La poésie inspirée est celle que nous aimons, et il est judicieux de constater que si l'astronomie est la plus ancienne des sciences, la poésie est, elle, la plus ancienne forme littéraire.

Elle nous parle souvent des travaux des champs et des jours, de la migration du soleil, et si l'astronomie aussi inspire les poètes, c'est qu'elle offre un horizon illimité à l'imagination et à l'enthousiasme.
Cédric Jacob
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Tels sont, comme je croy, ces escrivains qui pensent
que ce ne sont les cieux ou les astres qui dansent
à l'entour de la Terre, ainsi que la Terre fait
chaque jour naturel un tour vraiment parfait
Guillaume du Bartas (1544-1590)
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Le hang de Philippe Molino, agrémenté de percussions, envahit l'espace et ouvre la voie à Madeleine de l'Aubespine.
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L'on verra s'arrêter le mobile du monde,
les étoiles marcher parmi le firmament,
Saturne infortuné luire bénignement,
Jupiter commander dedans le creux de l'onde
(...)
Plutôt que mon amour, à vous seul destiné,
se tourne en autre part, car pour vous je fus née,
je ne vis que pour vous, pour vous je veux mourir.
Madeleine de l'Aubespine (1546-1596)
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Philippe Molino
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Quatre-vingt quatorze regards convergent vers l'écran blanc satiné d'étoiles et de mots désirables.
Le hang et les voix des artistes nous emmènent au firmament. |
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O troupeaux de lumière, astres blancs, astres fauves,
Larges meutes du ciel aboyant de clarté,
Monarques rayonnants du cosmos enchanté
Promenant vos fronts d'or dans la paix des nuits mauves.
Jean Rameau (1848-1952)
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En cherchant l'œil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
Vaste, noir et sans fond, d'où la nuit qui l'habite
Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours.
Gérard de Nerval (1808-1855)
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Astronomie et poésie ont une dévorante curiosité pour le monde.
La poésie aime la vision cosmique de l'astronomie.
Elles sont unificatrices et marchent vers un nouvel humanisme. |
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L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.
Lamartine (1790-1869)
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Alouettes de la nuit, étoiles, qui tournoyez aux sources de l'abandon, soyez progrès aux fronts qui dorment.
René Char (1907-1988)
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Il en est des étoiles comme des êtres, irremplaçables et mortelles, elles sont, fidèlement muettes, sentinelles d'éternité.
André Verdet (1913-2004)
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La pluralité des mondes habités :
la Terre n'est plus au centre de l'univers, mais une planète parmi les autres, avec possiblement d'autres êtres vivants intelligents. |
Dans les globes flottants au fond des étendues
Des races comme nous sont partout répandues.
Victor Hugo (1802-1885)
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| Le cosmos hugolien est un gouffre infini, lugubre, ou un tableau serein, idyllique et optimiste : |
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre
Brillait à l’occident, et Ruth se demandait,
Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été,
Avait, en s’en allant, négligemment jeté
Cette faucille d’or dans le champ des étoiles.
(Victor Hugo)
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| Puis Baudelaire s'avance, en une langueur oisive : |
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse
Ainsi qu'une beauté sur de nombreux coussins
Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins.
Charles Baudelaire (1821-1867)
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alors que Charles Cros nous dit :
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Sans doute, à cet instant, deux amants, dans Vénus,
Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,
Ont, entre deux baisers, regardé notre Terre.
Charles Cros (1842-1888)
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| Nous n'oublierons pas le poète chanteur qui scande ces mots: |
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter, sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile.
Joé Darion (1917-2001),
chanté par Jacques Brel (1929-1978)
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Alors que le grand poète nous lance son défi :
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Il est grand temps de rallumer les étoiles
Guillaume Apollinaire (1880-1918)
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Le bruit bien terrestre d'un tonnerre d'applaudissements envahit le château, et c'est sous les vivats que Philippe Molino et Cédric Jacob laissent place à une scène ouverte de 18 poètes, qui brille ce soir par sa jeunesse et sa ferveur.
Tour à tour, Salomé Zerbib, Muriel Brosset, Ericiel, Brigitte Besos, Stéphane Huguenin, Hervé Nouvel, Gérard Moreau, Vincent Bonnemaison, Maria Blasquez, Tiffany Lefèbvre, Lyanah, Lyne Meunier, Michel Orion, Carla Geneste, Livia Minard, Camille Leroux, Yves Giombini et Cédric Jacob nous invitent avec leurs mots, et déclament leurs émotions.
Puis vient le temps tant attendu du chant qui monte au ciel, et s'échappe par la fenêtre de la vie.
Bernard Coupaye (basse) et le baryton viennois Pierre Bury enchantent le château qui déborde de présences.
Christian Segaricci et Bernard Coupaye |
Pierre Bury |
Le piano et les mots d'histoire de la musique, le grand talent du maestro Christian Segaricci sont un cadeau pour chacune et chacun.
L'automne est là.
Un arbre à rêves me parle dans le parc du château.
Demain, le feu obscur de l'aube rayonnera à l'horizon.
Pierre-Jean Blazy
Notre prochain rendez-vous:
- 20 novembre à 19h au château de Mouans-Sartoux: Giulia Castagnoli et la soprano Léa Laude