Pierre-Jean BLAZY

 

Au centre de l'âme

 

voici

 

la chute des prières

 

une identité fugitive

 

plus forte

 

que la valeur de l'innocence

 

 

 

Simplicité du cœur

 

le bonheur

 

est dans l'émerveillement

 

cet extrême de l'amour

 

 

 

Simple soupir

 

de l'insondable solitude

 

 

 

Dans mon carnet des poussières

 

il y a

 

l'ombre de l'oiseau de proie

 

quand la montagne à midi

 

caresse

 

l'écorce du ciel                                    

 

        *************

La couleur des sentiments

est le blanc

comme la peau au printemps

ce commerce de promesses

quand le doute et l'espérance

sont la perspective du Diable

 

Voici

une année de nuages

et l'amour

comme une île inaccessible

 

La couleur des souvenirs

est destination ténèbres

où j'écris

quelques nuits d'hiver

dans la pulsion de mon désir

          

          *************                               

 

 

Dieu est un fugitif

 

Il faisait nuit

comme en plein songe

 

Le chaos hasardeux

des labyrinthes du temps

était en lisière du monde

 

dans une vallée des ombres

 

Ici

la douleur est incertaine

Il faut vivre

à la vitesse de la pluie

violente et brève

lente

éphémère

 

Dieu

est un fugitif

il a croisé la mort

au fond des équinoxes

 

Et plus haut que les sommets

étrangers

Il existe à jamais

le chagrin d'une étoile

 

 

 

 

 

       *************

 

Ce n’était que cela la vie

 

Ce n’était que cela

la vie

une insomnie des étoiles

le contraire de la mort

dans ma maison de mots

au goût de femme-couleurs

 

viens

la lune est sous tes pas

il reste devant nous

le chemin de faire

le ciel de nos désirs

au centre du silence

 

vivre ici

dans les blanches ténèbres

entre le bonheur et les larmes

en ce pays étrange

jaune

comme l’herbe éteinte

de mon village

 

enracinement

des bateaux sombrés

dans l’anatomie inespérée

de cet instant cosmique

 

********

 

forêt obscure

 

forêt obscure

ces camps couverts de neige

où la foudre est tombée

j’en garde la brûlure

 

à la pointe du songe

 

nuée de corbeaux

qui vogue

jusqu’aux limites de l’amour

où j’ai laissé mon âme

dans l’appel de l’ombre

 

la nuit parle

cette fille

qui marchait dans le désert

les ratures de son corps

le parfum blond de ses seins

loin du monde

 

je pars avec elle

dans les demeures de l’esprit

ce monde inachevé

où l’absence d’oiseaux

est reconquête du bonheur

 

******** 

 

Le bruit des vagues

 

Un jour nouveau

s’est levé vers les cinq heures

à l’horizon le ciel a blanchi

 

nul ne sait la durée de sa vie

 

Le bruit des vagues

s’est estompé

restent les mots

gravés sur les galets

 

Le ciel est laiteux

comme un jour

qui ne veut pas finir

 

Une douce flamme

vit ici

loin du monde

entre le bonheur

et les larmes

 

Sur la dune endormie

les fragments du temps

n’ont pas atteint

les derniers jours avant l’Adieu

 

laisse pleurer les chiens

 

********

Un poème dans la nuit

 

Un vallon frais       

obscur comme le chemin creux       

où je marche       

à la tombée du jour

 

Ton ombre bouge        

cache tous les visages        

oubliés de l'amour
        

Viens dans mes nuits         

chaudes         

au cri rauque         

du loup égaré
         

Cette nuit          

poussière du temps          

où je marche          

à l'envers de ma vie

               

Pierre-Jean Blazy

(tous droits réservés)

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