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Tu es
au milieu du chemin
si loin
de la brume
et la distance t'effraie
tandis que la terre
trop douce
t'invite à faire halte
***
L'équinoxe de ta vie
est cet instant
unique précis et fugace
où tu as une égale
quantité de temps
devant toi et derrière toi
où le passé
pèse le même poids
que le futur
à la seconde près
(...)
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Les cordes de l'instrument sont comme une porte ouverte sur la mélodie.
La violoncelliste entoure les mots du poète:

Prends moi
cerne mon corps
de ta large nuit
frappe mes falaises
de tes vagues
une à une
usant ma violence
***
Tu ne seras
jamais
entière en mes yeux
mon désir
ni ma peur
ne sauraient
te contenir
ruisselante
***
Nous sommes happés par l'harmonie.
Là où sont les oiseaux, ils nous portent vers la vie terrestre.
Ceux-là n'auront fait
que traverser la gare
comme d'autres la vie
tu ne comptes plus
ceux qui sont venus
après toi et repartis
avant
***
Tu te réveilles ce matin
dans le même décor que la veille
le jour se lève à la fenêtre
avec une lumière équivalente
mardi mercredi
tu as glissé dans le lendemain
sans heurt sans même t'en rendre compte
aujourd'hui succède à hier
sans suture apparente
comme si le temps
était d'un seul tenant
***
C'est un ébranlement émotionnel mêlé de joie.
Une hypnose avec le vent.
Le bois et les cordes convoquent les mots de Jean-Jacques Nuel.
Renoncer à revenir
sur tes pas
L'ombre que tu fends
se referme
***
Simple et brève
une parole se formera
facile
dans le silence
quand tu auras
usé ton attente
***
La scène ouverte a la fraicheur que nous avons cherché tout l'été.
Anastasia d'Avalon, le chant d'Alexia Aubert, Véronique Icart, Maria Cavalero, Muriel Brosset, David Cardoso, Hélène Martinelli, Michel Bordes, Madeleine-Marie Davaine, Cédric Jacob, Patrice Alzina et votre serviteur viennent marcher sur la scène qui nous renvoie leurs mots.
Puis vient l'experte et la vibrante soprano Maria Cavalero, divinement accompagnée par la pianiste Loana Gaïo.

C'est un instant de communion qui vient parcourir les murs centenaires, et vos regards étonnés.

Déjà les tintements de l'apéritif et les parfums du buffet de fin d'été arrivent jusqu'à nous.

Nous sommes les passagers de cette jeune nuit.
A chacun son ciel, mais sur l'arbre nous avons cueilli les fruits.
Pierre-Jean Blazy