournoyez aux sources de l'abandon, soyez progrès aux fronts qui dorment. 

René Char (1907-1988)

Il en est des étoiles comme des êtres, irremplaçables et mortelles, elles sont, fidèlement muettes, sentinelles d'éternité.

 André Verdet (1913-2004)

La pluralité des mondes habités :
la Terre n'est plus  au centre de l'univers, mais une planète parmi les autres, avec possiblement d'autres êtres vivants intelligents.

Dans les globes flottants au fond des étendues
Des races comme nous sont partout répandues.

Victor Hugo (1802-1885)

Le cosmos hugolien est un gouffre infini, lugubre, ou un tableau serein, idyllique et optimiste :

Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre
Brillait à l’occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été,
Avait, en s’en allant, négligemment jeté
Cette faucille d’or dans le champ des étoiles.

(Victor Hugo)

Puis Baudelaire s'avance, en une langueur oisive :

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse
Ainsi qu'une beauté sur de nombreux coussins
Qui d'une main distraite et légère caresse

Avant de s'endormir le contour de ses seins.
           
Charles Baudelaire (1821-1867)

alors que Charles Cros nous dit :

                                           

Sans doute, à cet instant, deux amants, dans Vénus,
Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,

Ont, entre deux baisers, regardé notre Terre.

Charles Cros (1842-1888)

                             

                                      

 

                                         

                                 

 

Nous n'oublierons pas le poète chanteur qui scande ces mots:

Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal

Tenter, sans force et sans armure

D'atteindre l'inaccessible étoile.

Joé Darion (1917-2001),
chanté par Jacques Brel (1929-1978)

Alors que le grand poète nous lance son défi :

Il est grand temps de rallumer les étoiles

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

   
   

 

                                                                                     

                                             

 

 

     

               

 

                                           

 

Le bruit bien terrestre d'un tonnerre d'applaudissements envahit le château, et c'est sous les vivats que Philippe Molino et Cédric Jacob laissent place à une scène ouverte de 18 poètes, qui brille ce soir par sa jeunesse et sa ferveur.

Tour à tour, Salomé Zerbib, Muriel Brosset, Ericiel, Brigitte Besos, Stéphane Huguenin, Hervé Nouvel, Gérard Moreau, Vincent Bonnemaison, Maria Blasquez, Tiffany Lefèbvre, Lyanah, Lyne Meunier, Michel Orion, Carla Geneste, Livia Minard, Camille Leroux, Yves Giombini et Cédric Jacob nous invitent avec leurs mots, et déclament leurs émotions.

Salomé ZerbibSalomé Zerbib Muriel BrossetMuriel Brosset

EricielEriciel

Brigitte BesosBrigitte Besos Stéphane HugueninStéphane Huguenin
Hervé NouvelHervé Nouvel

Gérard MoreauGérard Moreau

Vincent BonnemaisonVincent Bonnemaison Maria BlasquezMaria Blasquez Tiffany LefebvreTiffany Lefèbvre
LyanahLyanah Lyne MeunierLyne Meunier Michel OrionMichel Orion Carla GenestCarla Geneste Livia MinardLivia Minard
Camille LerouxCamille Leroux Yves GiombiniYves Giombini Cédric JacobCédric Jacob    

Puis vient le temps tant attendu du chant qui monte au ciel, et s'échappe par la fenêtre de la vie.

Bernard Coupaye (basse) et le baryton viennois Pierre Bury enchantent le château qui déborde de présences.

Christian Segaricci et Bernard CoupayeChristian Segaricci et Bernard Coupaye Pierre BuryPierre Bury


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le piano et les mots d'histoire de la musique, le grand talent du maestro Christian Segaricci sont un cadeau pour chacune et chacun.

L'automne est là.

Un arbre à rêves me parle dans le parc du château.

Demain, le feu obscur de l'aube rayonnera à l'horizon.

Pierre-Jean Blazy

Notre prochain rendez-vous:
   - 20 novembre à 19h au château de Mouans-Sartoux: Giulia Castagnoli et la soprano Léa Laude         

 

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