Au milieu de nous

Le 03 décembre 2010

Au milieu de nous

 

Ce soir là, à la Gabbia il y avait au milieu de nous un rêve de poésie, un esprit de partage autour d'un désir commun.

Celui d'une fête étrange et très calme.

Au dehors le froid vif,

au dedans la chaleur des mots du dîner qui se préparait.

A la harpe: Isabelle Torelli.

A la musique des mots: Victor Varjac:

(...)

L'extrême à chaque instant

me pousse jusqu'au bord

où le jour étonné

ne me reconnait pas (...)

 

Puis le poète s'interroge:

(...)

Trouverons nous le temps

de dire "je t'aime"

à l'éphémère créature

enfermée dans nos cœurs ? (...)

 

Et il doute aussi:

(...)

l'être n'a plus de gite

hormis la solitude

lorsque le crépuscule

colonise le ciel (...)

 

Il nous interpelle:

(...)

je le vois mes amis

vous doutez de ma parole

oui vous doutez

sans toutefois me dire

que la folie me guette  (...)

 

Victor Varjac propose alors cette définition qui fait la différence:

(...)

L'écriture n'est-elle pas

cette fulgurance

terrible et sombre

qui jette sa flamme d'ombre

dans l'univers de la pensée (...)

 

Pour enfin revenir au milieu de nous dans la plus pure réalité de l'instant:

(...)

nous étions en hiver

et la lune plantait

ses ongles de safran

dans l'hermine sauvage

de ce manteau tout neuf

dont se couvre les arbres (...)"

 

Puis la parole passa à vous tous, qui pendant 50 minutes avait été si attentifs, si captivés.

Clarisse Vandy, nous parla du "jouir d'exister" et nous demanda de "laisser venir les mots (...) laisser venir les larmes, la colère et la peur (...) laisser tomber les armes, il est maintenant l'heure".

Clarisse partait une nuit plus tard pour son tour du monde. Nous pourrons la suivre grâce à son blog http://www.clarissevandy.blogspot.com 

Raymonde Andrivon, venue de Roquebrune sur Argens, prit ensuite la parole avec plusieurs textes où le chatoiement des couleurs était palpable, évoquant "le miracle des fleurs de chaque jour".

Ce fut le tour de Josée Forgue, qui eut la gentillesse de lire avec talent trois poèmes de votre serviteur, extrait du recueil "le cœur des filles", paru aux éditions Manoirante en Haute-Savoie.

Elisa Verna se leva alors et nous gratifia de ses "impromptus poétiques", dans une langue gracile et moderne, au contenu dense et profond:

(...)

L’instantané de la rencontre.

Tout semble dit. Un regard et la vie

Est une révolution. (…)

(...)

Aux confins de la vie

La terre entière

Surgit de l’ombre

Auréolée d’une lumière

Matutinale (...)

 

C'est à Jean-Pierre Rosso que revint le mot de la fin. A ma demande, il nous lut sa nouvelle "un jardin verdoyant (à Naïma)", écrite dans son style précis et riche. Elle nous tint en haleine jusqu'à la dernière phrase.

Huit heures et demie venaient de sonner au clocher du vieux Mouans.

 

Quatorze convives honorèrent de leur présence le diner mitonné avec talent par Jean-Pierre Dao.

 

Pierre-Jean Blazy

 

                                                   

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