Nous étions 32 et heureux

Septembre 2010

Nous étions 32 et heureux


Petit à petit, la Gabbia aux couleurs chaudes d'oranges et de bois se remplit.

Habituée aux babillages de convives bercés de mets de la Méditerranée, elle se peuple à l'instant de mots ouverts , de mots d' azur.

Alors même que Marie accueille et trouve une place aux retardataires, je rappelle que nous sommes comme ce petit village provençal qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, au rouleau compresseur médiatique, qui exclut si souvent le verbe , toujours vivant.

Et ce soir plus vivant que jamais, car nous voici unis pour écouter la voix de Christophe FORGEOT, et les mélodies frissonnantes d' Isabelle TORRELLI et sa harpe:

" c'est un camion de sable

déversé pour les proverbes de l'enfance

une fontanelle où s'ébroue le monde"

 

Puis le désert vient jusqu'à nous:

 

"dés l'aube toujours griller les entraves

et faire avancer les parterres de jonquilles

dans notre inconscient"

 

(...)

" certains de la caravane disent même

le manque d'eau nous fait vivre"

( caravane mirobolante l'Harmattan-1998)

 

Voyage aussi dans le genre très difficile de la poésie érotique, avec la publication en 2008, chez

Wallada, de ses "Murmures d'Eros":

"Mes mains cuites par tes soupirs se glissent dans tes cheveux.

(...)

Ne pars pas. La nuit tourne dans nos tasses et mélange nos corps.

Viens sur moi danser à feu doux"

  

"Ta main entre prend saisit et suscite la neige.

Ta maindécouvre mes silences et les pousse dans leurs derniers retranchements (...)"

 

" Le fumet de ta peau me fait penser au bois brûlé.

Ta voix chaude réveille les caves et les greniers.

Tes caresses montent les perrons à demi-écroulés.

Si pleines sont tes lèvres sous les colliers de feuilles"

(...)

" enlacer ton corps remonter le long de tes cuisses.

Cette nuit soustrait le temps et tu allèges mes mots de désespoir"

  

Puis l'ouverture de la "porte de la paix intérieure" (L'Harmattan-2009) se fait dans le silence:

 

 "nous sommes ces grains de riz à feu doux

 nous sommes accroupis une cuillère de bois à la main "

(...)

 

 "dans le trait j'ai grandi

comment répondre à tant de questions

joindre mes mains sur les tiennes

te sourire

te baiser de mes yeux

et dérouler notre feuille de papier comme le poisson

se lance dans le courant"

 

Ici est maintenant, la parole est au public.

L'étonnant Maxime Tomatis, du haut de ses 7 ans, avec sa juvénile assurance, nous récite deux poèmes répétés avec son père. Sophie Papadopoulos intervient ensuite, par plusieurs textes lus par Paulette Chefson, jusqu'à tendre la perche à Clarisse Vandy, qui part le 5 décembre pour un tour de monde en sac à dos, avec des feuilles blanches à remplir...

Fabien Tomatis, quant à lui nous fait partager un vieux souvenir andalou.

C'est Brigitte Broc, à ma demande, qui conclut de sa verve sereine ce moment de partage et de sourires.

 

Il est vingt heures trente.

Le temps s'échappe par la porte de la Gabbia.

Chacun reprend le cours de sa vie

Nous resterons 10 à le retenir encore un peu, autour d'un dîner préparé par Jean-Pierre Dao et Morgane.

 

Pierre-Jean Blazy

            

  NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS :

              -  3 décembre 2010 : Victor Varjac

              -  4 février 2011 : Brigitte Broc

              -  8 avril 2011 : Damien Riba

              - 20 mai 2011 : Raphaël Monticelli

COMPTE RENDU poesie mots d'azur gabbia

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